‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculésChapitre 123 sur 145 · IV · texte numérisé non relu

IV

Hastings Leur discussion aboutit aux débals fameux d'où sortit le fractionnement de l'ancien parti whig, entre ceux de ses membres qui, sous la bannière de Fox, continuèrent à combattre pour les principes qui triomphaient en France, et ceux qui passèrent, à la voil éloquente d'Edmond Burke, dans le camp opposé, ralliés autour de Pitt, en invincible phalange, pour la défense de l'ordre social menacé.

Dans cette courte période de six années, la plus mémorable peut-être qu'offriront jamais les annales parlementaires de la Grande Bretagne, les orateurs furent à la hauteur désintérêts débattus; ceux-ci étaient les plus grands comme les plus élevés qui puissent préoccuper les hommes, ils embrassaient la politique, la morale, la religion des sociétés considérées dans leurs fondements, dans leur existence, dans leurs rapports mutuels; ils étaient ceux de l'humanité entière. Ces débats immortels, celte libre éloquence coulant à pleins bords, élèvent sans doute le niveau intellectuel et moral d'un peuple en état de les apprécier; il en sort des sources vives et des courants puissants qui répandent dans tous ses membres le mouvement, la force et la vie ; mais qui l'enivrent aussi d'orgueil, et le disposent trop souvent à se montrer arrogant, violent et injuste envers les nations étrangères. Ces grandes scènes n'entrent point dans les limites de cet ouvrage; elles appartiennent

I. Lord Macaulay, dan» ton bel Essai sur Hasting», a parfaitement mi* eu lumière se» talent» et »es vicea, le» bienfait» généraux de son administration el le» acte» particulier» qui la déshonorent. Le procès dura douie an» et ab- •orba la fortune entière d'Hatlingv qui échappa ainsi a une condamuat»»» juridique, mais non a une ruine complète el méritée.

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à l'époque où l'histoire d'Angleterre ne se sépare plus de l'histoire générale de l'Europe, elles sont le prélude du grand cycle qui s'ouvre à Versailles au milieu des splendeurs déjà pâlies de la royauté mourante pour finir, après d'effroyables tempêtes, à travers tant de sang et tant de gloire, sur le rocher de Sainte - Hélène. Ici doit s'arrêter l'historien français dont l'Angleterre est la principale étude. Il a vu du moins avant d'achever son œuvre, il a pu montrer avec un patriotique orgueil la France triomphante dans une noble lutte et concourant, sous la main de la Providence, à l'enfantement d'un grand peuple : il Ta laissée sur des lauriers, tout entière à de légitimes espérances, mêlées hélas à de nombreuses illusions, mais pure encore de tout excès, relevée et vengée des affronts de la paix de Paris par le traité glorieux de Versailles.

Progrès de« institutions constitutionnelles en Angleterre ju<qu'aui approche* de la résolution française. — Klal religieui du pays. — Lettre» et scie.ices. — Voy.ge» et découvertes. — Industrie. — Commerce. — Mœurs et coutumes, etc.

Le fait le plus caractéristique du gouvernement intérieur de l'Angleterre au dix- huitième siècle est l'accrois- Constitution sèment considérable du pouvoir parlementaire, obtenu par un grand nombre de causes qui la plupart eurent

leur principe et leur source commune dans la révolution de 1688.

Les principales entre ces causes sont : l'acte de la déclaration des droits, par lequel Guillaume et Marie fuprogres rent appelés au trône: l'acte non moins célèbre de 1700,

du

pou».»ir connu sous le nom d'acte d'établissement, et qui fit re- ' connaître tous les droits et prérogatives de la couronne comme émanant du parlement et de la nation; la convocation annuelle et périodique des parlements; le droit consacré par l'habitude et qu'acquirent les deux chambres, d'intervenir dans toutes les questions de politique intérieure ou extérieure, par l'enquête et la discussion; le vote annuel pour le maiutien de l'armée sous les drapeaux; l'appropriation des subsides à leur objet; les actes successifs par lesquels une multitude d'officiers et de pensionnaires de la couronne et de l'Etat furent exclus de la chambre élective; la nécessité pour la cou ronne de choisir ses ministres parmi les hommes en possession de la confiance des deux chambres 1 ; enfin et surtout l'irresponsabilité des membres du parlement devant les tribunaux de la loi commune8.

Cette irresponsabilité, ce mépris de la justice ordinaire du pays, cet affranchissement complet de tout frein

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