Mac*ulay, *ki supra
2. Celte nomination iromjia l'espoir des amis cl delà famille de l'infoilunr d«c de Monmoulli, qui désiraient que son jugement fût cassé cl que son line fil transmis a ses descendants. Mais Guillaume, en celte circonstance, écoula ■■« aaïuc politique. Il importait trop en olfel a ho réputation d« bien établir qu'il était reste complètement étrange i l'avcului cusc entreprise de Moumouili.
12 LIVIIE VI. CUAPlTfcE I.
Gucnc cU'ciar* à Ja France. Guillaume avait réussi à rallier de nouveau I» rrânee contre CL,tlt' puissance la plus grande partie de l'Europe,
et Louis XIV, par sa conduite violente, par ses usurpa - 1689 1 1 1
lions perpétuelles, et surtout en donnant pour la seconde fois Tordre effroyable d'incendier le Palalinat, d'expulser ou d'exterminer ses habitants, avait secondé contre luimême les efforts de son infatigable antagoniste. Les princes de la confédération germanique, les Etats généraux, la maison de Brandebourg, la cour d'Espagne, avaient déjà publié leurs manifestes de guerre, lorsque les communes d'Angleterre présentèrent au roi Guillaume une adresse où elles rappelaient les nombreuses injures faites par la France à sa personne et à son peuple, et promettaient de l'aider avec vigueur à en tirer satisfaction ou vengeance. Déjà en effet, Louis XIV avait attaqué Guillaume, et c'est en Irlande que les premiers coups avaient été portés.
situation L'Irlande avait complètement changé de face depuis l'a-
de
ri.ianàv. vénement de Jacques II : les rapports entre la race cel-
685-1087 ucl,,e indigène e* l*1 rilce anglo-saxonne des conquérants étaient maintenant intervertis, et au lieu de la domination violente du petit nombre sur tout le pays, telle que l'avait établie Cromwell, c'était maintenant la majorité catholique, ou plutôt la totalité de la population indigène, qui pesait de tout son poids sur la minorité protestante. Jacques II, dès la seconde année de son règne, en 1686, avait songé à faire de l'Irlande une place d'armes pour tenir eu bride la Grande-Bretagne, ou pour \ trouver un refuge en cas de revers, et il n'eut aucune peine à y opérer uue ré\olution selon srs xœux. qui étaient ceux du pays.
GUILLACHB III El HABIB II.
L'administration civile et judiciaire passa rapidement des mains des protestants en celles des catholiques : tontes les commissions dans l'armée leur furent données, et quelques régiments anglais, derniers restes de l'armée protestante avec laquelle Urmond avait jadis maintenu en Irlande la domination des colons anglais, furent licenciés et laissés sans ressources. Les Irlandais usèrent de leurs avantages comme on pouvait l'attendre de la part d'une population grossière, fanatique et longtemps opprimée; ils opprimèrent à leur tour, et les colons anglais souffrirent tous les maux qu'ils avaient longtemps infligés l.
Telle était la situation nouvelle de l'Irlande lorsqu'on y apprit le débarquement de Guillaume avec des forces imposantes à Torbay. Cette nouvelle irrita la population indigène, et la rendit plus menaçante et plus agressive. Les alarmes des colons anglais s'en accrurent : le bruit d'un massacre général et prochain des protestants se répandit, et dans les prov inces du Sud, où ils étaient en petit nombre et comme en pays ennemi, chaque famille protestante fit de sa maison une forteresse où elle eut à repousser de fréquentes attaques. Dans la province dTlster, où la très-grande majorité de la population urbaine, en deçà des limites du Pale'1, était protestante, on se tint prêt des deux |>arls pour la guerre civile. Tyrconnel fit occu-
|. La plupart des hommes qui offraient ni Irlande dos garanties par l'éducation ou la foiluue étant protestants , les emplois dans l'administration et l'arme* tumberrul eu des nains ignorantes et grossières, et les officiers municipaux furent choisis dans la lie du peuple. (MacauUy, ubi iuprà )
2. On nommait ainai, comme on l'a vu, d.s les oicmiers temps delà ronfle do pays, tout le territoire ou dominait eulusirement la lace amjlo-
14 UVKE M. CHAPITRE I.
per militairement les villes principales : quelques-unes fermèrent leurs portes ; deux surtout, fcnniskillen et Londonderry, acquirent un grand renom, dans les fastes de cette époque, par leur résistance héroïque. Tyrconnel réunit des forces pour les réduire ; mais il apprit bientôt la fuite de Jacques U en France, et ensuite la réunion à Londres de la convention qui allait décider du sort des
Conduite trois royaumes. Tyrconnel alors temporisa, et, avant de douMe pren(jre une résolution définitive, il correspondit en
Tyrcounei. m£me temps avec Guillaume en Angleterre et avec Jacques U à Saint-Germain. Il abusa le premier en lui laissant entrevoir des dispositions à se soumettre, tandis qu'il flattait le roi Jacques de l'espérance de recouvrer son Irônc s'il voulait franchir de nouveau la mer, et s'il débarquait en Irlande avec quelques troupes françaises, de l'argent et des armes. L'île entière, disait-il, se lèverait pour lui, et dans chaque Irlandais indigène il aurait un soldat *.
Tyrconnel n'hésita pas davantage, et il appela toute la population catholique aux armes. L'étendard royal des Stuarts fut arboré sur le château de Dublin avec cette devise : Maintenant ou jamais, maintenant et à jamais2. Ces mots électriques passèrent rapidement dans toutes les bouches d'une mer à l'autre, et sur-le-champ un peuple entier fut debout et en armes pour reconquérir son pays et son indépendance. Cinquante mille hommes furent en-
1. L'envoyé de Tyrconnel éuil en même temps cbarrj«> d'un? mission secrète pour Louis XIV, par laquelle l'Irlande lui était offerte dans le cas où Jacques rejetterait les moyens proposés pour la reewrer. \Lcftrc du comte d'Av«%x à Louis XIV, avril 4G89 )