IV
taies, par les principales formes de la liturgie et par une affection sérieuse et désintéressée. U transmit le même esprit à la grande société qu'il fonda, bien différente en ceci des autres sectes dissidentes, pour la plupart trèshostiles à l'Eglise établie. Wcsley et ses disciples, quoiqu'ils eussent presque toujours rencontré, de la part des magistrats , plus d'opposition que de sympathie pour leur œuvre, demeurèrent en général dévoués à la couronne, même encore dans les colonies d'Amérique au début des troubles civils : et lorsque enfin la séparation fut accomplie entre les deux peuples, on eut un témoignage irrécusable de la force des liens spirituels et de la puissance de ceux que créa Wesley entre les sociétés méthodistes dont il fut le père : celles-ci restèrent, conformément à son dernier vœu 1 , étroitement unies des deux côtés de • l'Atlantique et ne formèrent qu'un seul peuple *.
4. Un mois avant sa morl, dans sa dernièie lettre écri'e a s*» disciple» d'Amérique, il leur dit : • Gard. x- vous b en de songer jamais a vous séparer de tos frères d'Kurope, cl en lou»c occasion, ayei soin de déclarer hautement défini tous que les inélbodUle* ne sont qu'on seul peuple dans le momie eilicr et que leur fernu' résolution est de continuera l'être 'oujour» • l,r feviicr 1 79 1 .
2. Quelles que fussent le* opinions particulières de Wesley, il prononça, vers la Cn de si vie, ces belle* paroles qui devraient êiie toujours présentes comme uu lien de paix, a !•» mémoire de tous le* cbr< tiens. Interrogé sur ses opinions , il rép.mdit : « Je ne disputerai pa* d'opinions avec vous; vetllei seulement a ce que votre cœur soit droit devant Dieu : apprenti a connaître et a. aimer Noire-Seigneur Jesus-Chrial i aimex vj Ire pro.ba.n : mjrtl.e* d»UI les voies de v. lie divin Mallre : je M v<ui» demande rien «le plus : j<- »uis rassasie d'opinion», j'en suis U ; mou cœur rejette celte creuse nourriture Oh ! donnez-moi une religion soli le el substantielle, dounet-moi de* cœur» humbles, rempli* d'amour pour |) eu el pour les hommes, des eœurs charitables, miséricordieux, sincères, dévoués loul entiers aux saintes œuvres de la fui, delà patience H de l'amour! Que mon âme ba>
<i FORGES III.
La forte impulsion religieuse imprimée par WesléyV une parlie de la nation eut aussi tout d'abord une influence vivifiante, quoique indirecte, au sein de l'Eglise établie: elle y ranima, en beaucoup d'endroits, par une émulation louable, le zèle des troupeaux et des pasteurs, et Ton vit ceux-ci prendre des habitudes plus sérieuses, plus dignes et plus conformes à l'esprit de leur vocation 2. Le méthodisme fit cependant peù de progrès dans les régions supérieures de la société : les salutaires effets de ce grand mouvement religieux se firent sentir surtout dans les classes moyennes et inférieures où ils luttèrent contre la contagion des doctrines répandues sur le continent : et tandis qu'en Europe "et plus particulièrement en France l'école philosophique battait en brèche tous les fondements de la foi et des pouvoirs établis, exaltant outre mesure les facultés de l'homme livré à lui-même, la puissance de sa raison et de sa liberté, donnant ainsi des stimulants redoutables aux passions et forgeant des armes d'une force presque invincible pour renverser et détruire, YVesley et ses pieux compagnons, faisaient une œuvre toute opposée ; ils pénétraient les âmes du sentiment profond de leur misère et de leur impuissance, ils enseignaient aux
bile avec ces chrétiens eu quelque lieu qu'ils soient et quelles qu'aient été leurs, opinions* « Quiconque fait la volonté »lc mou Père, qui e»t dan* les cieui, cclui-la est mon frète et ma tœur et ma mère. • Vie de ltWcy, ut suprà.
I. I. 'influente qu'eut ce grand mouvement religicut, au sein de l'Eglise établie parut néanmoins à peu prêt éteinte vers la fin du siècle dernier; et une nouvelle période d'indilTercuce et de relâchement i récéda le réveil plus complet qui se manifesta, duis elle Eglise, -tu début du siècle actuel, et qui fut l'œuvre du parti évangélique i la léte duquel marchèrent les Millier, les Builon et les Wilberforcc. Voyex h ce sujet, dans la Revue d'Edimbourg, le remarquable travail de M. Couybcare.
692 LIVKK VI. CHAPITRE V.
hommes à élever toutes leurs pensées au delà des limites de ce monde, et à n'espérer qu'en Dieu et en l'action de sa grâce triomphante : ils armaient ainsi les plus puissants ressorts du cœur humain, contre les séduclions des doctrines révolutionnaires, égalitaires et an ti chrétiennes, si funestes au sein d'une sociélé bien établie, bien ordonnée et en possession d'une sage liberté. L'erreur sans doute est mêlée au bien dans l'enseignement de Wesley; mais quelques défauts qu'on reproche à ses doctrines et quelque abus que ses disciples en aient pu faire, elles sont une des formes vives sous lesquelles la parole éternelle s'est introduite dans les âmes, et elles ont versé les consolations et les espérances de la foi chrétienne dans le cœur de plusieurs millions d'êtres humains dout le plus grand nombre peut-être ne fût point arrivé sans elles, en ce monde, à la connaissance de l'Evangile, à la lumière et à la vie.
Limité par mon sujet, je ne puis donner ici qu'un sdrncei aperçu très-incomplet des produits de l'esprit humain dans la Grande-Bretagne, depuis l'avènement de la maison de Hanovre jusque vers la fin du dix-huitième siècle : je me bornerai, pour cette période comme pour les précédentes, à rappeler les hommes les plus émlnents qui s'y sont fait un nom dans les lettres et les sciences, et à faire comprendre, autant que possible en quelques pages, quelle fut l'activité intellectuelle de ce siècle qui, pour la Grande-Bretagne comme pour la France, fut, dans presque toutes les branches des connaissances humaines, une époque de vie et de progrès.
lettre*.
Le caractère principal des lettres sous les Georges, malgré quelques éclatantes exceptions, est un retour aux principes dont elles s'étaient trop écartées à la fin du dixseptième siècle et au commencement du dix-huitième; et après avoir montré, durant cette période, une tendance très-marquée au doute et à l'irréligion; elles revinrent aux principes sévères de la foi chrétienne et de la morale. Néanmoins, et malgré cette réaction salutaire qui s'opérait dans les lettres anglaises, la critique y domina dans la poésie même, et les meilleurs poètes de la Grande- Bretagne au dix-huitième siècle, après l'époque d'Addison, de Pope et de quelques autres déjà cités 1 , furent des poètes didactiques. A cette classe appartiennent l'immortel auteur des Saisons, l'Ecossais Thompson 2 ; John Armstrong, médecin et poète, qui mil en fort beaux vers l'art de conserver la santé; Akenside qui, avant Delille, chanta les plaisirs de l'imagination; Cooper, l'auteur de la Tache (the task), l'un des plus vigoureux génies poétiques de la Grande-Bretagne; Olivier Goldsmith enfin, l'auteur du Village abandonné (the deserted village) et d'autres compositions délicieuses.