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2. Tbomson n'a ni la précision, ni la grandeur antiques ; mais ion cœur s'épanebe à la vue de* champ». Il abonde eu images vraies el en éiimliou» naïve» 11 a telle poésie du foyer domestique où ifs Anglais ont excelle ; el il la mêle « toutes les beautés de la naturr, qui ne sont elles-mêmes pour lui qui? l'ombre de la main du Créateur.... Dans la campagne que, pauvre, il parcourait a pied, il est venu respirer les mœurs pures de la vieille Angleteire il vit avec le peuple, le peuple riche et lier de sa libre patrie. Il e*l comme lui nourri de souveuirs bibliques ; il aime comme luises pâturages, les fore s et se* (lottes. De la jaillit sa verve ; de la, sous un ciel brumeux e' dans un âge philosophique, sa poésie encore si frticheel si colorée. Villemain, Tableau de la Littérature au dix- huit Urne siècle, i. I, p. 174.
Dans l'ode et l'élégie, il faut citer entre autres :Collins, le chantre des passions; William Mason, auteur de YOde à la vérité, et Thomas Gray. dont la touchante élégie sur un cimetière de village, intraduisible, comme tous les chefs-d'œuvre, en un langue quelconque, a été comme eux traduite dans toules. Parmi les poëtesdece temps, ce lèbres à des titres divers, nous nommerons encore Edouard Young, auteur d'excellentes satires et des Pensées delà n ni! (night's tlioughts); Beattie, théologien, métaphysicien et poëte, à (|ui l'on doit le poëme intitulé : le Ménestrel y ou les Progrés du génie; Smollett, médiocre historien, bon romancier, poëte estimable. A tous ces noms il faut joindre Macpherson, le poëte ossianique, redevable de sa renommée à une fraude heureuse; Richard Savage et Chatterton, célèbres par leurs matheurs autant que par leur précoce génie, et aussi les Ecossais Allan Ramsay et Robert Burns qui, l'un et l'autre, et le dernier surtout, s'immortalisèrent par de délicieuses compositions écrites dans le dialecte de leur pays natal. ^ Le théâtre anglais produisit, dans ce siècle, une foule d'outrages dont un petit nombre seulement se sont conservés sur la scène : il suffit de nommer, parmi les écrivains dramatiques, le célèbre Addison, sir Richard Steele, le poëte tragique Rowe, auteur de Jane Grey et de Jane Shore; le fameux Garrick, poëte médiocre et le premier des acteurs anglais; Cumbcrland, le plus fécond des écrivains de son temps; mistress Cowlcy, Foote, Olivier Goldsmith, et avant tous l'auteur de YEcole de la médisance, l'un des meilleurs ouvrages du théâtre anglais, l'Irlandais Shéridan, moins grand poëte ce|>endant que grand orateur, et qui après une des vies les plus bril-
lantes et les plus agitées, mourut dans un grenier de misère et de faim.
Le roman, au dix-huitième siècleen Angleterre, compta plusieurs noms célèbres après celui de Jonathan Swift, Ron,"n' i|ui étonna et charma ses contemporains par sa fiction de Gulliver y production comique et bizarre, allégorie satirique et surtout politique. Deux célèbres peintres de mœurs, Fielding, auteur de Tom Jones, et Richardson, auteur de Clarisse Harlowe, composition savante, du caractère le plus touchant et le plus élevé, obtinrent l'un et l'autre une renommée européenne. Il faut nommer avec eux Smollelt, déjà cité, auteur de Roderick Random, et fort au-dessus de lui, Olivier Goldsmith, dont le Vicaire de Wakefield, production morale autant que littéraire, serutoujours a mple* au rang des chefs-d'œuvre classiques de la littérature anglaise
C'est par ses prosateurs surtout (pie le dix-huitième siècle, en Angleterre comme en France, tient une large Théologien, place dans l'histoire de l'esprit humain : quelques rhl|0'ôpb„ grands noms s'y rencontrent dans les genres où le génie de la science s'unit à celui des lettres, et la réaction religieuse et morale qui s'opéra sous le règne des Georges se fit surtout remarquer par le nombre et par le caractère des écrits qui eurent la philosophie et la religion pour objet. Clarke, Lardner, Tillotson eurenl de dignes successeurs, durant cette période, en Doddridge, Butler, Warburlon, Law, Wesley, Beattie, Blair et
|. Quelque» femme» acquirent aussi ■ la m^me^ époque «lans le mraan un nom mériM : «le ce nombre fur.>nl nmlres* Brooke, mistres» Incbbald el mi«s Burnry, auteur A'Evelino el «le Cteitia, el emmue dm» la suite sous I* nom de M"* d'Arblay.
Bartley. Le scepticisme eut cependant à cette époque quelques habiles apologistes, entre lesquels apparaissent en première ligne l'illustre historien Gibbon, David Hume, métaphysicien, moraliste et grand historien, et le savant Priestley : mais les doctrines spiritualistes grandirent avec une autorité nouvelle vers la fin du siècle, et l'on vit naître alors l'école qui reçut de ses premiers maîtres, Thomas Reid et Dugald Stewart, k nom célèbre d école écossaise.
Dans une autre branche des connaissances humaines, dans celle de l'histoire, la Grande-Bretagne à cette épo-
Huloire, °
jurisprudence, que, compte avec honneur trois grands noms, Gibbon, poliliq"* David Hume et Hobertson : dans la jurisprudence, elle produisit Blackstone, auteur des célèbres Commentaires sur la loi anglaise, et c'est elle qui la première en Europe mit en lumière, par le livre fameux d'Adam Smith1, les véritables principes de l'économie politique. Mais c'est aussi, et c est surtout dans l'éloquence de la tribune que
Grandi * *
ortioun. l'Angleterre brilla du plus vif éclat vers la fm du dix-huitième siècle à l'époque où fleurirent ensemble les Pilt, Ips Fox, les Shéridan, les Wyndham,les Burke, IcsGrattan. les Wilberforce 1 Quelques-uns de ces hommes éminents se distinguèrent par les dons de l'intelligence dans plusieurs genres, Burke surtout qui doit être compté parmi les génies les plus féconds et les plus brillants : il fut remarquable presque autant par ses connaissances ency-
1. Recherche* sur la nalure et le* cause* de la richesse Jcs nations.
2. J'invite le lecteur a lire le* belles pages que M. Villemain a consacrée* à la tribune anglaise dans mn Tableau de la litttr&lwe anglaite au diihuitiimt tièclf.
clopédiques 1 et par ses écrits, que par son éloquence : génie enthousiaste et généreux, inspiré par l'amour du bien public, dévoré de zèle pour la justice, entraîné souvent au delà des bornes par une imagination chaleureuse, et cependant toujours véridique, même en dehors du vrai, il tint une place grande et honorée dans toutes les affaires de son temps, il rallia par l'autorité de son caractère et de son talent une foule d'hommes contre le danger des doctrines nouvelles, et la publication de son livre intitulé : Réflexions sur la révolution française, fut un des grands événements de l'époque.
Les lettres comptent encore en Angleterre, durant ce Bcrittim siècle, quelques écrivains éminents qu'il est difûcile de classer, entre lesquels eât Laurent Sterne , auteur de «i»™». Tristram Shandy et du Voyage sentimental , et le fameux docteur Samuel Johnson, poète, romancier, biographe et surtout éminent critique et philologue, et dont le Dictionnaire de la langue anglaise est encore le guide classique des écrivains et des gens du monde. Il convient de ranger aussi, dans cette catégorie, l'auteur des lettres fameuses publiées sous le nom de Juniut en qui plusieurs hommes considérables de nos jours semblent d'accord aujourd'hui pour reconnaître l'implacable adversaire de Warren Hastings, sir Philip Francis2; et enfin quelques écrivains qui doivent à des lettres familières la meilleure part de leur célébrité : de ce nombre fut lady Maria Wortley Monlague, lord Cuesterfleld
4 Charles Fox disait avoir tenu du lui loul ce qu'il avait jamais su en toute chose.
2. Voyez a ce sujet les savantes «lisserlalions de lord Broughaiu, de lord Micaulay c; de lord Mahon, dans leurs ouvrages c;tés ci-dessus.
fi98 LIVRE VI. CHAPITRE V.
Horace Walpole. On doit a la première des détails aussi curieux qu'instructifs, sur les mœurs et les usages des peuples de la Turquie où son mari fut ambassadeur. Les lettres du second, publiées après sa mort survenue en 1779, et adressées à son fils, sont un cours d»1 leçon? pour la vie du grand monde; elles brillent par l'observation fine, par un enseignement ingénieux, mais superficiel, par l'étude pratique des hommes et des affaires. Elles sont, dans leur ensemble, un monument remarquable du scepticisme et de la frivolité fie la société élégante sous Georges II. On reconnaît dans leur auteur un des hommes les plus spirituels de son époque; on y chercherait en vain le père rempli d'une sollicitude sérieuse pour développer dans son fils les vertus de l'homme moral ou du citoyen '. La correspondance d'Horace Walpole enfin, écrite avec un esprit sceptique et léger, mais d'une grâce inimitable, est une source abondante de documents précieux quoique souvent contestables, et un des commentaires obligés de tous les ravaux historiques sur le dix- huitième siècle. Cette époque compte aussi quelques noms fameux dans science*. 1rs sciences naturelles, mathématiques et physiques : ce fut celle des anatomisles Jean et William Hunter, du docteur Brown, fondateur d'une école célèbre en médecine 2; du naturaliste sir Joseph Banks, qui poussa jus-
I . Le plus grand nombre des lettres de ChesterGeld a son fils ont ét* écrite* snus le re^ne de George II. On trouve ilans la dernière partie de» aperçut profond» «tir l'étal do l'Europe cl sur la politique géuérale. Voyfi dans la no«»>ll« biogri.pl»icgénAiale publiée pur MM. Didnt, toi. X, une ires-belle appréciai"» d« lotd nbesie.fi. ld, par M. Amédée Hené.\
5. Celle de l'oxcilabililc nerveuse, d'où est sortie de nos jo«r» celle He Brnussai».
Betus-irla.
qu'à l'héroïsme l'amour de la science ; de Cavendish à qui l'on doit la décomposition de Peau ; de Black, qui découvrit le calorique latent ; des astronomes Bradley. Herschcll etHalley : elle produisit encore Jean Harrison, auteur du chronomètre pour le calcul des longitudes; le mathématicien James Fenaison, le grand chimiste Humphry Davy, inventeur de la lampe de sûreté; Benjamin Franklin, immortel par ses découvertes sur l'électricité, né sujet de la couronne d'Angleterre et dont l'Amérique revendique justement la gloire.
Les beaux-arts au dix-huitième siècle jetèrent en Angleterre, comme dans toute l'Europe, beaucoup moins d'éclat que les sciences : cependant ils comptent aussi, dans cette période, sur le sol britannique, quelques noms illustres au premier rang desquels sont les sculpteurs Nollekens et Flaxman, et les peintres Hogarth et sir Josuah Reynolds, l'un des fondateurs de l'académie royale de Londres, dont il fut le premier président. Au nombre des grands artistes de ce temps, une place appartient au créateur du genre anglais pour les parcs et les jardins, à Lancelot Brown, qui fut protégé et encouragé par Georges III, comme Le Nôtre, dans l'âge précédent, l'avait été par Louis XIV.
Inférieure à la France au dix-huitième siècle dans les beaux- arts, ^on émule et sa rivale dans les lettrès et les sciences, la Grande-Bretagne l'emporte sur rmd*>lrir traites les autres contrées de l'Europe dans l'application de Ja science à l'industrie, à celte époque où elle vit naître sur son sol un Arkwright , créateur de la machine à filer le coton; un Hargreaves et un Samuel Crompton qui la perfectionnèrent; et trois
hommes sortis des rangs du peuple, qui donnèrent tous à cette machine une puissance incalculable : John Smeaton, Matthieu Boulton et surtout James Watt, auteur de procédés admirables pour utiliser l'emploi de la machine à vapeur inventée par Newcommen. Ces inventions fécondes coïncident avec les magnifiques et gigantesques travaux de l'ingénieur Brandley qui, secondé par la munificence du duc de Bridgewater, multiplia les voies de communication sur le sol anglais et ouvrit par de nombreux canaux, dans des lieux réputés impraticables, d'immenses débouchés aux produits houillers, si nécessaires dans l'emploi de la vapeur comme force motrice. Toutes ces grandes découvertes firenl d'abord peu de bruit; elles furent à peine aperçues dans la lutte orageuse des partis et des factions, et il en sortit rapidement, pour l'industrie, le commerce et la politique de la Grande-Bretagne, des résultats plus importants peut-être qu'aucuns de ceux que toutes les révolutions avaient amenés à leur suite.
Le génie investigateur des Anglais étendit vers la fin du siècle ses recherches dans le monde entier ; plusieurs voyages maritimes furent entrepris avec un but scien- \oy«Bf9 lifique durant les vingt -cinq premières années de d<couve»u«. Georges III, et cette époque est aussi la dernière qui fut marquée par d'importantes découvertes sur la surface du globe.
Byron, en 1764 et 1765, découvrit quelques petites îles au delà du cap Horn : Carteret bientôt après, revenant de la terre de Feu, aperçut le groupe d'îles aux quelles il donna le nom de la Reine Charlotte; Wallis, vers le même temps, en 1767, découvrit la célèbre île de
Taïti, la plus importante de celles de l'océan Pacifique. Mais, entre tous les navigateurs de ce siècle où vécurent les Bougainville et les La Peyrouse, le plus célèbre et celui dont les travaux ont été le plus utiles au monde est Jacques Cook. né en 1728 d'une pauvre famille de laboureurs du York-Shire, et prédestiné à de grandes choses par un génie aventureux allié à l'amour de la gloire, à un caractère intrépide et à une persévérance invincible Chacun de ses trois voyages autour du monde eut pour objet une mission scientifique. Dans le premier qu'il entreprit en 1668, sur VEndeavour, il avait été chargé par le gouvernement d'observer a Taïti le passage de la planète Vénus sur le soleil : il découvrit, à peu de dislance de cette île, celles de la Société, puis, après avoir visité la Nouvelle-Hollande qu'il nomma Nouvelle-Galle et où fut établie plus tard la colonie pénitentiaire de Botany Bay, Gooke revint en Angleterre en 1771 après une absence de trois années.
Son second voyage eut pour but de reconnaître s'il existait au sud un continent polaire. 11 s'engagea dans les glaces du pôle antarctique aussi loin qu'elles lui permirent d'avancer, et reconnut que l'existence de ce continent était vraisemblable; mais aussi que, selon toute apparence, la rigueur de la température le rendait inhabitable et inabordable. Ce voyage dura trois années comme le précédent et eut encore pour résultat
4. Voaé dans ton enfance aux plut bumblet travaux comme garçon batelier au tervice det charbon nii-rt, il n'avait eu pour t'inttiuire il'autiet tccoun que celui de quelque! livret au nombre dctquclt étaient let propotilioot d'Euchde qu'il apprit toul.
LIVME VI. CIIAFMT RK V
la découverte de quelques îles, au nombre desquelles Font les nouvelles Hébrides. Cook avait acquis, par se? glorieux services, une position lucrative autant qu'honorée dans rétablissement célèbre fondé pour les marins à Greenwich, lorsqu'il apprit que le gouvernement projetait de faire explorer les côtes du détroit de Behring, et de rechercher s'il existait au nord de l'Amérique un passage entre les deux océans. Cook s'offrit luimême pour cette expédition aventureuse et partit en juillet 1776 sur deux bâtiments, la Résolution et h Dé couverte l. Il fit voile d'abord au cap de Bonne-Espérance, puis à travers l'océan Pacifique, où il découvrit les îles qu'il appela Sandwich, du nom de son chef lord Saudwich, premier lord de L'Amirauté : se dirigeant ensuite au nord, il franchit le détroit de* Behring et cingla vers le pôle jusqu'à ce qu'il se vît arrêté par les glaces. Renonçant pour celte fois à pénétrer dans rAtlanlique.il 4 retourna au sud en explorant avec soin les côtes du Kamslcbalka : il revint ensuite aux îles Sandwich qu'il avait découvertes Tannée précédente, et où il périt dans s« mort, un combat malheureux avec les naturels. Il avait assezfait pour son pays et pour sa gloire et laissa un nom immortel.
I. Franklin, ministre d'Améi iqilC résidant a Paris, t'honora, dans crlte occasion, |»ar une circulaire adressée à mus let capitaines de* contre» aaerica. ...... leur enjoi,;!.,..!, pour le cas où iU rencontreraient ce* bâtiments anglais
non->eulem. ni .le ne leur (aire aucun mal. mai» de .lonn-r au capitaine C-oi et a 100 «*quip»i',.\ comme a dc< amis communs de l'bumanile. (ou le l'a» i>uort en leur pouvoir. Œuvre» de Franklin, vol. v, p. 123. — Lorsque le dernier Voyage <le Cu k Tut imprime eu i78 I, Ge.tges III reconnut le proce le du dateur Franklin eu ordonnant qu'un exemplaire de ce voyagt lui lut remit eu ton nom. Ibid., roi. I, p. 125.— Le gouvernement de L«ui« XVI * „ .., u égalemcul, en transmettant aut commandants des vaisseaux français des iai- Iruclion* semblables a celles du docteur Franklin.
Deux autres voyageurs anglais, Samuel Hearne el Alexandre Mackenzie, s'illustrèrent aussi dans ce siècle, N"d*6<*' par leurs périlleuses entreprises el leurs découvertes à Hearne travers les régions septentrionales et occidentales de de Mackeiuie. l'Amérique du nord. Le premier découvrit, en suivant le fleuve Coppermine les bords de l'océan Arctique; le second, avec une escorte de sauvages Indiens, se hasarda plus avant à l'Occident : il descendit en juin 4789, au sortir du grand lac de l'Esclave, le fleuve rapide auquel il donna son nom, et enfin, après un mois de la navigation la plus périlleuse, il vit, à l'embouchure de ce beau fleuve, entre des montagnes de glace, la mer immense se dérouler devant lui 2. Quatre années plus tard, Mackenzie traversa l'Amérique dans toute sa largeur, e il atteignit, à l'occident, les rivages de la mer Pacifique.
Les voyages de Hearne et de Mackensie, en confirmant l'existence de l'océan polaire Arctique, ont stimulé le zèle et le génie des navigateurs, pour découvrir le passage inutilement cherché par Cook entre les deux continents, et ils ont contribué plus qu'aucune autre entreprise à stimuler les efforts généreux des Parry el des Franklin.
L'Angleterre en donnant l'essor à son génie pour les ProRrti découvertes, soit en créant de nouveaux et merveilleux wtutwo, agents de production, soit en explorant les continents |f> ridCyllurc et les mers, obéissait à une nécessité impérieuse ou plu- *i He tôt pressentait pour elle même les besoins de l'avenir.
i . Ce nom signifie mine de cuivre, et il fui donné a celle ri vière qui roulail du cuivre <1»ii> tel eam.
2. Vq|« un eicclleut élirait de ce premier \o\»gc de Mackenzi* «Uni {'Annuat réguler, mi. 4 801 .
l'indu»! rk.
Sa population grandissait : les calculs les plus dignes de foi l'évaluent entre cinq et six millions d'àmes au commencement du siècle », et elle s'élevait déjà en 1780 à huit millions. Son agriculture, fort arriérée dans la première moitié du siècle, avait fait de grands progrès depuis l'avènement de Georges III 2; mais ceux-ci n'avaient encore qu'imparfaitement donné leurs fruits dans les vingt-cinq premières années du règne : des terrains immenses demeuraient incultes : le système des jachères, contre lequel s éleva avec succès le célèbre agronome de cette époque, Arthur Young, était encore presque partout dominant, et les produits du sol étaient loin d'avoir augmenté dans la même proportion que ses habitants. Ces produits s'accrurent bien davan- , tage dans le siècle suivant : l'Angleterre perfectionna son agriculture comme son industrie, mais toujours la population multiplia plus rapidement que les produits de la terre, et il en résulla, pour la Grande-Bretagne, une obligation absolue de trouver des ressources cens tantes et plus considérables que celles de la culture de son sol pour l'emploi des bras comme pour l'alimentation de son peuple : elle les demanda, d'une |»art à l'émigration, de l'autre à l'industrie et au commerce d'exportation. Elle versa depuis lors les flots surabondants de sa population sur tous les points du globe, en Amérique, en Asie, dans la Nouvelle-Hollande, dans
1 . Dans ce cliiffie je ne considère que l'Angleterre proprement Jile, y compris la principauté de Galles.
2. Ce prince seconda de tout son pouvoir les progrès de l'agriculture et fat longtemps le correspondant anonyme d'un recueil fort utile publié par Artkar Young sous le titre à'AnnoUtde l'agriculture.
l'Océan ic comme aux Antilles, semant partout, dans sa maternité féconde, les innombrables rejetons de la race anglo-saxonne. On la vit, en même temps, multiplier, d'une façon inouïe, les produits de ses manufactures et redoubler d'efforts, soit pour les répandre au loin au moyen d'une fabrication meilleure et moins coûteuse, soit pour les imposer aux contrées étrangères par ses alliances ou par ses victoires.
De tout temps les grands intérêts de l'industrie et du , commerce avaient été l'objet des préoccupations les et plus sérieuses du gouvernement britannique, et l'An- commercc gleterre nous montre, par son exemple, que si l'industrie nationale, parvenue à un degré supérieur, fleurit Législatif et prospère sous le régime de la liberté commerciale, rei,r,c,,Teelle naît, et grandit d'abord sous un régime différent. Presque toute l'histoire industrielle et commerciale de la Grande-Bretagne, durant des siècles, se lit au livre des statuts du royaume, dans une longue série d'actes relatifs à des prohibitions et à des privilèges, et l'acte célèbre de navigation, publié sous le protectorat de Cromwell et auquel l'Angleterre attribue avec raison l'immense développement de sa marine et de son commerce au dix-septième siècle, était déjà en germe dans plusieurs statuts de Richard IP. 11 en fut de même, après la république et la restauration des Stuarts, sous
4. Dans ton ouvrage sur les causes de la grandeur de l'Angleterre jusqu'en 47G3, M. Charles GourauJ a récapitulé, depuis l'origiue, les principaui statuts qui précéderont l'acte de navigation, ainsi que ceux qui ont fortifié et développé ses dispositions principales. Cet acte, comme on l'a vu dans le volume précédent, interdisait toute importation en Angleterre de marchandises provenant d'Asie, d'Afrique ou d'Amérique sur tout autre bâtiment que sur des vaisscaui anglais.
70fi
Guillaume III, sous Anne et sous la maison de Hanovre, jusqu'à une époque récente, et la législation anglaise témoigne tout ensemble de l'attention incessante donnée par les grands pouvoirs de TKtat aux intérêts industriels et commerciaux et des restrictions nombreuses apportées à la liberté commerciale, soit par les immunités accordées aux grandes compagnies, soit par les prohibitions dont l'importation des produits étrangers demeurait frappée *.
Un régime contraire et libéral prévaut avec succès aujourd'bui et une lumière nouvelle a commencé à luire aux regards après la guerre d'Amérique, lorsqu'on vil les résultats démentir toutes les appréhensions relatives aux pertes présumées que l'industrie et le commerce britannique auraient à subir par suite du fractionnement de l'empire et de la séparation des colonies insurgées. Nous avons reconnu que non-seulement le régime des relations libres entre ces colonies et leur ancienne métropole n'avait apporté à celle-ci aucun pré judice, mais qu'il avait considérablement accru, en sa faveur, la balance commerciale Le chiffre de cette balance, établi pour les relations commerciales de l'Angleterre sur les divers points du globe, a constaté, depuis
1. Je me borne a constater ce ht «au» prétendre en conclure que at r«- Irictions aient toujours été judicieuse»; je croit, au contraire, que, »i eli<* oui «lé utile» dans le» premiers temps, elles oui été, dan» la suite, fort souvent provoquée» par l'étroit calcul de l'intérêt particulier plutôt que pr de graudt-s vue» d'iuléréi général.
2. V.jycx ci -dessus p. G53. M. Robert WaLli, que j'ai cilé de préférence, » tiré > principaux documents de l'ouvrage de Cbaliueis, intitulé: Vues kùhriques tur l'économie domestique de la Grande-Bretagne et de ilrlanU et Joni l'autorité est grande en Angleterre.
(i l.l II! (.J> III
mcittei
au
XIX» »ièclp.
lors, des résultats favorables et en progrès continus, dont les Anglais furent redevables autant à l'abondance des matières premières sur leur propre sol, qu'à la supériorité de fabrication de leurs produits.
L'examen de tous les résultats qu'eurent pour l'Angle- Im terre les inventions si simples et si admirables des Ar- à*4*n***to
1 île
kwright.des Smeaton, des Samuel Crom pion, des Boulton l'in4iitiii« et des Watt n'entre |>asdansleplandecct ouvrage: il suffit de dire qu'elles amenèrent, dans la richesse nationale, dans le prix des denrées et dans la population, des changements prodigieux : le fer, l'acier, le cuivre, le coton, la laine, les produits naturels du sol, comme les matières importées, furent mis en œuvre avec une activité merveilleuse par d'innombrables agents, dans les lieux qui offraient naturellement de grandes facilités pour la fabrication et pour les transports et dont quelques-uns étaient auparavant incultes ou déserts. Plusieurs villes, et entre autres Leeds, Birmingham, Liverpool, Manchester, prirent de nouveaux et immenses développements et devinrent des cités de premier ordre, et pour ne rappeler qu'un seul exemple qui permettra d'apprécier celte grande et pacifique révolution intérieure, nous dirons que l'exportation du coton (jui, pour toute l'Angleterre, n'excédait pas, dans les premières années du dix-huitième siècle, une valeur de vingt mille livres sterling, atteignait déjà un siècle plus tard, en suivant une progression presque continue, le chiffre de vingt millions sterling, mille fois supérieur au précédent.
Ce prodigieux accroissement dans la production, et par suite dans la population et dans la richesse publique, fut inséparable de grands maux : la nécessité de conserver
LIVRB VI. CHAPITRE V.
sur le globe tous ses anciens débouchés et d'en créer de nouveaux à tout prix, entretint dans la Grande-Bretagne une disposition jalouse et hostile à l'égard des nations étrangères comme envers ses propres colonieset qui futla cause déterminante de plusieurs guerres onéreuses : pour soutenir celles-ci, il fallut accroître toutes les taxes et mul- ^u tiplier les emprunts : la dette, comme on l'a vu, s'éleva, à ,.uM,que. la fin de la guerre d'Amérique, à la somme monstrueuse d'environ deux cent quarante millions sterling, dont l'intérêt annuel de neuf millions ajouté à tous les impôts, pesait d'un poids énorme sur la nation 1 : toutes ces taxes combinées avec les dîmes, avec les lois sur les céréales et sur les boissons, comme avec les droits de douane et avec toutes les entraves apportées à l'introduction des produits étrangers, firent monter, à l'intérieur, le prix des denrées de première nécessité dans une proportion supérieure à l'accroissement du salaire de l'ouvrier*; et tandis que le luxe et l'aisance se répandaient chaque jour davantage dans les premiers rangs et dans les classes moyennes, le bien-être des classes nombreuses
4. Dtiu l'outrage estimable intitulé Pictorial ki$tory of England, fol.T, p. 545. on voit par des citation» extraites des meilleures sources, que durant les vingt-cinq première» années du lègnc de Georges III, les charges imposée* pavs, par les taxes, comme par les intérêts de la dette ancienne et des emprunts successifs, s'élevaient a quatre cent quatre millions sterling, qui donneol une moyenne annuelle d'environ seize millions sterling ou quatre cents million* Je franc*. On voit aussi, ('ans ce même recueil, un tableau de» charges annuellemenl imposées à l'Angleterre pen iant la guerre de Sept ans, et pen.Unt li guerre d'Amérique, pour le service de la marine et de l'armée, ainsi que l« emprunts contractés, durant ces deux périodes, pour subvenir aux dépenses. Nul. Y, p. 545, 546.
2. C'est sous Georges II que Poufiiei avec sis gages a pu acheter la plos grande quantité de nouniluie. Malthus.
diminua : elles furent sujettes plus que jamais à ces crises des temps modernes auxquelles, dans les contrées manufacturières surtout, sont exposées les populations trop agglomérées, et d'où est sortie pour l'Angleterre T»w
de»
celte législation de la taxe des pauvres, dont nous avons ouvres, vu l'origine sous Elisabeth, et qui, jusqu'à une époque récente, a été, pour la Grande-Bretagne, une source d'intolérables abus et un scandale, une ressource extrême et un fléau '.
Quelles que fussent les charges de l'Angleterre, et mal- progrès gré le poids déjà si considérable de sa dette, son crédit ne ^ cessa d'augmenter et il se manifesta un phénomène qui national, est peut-être le résultat le plus étonnant des institutions qu'elle s'est données: on vit d une part s'accroître la dette de l'Angleterre dans une proportion indéfinie, tandis que d'autre part le taux de l'intérêt pour ses emprunts diminuait, tombait au-dessous de cinq pour cent et demeurait ainsi inférieur à l'intérêt exigé dans les autres contrées de l'Europe et particulièrement en France 2.
En ce qui touche les habitudes générales et les mœurs
Mœurs
de la nation anglaise, il y eut sans doute de notables pro- et grès accomplis au dix-huitième siècle; cependant à cet égard il y a peut-être plus de différence encore entre l'époque actuelle et la fin du siècle dernier qu'il n'y en a entre celui-ci et le dix-septième ou même le siècle d'Elisabeth. Le plus grand obstacle aux rapides progrès de la ci
4. Toute cette législation a été heureusement réformée il y a peu d'années : les abus ont disparu et l'institution fonctionne avec succès sur toute la surface du royaume.
2- On lit à ce sujet des considérations intéressantes dans l'ouvrage déjà cité de M. C. Gonraud : Causes de la yran^ur de l'Angidtrr*, etc. p. 431-433.
vilisation parmi les masses et dans les campagnes, jusqu'à une époque très-rapprochée de nos jours, a été l'impern,^u,,é fection et la rareté des voies de communication et des communications movens réguliers de transport. Non-seulement ceux-ci étaient encore, dans le dernier siècle, très-lents et trèscoûteux : les roules mêmes, beaucoup trop rares, offraient peu de sûreté aux voyageurs, et il n'y avait, pour ainsi dire, aucune police organisée dans le royaume ; les campagnes étaient infestées «le brigands et les aventures des grands chemins étaient un des textes les plus habituels des entretiens journaliers.
Durant la plus grande partie de ce siècle, une portion considérable de la haute aristocratie se tint éloignée de la cour et de la capitale, par esprit d'opposition à la maison de Hanovre et demeura dans ses châteaux où elle vécut à jkîu près isolée et sans culture, étrangère à tous les progrès, livrée aux occupations rurales et partageant ses loisirs entre la table et la chasse. Ce fut plus tard, et après l'avénemenl de Georges 111, que la plupart de ces anciennes familles aristocratiques reparurent à Londres où leurs Rapprochement membres se mêlèrent, soit dans les salons ou à la cour, divrr'i-» so'* (^ans ^es cmDS e* autres lieux publics, à tout ce qui dm». tenait un rang distingué dans les armées de terre et de mer, dans l'administration, dans la politique et dans les lettres. Les traditions aristocratiques subsistaient cependant : le respect populaire était acquis à un sang illustre, et l'orgueil d'une haute origine ou d'une grande position sociale héréditaire maintenait, dans jdusieurs cercles du monde élégant, l'exclusion rigoureuse des enrichis ou des parvenus; mais partout ailleurs les barrières s'a-
baissèrent et presque toutes les portes s'ouvrirent devant les hommes qui se recommandaient par la richesse ou par la notoriété publique : les institutions comme les mœurs triomphèrent ainsi le plus souvent des obstacles créés par l'amour-propre ou par la vanité '.Vers la fin du xviir siècle et au commencement de celui-ci, on vit se multiplier les associations fondées pour des œuvres d'utilité publique, de religion et de charité; et les membres de l'aristocratie, qui de tout temps s'étaient mêlés aux
I. Malgré la fusion des classes eu Angleterre, on reina>qu«( dans la société anglaise en général , des prétentions aristocratiques excessives : il y a là une contradiction plus apparente que réélit. Dans toute société régulière, le rapprochement entre le» diverses classe», quelque étroit qu'où le suppose, laissera toujours une large part de considération et de légitime influence a l'illustration du sang indépendamment de tout privilège légal. L'honneur des familles historiques étant le patrimoine du pays auquel elles appartiennent, si ces familles tiennent, par une de leurs branches, a la plus haute sphère sociale, tandis que toutes leurs autres brauclics ont pris racine dans les couihe* inférieures de la nation, après un certain Ic.nps, le no.abre de ceux qui, à des litres divers, pourront prétendre à une part directe dans ce glorieux patrimoine deviendra inliui. La société où les fa.uillek seront ainsi mêlées présentera un caractère tout particulier : on n'y verr. point une tendance funeste a tout i ivelcr, en abattant les cimes supérieures, on y reconnaîtra une disposition contraire, on y verra croître en l'absence de toute bar riére légale, un désir immodéré de s'élever soi-même, s'il était possible, au niveau îles vieilles sommités sociales, de s'y rattacher par le lieu traditionnel du sang, ou par d«s alliances de familles (connexions) ou même enfin pur de» préten ions chimériques. Telle est la tendance générale en Angleterre, tendance poussée quelquefois jusqu'au plus ridicule excès, mais qui lutte heureusement contre l'estime trop grande qu'on y fait de la richesse, contre le triste culte do l'argent ou de la fortuue. Ainsi se concilient les juJi i eu ses observations de M. Ualhmsur la fusion des classes en Angleterre avec les fines et mordante* remarques de M. Edouard l.yllon Bulwer sur les prétentions aristocratique* de toutes (a), et ainsi s'explique ce mot profond de lord Macaulay : L'aristocratie de V Angleterre est la plut démocratique et sa démocratie 1% plus aristocratique de l'univers (6).
(a) Emglûid a»J th* MSff/isk, < . il.
6; ttùtoir* d'AntUf.rrt dtpui$ l'MvcHcmtml Je Jmt^uu II.
hommes des classes moyennes, soit par les intérêts politiques dans les meetings ou assemblées populaires et dans le parlement, soit par le négoce et par les alliances, se rapprochèrent encore d'eux dans toutes ces œuvre? entreprises en commun parla noble émulation du bien.
Ce temps vit naître quelques sociétés littéraires qui contribuèrent aussi au rapprochement des dislances entre les différentes classes. On compta, dans le nombre, plusieurs sociétés de femmes du grand monde où étaient admis les hommes connus par leur esprit ou par leurs succès, et Ton donna indistinctement à ces réunions le nom de Mue slockings clubs (clubs de bas-bleus)
Londres fut le centre et le principal fover de cette aeti-
Affaillissemeni
de» vité intellectuelle durant toute la première partie du règne de Georges III; les études classiques étaient presque Déclin partout ailleurs abandonnées, quoique plusieurs hommes MNitfiviMf. éminents continuassent à s'illustrer par leurs productions dans les lettres et dans les sciences, et il fallut attendre iusqu'à la dernière année du siècle pour voir ces études, dans les universités célèbres de Cambridge
et d'Oxford, se relever du discrédit profond où elles étaient tombées 2. Le délaissement presque général des
\. Le biographe Boswcll nous a transmi» l'origine de ce mol qui vaut la peiae d'être rapportée : ■ Vert l'année 1781, dil-il, l'uu des membre* le* plu* d»*ti ngues de cet sociétés où lea femmes conversaient dans des réunions do soir avec les lettiés et les geus d'esprit, était M. Slillingflcet dont le costume était rigide et remarquable surtout par des bas bleus qu'il portait constamment. Sa conversation avait tant de charmes que ton ab»tnce était toujours %ivomeol regrettée : Nous ne pouvons rien faire, disait-ou, sans les ba$ biens : nom qui lui demeura et qui devint peu a peu celui de celle société littéraire. Bosvirll, Vie du docteur Johnson.
2. On peut lire à ce sujet des anecdotes très-curieuses dans l'ouvrage it lord Ma lion, souvent cité, vol. vil, c. LU.
lettres, malgré beaucoup d'honorables exceptions, joint au relâchement du lien religieux dans l'Eglise établie, eut pour les mœurs publiques des conséquences trèsfunestes. Une portion considérable de la société la plus choisie s'abandonna sans frein aux jouissances du luxe,
Excès du jeu .
et se précipita dans tous les excès de la table et du jeu avec un emportement dont en Angleterre, les mœurs du siècle présent ne donnent plus aucune idée *. Si telles étaient alors les habitudes et les mœurs d'une grande partie du monde élégant, elles étaient beaucoup plus grossières sans être meilleures dans la sphère si vaste RUd«»« des classes pauvres où l'influence bienfaisante des insti- m£eu*ri tutions religieuses et charitables n'avait pas encore pé- populaire», nétré : le vice y empruntait un caractère particulier à l'énergie naturelle de la race bretonne et anglogermanique. Les hommes s'y montraient, à un degré qui étonne aujourd'hui, insensibles aux souffrances de leurs semblables, prompts à s'abrutir dans Tivresse, enclins aux querelles sanglantes, et passionnés pour les jeux cruels, pour les combats de coqs et d'animaux sauvages, et plus encore pour les luttes féroces des boxeurs, successeurs vulgaires des gladiateurs antiques.
Les mœurs brutales et sauvages d'une grande partie de ces classes furent adoucies, dit-on, parles grands pro-
I . Le célèbre Charles Fox est peut-être le plus frappant exemple de l'excès où l'homme peut être entraîné par la passion du jeu. Ses dettes ainsi contractées atteignirent un chiffre prodigieux, et il en coûta àlord Holland pour libérer sou fils cent quarante mille livres sterling (trois millions cinq cent mille francs) de son palrimoioe. Voyei la remaïquablc élude sur Foi, par M. Charles de Kémusat. L'Angleterre au dix-huitième eu de, t. n, p. 468.
Ecole*
grès de l'industrie manufacturière sous Georges III : elles le furent davantage par l'action spontanée de quelques hommes doués d'un zèle apostolique pour le bien de l'humanité, au premier rang desquels nous citerons Robert Raikes, fondateur des écoles chrétiennes du dimanche et Jean Howard, le réformateur des prisons, foyers infects et pestilentiels, non moins funestes à la «lu santé de Pâme qu'à celle du corps. L'impulsion donnée ' 1 «T K par ces deux hommes excita une émulation généreuse au *"î[", sein d'un peuple accoutumé à chercher toutes ses res-
œmres de ■ «
religion sources en lui-même. On vit alors, sous l'influence vivi-
el de
ch.riié fiante d'un nouveau réveil religieux, se fonder toutes ces associations pieuses et charitables, dans lesquelles beaucoup de personnages éminents du monde aristocratique et politique rivalisèrent avec une foule d'hommes de toute condition et de tout rang, pour soulager, instruire el moraliser les classes inférieures. Ce mouvement religieux et philanthropique dont l'heureuse initiative est à bon droit revendiquée par l'Eglise d'Angleterre -, appartient presque tout entier à la seconde parlie du règne de George III, à la fin du dix-huitième siècle et aux premières années du dix neuvième. Son but, à en juger par les résultats, fut beaucoup moins spéculatif (pie pratique : le moment n'était pas encore venu, pour les uns, de ramener l'Eglise anglicane a la tradition Ho-
1 . Roberl Raikc» cul de* imitateur* dan* (oui les comte* de V Angleterre, et l'illustre A lain Smilh a rendu ce magnifique témoignage a ton œuvre : • Aucun plan, dit il, ■'■ fait wpérer un heureux changement dam les mœurs net autant de »implicilé et de facilité depui* les jour» des apôlies. » Uwi* Pny, Hittotre des écoles du dimanchr.
2. Il cul pour auteur, au sein de l'Église établie, le parti connu tout le iwm de parti érangéliquc.
c.for<;es m.
maine, pour les autres, d'agrandir dans la théologie la part de la conscience et du sens rationnel.
De grands périls menaçaient la société à l'époque où s'arrête celte histoire : les théories révolutionnaires du continent, dans lesquelles des principes équitables et généreux se confondaient avec des doctrines subversives de tout ordre social et chrétien, avaient pénétré au sein de la société anglaise ; elles étaient, pour les hautes lnflttC,lca
en
classes, moins un objet de sympathie qu'un Bujet d'obser- Angleterre vation inquiète et même d'effroi et elles n y étaient gou- theotie* téesque dans un cercle très-restreint : leur contagion ne réTU,u^,l,,a,r«i paraissait pas non plus à craindre dans la majeure partie ">n»in"»' des classes moyennes qui sont la véritable force de l'Angleterre et où la religion, la morale et les plus saines traditions n'ont jamais perdu leur empire : mais dans la portion de ces classes où les avantages des institutions politiques, civiles et religieuses étaient moins sensibles que leurs vices ou leurs abus, comme dans plusieurs sectes dissidentes, et en particulier dans celle des unitaires, les doctrines révolutionnaires et républicaines comptaient de nombreux adeptes : le danger était beaucoup plus grand encore dans les régions inférieures de la société où les privations étaient cruelles et où la souffrance; rendait les âmes avidesde nouveautés : là circulaient comme autant de matières inflammables une foule d'écrits anarchiques, là des tribuns populaires excitaient les espérances de la
I. Il faut lire à ce sujet d'incessants détails (paxsim) «laits le journal (<liar\) de M"* d'Arblay. On y voit combien Foi el ses amis <|iii applaudi*- MÏeitl à la icvolution française MCÎUicnt <Ie plus en plu» l'indignation dans les cercle» du grand mon te, a mettire qu'un approchait en France du régne de la terreur.
multitude en flattant ses passions; là enfin s'ouvraieul des clubs menaçants et s'organisaient des sociétés affiliées aux sociétés révolutionnaires de France l. Tel était l'état des esprits et des choses en Angleterre lorsque, rappelé au sentiment du péril par l'ébranlement de l'Europe et par les victoires de la révolution française autant et plus peut-être que par ses crimes, Pitt sortit de ses voies libérales et pacifiques et tendit à l'excès tous les ressorts du gouvernement de son pays, pour résister à la pression du dehors comme pour refouler le débordement intérieur.
i . Celle disposition à la réfolle était loin cependant d'être général* «Uai 'es data» ouvrière» : à Birmingham, en 1791, le célèbre docteur diuMcal iVieilley, connu par ses opinion* démocratique» el républicaine», faillit è\n victime d'un redoutable «oulèvemcnt populaire contre le» dittidentt el le» parli ant delà révolution française.
CONCLUSION
Mon œuvre est faite : j'ai écrit l'histoire de l'Angleterre depuis l'époque antérieure à l'ère chrétienne, où sur l'île de Bretagne encore à peu près inconnue, erraient quelques peuplades sauvages aussi barbares que le sont aujourd'hui les naturels de l'Océanie, jusqu'au temps, si voisin du nôtre, où marchant avec la France à la tète des nations civilisées, l'Angleterre étend déjà son empire en Orient et en Occident, répand sa population sur tous les points du globe, et se montre justement fière de son génie, de sa puissance, de sa richesse et des institutions qui ont concouru, pour une si large part, à sa grandeur et à sa prospérité.
Pour me guider dans ce long travail, à travers les âges, j'ai suivi la longue chaîne souvent interrompue, jamais complètement brisée, des grandes institutions sur lesquelles repose la constitution d'Angleterre : je me suis efforcé de faire connaître celle-ci en historien plutôt qu'en légiste, et je n'ai essayé ni d'en présenter au lecteur un tableau d'ensemble, ni d'en faire, pâle imitateur de Montesquieu, une savante et minutieuse analyse. Fidèle à mon objet spécial, j'ai tracé l'histoire des institutions politiques de l'Angleterre simultanément avec