‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés (volume 2)Chapitre 97 sur 171 · IfcWtr. Roman, I, 70i, édil. 1G · texte numérisé non relu

IfcWtr. Roman, I, 70i, édil. 1G

2. Il convient de lire j ce sujcl U orrespon Jonrc du cardinal Pôle, celle du cardinal Farncse, la vie de Pôle par Beralelli et le récil de Pdlavicini élirait des Ici I r« s de plusieurs nonce* el légats. — Le docteur l.ingard douoe aussi quelques éclaircissements sur celle grave question. (Hist. d'Angl., règo* de Henri Mil.)

3. I.e cardinal était petit-fils du duc de Cla ronce, frère d'Edouard IV, par si mère, la comtesse de SalUbury.

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tisfii, dans cette occasion, tout à la fois sa vengeance et la haine ombrageuse qu'il avait toujours nourrie contre ses proches. Par son ordre, les frères du cardinal, lord Montague et sir Geoffroy de la Pôle, et la comtesse de Salisbury, sa mère, furent arrêtés avec Henri Courtnay, marquis d'Exeter1, sir Henri Nevil et plusieurs autres gentilshommes. Les frères de la Pôle , rejetons de la branche royale d'York, auraient pu précédemment tirer avantage de l'indignation générale, causée par Henri VIU, et profiter des derniers soulèvements pour tenter de rétablir sur le trône leur illustre maison. Ils étaient demeurés fidèles, et quelques propos vagues 2 leur furent imputés à trahison. Le chancelier Audley poursuivit leur condamnation devant les pairs, tandis qu'un jury jugeait les autres accusés. Tous, sauf Geoffroy de la Pôle, furent condamnés et moururent sur l'échafaud. Henri VIII voulait davantage : il demanda aux princesétrangers l'extradition du cardinal et le fit condamner par défaut pour crime de trahison. Ne pouvant enfin l'atteindre lui-même, il le frappa dans sa mère, la vénérable comtesse de Salisbury, qui fut arrêtée et poursuivie cruellement. Aucun indice, aucun témoignage ne

4. Henri Courtnay était poùi-fils d'Edouard IV, par la princesse Catherine, fille de ce prince.

2. Ce» propos, tels que l'acte d'accusation les rapportait, étaient ceux-ci : < Je n'aime pas ce qui se passe dans ce royaume : j'esperc voir un changement dan* ce monde : je compte bien prendre un jour ma revanche sur les misérables qui gouvernent aujourd'hui près du roi. t (Lord Campbell, Vie du chancelier Audley.) — Lord Herbert de Cherbury, dans son hisloirr, partiale d'ailleurs pour Henri VIII, dit n'avoir jamais pu découvrir le crime de ces seigneurs, qui se trouve suffisamment indiqué dans celte seule phrase : ■ Nikil tandem invenire potui nisi quod ip$e diù judicavi, odium lyranni in virtutem et noMUalen. . (Apol. Poli, H 8.)

s'élevait contre elle, mais le roi voulait son sang, et il n'y avait aucun nioven légal de la convaincre. Le servile Cromwell obtint alors des jupes du royaume une décision qui reconnaissait à la cour du parlement toute l'autorité nécessaire pour juger et condamner tout accusé par bill d'allainder, sans l'avoir entendu dans sa défense. Un bill fut immédiatement rendu, condamnant à mort la jomtessc sans aucune procédure préalable. Conduite au supplice, après avoir été deux ans détenue en otage, elle refusa de s'incliner sur le bloc, disant à l'exécuteur : « Ma tète n'a jamais commis de trahison; si vous la voulez, tâchez de la prendre. » Le bourreau la poursuivit avec sa hache et l'on vit avec une inexprimable horreur la tète septuagénaire de la dernière des Plantagenets, mutilée de plusieurs coups et souillée de sang, avant de rouler sur l'échafaud

Le sang versé enivrait Henri VIII sans l'assouvir, plus il en répandait, plus il en avait soif, et il fut ingénieux

\. Le chancelier Audley avait puissamment secondé le vice-gérant Cromn.l dans lousces procès mouslrueui : il avait l'âme avide el basse plus que cruelle, c'était un Itesoiu pour lui d'endormir les reproches de sa conscience vu* des laveurs nouvelles ; il faisait valoir sa propre ignominie comme un titre à les obtenir (a), el ses remords sans cesse renaissants le rendaient insatiable : c'esi ainsi que déjà comblé des biens de l'Eglise, et priant Oomwel d'intervenir auprès du roi pour lui obtenir ceui de la riche abbaye de Wolden en Esses, il disait : • J'ai souffert giand dommage cl beaucoup d'opprobre (6) pour les serviras que j'ai rendus au roi, et j'y trouvnoi une compensation dans la faveur que;r sollicite. • Henri VIII reconnut la justice d'une requête aiusi présentée et il l'exauça, reu d'années après, lord Audley accablé d'iiiGrmités cl d'honneur» dangereux sous un tel maître, résigna sa charge, exemple presque unique, durant ce lègne, d'un homme descendu de haut sans ëlre précipité.

(d) Mia.iaqua lillarii , «n.l.ur.u fraadis , taamque i|>»i •!.•!. narraver,- (T*cit , 4***1 .

iv, en.)

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à trouver , jusque dans# son zèle pour l'orthodoxie , d'abondants prétextes pour lâcher la bride à sa cruauté. Il se montrait l'ennemi des opinions nouvelles qui avaient prévalu dans une partie de l'Europe, tout autant que de la suprématie du pape, et ayant convoqué un nouveau parlement, en Tannée 1539, il fit connaître aux lords, par l'organe de son chancelier, qu'il n'avait rien de plus à cœur que d'étouffer toute diversité d'opinion parmi ses sujets. Un comité que présida son vicaire sijim général fut aussitôt nommé, à l'effet de pourvoir à l'uni- ,u trtkl«. formité de la foi dans le royaume, et le bill sanglant (l539) des six articles, adopté par les deux chambres du parlement, fut le résultat de ses travaux. Ces articles maintenaient : i° le dogme de la présence réelle du corps de Jésus-Christ dans l'eucharistie ou la transsubstantiation ; 2° la communion sous une seule espèce; 3° l'interdiction du mariage des prêtres; 4° l'obligation d'observer les vœux de chasteté; 5° les messes particulières; 6* enfin la confession auriculaire. Des peines terribles étaient décrétées contre les violateurs de ces articles. Quiconque, dit le statut, écrira, prêchera ou disputera contre le premier article, ne sera point admis à faire abjuration, il sera brûlé, et ses biens seront confisqués : toute opposition publique aux suivants, sera punie de la potence et de la confiscation. Le statut annulait les mariages contractés par des prêtres et par des religieuses, il déclarait toute cohabitation illicite de ces personnes punissable, pour la première fois, par l'emprisonnement et la confiscation, et en cas de récidive par la mort !.

|. Statuts, 31* an. de Henri VIII, c XIV.

Le vicaire général , Thomas Cromwell , le prima! Cranmer* et le chancelier Audley, tous trois secrètement favorables aux opinions nouvelles, furent, malgré eux, forcés de souscrire à ce statut redoutable et prêtèrent les mains à son exécution. Le bill de six articles frappait surtout les protestants; mais le roi ne se montrait pas moins terrible aux ennemis de sa suprématie religieuse. 11 affectait, en les livrant les uns et les autres aux bourreaux, de maintenir entre eux la balance égale, ce qui fit dire que sous son règne les partisans du pape étaient pendus et ses adversaires brûlés 2.

Le même parlement qui sanctionna ce bill confirma d'une manière définitive la dissolution des monastères, et trente-sept abbés portant la mitre furent en conséquence expulsés de la chambre des lords 3. Cromwell couronna son œuvre, dans cette session, en présentant un bill qui attribuait aux proclamations royales et aux édits délibérés en son conseil la même force qu'aux statuts du parlement. Cette loi, qui renversait toute la constitution anglaise et que le parlement adopta, n'était point formulée comme une innovation, mais comme

4 . Cran mer et Cromwell s* (Muent opposé» à la plupart de ce* articles dan* le comité, et Cranmer les combattit encore dans la clia.nbrc de» pair» : il était marié et fut contraint de renvoyer sa femme en Allemagne après la publication 1 de ce bill. L'exemple d'une courageuse ré»isli*nce fut donné par deux prél*'«, Latimer, évèque de Worccster, et Sbaxlon, évoque de Satisbury. Us se démirent de leur diguilé, et le roi les fil emprisonner l'un et l'autre.

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