‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés (volume 2)Chapitre 82 sur 171 · I . Bacon, lli$t. 4t Henri Mi · texte numérisé non relu

I . Bacon, lli$t. 4t Henri Mi

266 LIVRE IV. CUAI'ITRE I.

Warbeck, fils d'un juif converti de Tournai , qu elle vit secrètement! dont elle encouragea sous main les espérances et qui se donnait pour Richard Plantagenet, duc d'York, qu'on disait échappe dans la Tour aux bourreaux d'Edouard V, son frère.

L'MirrpriM Perkins, par son conseil, après avoir vécu un an caché éJtoXSm *'n Portugal, passa en Irlande, où une population cré- Watbcrl (ju|e juj ja m^mc réception qu'elle avait faite précédemment à l'imposteur Simnel, et de là il se rendit

en France, au moment où la guerre était déclarée entre le roi d'Angleterre et Charles VIII. Accueilli par ce prince avec honneur, d'après la secrète recommandation de la duchesse Marguerite, il fut reconnu par lui pour le véritable duc d'York , frère d'Edouard V, et traité comme tel. Néanmoins, aux approches de la signature du traité d'Etaples, Perkins, réclamé par Henri VII, quitta la France et se rendit ouvertement à la petite cour de la duchesse douairière de Bourgogne, qui cette fois, et après avoir joué la surprise, l'embrassa comme son neveu , le reconnut pour le vrai portrait d'Edouard IV, le nomma la rose blanche d'Angleterre et le seul héritier légitime des Plantagenets et du trône. Les Flamands adoptèrent cette fable qui se répandit rapidement dans toute l'Europe, avec un caractère de grande probabilité, et qui, avidement reçue en Angleterre par les nombreux ennemis de Henri VII, mit la couronne en péril.

Beaucoup d'hommes puissants furent convaincus de la légitimité des prétentions de Perkins, et ils conspirèrent pour renverser Henri VU, qui ne pénétra le secret de cette trame et ne découvrit les noms des conjures el

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l'origine de l'aventurier qu'après de longues recherches et en entourant eclui - ci d'espions , dont plusieurs, et entre autres sir Robert Clitîord, appartenaient aux premières familles du royaume, et vendirent leurs complices. Le plus illustre entre ces derniers, par la naissance cl par le rang, était lord William Stanley, grand chambellan , frère du comte de Derby, beau-frère du roi, et qui, à Bosworth, avait assuré la victoire à Henri VII. Dénoncé par Clifford, il lut convaincu, par ses aveux, de connivence avec les partisans du prétendu duc d'York, surtout pour avoir dit que si celui-ci était en effet le fils d'Edouard IV, pour lequel il se donnait, il ne tirerait point l'épée contre lui Rien ne put sauver Stanley, qui tout à la fois offensait l'or- E«*»tioii gueil de Henri, par l'importun souvenir de l'immense ,ir William service qu'il lui avait rendu et tentait son avarice par les Sianley. grandes richesses dont il était possesseur. Stanley fut (i*t)5) exécuté, lorsque déjà plusieurs complices de l'imposteur avaient péri sur l'échafaud.

La terreur causée par ces exécutions et surtout par la mort du grand chambellan, fut profonde et arrêta les , progrès de Perkins, qui se vit abandonné de la plupart de ceux qui lui avaient prêté leur concours. L'autorité du roi fut en même temps raffermie en Irlande, par sir Édouard Poynings qui, débarqué dans l'île avec quelques troupes, réprima les partisans de la maison d'York et

I. Pulyd. Virg. - Il était dit dans l'acte d'accusation que Stanley avait continu a une mUsion donnée par PerUns à Clifford dont il se croyait sûr, et qu'il avait promis de recevoir et d'aider le» personnes qui lui seraient envoyées par celui-ci avec un signe convenu el secret ( State trials, citai, de l.inçard.

tint, û Dublin, un parlement qui rendit un statut fameux par lequel toutes les luis anglaises précédentes étaient mises en vigueur dans la partie subjuguée de l'Irlande, et aucun bill ne pouvait être introduit sans être auparavant revêtu de la sanction du conseil d'Angleterre. Ce statut subsista plusieurs siècles, il établit d'une manière absolue la domination anglaise dans l'île et il est célèbre sous le nom de Statut de Poynings: Perkins, voyant l'Irlande lui échapper, aborda en Angleterre, sur les côtes de Kent, avec une troupe d'aventuriers et de gens sans aveu au nombre de six cents hommes. Il échoua dans cette entreprise, se rembarqua et se réfugia en Écosse (U9S).

Ce royaume, ébranlé par des révolutions continuelles, avait vu son dernier roi, Jacques III, renversé par ses uobles et assassiné. Jacques IV, son fil?, était assis sur son trône sanglant lorsque Perkins, repoussé en Angleterre ut en Irlande, vint lui demander en Écosse asile et assistance. 11 obtint l'un et l'autre : Jacques, favorablement prévenu en sa faveur par Maximilicn devenu empereur et par Charles Vlll qui , occupé de la conquête du royaume de Naples, saisissait avec empressement toute occasion de susciter au roi d'Angleterre di s difficultés dans son royaume. Perkins. par sa conduite prudente et sage, acquit bientôt un grand crédit auprès de Jacques, qui ajouta foi à son récit et poussa la confiance jusqu'à lui donner une de ses parentes, la belle lady Catherine Gordon, en mariage. Une rivalité jalouse subsistait toujours entre les couronnes d'Angleterre et d'Kcosse : Jacques IV soutint ouvertement le faux prétendant : une armée écossaise franchit la frontière, pré-

2oy

cédée d'un manifeste où Perkins exposait son titre et flétrissait l'administration de Henri VII, invitant ses prétendus sujets à se rallier à lui contre l'usurpateur (i 497) : mais déjà les prétentions de Perkins étaient devenues surannées et, pour lui aliéner l'Angleterre, il eût suffi de l'assistance du royaume voisin et des ravages commis par les Écossais sur les frontières.

Au bruit de cette invasion Henri VII convoqua un parlement dont il obtint un subside considérable. La taxe, perçue sans opposition dans la plupart des comtés, provoqua une vive résistance dans celui de Cornouailles : la multitude, soulevée par deux démagogues, le procureur Flammock et le maréchal ferrant, Joseph, courut aux armes: soixante mille hommes sous les ordres de lord Audley, marchèrent sur Londres, et vinrent camper à Black - Heath , menaçant de tirer vengeance des auteurs de la taxe. L'armée de Henri VU, commandée par le lord chambellan, livra bataille aux insurgés el les mit en déroute aux portes de Londres : les principaux chefs furent pris et mis à mort, le reste des vaincus obtint ou acheta son pardon : l'armée royale marcha ensuite à la rencontre des Écossais, leur fit lever le siège du château de iNorham, franchit à son tour la frontière et rendit à l'ennemi ravages pour ravages. Jacques IV, convaincu de l'inutilité de ses efforts, accueillit les ouvertures de Henri VII pour la paix, refusant toutefois de lui livrer Perkins, qui s'était confié à sa générosité, et une trêve de sept ans fut conclue entre PÉcosse et l'Angleterre.

L'année suivante ^ 198), Henri VII resserra son union avec la France, ou Louis XII succédait au trône à son

lo«Miun dei Kcouai».

Soulèvement populaire.

Trèïe de sept

eutio l'A ni; Ici orra el i'Ecowe.

cousin Charles VIII : celui-ci avait perdu le royaume de Naples aussi rapidement qu'il l'avait conquis. Ayant tu les armées françaises se répandre, en peu de mois, comme un torrent, jusqu'à l'extrémité de l'Italie, plusieurs souverains inquiets pour eux-mêmes, le pape, le roi des Romains, le roi d'Aragon, le duc de Milan et la république de Venise , firent une ligue pour garantir leurs domaines et contraignirent les Français à abandonner leur facile conquête : la victoire de Fournoue. rouvrit la France à Charles VIII et il eut plus de peine â y rentrer qu'il n'en avait eu à en sortir et à conquérir tout un royaume. Henri VII n'entra dans cette ligue que pour contrai mire la France à observer plus fidèlement le traité d'Etaples, que Louis XII, trois ans plus tard, s'empressa de ratifier en montant sur le trône. Une clause y fut ajoutée en souvenir de l'assistance que l'aventurier Perkins-Warbeck avait trouvée auprès de Charles VIII : il fut dit que dans le cas où un sujet rebelle envers l'un des deux rois chercherait un refuge auprès de l'autre, il serait livré à sa réquisition dans les vingt jours 1 .

Mais déjà l'imposteur n'était plus à redouter. Il avait prévu que le roi d'Ecosse, Jacques IV, quoiqu'il eût refusé de le trahir, serait forcé de l'abandonner. Prenant alors conseil de son courage ou de son désespoir, il arma quatre vaisseaux et suivi seulement de cent vingt compagnons de sa fortune, il déploya l'éteudard de Richard IV, et descendit, comme roi d'Angleterre, sur la côte deCornouailles. où sa présence ralluma les feux mal

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