II
fille de Henri VII.
petit. Cette union est pins sûre pour l'Angleterre que celle avec la France ». »
Politique Henri VII, cependant, avait eu, avant de conclure
HmriW cc mar'a£c » Ie8 torts les plus graves à l'égard de Jacques IV : après avoir signé avec lui une longue trêve, il avait presque aussitôt donné les mains à un complot criminel ayant pour but de l'arracher de son palais et de le livrer en son pouvoir2. La ruse, l'inconstance et la mauvaise foi présidaient alors aux négociations, dans la plupart des cours de l'Europe, politique honteuse et qui, en affaiblissant l'Italie, aida puissamment aux succès de Charles VIII dans cette contrée, Henri VII avait été formé à cette école : il le lit voir dans sa conduite avec Jacques IV, comme avec l'archiduc Philippe;, surnommé le Beau, souverain de la Bourgogne et des Pays-Bas, mari de Jeanne, héritière du trône de Castille du chef de sa mère Isabelle. A la mort de cette princesse, l'archiduc Philippe, appelé par les étals de Castille, se rendait en Espagne pour disputer la régence de ce royaume à Ferdinand le Catholique, roi d'Aragon : battu de la tempête, il relâcha sur la côte d'Angleterre, où il descendit et fut arrêté. Il se rendit au palais de Windsor, et le roi Henri VII, son parent, l'y reçut avec de grands honneurs, mais il abusa du hasard qui mettait l'archiduc à sa discrétion, pour arracher de lui le renouvellement du traité de commerce entre l'Angleterre et la Flandre, traité fa-
A. Bacon, Yie de licnri VU.
2. Une couYenlion fut conclue h cet effet entre Henri d'une part, Job» lord Delbwcll et »ir Thomu ToJdit d'autre pari, lorsque l'encre du traité prêchent iiVltil pa$ encore «eche>. (Ma. -Inlosli, flirt. d'Ançl.)
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vorable aux Anglais el connu dans l'histoire sous le nom ô intercursus magmts (1490) i. Il arracha encore de l'archiduc une autre promesse plus humiliante, et qui fut de livrer entre ses mains un infortune neveu d'Edouard IV, Jean de la Pôle, comte de Suffolk, réfugié depuis longues années en Flandre. «Vous avez été sauvé sur mes côtes, lui dit-il, je compte que vous ne me ferez pas faire naufrage sur les vôtres. — Que voulezvous dire? demanda Philippe. — J'entends parler, dit le roi, de ce misérable Suflblk qui a trouvé protection dans vos domaines. — Je vous croyais élevé par la fortune, répondit l'archiduc, au-dessus de semblables craintes : mais, si vous l'exigez, je le bannirai. — Les guêpes, reprit Henri, ne peuvent être mieux que dans leur guêpier : c'est quand elles en sont dehors qu'elles font le plus de mal : livrez-le moi. — Mon honneur me le défend, dit Philippe, et le vôtre encore plus : on dirait que vous m'avez traité en prisonnier. — S'il est
I. Ce traité cnlre l'Angleterre el les Pays-Bas est un événement important dans l'histoire. Les deux puissances, dit Mac-Iutosb, y stipulèrent une liberté réciproque de porter toute espèce de marchandise dans les ports l'un de l'autre, et de pécher mutuellement sur leurs cotes : elles convinrent de se protéger réciproquement contre les pirates. L'infâme pratique de piller les navires échoués fut interdite : les privilèges des commerçants d'une naliun furent garantis sur le territoire de l'autre : on défendit, dans chacun de» deux pays, l'importation de marchandises venant de contrées ennemies. Quelquesuns des articles de ce traité adoucissent les excès de la guerre et indiquent sinon un véritable sentiment de la justice, du moins des idées d'intérêt commun qui conduisent a des principes plus élevés. Nul autre Irailé n'avail jusqu'alors mieux démontré que l'Europe, malgré les progrès du machiavélisme dans les rapports personnels des princes, commençait à reconnallre une réciprocité de droits cl de devoirs entre les Etats et à respecter un code de règles et d'usage» aussi obligatoire moralement pour les nations que les maximes ordinaiies di«s devrirs privés le «uni pour l<«s parliruliors. (Hisl. d'ÂHjt., t. m.)
ainsi, repartit le roi, l'affaire est arrangée, je prendrai sur moi toute la honte el votre honneur sera en sûreté *, » L archiduc comprit, par cette réponse, qu'il demeurerait prisonnier jusqu'à ce qu'il eût donné le gage demandé : il livra donc l'infortuné Suflblk, après avoir fait promettre au roi qu'il le laisserait vivre. Henri VU tint cette promesse pendant le peu d'années qu'il régna encore; mais la vie L'abandonna avant sa haine contre la maison d'York, et parmi les injonctions qu'il laissa en mourant à son fils, était celle de commettre ce meurtre odieux 2.
Une autre passion, l'avarice, dominait son âme. Les trésors qu'il avait amassés, et qu'il tenait en grande partie sous clef dans des endroits secrets à Richmond,
Avance 1
«lu roi. s'élevaient, dit-on, à près de 1,800,000 livres sterling3, somme presque fabuleuse pour le temps, qui équivaudrait à 46,000,000 de nos jours 4. Le roi établit, pour grossir ainsi démesurément son éjwirgne, le plus odieux système d'exactions; et le peuple, dit Bacon, à qui la nature, pour la conservation des monarchies, inspire le désir d'absoudre les princes, quoique ce puisse être en accusant injustement leurs conseillers, attribua ce système au cardinal Morton et à sir Reginald Bray, ses con- Ewiioii» seillers*, qui, tout en servant ses penchants, tentèrent innieu»o. rle |cs Ill0(it,rer> Us eurent pour successeurs deux misérables, Kmpson et Dudley, qui n'obtinrent la faveur du