I. Hymtr, i. mi
HENKI VII. 271
éteints de la rébellion. Six mille hommes tirèrent pour lui l'épée, et avec eux il marcha sur Exeter, dont il fit le siège : repoussé avec perte devant cette place, il gagna Tawnton : là il abandonna son armée qui, se voyant sans chef, se sou m il au roi.
Réfugié dans un sanctuaire, Perkins en sortit avec pro-
prisonnier.
messe de pardon et fut conduit à la suite du roi à Londres, où il eut l'enceinte du palais pour prison. Après (U98) six mois de séjour dans la capitale, il trompa la surveillance de ses gardes et s'échappa; mais, poursuivi et sans espoir d'être secouru, il se rendit une seconde fois après avoir obtenu sûreté pour sa vie, et fut ra^ mené enchaîné à Londres. Là, exposé tout un jour aux regards du peuple, il fut contraint de faire une confession publique de sa naissance et de son imposture, et fut ensuite renfermé à la Tour. Il y trouva, pour compagnon de captivité, le jeune et infortuné héritier de la maison d'York , Edouard Plantagenet , comte de Warwick, qui vivait depuis son enfance prisonnier, inconnu à tous, victime de sa naissance et accablé de son nom. Unis par l'infortune, Perkins et Warwick contractèrent amitié et conspirèrent ensemble pour leur délivrance. Quatre gardiens gagnés par eux promirent , dit-on , d'assassiner le gouverneur et de les conduire dans une place de sûreté, où Perkins serait proclamé une seconde fois sous le nom de Richard IV , tandis que Warwick rallierait pour sa cause les partisans de la maison d'York. Ce complot fut découvert. Perkins- Warbeck fut pour ce fait st mon. condamné à mort et exécuté. Warwick, cité devant (1499^ la chambre des lords, fut déclaré coupable sur ses
supplice propres aveux : sa sentence fut aussitôt prononcée, et
Juin Pcu dc j°l,rs anr^s il Passa> étranger au monde et aux de w.rwick, choses humaines, delà prison à l'échafaud Ainsi périt
dernier
de» le dernier héritier, dans la ligne masculine, des fapi.maCcneu. mQUX pianiagenctSt comtes d'Anjou, qui avaient régné
(,4n9) près de quatre siècles sur l'Angleterre, distingués presque tous par un caractère ferme, audacieux et résolu, mais appartenant à uné race, dit l'illustre historien de Henri Vil, qui trempait souvent ses mains dans son propre sang.
Le véritable crime du jeune comte de Warwick fut la crainte qu'il inspirait au roi en sa qualité de représentant d'une famille abhorrée, et de candidat au trône, et sa mort fut un meurtre. Henri allégua pour excuse le désir que lui avait exprimé le roi d'Aragon, avant d'accorder à son tils aîné Arthur, prince de Galles, la main de sa tille Catherine. Ferdinand avait écrit à Henri VII qu'il ne voyait aucune sûreté pour sa succession au trône d'Angleterre, aussi longtemps que le comte de Warwick serait vivant , et ce fut pour satisfaire son ambition que Henri sacrifia une victime innocente 2. Cette triste union ne dura qu'une
1. Ce jeune homme a vu il langui quinte aunées dans un emprisonnement solilairc : privé, presque depuis son enfance, d'air, de lumière et d'ciercice. Plusieurs historiens parlent de lui comme étant réduit à un étal complet d'iJwlisme. • Il était, dit Holinshed, un véritable innocent. •
2. Ce fut seulement lorsque le meurtre du comte de Warwick rut été tacitement résolu, que le mariage d'Arthur, priucc de Galles, avec Catherine d'Aragon, fut célébré par procuration, le 19 nui i 499 ; mais la priucesse ne fut envoyée que trois ans , plus lard a son époux, lorsque celui-ci eut complété m quatoriième année. La négociation de ce mat iago, dit Bacon, dura sept ans : « qui Tut occasionné on partie par la graude jeunesse de ce couple et particulièrvmcnl du prince; mais la traie raison est que Henri Vn et Ferdinand, étant
année, et fut rompue par la mort prématurée d'Ar- m,h thur, prince de grande espérance. Catherine, pour pY/,!^' complaire aux deux rois, fut fiancée l'année suivante de/1?t,ir-
(1 503), avec dispense du pape, au frère du défunt, Ki«nç*iiic»
dp
alors âgé de douze ans seulement, et qui fut le ter- Catherine rible Henri VIII. Longtemps après , au milieu des " cruelles épreuves qui suivirent ce second mariage, ac- «.f1****
r * frère Henri.
compli après la mort de Henri VII l, et qui fut dissous par un divorce, l'image sanglante du dernier des Plantagenets poursuivit l'infortunée Catherine : et rappelant sa disgrâce, elle s'écria dans son effroi et dans l'amertume de son âme : « Ceci est un jugement de Dieu, car ma première union avait été cimentée dans le sang. » L'année même où Henri resserra ainsi son alliance avec le roi d'Aragon et de Castille , il en conclut une autre avec le roi d'Ecosse, Jacques IV, qui M7*CI épousa sa fille Marguerite Tudor, union qui rendit la J»cqucs iv,
roi d'Ecos»e.
paix durable sur une frontière toujours menacée, et prépara la fusion des deux royaumes. Henri VII, " à celte occasion, montra une sagacité remarquable. Comme on disait en sa présence dans le conseil que, par suite de ce dernier mariage, la couronne d'Angleterre pourrait quelque jour passer sur la tête du roi d'Ecosse : « Dans ce cas, dit-il, ce serait l'Ecosse qui serait ajoutée à l'Angleterre et non l'Angleterre à l'Ecosse : le plus grand royaume entraînerait le plus
tous detu de grand» politique» doué» d'un jugement profond, ils *e regardèrent longtemps l'un l'autre pour Toir quel cours prendrait leur fortune. (Bacon, Vif*, de Henri VII )