I. Adolphii», ut mpra
P*|« conclusion de la |>aix. Les ministres s'efforcèrent en vain ,ig"„éè d'en améliorer les conditions : elle futdéûnitivement con-
vcntill». clue tlans les ^riîies adoptés par les traités préliminaires dalésde Versailles1, et signée le 3 septembre, en trois traités séparés, avec la France, l'Espagne et l'Amérique. La paix définitive avec la Hollande ne fut signée que l'année suipaix âtec vanU3 eUe stipula la cession mutuelle des con-
'* quêtes faites durant la guerre, à l'exception de Négapatam,
Hollande.
qui demeura aux Anglais; ceux-ci acquirent en outre le droit de libre navigation dans toutes les mers de l'Inde*. Consultation» A insi fut terminée cette sanglante guerre qui, durant le» rî»Uuiiat« neuf années ax ait ébranlé le monde entier ; elle arracha de t« gulrre douloureux sacrifices à la Grande-Bretagne dont elle déd'Amérique, membra l'empire, et elle accrut de plus de cent millions sterling, indépendamment des annuités à terme, la dette nationale, qui s'éleva au chiffre énorme de 238 millions
1. Le gouvernement anglais Gi de louable» et inutile» efforts pour obtenir do meilleure» condition» en faveur de» loyaliste» américaine Le* colonie» spres la pait demeuré. eut quelques années dans une anarchie à peu piès complète cl sans lien commun efûcace : le congrès eût été impuissant pour faire respecter dans les Etals particulier», des décision» qu'il aurait prise» daus l'intérêt des loyolislet. Leur malheureux tort fut prit en considération par le parlement d'Angleterre qui décida qu'une enquête serait faite aCn de les indemniser de Unis perte» elqu'uue demi solJe serait accordée aui officiers améiicaiu» demeures fidèles au drapeau brilanniquc.
2. Uue aimée s'écoula encore avant que le roi reçût M. John Adam», représentant de la république des Etats-Unis. Celui-ci a laissé de curieux détails sur celle première entrevue. L'un et l'autre étaient fort émus. « Je vous prie de croire, dit le roi, répondant à M. Adam», et je désire qu'il toit bien comprit eo Amérique, que je n'ai rien fait dans la dernière guerre à quoi je ne me truste indispensable) m u i obligé par mes devoirs envers mou peuple : je smi sincère avec vous et je conviens que j'ai élé le dernier à consentir à une tép»r»iion; mais celle séparation étant établie, je serai le premier i tendre la mai» aux ElaU-Lnis cousidérés comme puissance indépendante. Coll. des œuvre» de J. Adam», vol. vin, p. *55.
île livres K Elle fut pour la France une occasion glorieuse de recouvrer l'ascendant quelle avait perdu dans la guerre précédente, et cette puissance remonta, par la paix de Versailles, au rang d'où le traité de Paris l'avait un moment fait descendre; mais la guerre d'Amérique, soit par les grandes dépenses qu'elle occasionna, soit surtout par l'aliment qu'elle donna aux idées nouvelles et aux opinions démocratiques, contribua puissamment à précipiter la crise prodigieuse de la révolution française. Cette guerre fut défavorable à la Hollande, qu'elle montra fort affaiblie; elle ébranla profondément sa puissance et son crédit, et ce furent les Anglais qui recueillirent la meilleure part de l'héritage commercial et maritime de leurs anciens rivaux. Les craintes qu'ils avaient conçues pour la prospérité de l'empire britannique, par suite de son démembrement, ne se réalisèrent pas, l'Angleterre obtint dans l'importance croissante du Canada, comme dans celle del'Acadieou Nouvelle-Ecosse, un dédommagement pour la perte de ses anciennes colonies, et, après peu d'années, lorsque des relations de commerce et d'amitié furent rétablies entre elles et la nouvelle république, les bénéfices qu'elle trouva dans son commerce libre avec ce pays surpassèrent de beaucoup les avantages obtenus par le régime de la contrainte *. Un des résultats principaux »
1. Celle somme équivaut a peu près a sii militai I s de francs : la délie de l'Angleterre n'était *i» 1774 que de cent Ircnle-sii millions sterling, environ (rois milliard» el cinq cenls millions de francs.
2. M. Robert Walsh, dans son ouvrage déjà cilé el inlilulé An •pptol from tke judgeme*ti of great Britain retfecting Ihe united ilotes of America, donne on tableau du commet ce de la Grande-Bretagne avec les Etats-Unis, depuis 17S4 jntquVn 1816, et il montre une balance toujours croissante en faveur de l'Angleterre ddus une proponion infiniment plus forte qu'avant la guerre. Voyei
de la guerre d'Amérique, fut la déclaration d'un nouveau droit des gens, invoqué dans les relations maritimes des peuples, et qui sortit plus tard du traité de la neutralité armée conclu entre les puissances du nord : aucune stipulation ne fut faite, il est vrai, dans le traité de Versailles en faveur des puissances neutres; mais les principes soutenus par elles, durant la guerre, ne cessèrent point d'être invoqués, parce qu'ils sont ceux du droit commun, et qu'ils reposent sur les intérêts et les besoins de toutes les puissances continentales.
Mais, de tous les résultats de la guerre d'Amérique, le plus grand, sans contredit, est l'enfantement, au delà des mers, d'un peuple qu'un rare ensemble de circonstances heureuses a favorisé dès son berceau et dont les destinées ultérieures sont au nombre des plus profonds secrets de Dieu. Il est sorti d'une race libre, religieuse et forte 1 ; il a eu moins de sang à répandre pour se faire place, pour s'affranchir et se constituer, qu'aucun autre grand peuple de l'univers : luttaut pour sa défense sous la bannière du droit et de la justice, il s'est trempé, il s'est affermi par le sacrifice et l'épreuve, et né d'hier, il fait déjà contrepoids à l'Europe. Il porte hélas, en ses flancs, une plaie honteuse, l'esclavage, et il cache un danger non moins grand peut-être dans cette multitude d'éléments divers dont il est aujourd'hui formé : il est à craindre que son caractère primitif ne s'efface sous les flots suc-
Miii iur le même sujet, Hecrcn, Manuel historique du système petitiqu it l'Europe et de tes colonies.
I. Le» ennemis même» de la cau*e américaine oui rendu un éclatant hommage au caractère de* premiers colons. Voyez mire autres Georges Cualaseï», political annal* of thi united coltmùt. Passim.
cessifs de tant d'hommes de toute langue et de toute nation, et déjà les anciennes mœurs sont trop souvent remplacées par des tendances nouvelles et funestes, aggressives autant qu'anarchiques. L'Américain cependant n'a pas répudié le culte des ancêtres, la forte empreinte dont ces hommes héroïques ont marqué leur nation est encore visible, quoiqu'afTaiblie, au front de leurs descendants : leur race domine, contient tous ces éléments tumultueux d'une population innombrable, et s'assimile celle ci par degrés, sous la triple étreinte de son génie, de sa civilisation et de ses lois. Quelque reproche qu'ait encouru ce peuple, quelque péril qui le menace, quels que soient, en un mot, ses erreurs, ses vices ou ses dangers, il est appelé à une grande mission : les populations opprimées et souffrantes tournent, de toutes paris, leurs yeux sur ses rivages comme sur une autre terre promise; elles y trouvent la liberté civile, héritage sacré des première colons, la liberté religieuse, et un partage, moins inégal que parlout ailleurs, des jouissances et des biens de la vie : la terre d'Amérique est pour elles un refuge ou une espérance 1 !
Le règne de la coalition qui au moment de la paix signée avec les Etats-Unis gouvernait l'empire britannique fut de courte durée, quoiqu'elle offrît aux yeux la réunion des plus brillants talents, et l'on eut alors
i. En écrivant en lienea, je cède au désir de rapptlcr le cbanl admirable de nittriM Hcmaftf, intitulé : The landing of tke Pilgrim [alhtrs, et terminé par telle »lanc« :
A\e call il boly ground
The toil wberc fir»t they Irod!
Tbry bave Itfl unalained «bat Ibire ibey found
Fretdom lo worabip god!
immoiaiiié une preuve éclatante, de ce fait qu'offre l'histoire des raibie»se Etats libres, savoir : qu'en politique, le talent qui s'ap-
U codition Pme sur unc base »mmorale ne suffit pas pour consolider la puissance. Dans les grandes crises politiques, en face de dangers imminents, il arrive souvent que des partis contraires et longtemps ennemis se rapprochent, oubliant leur rancune ou modifiant leurs vues, et il importe qu'il en soit ainsi; mais que, pour un intérêt étroit et une ambition toute personnelle, des adversaires politiques, des chefs ennemis, mettent soudain en oubli leur passé afin de saisir ensemble le pouvoir comme une proie; cette conduite révolte, elle est d'un exemple au plus haut degré corrupteur, elle éveille l'esprit de dénigrement pour les principes, et le mépris pour les hommes supérieurs qui abdiquent leurs droits au respect d'aulrui en cessant de se prendre euxmêmes au sérieux. Tel était le spectacle que présentait alors à l'Angleterre et à l'Europe la coalition d'où était sorti le nouveau cabinet, et dont le scandale est imputable surtout à Charles Fox, qui, ayant toujours soutenu contre lord North la politique de la paix, s'était ensuite, sans raison, ligué avec lui pour la combattre La nation anglaise était assez éclairée pour comprendre tout ce qu'une pareille ligue présentait de choquant et d'odieux; elle en était blessée presque autant que le roi lui-même, et Ton peut dire que, dans les efforts personnels de George 111, pour se délivrer d'un cabinet qu'il
I. Lord Norlh pouvait sans se manquer a lui-même, perdre la ménwire de» outrages dont Foi l'avait accablé ; mais celui-ci ne comprit p«» qu'entre l'offenseur et l'offensé l'oubli des injures n'est louable cl digue que dan» celui qui pardonne.
GEORGES Ht.
méprisait et qu'il haïssait, il eut son peuple pour complice.
La session précédente s'était achevée paisiblement; elle avait été suivie de la signature des traités de paix, et, à l'ouverture de la nouvelle session parlementaire (novembre 1783), le roi annonça qu'un projet serait soumis aux cha.ubres, touchant le gouvernement et l'administration des possessions anglaises dans les Indes. Ce fut BUUdeFui Charles Fox qui, frappé des abus du système existant, et rtdmm?«rni«n dont il avait souvent provoqué la réforme, rédigea et pré- de l',odesenla aux communes, en deux bills séparés, le nouveau projet destiné à les extirper, et qui enlevait à la Compagnie ses plus précieux privilèges. Il donnait à sept commissaires nommés par le parlement l, le gouvernement et la direction des possessions territoriales, des revenus et du commerce de la Compagnie des Indes, avec tous les pouvoirs précédemment attribués à l'assemblée générale des propriétaires de cette Compagnie et aux gouverneurs nommés par elle. Ces commissaires auraient le droit de nommer et de destituer les officiers civils et militaires de la Compagnie : ils étaient tenus de soumettre tous les six mois à l'assemblée générale le tableau de l'état financier seulement, et, de présenter, tous les ans, au premier lord de la Trésorerie, un exposé complet de la situation de l'Inde, destiné à être mis sous les yeux des deux chambres. Neuf directeurs, pris parmi les actionnaires de la Compagnie et possesseurs d'un nombre d'actions déterminé, étaient adjoints aux sept commissaires, mais seulement pour les affaires commerciales. Le gouverneur général