I. Pariiamentary Au<orj, to|. xxiv, p
binet, et enfin une remontrance au roi, conçue dans l'esprit des adresses précédentes ne fut volée qu'à une voix.
Cette remontrance fut le dernier effort de la chambre contre le cabinet : elle se sentit vaincue et se répandant en plaintes, en reproches et en invectives, l'opposition somma le ministre de s'expliquer sur la dissolution que tous pressentaient et qui était devenue inévitable. Pilt s'abstint de répoudre : ses ennemis n'obtinrent de lui qu'un silence menaçant. Peu de jours après (24 mars i 784), une séance royale eut lieu pour proroger la session, et le lendemain la chambre des communes fut dissoute.
Les élections générales qui suivirent de près la dissolution des communes donnèrent à Pitt un triomphe complet et presque sans exemple; la coalition fui balayée, suivant l'expression d'un contemporain, comme la paille au souffle des vents : ses chefs, il est vrai, furent la plupart réélus, mais cent soixante membres de l'opposition furent remplacés par des membres minis tériels, et une majorité compacte donna au cabinet la force d'accomplir une série de mesures administratives et financières dont le résultat fut grandement favorable à la prospérité du pays, et affermit aux mains victorieuses de Pitt un pouvoir qu'il exerça presque sans interruption durant vingt années.
Les principales entre ces grandes mesures sont
Ditiolulion du
parlement.
Mars 1784
Lleclious générales •l ruine de
la coalition.
Mesures
1« le bill de l'Inde (1784) qui partagea le pouvoir poli- •droini^,i™
financières.
dt W. Piu.
tique entre l'Etat, représenté par le bureau de contrôle (board of control) et la cour des directeurs, et qui a régi les affaires des Indes jusqu'à nous 2° un bill qui ac- i784-ms
4 Ce bill fameux fui en réalité une transaction entre le bill de Fox et le premier LU présenté |>ar Pitt. Il laissait toute la direction commerciale aux
crut, dans une proportion énorme les produits des douanes, en supprimant en grande partie la contrebande; 3° un traité de commerce conclu avec la France (septembre 1786) sur les bases du libre échange et qui ouvrit à l'Angleterre un marché de vingt-quatre millions d'hommes 1 ; À* l'établissement d'une taxe unique pour remplacer, au grand avantage du trésor et des particuliers, une multitude de droits vexatoires établis sous des dénominations diverses; 5° la suppression dune foule de dépenses inutiles, sage réforme qui avec le résultat simultané des mesures précédentes, non-seulement rétablit l'équilibre dans le trésor, mais éleva d'un million sterling la recette au-dessus de la dépense; 6e enfin la création d'un fond d'amortissement de la dette publique à l'aide de cet excédent de recette; création donl l'avantage fut contesté plus tard, mais qui donna dans l'origine une grande puissance au crédit.
Ces différents bills dont l'initiative appartient à Pitt et qu'il fit adopter dans une période de peu d'années, mirent d'immenses ressources aux mains du gouvernement anglais, et furent discutés simultanément avec d'autres questions de la plus haute importance politique ou sociale. Celles-ci eurent pour objet l'Irlande, accablée sous le poids d'uue législation commerciale op- 1784-1790 pressjve a. les dissidents injustement frappés d'incapa-
mains de la Compagnie, mais il transmettait, en dernier ressort ai dan* les et* «l'urgence, tout le pouvoir politique i l'Etal enaulot isanl, par exception, le bureaa de contrôle à transmettre directement ses ordres aui autorités anglaisesde l'Inde.
1, Ce traité fut néanmoins combattu par Fox et par les principaux chefs Je l'opposition, partisans du système prohibitif tandis que Pitl avait adopi*, pour l'extérieur comme pour l'iulérieur, une marche progressive et libérale.
2. Pitl, convaincu du grand préjudice apporté h l'Irlande par la* but opprea-
Questiona libéralea agitées et
ajournées.
(lï.OKGKS III.
cité polilitiue «, à la réforme parlementaire dont Pitt alors plaidait la cause 2 ; l'esclavage enfin contre lequel Wilberforce élevait déjà dans le parlement sa voix puissante 3. Toutes ces questions, dont la solution libérale et définitive fut ajournée un demi-siècle, par suite des alarmes qu'inspira bientôt la révolution française, firent diversion dans le parlement britannique au grand procès soutenu devant les lords, par les communes d'Angleterre contre le gouverneur général des Indes, Warren
sivcs qui régissaient ton commerce internai ioual arec l'Angleterre, fit do grauds efforts pour le* abroger el pour mettre ers deui peuples, dans leurs rapporta commerciaux, sur le pied d'une égalité parfaite, mais il fallait pour cela que la législature irlandaise se soumit a accepter toutes les lois de navigation votées par le parlement britannique, et Pill rencontra sur ce point, une double el forte opposition, en AngleWrie dans les intérêts manufacturiers, eu Irlande •laus le sentiment populaire exalté par la récente victoire obteuue durant la guerre d'Amérique, lorsque l'indépendance législative du parlement irlandais avait été solennellement reconnue et i r icUmée. Le projet .le Pill, qui paraissait porter quelque aileintc a celle complète iudépemlonce el qui, a Londres, avait élé adopté par LMsfail clnmbres, n'obtint qu'une majorité de dix-neuf voix dans les communes irlan Lise*. Pilt la jugea trop faible el relira son projet.
4. Une proposition fut faite paur relever les dis*iJcnts protestants de l'incapacité politique dont ils étaient frappés par l'acle du test et par celui des corporation*. Kl le succomba, combattue par lord Noilb el par Pill lui-même, docile a la volonté de Georges III dont l'esprit étroit et plein de préjugés fut constamment opposé à toute extension des libertés religieuses ou politiques.
2. La clause principale de ce projet proposé par Pilt pour la réforme électorale consistait à autoriser un certain nombre de bourgs tombés en décadence, à renoncer à leur droit électoral, moyennant une indemnité pécuniaire. Ce droit devait être transmis aux comtés el accroître ainsi, dans une forte proportion, la représentai ion territoriale. Ce btll fui combattu par Fox comme insuffisant, el (ut rejeté.
3. Pilt, favorable aux vues de Wilberforce, pour la suppression de la traite dea noirs, appuya dans les communes (8 mai 1788), une motion qui tendait a la restreindre progressivement, el il engagea fortement la chambre à prendre celle matière en considération sérieuae.