‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés (volume 2)Chapitre 92 sur 171 · II · texte numérisé non relu

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pieds du roi et lui tint un touchant langage. Elle lui dit qu'elle était étrangère dans ses états, sans conseil et sans protection : « J'ai été, dit-elle, votre femme plus de vingt ans et vous avez eu de moi plusieurs enfants; j'ai toujours cherché à vous plaire; je désire savoir en quoi j'ai pu vous offenser et j'en appelle à votre conscience, pour décider si vous n'avez pas eu la conviction que je n'avais été que de nom la femme de votre frère. Nos parents passaient pour les princes les plus sages de leur siècle; je dois présumer que leur avis a été juste ; je ne puis donc me soumettre à ce tribunal où mes avocats, qui sont vos sujets, ne peuvent parler librement.» En achevant ces mots, elle se releva, salua le roi profondément et quitta la cour pour n'y plus reparaître

Les deux cardinaux avaient reçu du pape des instructions secrètes : Campeggio traîna l'affaire en longueur, et Wolsey fit en vain tousses efforts pour amener la reine à une séparation volontaire et à prendre le voile dans un couvent. 11 attira ainsi sur lui-même le mépris de cette princesse sans désarmer sa rivale, qui persista à lui imputer les délais du souverain pontife. Clément VII était obligé de pourvoir à un double intérêt comme pape et comme souverain temporel, et, dans les circonstances si difticilcs où il se trouvait, les suggestions de la prudence humaine n'étaient pas inconciliables avec la voix plus stricte du devoir religieux. Il reconnaissait toute la faiblesse des motifs sur lesquels Henri VHÏ fondait ses prétentions pour un divorce; mais il eut été trop dangereux

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