IV. (i
la pensée dominante. Les whigs, enfin, avaient à leur tète quelques hommes en possession d'une grande influence, entre autres lord Shrewsbury, estimé de tous les partis Thomas Wharton, licencieux dans ses mœurs mais d'une habileté incomparable dans les transactions électorales ou parlementaires; l'amiral Russcl , dont la victoire involontaire à la Hogue avait raffermi les liens avec rétablissement nouveau ; Charles Montagne, le restaurateur des finances, et au-dessus de tous Somers, dc- Foinm'i» l>ms ,on8lemPs célèbre au barreau comme au parlement, d u.» cabinci par la sagesse de ses Mies, l'élévation de sa pensée et la vigueur logique de sa parole. Le roi, dans le courant de 1 «9."l , lui remit le grand sceau, et nomma Russe] premier lord de l'amirauté. Ce dernier choix provoqua la démission de lord Notlingham, l'un des plus honorables entre les membres torys de l'administration précédente. Il se démit volontairement de sa charge de secrétaire d'Etat, dans laquelle il fut remplacé par le comte de Shrewsbury, ancien garde des sceaux, qui, après avoir longtemps hésité, accepta enfin, et rentra ainsi dans le cabinet. Le second secrétaire d'Etat, chargé surtout de la surveillance à l'intérieur, était alors sir John ïrinchard, l'un des membres whigs les plus ardents. Le roi néanmoins, en se rapprochant de leur parti, répandit aussi ses faveurs sur leurs adversaires. Nul n'était plus péniblement affecté par les derniers choix ministériels que le président tory du conseil, lord Caermathen, jadis comte Danby : le roi le créa duc
I . Selon M. do Urovcslini M »eraîl le comlc do Shicnsbiiry swloul qui aurai! oonitibu* à lupprixlior (iuillnuoic du parti vhig {Guillaume III ti Louis M \ , Uimc vin, ,». 210).
àc Leeds : un autre tory, influent dans les derniers par lements, lord Mulgrave, fut fait conseiller privé et mar- Créiiwn quis de Normanby. (juulaume donna en même temps un banque nouveau lustre aux grandes maisons whigs de Russel d,An«,e,cr' et de Cavendish, en élevant à la dignité de ducs leurs deux chefs, les comtes de Hedford et de Devonshire.
Cette é|>oque de son règne vit naître la célèbre institution de la banque d'Angleterre, dont le plan, conçu antérieurement par un ingénieux spéculateur écossais, William Paterson, fut mis en lumière et rendu praticable par Charles Montagne, qui dirigeait avec Godolphin la commission du trésor. Ce plan, tracé sur le modèle d'autres établissements depuis longtemps célèbres en Eu ro|>e », consistait à créer le privilège d'une banque nationale en faveur d'une compagnie qui ferait au trésor un prêt modique dont l'intérêt à huit pour cent serait garanti par une angmentation des droits de tonnage. 11 fut interdit à la compagnie de faire aucun prêt a l'Etat sans un acte du parlement, et ses opérations commerciales ne devaient |>as s'étendre a d'autres objets qu'aux billets de change, aux espèces d'or et d'argent. Douze cent mille livres seulement furent ainsi empruntées : telle fut l'origine de la plus grande institution financière que le monde ait vue, et qui eut pour premier effet de faciliter à Guillaume les moyens de continuer la guerrcN-nec vigueur2.
1. Drpuit près de (rois siècle» Jéja , la banque Je Sainl-Gcorges, à Gène», fuiidiuiinait .■«<•> surec». lue autre bauqu- tres-eelebre. celle tl ' A m >I«m »lain , cré#c depuis plut <\c toisante au», avait Iraveise sans te dissoudre les plut terrible* crises, cl il n'y avait encore ver» le milieu du xvic siècle aucune banque particulière dans les royaume» bi iliuuiqucs.
2. Linslilulioii de celle banque, accueillie avec faveur dan» la cite, souleva Jan» le parlement do violents orage-, cl provoqua une lutte enlre les pio|>ne- Uirrs fonciers et les capilalislcs. Celle lutte éclata surtout dan* la ebanibre
campigofl Olle-ci continuait sur toutes 1rs fronticr. s de la Franco, 46**3 <,on* lcs armes avaient encore triomphé dans la campagne précédente. Guillaume avait été de nouveau battu par Luxembourg à la journée de Ncrwinde où ce grand capitaine l avait à son tour attaqué dans ses retranchements. Les Français avaient cette fois la supériorité du
deNcrwindc nombre; mais Guillaume occupait une position forte et Uudcn mi ^ croyait imprenable : elle fut emportée cependant par L'habileté supérieure du général français et par l'irrésistible valeur de son armée. La déroute des coalisés fut complète et le carnage immense 2. Le roi Guillaume sauva les débris de ses troupes et couvrit glorieusement sa retraite. Jamais, ni à la Hoync, ni à Steinkerke, il n'affronta de plus grands dangers et ne déploya pour les surmonter une activité plus étonnante, une plus grande bravoure personnelle. Son aïeul Coligny semblait lui avoir transmis avec son sang son génie indomptable, et comme lui, souvent malheureux sur le champ de bataille, il apparaissait, souvent aussi comme lui , plus redoutable après la défaite, que son adversaire après la victoire.
des pairs, oul'iméic! foncier prévalait. Le* plus siuisin * prédiction» furent faites a code occasion sur les dangcis dans lesquels l'institution nouvelle précipiterait l'Angleterre, cl l'opposition d. s pairs ne céda qu'a la crainte de lai*sor le gouvernement sans ressource pour la guerre, cl de provoquer sur un lùll de finances une querelle avec la cliamhic des communes.
1. Colla journée est plus connue en Angle:orre sous le nom de l.anden, village où Guillaume s'était reliambé. Les Français lui donnèrent plus généralement cjlui de .Vrnn»'i>, le succe» ayant été attaché par les deux généraux a la possession de ce bourg, trois fois pris et repris, et qui enfin demeura aux Françjis.
2. Au nombre des hommes marquants qui succombèrent dans celte balaiile furent le comte de S-dmes et l'irlandais Sarsfield. Les ducs de Derwick et d'Ormond furent tous deux faits prisonniers, et no I » échangea l'un contre l'autre.
lil II I. AIME III ET MAttlE II
La guerre a\ait été partout malheureuse pour les coalises, en Savoie, en Espagne, en Italie comme en Flandre. Les Turcs avaient contraint les généraux de l'empereur à lever le siège de Belgrade, le duc de Noailles avait envahi la Catalogne et l'armée du duc de Savoie avait été mise en déroute par Câlinât à la journée de la Marsaille en Piémont. La coalition n'avait pas obtenu plus de succès sur mer. In convoi de cinq cents bâtiments marchands chargés de richesses immenses et auquel sa destination |K)iir l'Orient lit donner le nom de la flotle de Smyrne, ^ codi»*.. avait mis à la voile dans la Tamise en juin 1693, sous la protection des Hottes de guerre réunies de l'Angletere et île la Hollande. Tourville avec la Hotte française attendit cette proie immense dans la baie de Lagos où il réussit a dissimuler sa présence. Abusé par de faux rapports, l'amiral anglais crovant Tourville encore dans la Manche laissa son convoi poursuivre sa route au sud, sous l'escorte de vingt vaisseaux seulement, et rentra dans le c anal a\ec la plus grande partie de ses forces. Parv enu dans ^0,"b*[c M¥* le vois: nage de la baie de Lagos, le convoi vit fondre sur ,at!"slui toute la (lotte française : la résistance était inutile, soixante bâtiments seulement échappèrent avec leur faible ♦scurte : tout le reste fut pris, brûlé ou submergé. Tourville, l'année suivante, avait reçu l'ordre de seconder, sur les côtes d'Kspagne, les progrès du maréchal de Noailles en Catalogne : Guillaume résolut de faire attaquer dans la Méditerranée la flotte française par des forces supérieures, M l'amiral Russel lit voile vers Gibraltar à la tète des Hottes combinées d'Angleterre et de Hollande. Une expédition formidable sous l'amiral Iterkclcv hit eu même I* mps dirigée cou Ire le porl de lîrest : elle portail douze
DéMtlre •les
86 LIVHE VI. CHAPITRE I
mille hommes de débarquement commandés par Tftlmash : mais le secret de l'entreprise fut trahi et révélé au roi Jacques, qui informa le gouvernement français. Le traître était Marlborough qui, par ce nouveau crime, mit le comble à toutes ses perfidies sans aucun autre résultat pour lui môme qu'un opprobre ineffaçable. Vauban fut envoyé à Brest pour mettre la place en état de déton? bIch fense» et l°rS(lue l'expédition anglaise survint et approcha elle fut reçue par un feu terrible. ïalmash s'obstina
et voulut débarquer, mais de nouvelles batteries jusquelà masquées tonnèrent tout à coup, vomissant la mort sur ses troupes sans défense : il fallut se rembarquer précipitamment et reprendre le large : plusieurs centaines «le marins anglais et un millier de soldats perdirent la vie sur cette plage sanglante. Talmash lui-même dangereusement blessé fut ramené en Angleterre pour y mourir. La France cependant, toujours seule contre tous, avait fait de prodigieux efforts : partout victorieuse, mais épuisée par ses succès mômes, elle était hors d'état d'en profiter et voyait encore devant elle son grand et infatigable ennemi ré[>araiit tous ses désastres, et toujours supérieur à sa fortune.
Le dernier acte législatif de celte année fut d'une grand*;
Prom ulgalîuu
,i„ importance pour la constitution du royaume et rendit la 1 lrw ' représentation plus vraie en rendant les élections périodi ,GJ* ques et plus fréquentes. Cet acte, nommé bill triennal, fixa la durée des parlements à trois années, et le mois de mars .1696 fut assigné pour limite à l'existence du parlement actuel. Le roi redoutait, non sans cause, des élections si rapprochées, et il avait plusieurs fois refusé sa sanction à ce bill que tous les partis s'accordaient à soutenir. Pré-
liée. IG9I.
senlé de nouveau par les deux chambres, Guillaume peutêtre l'eût encore rejeté, si une mortelle inquiétude n'eût absorbé sa |>ensée et ses soins. La reine était gravement M„rt malade, la petite vérole s'était déclarée ; le mal prit u bientôt un caractère pernicieux, et peu de jours après elle mourut.
Elle s'était rendue populaire par sa bonté simple et touchante, par ses manières affables, par la pureté de sa xie cl son inépuisable charité dont le fameux hôpital de Greenwich, fondé par elle pour les marins, est un témoignage impérissable. Le iftuplc la pleura : le roi fut inconsolable : il fallut l'arracher, en proie à des convulsions, du lit funèbre où la reine expira Guillaume lui rendit ce témoignage qu'il ne lui connaissait pas un défaut ; elle fut toute sa vie, entre le roi et son père, dans la situation la plus cruelle pour une femme, et quoiqu'elle eut incliné du côté où l'attiraient sa religion et l'intérêt de son pays, elle n'échappa point aux sanglants reproches de ses contemporains, ni peut-être à ceux de sa conscience. Elle s'était dit que le premier devoir d'une femme est, après Dieu, envers son époux, et par sa complète abnégation vis-à-xis du sien, elle essaya de se réconcilier avec elle-même. Élevée par les circonstances au trône du vivant de son père, elle n'accepta de la couronne que les épines : souveraine au même titre que Guillaume, elle ne voulut être et ne fut en
I. Narie, en mourant, ne refusa point Je v.-ir ta tœur, comme «m l'a sou • «cul cru; elle répoiidil au vœu qu'exprima la punaise Anne pour être icçuc près d'elle, par un affectueux mes-ap,*-. Ce fut le roi qui craignit qu'une entrevue de* deux rieurs ne caural liop d'émotion a la reine. Il lépondit jjiacii useinent que si l'état de la reine s'améliorait, la princesse serait la bienvenue * toMaften (Burncl, ut tvpra).
effet que sa première sujette , elle se fit un culte de l obé issa née , et cette soumission constante où elle vil son devoir, est aussi son excuse devant Dieu et devant les hommes.
Suite du rèjue de Guillaume III, depuis U morl de U reine jusqu'à la peta
<lc lUsw'nk.
L'année !<>!ir> s'ouvrit par la promulgation du hill qui rapportait l'acte pour la censure des écrits ou plutôt pour l'autorisation de les publier {licensing act), et la presse Emancipation mt a|ors complètement émancipée. L'exposé des motifs la prease. du bill, comme le» objections présentées par ses advert695. saires, prouvaient également que personne n'avait alors conscience de la gravité de cette question, «lu nombre et de l'étendue de toutes celles qu'elle soulève, ainsi que de la puissance, pour le bien comme pour le mal, de l'instrument nouveau dont le (Kirlement armait la nation. Jamais depuis la promulgation de ce bill, la censure de la presse n'a été rétablie en Angleterre, corruption Tte grands scandales marquèrent aussi les premiers bomniwpuMi' j°urs ('r ' anïU'° nouvelle. On a \ u «juc la corruption avait pénétré tort avant dans toutes les brandies de l'administration publique. Le mal depuis peu avait fait de grands progrès : la libel le «les écrits contribua à le dévoiler et mit en lumière beaucoup de fraudes et de transactions criminelles, t ne foule d agents secondaires furent punis
|K>ur a\oir trafiqué de leur autorité ou détourné les de niers publics, et quelques hommes éminents par leurs charges ou leurs dignités furent accusés de péculat. I ne Enquête enquête sévère fut faite à ce sujet, parmi comité des deux Pa,,c,,,c,,,",echambres. L'orateur même des communes, sir John Trevor, demeura convaincu d'a\oir reçu mille livres sterling de la cité «le Londres, pour faciliter le succès d'un hill et fut contraint à prononcer lui-même son arrêt un découvrit de honteux marchés relatifs au renouvellement de la charte de la Compagnie des Indes : un des principaux agents de cette compagnie puissante, sir Thomas Cook, acheta son pardon parties révélations qui inculpaient, entre autres personnages marquants, Seymour, l'un des membres les plus influents des communes, et le duc de Leeds, lord président et chef nominal «lu conseil. Le premier, absous par un vote de la majorité, demeura entaché dans l'opinion ; le second fut poursuivi dexant les pairs par les communes. 11 essaya de se justifier en alléguant qu'il avait souffert, il est vrai, que ses subordonnés trafiquassent de son crédit, mais qu'il était lui-même demeuré pur de toute transaction contraire à son honneur. Le témoin principal s'était dérobé Disgrâce
du
par la fuite, l'accusation tomba; mais le duc accable sous ,iuc le nombre et le poids des autres témoignages, fut écarté * , 0CtU* par le roi «le toute participation au gou\ernement. Il ijarda son titre en souvenir des anciens services qu'il avait
I. Aussi lut apiès le rapport du comité, une motion fut fuite dans les commune», |!nilaut que l'orateur était reconnu coupable. Sir John Trctor fui con- 'fiinl. par sa charge, de niellre lui-même la question lui to\\ : il y cul un f>i i;et»«Tjl pour l'alfirmslue, il il fallut <|u*il constatai lui-même ce vole acokbol.
LIYKfc VI. CIIAI'tTKE I.
rendus, mais ne Tut jamais rappelé an pouvoir l. Sir John Trevor, Seymour et le duc de Leed# étaient torys tous les trois ; leur disgrâce fut fatale à leur parti, et lorsque le roi se rendit sur le continent pour l'ouverture de la campagne un seul tory fut nommé parmi les sept membres du conseil auquel il remit, en son absence, la direction des affaires; ce fut Godolpbin, premier commissaire de la trésorerie
Cette nouvelle campagne fut glorieuse pour Guillaume. L'illustre émule de Condé^Luxem bourg, n'était plus : il avait de dignes héritiers dans Boufflers et dans Catinat : la faveur du monarque donna la préférence à un courtisan, compagnon de ses premiers jeux, et Luxembourg eut pour successeur en Flandre le faible Villeroy, dont la principale armée occupait les lignes de la Lys et de l'Escaut : Boufflers commandait sous lui, et gardait le cours de la Sambre avec douze mille hommes. Les confédérés étaient partagés en trois corps campés aux environs de Gand, de Bruxelles et de Huy. Un de leurs plus grands échecs, dans celte guerre, avait été la prise de la ville de Namur par Louis XIV. Guillaume résolut de la reprendre, et, après avoir abusé Villeroy par de feintes manœuvres, il fit converger soudain presque toutes ses forces vers
1. Le résultat de l'enquête fui hautement favorable au rni Guillaume connue aux comtes de NoUingham et de l'ulland : il fut constaté que la compagnie de* Indes avait offeil a ce dernier l'énorme somme de 50,01*0 livres sterling (2,500,000 fr.) pour so le rendu- propice. Non-seulement PorlUud rejeta celte somme, laissée durant un au à ta disposition, mais il déclara que si U compagnie insistait davantage, il serait obligé de se prononcer contre elle.
2. On remarquait parmi ce* membres le gir.le des sceau» Somer», le comte de Shrewsbury, secrétaire d'Etat, et le nouvel archevêque de Canlotbéry, Tén-ion, successeur du vénérable Tillolfon, mort l'année précédente.
celle place, et, laissant un corps considérable devant l'armée de Villeroy, sous les ordres du prince de Vaudemont, il investit Namur avec tout le reste de son armée. Boufflers eut à peine le temps de s'y jeter de sa personne avec sa cavalerie. I^a garnison qu'il commandait comptait environ seize mille hommes de vieilles troupes; Vauban avait beaucoup ajouté aux défenses de la place qui semblait imprenable, et que Villeroy devait bientôt secourir et dégager. Mais Villeroy commençait alors la loogue série de fautes qui furent si fatales à la France : il laissa échapper le corps de Vaudemont qui lui était opposé, et qui vint grossir l'armée assiégeante, et, au lieu de livrer bataille à Guillaume, il battit en retraite avec ses quatre-vingt mille hommes, abandonnant la place à elle-même. Déjà la ville avait succombé : Boufflers, avec la garnison réduite de moitié, s était enfermé pJise
de Nimur
dans la citadelle : il y fut assiégé à la fois par toutes les p«r forces des coalisés, dont le grand ingénieur Cohorn, Té- GoUUum. lève et l'émule de Vauban. dirigeait les attaques. Il fallut I695 se rendre enfin : Boufflers capitula, et le 26 août Guillaume rentra dans celte forteresse fameuse, Tune des principales clefs des Pays-Bas. Toute l'Angleterre célébra cette victoire, et fit au roi à son retour un accueil enthousiaste.
Le moment semblait propice pour des élections nouvelles. Le mois de mars 1696 ayant été assigné, par le bill triennal pour limite au parlement actuel, il eût été nécessaire si les élections n'avaient lieu sous l'impression des heureux succès de la .dernière campagne, d'y procéder l'année suivante dans des circonstances peut-être moins favorables. Touché de ces considérations, le roi
92 LIVRE VI. CIUITIHK I.
Dusuiuiion prononça la dissolution du parlement, et les élections
du |wrlemeni. 1
nouvelles répondirent à son attente. Les vvhigs obtinrent une majorité décidée : sur cent soixante membres nou- Klrciiuii» vellement élus, la plupart étaient attaeliés à l etablissement de 1088 et zèles pour la guerre.
La session s'ouvrit le t± novembre, et le premier vote Bill important fut relui du bill relatif à la procédure dans les li|)w^i«re cas «le trahison. La manière de procéder à cet égard, fâ"s ,,,s comme on l'avait vu trop souvent sous les derniers rè-
cas il»- iralnsuti. 1
gnes, était en opposition avec les notions les plus simples du droit commun et de l'équité. On en peut juger par les dispositions mêmes du nouveau bill destiné à réformer l'ancienne procédure en la régularisant. Les clauses principales portaient : que nul ne serait poursuivi comme prévenu de liante trahison pour des faits antérieurs de plus de trois années a la poursuite; que toute personne accusée de ce crime aurait l'assistance d'un conseil ; qu'une copie de l'acte d'accusation lui serait remise dix jours au moins avant le jugement, ainsi qu'une liste des francs-tenanciers du comté, parmi lesquels le jury serait choisi; que ses témoins seraient légalement cités à comparaître et admis au serment. Un projet semblable, en apparence si juste, et hautement approuvé de l'opinion, avait déjà été présente six années auparavant, et accueilli avec faveur dans les deux chambres. Son adoption à cette époque paraissait certaine : un amendement introduit par les lords le (il échouer. Cet amendement était fondé en justice, et avait uniquement pour objet de garantir l'existence et la fortune des lords contre le ressentiment ou les caprices d'un pouvoir arbitraire. Un usage très-dangereux pour eux s ciait introduit, el le temps Taxait consacré; il