Ikultron., xxv
la politique extérieure de Charles MU et de Louis XII, avait franchi les Alpes et s'était fait battre par Charles de Pa"«' Quint à Pavie, où il avait perdu son armée, sa liberté, (1*23) tout enfin, hors l'honneur. Conduit prisonnier à Madrid, il avait recouvré sa liberté Tannée suivante, en promettant la cession de la Bourgogne à l'empereur; mais il n'observa point les clauses du traité, prétendant qu'il n'avait point le droit de disposer de ce duché sans l'aveu des états provinciaux et que le pape l'avait dégagé d'un serment qu'il n'aurait jamais du prêter.
Le courroux de l'empereur retomba sur le pontife, s«conde qui forma contre lui, sous la protection de Henri VIII, hsue Ul"1*' une ligue nommée sainte, du nom de son principal («527) auteur. Mais une année impériale, commandée par le connétable de Bourbon, marcha sur Rome, l'assiégea, Priée et »rc la prit et vengea dans ses murs, par d'effroyables bar- 1,0 ltom<'' taries, la mort de son général qui fut tué en ordonnant l'assaut. Le pape s'enferma dans le château Saint-Ange, où il demeura longtemps prisonnier.
Henri VIII voyant le pape prisonnier, la France humiliée et l'empereur tout-puissant, résolut de secourir le pontife dont il avait besoin : il nomma dans ce but le cardinal Wolsey, son ambassadeur auprès de François Ier, et conclut, par son entremise, une étroite alliance avec ce monarque*. Une puissante armée française, soudoyée en partie par l'Angleterre, se répandit en Italie, dans le but avoué de délivrer le pape, qui bientôt après recouvra sa liberté. Henri VIII, en secourant le pontife , s'était flatté de le rendre favorable à ses vœux, et, le voyant libre, il lui communiqua ses prétendus scrupules au sujet de son premier mariage et demanda son
.104 LIVRE IV. CHAIMTIIF I.
divorce. Mais le pape >enait d'éprouver la puissance de l'empereur; il était impossible que celui-ci ne ressentit très-vivement et comme une offense personnelle, l'insulte faite à une reine dont il était le neveu. Clément donc, entre la crainte d'irriter Henri VIII par un refus et celle d'exciter de nouveau la colère de l'empereur, évita de se prononcer, ou du moins fit longtemps attendre sa décision.
Henri chercha ailleurs des opinions favorables à ses vues et consulta, secrètement d'abord, sur la question de divorce, les principaux théologiens du royaume dont les avis lui furent en général fa>orablcs. Wolsey luimême avait d'abord incliné pour la répudiation de la reine Catherine, lorsqu'il pensait que cet acte aurait pour résultat le mariage de son maître avec une princesse française. Il se flattait toujours d'arriver lui-même à la papauté, et l'appui de la couronne de France lui semblait nécessaire pour l'aider à réaliser ses espérances. 11 apprit avec effroi que Henri songeait à faire descendre du trône une parente de l'empereur, pour y élever une sujette. Il tomba, dit-on, à ses pieds, en le conjurant de renoncer à un projet indigne de sa naissance Mais sa conduite, en cette circonstance, n'eut pour principal mobile ni l'intérêt du roi ni celui de la religion. Wolsey songeait surtout aux conséquences qu'aurait pour luimême, soit dans le royaume, soit dans les cours étrangères, l'union nouvelle que Henri projetait d'accomplir, et n'ayant pu ébranler son désir, il s'efforça de le satisfaire 2. Anne Boleyn cependant conserva dans son
* . C*TtnJi»b, TU rie Wolsey.