Burnct, llisl. de mon temps, I. V
2. Parmi ces. membre», qualrc élaienl wliif.s : Dovonsliire. Dorwl, Monmoutb et Edouard Ru»«H ; cinq étaient tory» : «laermalhco, Peinbroke, N'itlingbam, Marlborough et Lowiber.
3. On voit avec regret, à celte époque, W illiam Penn *ur la liite des cou «pirateur».
4. Un second agent, nommé Cvo«nc, avait été pri«, dénonce1 et convaincu
la suite desquels plusieurs personnages du plus haut rang et lord Clarendon lui-même furent arrêtés et mis à la Tour.
Aux périls d une grande insurrection intérieure se joignaient ceux de l'invasion étrangère. Une puissante flotte française de quatre-vingts voiles commandée par Tourville, l'un des premiers marins du monde, cinglait alors dans la Manche, rasant presque les côtes d'Angleterre. La flotte anglaise, sous lord Torrington, renforcée par une escadre hollandaise, quoique encore inférieure en nombre à la flotte ennemie, l'emportait sur elle par la force des bâtiments et par la composition des équipages. Elle aurait pu lutter avec succès, mais son chef, amolli par sa récente fortune, avait perdu toute résolution, toute confiance en lui-même : il n'osa combattre et recula devant Tourrille jusqu'à l'entrée du détroit. Sommé enûn Combti naval de livrer bataille à la hauteur de Beachy-Head par un or- Bmhy-ncad. dre du conseil, Torrington n'engagea que son avant-garde J690 formée de l'escadre hollandaise. Celle-ci, sous le commandement d'Evertsen, digne émule de Ruyter et de Tromp, Ht en \ain des prodiges, et se dégagea avec des pertes énormes, pendant que l'amiral fuyait a toutes voiles et rentrait avec ses vaisseaux dans la Tamise où Tourville aurait pu, en le poursuivant, renouveler le désastre de Chatam. Jamais l'Angleterre, même à cette époque, ne s'était sentie plus humiliée, et tandis qu'elle était vaincue surmer, les armes de ses alliés subissaient un autre échec sur le continent : l'armée confédérée en Flandre, sous
p»r le lémoigoaflp do r'uller, et) ayant été cnn«tamnê\ il r^ula devant lViliafoid, et échappa comme lui au >upplicc par de» révélations.
Victoire
des Frauçaia h
Fleuru».
Réaction en
Angleterre.
les ordres du prince de Waldeck, avait été battue par le maréchal de Luxembourg dans les champs de Fleurus. L'armée victorieuse manœuvrait pour opérer sa jonction avec celle du maréchal d'Hunières, et Tour ville était maître de la mer. Encore quelques jours et le détroit serait franchi : trente mille Français pouvaient débarquer et marcher sur Londres.
C'est alors et sous la menace d'un double péril que l'esprit national se réveilla en Angleterre. La haine des partis fit silence : Londres se leva comme un seul homme et mit sur pied une armée : de toutes parts, des souscriptions s'ouvrirent pour lever des régiments, pour équiper des vaisseaux, et elles furent aussitôt couvertes : l'entraînement fut immense, universel : lesjacobiles protestants ne virent plus dans les auxiliaires de Jacques que des étrangers et des papistes et se rallièrent au gouvernement : lordSchrewsbury, oubliant sa récente négociation avec la cour de Saint-Germain, accourut et offrit à la reine sa fortune et son épée. L'exaltation publique causée par les dangers de la religion et de la patrie était au comble lorsque de grandes et heureuses nouvelles arrivèrent d'Irlande où Guillaume était victorieux, première» Sa seule présence avait ramené la fortune. Débarqué à dc°GunUume Bel fort le 14 juin, il réunit rapidement sous sa main les «a Irlande. forces commandées par Schomberg aux nombreux ren- 1090 forts qu'il avait récemment fait passer dans lTster, ordonnant aussitôt une marche rapide sur Dublin dont la route, aux environs de Dundalk, était interceptée par l'armée irlandaise. Celle-ci battit en retraite jusqu'à ce qu'elle eût mis le petit fleuve de la Boyne entre elle et l'ennemi. Klle s'arrêta et planta ses tentes sur la rive
méridionale près de Droghéda. Le lendemain, 30 juin, Rencontre Guillaume occupa la rive opposée : le sort des trois comp'[;,lon rovaumes britanniques allait se décider sur cet étroit de»
deux armée*.
espace.
Les deux rois étaient présents. Jacques avait trente *690' mille hommes, et pour les commander sous lui, Berwick son fils, Tyrconnel, son lieutenant en Irlande, le comte d'Anlrim, l'héroïque Sarsficld Richard Hamilton et Lauzun. Un tiers de son armée était formé de deux troupes d'élite, l'infanterie française de Lauzun et l'excellente cavalerie irlandaise que commandait Hamilton 2. Vingt mille fantassins indigènes, étrangers à toute discipline, ne connaissant d'autre guerre que le brigandage, et flétris en grand nombre du nom de rapparies 3, formaient
1. Patrick Sarsficld était le chef irlandai* le plus considéré par sa naissance, par sa fortune et par ses qualités personnelles : il descendait des premiers colons anglais établis en Irlande, et les indigènes le regardaient comme on de* leur*. Le comte d'Av'aux, dans sa Correspondance, lui reud ce témoignage : • C'est, dit-il, un gentilhomme distingué par son mérite, qui a plus de crédit dans ce royaume qu'aucun h»inme que je connaisse. Il a delà valeur, mais surtout de l'honneur et de la probité a toute épreuve...., homme qui sera toujours a la tète de ses troupes, et qui en aura grand soin. • (Lettre à Loutuit, 1 1 octobre 1680.)
2. flamilton avait trompé, l'année précédente, la confiance de Guillaume. Après s'êire offert à négocier avec Tyrconnel au nom de ce prince pour obtenir la soumission de l'Irlande, il l'avait, au contraire, encouragé à persévérer dani la résistance en se déclarant lui-même pour Jacques II.
3. On désignait ainsi une espèce d'hommes delà dernière classe en Irlande, et dont Dalrymple, d'après les documents contemporains, trace le tableau suivant : Le rappary vil de racines et est à peu près nu : sa demeure est uu mur Je houe couvert de branchages ou de gsxon : il fait partie du sol oii il se meut plutôt que du peuple dont il est membre. Appartient-il a une communauté quelconque, vit-il en société, il y apporte tous les instincts égoïstes et féroces d'un naturel inculte. Chaque paiti, en Irlande, se sert d'eux contre s» ennemis, mais non sans péril pour lui même : l'instrument te retournant