‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculésChapitre 21 sur 145 · C.ULLAI ME III. H · texte numérisé non relu

C.ULLAI ME III. H

rail garanti. Puis, passant des promesses aux actes, elles votèrent deux millions et demi sterling pour les prochaines dépenses de la guerre, et accordèrent au roi quarante mille marins pour la flotte et quatre-vingt-sept mille soldats pour l'armée de terre. Il y eut partage dans la chambre pour ce dernier chiffre, qui obtint deux cent vingt-neuf suffrages contre soixante-sept. Ces votes significatifs, en montrant l'étroite union de la nation anglaise avec son gouvernement, contribuèrent puissamment à la restauration du crédit, au retour de la prospérité et à la conclusion de la paix, pour laquelle les négociations furent sérieusement reprises par la France, après d'insignifiantes opérations de son armée de Flandre au printemps de 1697. Contraint par 1 épuisement de son peuple, et sans doute aussi par le besoin de se «*«•* n^oci«ii«ni

pour la pain.

ménager de grandes alliances pour le cas éventuel de l'ouverture prochaine de la succession du roi d'Espagne, Louis XIV offrit d'abandonner tout ce qu'il avait acquis durant la guerre et de reconnaître Guillaume III. Un congrès s'ouvrit au château de Ryswiek, en Hollande, pour traiter sur ces bases; mais le roi d'Espagne et

l'empereur, dont le concours durant la guerre avait été presque nul, et que Louis XIV eut aisément dépouillé sans l'assistance eflicace de l'Angleterre, suscitèrent à la paix de nombreux obstacles, et aux difficultés de la politique s'unirent celles de la plus minutieuse étiquette qui faillirent rendre les négociations de Hysvvick interminables L'Espagne, dans l'intervalle, reçut deux

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terribles échecs : Vendôme entra dans Barcelone, et le chef d'escadre Pointis surprit Cartliagène, pilla cette ville, entrepôt des trésors de l'Espagne dans le Nouveau-Monde, et revint en Kurofie avec sa riche proie. L'Espagne alors s'humilia et pressa la conclusion de la paix : mais ces succès inespérés accrurent les prétentions de Louis XIV, qui refusa de rendre Strasbourg, et ses concessions, ainsi modifiées et restreintes, furent acceptées par l'Angleterre, les états-généraux et l'Espagne. Les plénipotentiaires de ces trois puissances signèrent avec la France, en septembre, à Ryswiek, trois traités séparés : un quatrième traité fut signé six semaines plus tard entre la France et l'Empire, et par une des clauses de ce traité, le culte catholique fut maintenu dans les lieux où il était alors ouïe sérieut du but uVuluail pas le ridicule dans les détails la), Louis XIV et Guillaume désignèrent deux bommes éminenls, 11. u I lier* cl Poiïla.id, pour négocier librement , affranchi» des prétentions cxagéiées de la plupart ries membres du congres comme des entraves du formalisme diplomatique. Ainsi furent réglés pioiiiptemenl et d'un accord parfait tous les points en litige : les pleuipoleu lia ire» du congres n'eurent bientôt plus qu'à apposer leur signature aux traités ainsi préparés par detn négociateurs sans caractère officiel , et celle circonstance lit dire qu'il éta l singulier que la pain fût fuite par les géuéraui , taudis que la guerre était entretenue par les diplomates.

I. 1° Tiailc tnlre la France et l'Angleterre. Guillaume III fut reconnu par la France, et toutes les conquêtes furent réciproquement rendues.

2» Entre la France et la Hollande. Restitution réciproque et Iraitc de commerce.

8« Faire la France et l'Etpngitc. L'Espagne recourra tout ce qu'elle avait perdu en Catalogne cl dans le» Pays-Bas. La Frauce demeura en possession de la partie de Saint Domingue quM'.c avait conquise avant cette guerre, cl il n'en fui pas fait mention dans le traité.

A" Entre la France, l'empereur et l'Empire. La France conserva Strasbourg et

(«) Il comient dr lire Ir IfèfCarirtl tab'.iju que tnce M. MacauUy <1« opérations 4a contrés de llv.wck, dan* «on lti«loir. , c. Wll.

(.1 II I. Al MF. III.

UTtemenl pratiqué La paix de Ryswick ruina les espérances de Jacques II, qui prolesta en vain. Elle fut suivie de celle de Carlowitz, signée entre l'empereur et la Turquie, et à la conclusion de laquelle Guillaume III eut une grande pari. Cette époque fut la plus brillante comme la plus glorieuse de son règne.

De la pan Je R\*v*ick a la mort do Guillaume III. 1697 — 1702

La popularité de Guillaume après la paixde Ryswick ne fut pas de longue durée et la reconnaissance du peuple anglais ne survécut pas au besoin qu'il avait eu de son libérateur contre les armées du grand dominateur de l'Europe. Les whigs possédaient encore à cette époque la direction du parlement et des conseils de la couronne : le roi avait récemment et peu dé mois avant la conclusion de la paix élevé quelques-uns de leurs chefs à de nouveaux honneurs, il avait nommé le garde des sceaux Somers baron d'Evesham et chancelier du royaume, et |>our l'aider à soutenir l'éclat de sa dignité nouvelle, il lui accorda sur le revenu des fermes de la couronne une rente annuelle considérable. L'amiral Bussel fut en

lo«t et qu'elle mil léuoi en AImcc; clic rendit (oui ce qu'elle avait réuni bon <U l'Alsace , el le duc de Lorraine Tut i établi dans son duché diminué de Uagwy cl Je Sarrelouis, qui restèreul à la France.

1. Celle clause, selon t'bisforien Mullcr, dexinl funole a Louis MV en irrii»nt les protestants allemand» jtuquc II fidèles a son alliance (Mi loire unittrtelU, I. XIII, c. 26).

110 LIVRE VI. Cil A MTR K I.

même temps créé comte d'Oxford et vicomte de Bartleur, Charles Montagne premier lord de la trésorerie, et Sunderland lord chambellan Mais l'ambition du parti tout entier n'était pas satisfaite, il devint exigeant, tracassier, jaloux : les communes mirent la main à toutes choses, elles furent l'écho de toutes les calomnies, de tous les préjugés populaires, entravant le gouvernement, contrariant le roi, et elles décrétèrent plusieurs mesures où il vit une injuste défiance et une ingratitude manifeste. Elles voulurent cependant aussi lui donner un témoignage de la reconnaissance publique pour ses services en élevant la liste civile, de 600,000 livres sterling à 700,000 2 et en la rendant permanente pour sa vie. Cet accroissement du revenu royal fut facilité par l'octroi d'une charte à une nouvelle compagnie des Indes au prix de deux millions sterling : mais l'érection de cette seconde compagnie qui obtint, par l'appui de Montagne et des whigs. un privilège exclusif pour le trafic aux Indes, suscita de redoutables ennemis au roi et à son gouvernement, elle souleva contre eux les intérêts immenses qui se rattachaient à l'existence de la première compagnie dont le privilège était expiré , et les forces du parti tonf , dans Londres surtout, s'accrurent des ressentiments de

1. 11 fui aussi noinmi! l'an de» lords grands juge», au légitime mécontentement du public.

2. Ceul mille livres furent ajoutées au revenu du roi, afin que, selon la teneur d'une clause du traite de Rysvrick, le roi put payer a Marie deModene, femme de Jacques II, son douaire qui montai) a 60,000 livres («) ; en second lieu, pour qu'il fit une maison au jeune duc de Glocester, fils de la princesse Anne (continuai, de Hapin Thoiras, 11ht. d'Angle!., I. ixv).

Nouvelle compagnie

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