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de maisons particulières furent ainsi démolis ou incendiés. Knfin, dans cette nuit terrible du 6 juin, à la comeii lueur de trente-six foyers d'incendie allumés par les bript/ltroi. gands, le roi tint conseil, et interrogeant ses ministres consternés, il leur demanda si, dans le cas de sédition flagrante, et lorsqu'il était impossible de remplir les for-
malités préalables indiquées dans la loi, celle-ci n'autorisait point l'immédiate répression par les armes. L'avocat général Wedderburn opina le premier pour l'affirmative : son avis fut adopté d'une voix unanime : « Eh bien! dit le roi, il y aura au moins dans le royaume, un magistrat qui fera son devoir. » Une proclamation royale annonça aussitôt les mesures énergiques que le gouvernement allait prendre : Mes troupes furent appelées et déjà les milices de plusieurs villes voisines avaient spontanément pris les armes et entraient dans la capitale. Le combat s'engagea dans les rues : la lutte fut sanglante mais courte : après quel- La •édition ques décharges meurtrières, les brigands s'enfuirent de toutes parts, laissant environ un millier des leurs, tués, blessés ou arrêtés par l'ivresse et ensevelis sous les ruines qu'ils avaient faites. Telles furent les fameuses émeutes de 1780, célèbres encore en Angleterre sous le nom de leur insensé provocateur, lord Gordon; scènes terribles et fécondes en enseignements : elles nous montrent daus quel abîme peut être précipité soudain un pays où l'autorité ne demeure pas suffisamment armée, et avec quelle facilité d'une faible étincelle peut sortir une conflagration générale : elles font \oir aussi qu'en présence d'une sédition naissante, ce n'est faire acte ni de prudence ni d'humanité que d'ajourner la répres-
ctl imprimée.
sion et le châtiment, et qu'enfin, dans les sociétés libres, établies sur le respect des institutions et des lois, pour arrêter les plus criminels désordres, il suffit de le vouloir.
Dans cette crise comme dans toutes celles où la populace prétendit exercer une pression violente sur les pouvoirs législatifs, elle ne trouva dans le parlement ni sympathie ni échos sérieux, et l'opposition se rallia au gouvernement pour repousser la brutale intervention de l'émeute dans les affaires du pays. Le concours sincère qu'elle avait prêté au cabinet durant la sédition fit concevoir au roi des espérances prématurées. Lord North, par son ordre, fit une tentative auprès de Koekingham pour obtenir son concours et celui de ses amis dans le cabinet. Les conditions de Rockingham furent, que le roi accepterait le bill pour la réforme économique, et celui qui tendait à restreindre la trop Difc,0,ull0M grande influence de la couronne dans les élections : elles du
parlement.
ne furent point acceptées, les débats continuèrent dans les chambres et furent subitement arrêtés par une brus- Sepl" 1780 que dissolution (septembre 1780).
Le résultat général des nouvelles élections fut favo-
Eludions
rable au gouvernement; Burke lui-même fut d'abord géi*rJe«. écarté et ne recouvra son siège dans les communes MilIorilé que par le choix du bourg de Malton, dont disposait ••"•»*»«U* Hockingham. Quelques hommes destinés à une grande nso célébrité siégèrent alors pour la première fois dans les communes, et entre autres Shéridan, déjà fameux au
4. Durke fui repoussé par set anciens électeurs à cause Je Jeux voles qui l'honorent, le vole en fiTcur des catholiques et relui qu'il Honni en faveur Ju cnmmeire irlandais.
théâtre; le vertueux Wilberforce, l'éloquent apôtre de l'émancipation des noirs, et enûn William Pitt, second fils de lord Chatam à peine âgé de vingt-deux ans, et qui, dès son début, fit pressentir ce qu'il serait un jour5. Quoique l'opinion opposée à la prolongation de la guerre prît chaque jour plus de force dans la nation, néanmoins la nouvelle chambre accorda libéralement au cabinet tous les moyens de la continuer avec vigueur. Elle vota les sommes nécessaires pour l'entretien «le quatrevingt-dix mille matelots ou soldats de marine, et t>ourla solde d'une armée de trente-cinq mille hommes, anglais ou étrangers. Un nouvel ennemi fut ajouté à la même époque à tous ceux que l'Angleterre avait à combattre : les Provinces-Unies, agitées alors par des discordes iules Unes entre les partisans du stathouder et les patriotes, avaient déjà annoncé l'intention d'adhérer à la neutralité armée des états du nord, et le projet d'un traité d'al liance entre elles et les Etats-Unis, portant la date de 1 778, était récemment tombé entre les mains du gou- Déchraiion vernement anglais. Ce projet était l'œuvre du grand guerre pensionnaire des Etats provinciaux de Hollande; le goui Hoiunde vern(,,neni en demanda lo désaveu aux états généraux et il insista pour le châtiment de son auteur ; il n'obtint ni Tune ni l'autre des réparations demandées : il vit une menace dans ce refus, et jugeant la guerre inévitable avec les états généraux, il la leur déclara le premier.
4. Pill /était proposé comme candidat de l'université de CambriJg*' : >l échoua et fui nommé par le bourg ri'Appleby h l«*dévotion de Mf J*ni" Lowlhcr.
2. William Pill, dit Wilberforce apr* avoir entendu son premier discourt, est né orateur comme son père.
I)éc. 1780
Dans l'autre hémisphère, les armes anglaises paraissaient alors avoir ramené la fortune : jamais la détresse des Américains n'avait été plus grande que dans l'hiver de 1780 à ilè\. L'argent faisait défaut; la solde des troupes n'était pas payée, malgré les instantes demandes de Washington au congrès. Celuici n'avait lui-même à sa disposition qu'un papier dé- financière précié, d'une valeur tout à fait illusoire. Les soldats Aroéer"q„r étaient presque tous sans provision assurée, sans chaus- ^ sure et sans linge, et leur marche était suivie dans leurs cantonnements à la trace sanglante de leurs pieds 1 En 1780, l'armée vécut durant trois mois avec une faible ration quotidienne de pain qui souvent lui manqua a. Déjà plusieurs milliers d'hommes avaient été renvoyés dans leurs foyers faute d'habits, Washington put à peine en conserver dix mille autour de lui ; il ne fallait rien moins que son influence toute-puissante et que le sentiment „ „
n 1 n Souffrancei
exalté du devoir et du patriotisme dans les cœurs amé- Je
l'armée
ricains, pour retenir sous les drapeaux cette armée ainsi amoindrie et privée de toutes les choses nécessaires : ré- ^s0-'781 (luit aux derniers expédients pour la faire subsister, Washington eut recours aux réquisitions forcées, et pénétré de douleur à la vue des maux de ses compagnons d'armes, il s'employa pour eux soit auprès du congrès, soit auprès des gouverneurs des divers états, avec une persévérance infatigable comme avec la plus ardente et la plus active sympathie 3. Dans l'hiver de
1. Pilkint, Dittoire politique et civiU de» Êtatt Vnis, vol. Il, p. 161-162. EU. de* lettre» de Washington.