‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculésChapitre 23 sur 145 · Hallam, Mit. contt. d'Angl., c. xv · texte numérisé non relu

Hallam, Mit. contt. d'Angl., c. xv

112 LIVHE VI. CHAPITRE I.

pote, une force organisée suffisante est le bouclier nécessaire des constitutions libres contre les entreprises d'une démagogie turbulente et sans frein Le parlement n'écouta que le préjugé ou la passion, et aussitôt après la paix de Hyswick, il vota que l'armée serait réduite sur le pied où elle se trouvait en 1680 au temps de Charles II, c'est-à-dire à sept mille hommes, et Guillaume obtiut à grand'peinc que ce chiffre fût élevé jusqu'à dix mille. Nouveau Le parlement suivant, qui se réunit en décembre 1698, parlement. re(jouuia envers Guillaume de défiance, et se montra in- ,G!)8 traitante à l'endroit des étrangers, de ceux même qui avaient concouru le plus efficacement à la révolution dans laquelle la grande majorité de la nation voyait une délivrance : il exigea le licenciement immédiat de ces braves régiments huguenots qui avaient tout bravé, tout souffert pour la cause de la liberté religieuse, et qu'on a justement nommés la chevalerie du protestantisme. Guillaume ne se sépara d'eux qu'avec une profonde douleur: il écrivit de s'a main aux communes, en les priant de lui laisser du moins ses fidèles gardes hollandaises; les communes furent inflexibles, et le roi, profondément blessé, songea de nouveau à laisser l'Angleterre à elle même et à se retirer en Hollande 2.

I. Celte vérité fut admirai. h ment mise en lumiéic dans un pamphlet célé- I re attribué au lord chancelier Sonicrs , et que Ici min. ni ce» belle» pan.lea : « D'une armée peunanenlc neoessnire pour nou* défondre coolie l'étranger, rien n'est à redouter pour l'Angleterre aussi longtemps qu'elle icra fidèle i elle-même, et si la nation quelque jour vient a perdre ce noble esprit de libellé qui nous distingue maint, naut , nous forcerons alors nous-môires uo* fer», lors même qu'il n'y en aurait point de prépare» pour nous. • (f.'.rd Campbell, Vie du chancelier Somers).

9. Voyel a cet egar.1 la correspondance de Shrewsbuiy et le» papier* de

(illLLAl ME III. 113

Le mécontentement, l'irritation toujours croissante de celte chambre était entretenue par des bruits qui circulaient sur le concours du roi et de son gouvernement à un traité de partage de la monarchie espagnole conclu par Guillaume, disait-on, sans égard soit |K)ur les formes constitutionnelles, soit pour les intérêts généraux de l'Angleterre. Ces bruits n étaient pas sans fondement. Le roi d'Espagne Charles II, aussi faible de corps que d'esprit, avançait à pas rapides vers la tombe, et il n'avait point d'enfanls : Guillaume n'ignorait pas que depuis longtemps la succession espagnole était convoitée en totalité ou en partie par l'ambitieux Louis XIV oour un prince de sa maison ; il savait que le roi de France avait maintenu pour ce grand objet une armée formidable sur pied après la paix de Hyswick, et il ne >oulaitàaucun prix que la puissance française obtint un accroissement si énorme, qui eût renversé, avec l'équilibre européen, l'œuvre de sa vie entière.

Cette succession était un problème très-complexe, et dont la solution présentait de nombreuses difficultés. Plusieurs |,,rwde«d«»<,r»

r prétendants

concurrents faisaient valoir leurs titres à l'héritage du roi a •l'Espagne sans qu'aucun y eût, par le sang ou par les trai- * ,U^M,0° lés, un droit incontestable. Les principaux entre ceux qui m J'K,Pas,,cl^ouvaient y prétendre étaient le dauphin, fils de Marie- Thérèse, l'aînée des sœurs de Charles II; le prince électoral de Bavière, issu du mariage d'une sœur cadette de ce prince avec l'électeur de Bavière; et enfin, l'un des fils de

FhnWicà. Dalrymple rapporte dans ses Mémoires (dernière p»g') que Guilliume |||, exaspéré du refus des communes au sujet de se* gardes bolUndaiie*, l'éeril en fureur . « Si j'avais un fils, elles ne partiraient p«« ! • M. Hallani ">M«îic l\<tactiiud<< «le cite an<nl..ie.

l'empereur Léo|>old, qui avait épousé une fille de Philippe III, sœur de Philippe IV et cousine germaine du roi . Charles II. Des renonciations formelles à la succession d'Espagne avaient été exigées par contrat des deux filles de Philippe IV, mariées l'une à Louis XIV, l'autre à l'électeur de Bavière; mais la renonciation de celle ci n'avait pas été ratifiée par les corlès, et était considérée comme nulle en Espagne. Aucune renonciation enfin n'avait été demandée de la fille de Philippe III, mariée à l'empereur, mais son droit de parenté était le plus faible. La plus proche héritière par le sang eût été, si elle eût vécu, Marie-Thérèse, femme de Louis XIV. Sa dot n'ayant pas été payée, le roi de France avait, dès l'origine, considéré sa renonciation comme sans valeur, et il l'avait déclarée nulle en 4668, lorsqu'il réclama l'héritage de la Flandre à la mort de Philippe IV 1 : il prévoyait maintenant la prochaine ouverture de toute la succession espagnole, Politique el gc djSp0sait a falre valoir, par les armes, les droits de taris xiv son fiis> il n'ignorait pas cependant les titres à peu près égaux des concurrents du dauphin ; il savait, en outre, que jamais l'Europe ne consentirait à la réunion des couronnes de France et d'Espagne sur la même tète, et il comprit la nécessité d'un partage. Il eut à cet égard deux objets en vue : assurer pour sa maison le lot le plus profitable à la France, et réduire autant que |K>ssible la part de l'Autriche. 11 avait besoin d'appui pour atteindre ce double but, et ne pouvant espérer le concours de l'empereur, il sollicita celui des puissances qui n'avaient rien à prétendre dans la succession de Charles 11, et à

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