‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculésChapitre 104 sur 145 · IV · texte numérisé non relu

IV

1780 à 1781, la souffrance de l'armée fut au comble, et sa patience au terme : une révolte redoutable éclata dans les régiments de la Pensylvanie et il fallut beaucoup d'efforts pour l'apaiser Les grands vides dans les rangs des Américains étaient causés beaucoup plus par la détresse financière que par les armes de l'ennemi, et celles-ci cependant étaient employées souvent de la manière la plus barbare et qui complétait la misère générale : voyant dans les Américains des rebelles et des traîtres, les Anglais semaient les ruines sur leur passage : ils portaient le fer et la flamme dans les campagnes, ils incendiaienl des villages, des villes entières, et le pays ainsi dévasté se trouvait sans ressources et sans aucun moyen suffisant

Grand* de pourvoir à la défense commune, he congrès redoubla dk* d'efforts, il multiplia ses promesses pour ceux qui du-

congrès. raut ia gUerrc auraient bien mérité de la patrie, il assura

méc américaine, il v a lieu non de s'étonner, comme l'uni Liit i>luti*aui> Msl** riens, du pchl nombre d'hommes auquel ou la vit courent ré«luile, m»" d'admirer l'indomptable persévéïance de ceut qui, novices dans le métier à* armes ei dans les épreuves de la guenc. affrontèrent si longtemps .les seoff tances inouï.* plutôt que d'abandonner leur drapeau. On aurait toit enfui M conclure de quelques-unes des dépêches de Washington au congre*, que licau* américaine était a peu près désespérée vers la fin de la guerre. Il bai M »•»vi nir.eu lisant ces dépèches, qu'elles fuient écùtrs sou* la prcsMoii drs circoo»lances les plus accablantes pour un chef d'armée, et qu'elles n'avaient d'autre objet que de stimuler le zèle et la sollicitude du congrès par loulrs 1rs coundoralinn* les plus profit! a le» réveiller. Voyez a ce sujet dos censiaerstiou» lumineuses dans le livre de M. Robert Walsli, intitulé : An apptal fro» Ikt jHdgtmcntt af great Drilaiu respecting the uniled ttates of America, ttel. TH. p. 225-226.

I. Instruit de cette tévolte, le commandait! des forces britanniques en Pensylvanie fit Lire les offres les plus Réduisantes aux soldats insurgé-, s'ils «o« laieut poser les armes ou passer dans l'armée anglaise. Ces offris furent « • poussées avec indignation, et deux émissaires anglais furent arrêtés Js« k camp américain et evéruié* comme espions. Pilkin*, «/ $uprèt p.

à lous les officiers une demi-solde pour leur vie, et avec l'aide patriotique d'un célèbre négociant de Philadelphie, création Robert Moriss, il fonda au capital de quatre cent mille la première dollars une banque, la première des Etats-Unis, et qui

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rendit à leur cause d'immenses services 1 : la France Biau-i'wt. enfin vint à leur aide avec une générosité plus magnanime que prudente dans la situation où étaient ses

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propres finances, et elle avança aux Elats-Unis, sur la seule parole du congrès, la somme énorme de seize millions de francs. Vers le même temps, une nouvelle flotte française de vingl-deux vaisseaux, sous l'amiral de Grasse, fit voile pour les Antilles (mars i 781). Ces puissants secours permirent à Washington d'arrêter le plan qui décida de la campagne et de la guerre.

11 avait élé retenu par les rigueurs de la saison, presque

r 1 ' Opérations

inactif dans le nord où l'avait rejoint Koehambeau, tan- du dis que les Anglais, au sud, dans les deux Garolines, Bé,lé,0" jf** poursuivaient leurs avantages et leurs vengeances 2. Le ,a j^'"* général Greene, successeur de Gates, après a\oir battu à ,ad£*s",,li,,e Cow-pens un corps anglais sous les ordres du colonel ïarleton, lieutenant de lord Cornwallis, avait élé vaincu par celui-ci à la sanglante journée de Guilford, désastreuse pour les Américains, mais où les deux armées avaient rivalisé glorieusement d'ardeur et de courage. Le traître

1. Le congrès, a la moni : époque, organisa l'administr alioti supérieure, divine en plusieurs département* ; il nomma Rotttjrl Mori»s, surintendant de» finance» ; Robert Livingsloii, qut erquil dan» la suite uneiéléb lté si n élite»', fal nommé secrétaire pour les affaires ettérirure», et Benjamin Lincoln eut le département do la guerre.

2. Voyei, an aupt des grande» rigueur» eicrcé.'» par lord Cornwallis da«J» les Caroline», la Vit de Wathington, par W. Irving, ch. CXLit.

Arnold d'autre part, à la tête d'une armée anglaise, portait le ravage dans le Connecticut et dans la Virginie où la Fayette avait été envoyé pour le combattre ou le contenir : mais en face de ce redoutable adversaire, la Fayette, avec des forces trop inférieures, avait été contraint de se replier et d'attendre du renfort dérobant, par d'habiles manœuvres, son corps à l'ennemi. Le général Greenc cependant, l'un des plus habiles , M qu'eussent les Américains, avait réparé leurs désastres ,

AcY«tf al)rès la Journt:,e de Guilford, et harcelait sans relâche la j7 ( petite armée de lord Gornwallis. Les Anglais avaient l'avantage dans la plupart de ces engagements sans pouvoir en profiter : ils étaient aiïaiblis par cette suite de combats sans trêve, et de victoires sans résultats, et Greenc parvint à couper leurs communications avec la Carolines du nord. Cornwallis prit alors la résolution d'abandonner la Caroline et de combiner ses opérations avec celles du général Arnold pour soumettre la Virginie. Il marcha au nord, fit sa jonction avec le corps d'Arnold et réunissant son armée à York-ïown, petite ville à 1 entrée de la rivière d'York, il s'y retrancha dans l'attente d'une occasion favorable : ce fut sa perte. Washington, de son camp devant New-York, suivait tous les mouvements des divers corps ennemis, et en apprenantla situation de Cornwallis et de son armée dans York-Town. il conçut aussitôt l'espoir de les y enlever et de frapper un coup d'éclat 2. 11 se concerte avec Rochambean et l'amiral de Grasse, et afin de mieux tromper Clinton sur

1. Il écrivit, dans celle circonstance, à Washington : « Je oc suis pat encore a«sri fort pour risquer de me faire Lattre, a Lettre de la Favcilc, 24 mai 1781.

2. Un succès éclatant, dit plus lard Washington, était devenu indispensable

• f.EOKGES III.

ses projets, il investit New- York et en commence le siège ; puis tout à coup il se dérobe avec le gros de son armée, ne laissant dans cette place qu'une division pour contenir l'ennemi. Il traverse Philadelphie à la tête des forces de France et d'Amérique, s'embarque au cap d'Elk et gagne Williamsbourg, où il rejoint la Fayette et son armée. Washington comptait alors seize mille hommes sous son commandement, y compris le corps français de Rochambeau, et, le 28 septembre 1780, les armées alliées parurent sous les remparts de York-Town 'de et investirent la place, tandis que la flotte de l'amiral de York'Jrown Grasse fermait la mer aux Anglais. Ceux-ci, au nombre l* Américain de huit mille, firent une défense acharnée : mais une Fonçais, généreuse émulation s'était emparée des Français et des i78i Américains et leur fit faire des prodiges Deux redoutes, par leur feu meurtrier, arrêtaient l'attaque, il fallut les enlever. Une colonne américaine, sous les généraux la Fayette et Lincoln, enleva à l'arme blanche l'une des re doutes où le colonel Hamilton s'élança le premier ; les Français guidés par Viomenil et le chevalier de Lameth emportèrent la seconde. Washington s'exposa aux plus grands périls pour surveiller ces opérations dont le succès devait décider celui du siège. Les boulets tombaient au-

pour ritiimer le* espérance* expirante* el le» efforts languissants du pays. Sparks, Vie de Washington.

I. Parmi ta homme* qui donnèrent dan» ce siège mémorable l'exemple d'un désintéressement héroïque, l'histoire a conserré un noble trait du g«>uterneur américain Nelson. Interrogé sur le point de la ville où il importait le plu* de diriger les batteries pour rendre leur feu plus terrible, il indiqua une belle niPison située sur une colline comme étant selon toute apparence le quartier géuéral de* Anglais. Celte maison était la sienne. W. Ining, ut $uprà,

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