‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculésChapitre 4 sur 145 · Now or neu-r, m w and fur efer · texte numérisé non relu

Now or neu-r, m w and fur efer

GTILLAl MK III ET MAKIK II.

régimentés et vécurent à discrétion aux dépens de la population protestante qu'on désarma, et dont les propriétés furent presque toutes pillées, saccagées et en grande partie détruites Une multitude de familles anglosaxonnes émigrèrent dans la Grande-Bretagne; beaucoup d'autres cherchèrent un refuge à Enniskillen et à Londonderry, et ces deux places virent bientôt une armée ennemie sous leurs murs. Tel était l'état des choses en Irlande, avant qu'il eut été possible d'cnvoyrr à aucun des deux partis le secours de quelque force étrangère d'Angleterre ou de France.

Louis XIV cependant, en accueillant Jacques 11 fu gitif, n'avait rien épargné pour honorer en lui la royauté el l'infortune. 11 lui avait fait à Saint-Germain un établissement royal , lui avait assigné une pension énorme malgré la détresse de son propre trésor, et il voulut qu'on rendit au monarque déchu les mêmes honneurs qu'à lui-même. 11 fit preuve en tout, dans ses procédés à son égard, d'autant de délicatesse que de générosité : il promit de l'aider à reconquérir son trône, et comprit de quelle importance pouvait être l'Irlande en des mains amies ou françaises, soit pour envahir l'Angleterre, soit pour neutraliser les efforts de cette puissance sur le continent. Il ne crut pas prudent de distraire quelques régiments de son armée en face de la Coalition européenne, mais il offrit d'ailleurs à Jacques II tout ce que réclamait Tyrconnel pour affermir l'autorité de ce

4. On jugea des perle» rie la population protealamo à celle époque en Irlande, parcelle» de, quaker», évaluée* a 100,000 livre» sterling (?, 500,000 fr.). Lrt quaker» ne formaient pa> la cinquantième pjnie .le» prolcftUtils établît d»o» ii contiée.

1<i LIVRE VI. CHAPITRE I.

prince en Irlande, et pour achever d'en expulser ou d'y assujétir la population anglo-saxonne et protestante. Une escadre, à Brest, eut Tordre de se tenir prête à apfrE^Ι pareiller pour transporter Jacques II dans cette île , et

F0"' reçut à son bord des munitions, des armes, des babils j«cquw il pour dix mille hommes, et 500,000 couronnes d'or. Quatre Irlande, cents officiers français sous le comte de Rosen tirent aussi

1689 l)arlie de cellc expédition à l'effet de discipliner et d'organiser les levées irlandaises. Dans la >isite de congé que fit Jacques à Versailles , Louis XIV lui dit avec sa grâce habituelle ce mot heureux : « Je dois souhaiter de ne plus vous revoir : cependant, ajouta-t-il , si la fortune vous était de nouveau contraire, vous me trouveriez encore pour vous tel que j'ai toujours été. »

Jacques II débarqua en Irlande dans la baie de Kinsale, accompagné de quelques Anglaisde marq ue, entre lesquels on distinguait Berwick , son fils naturel, fort jeune encore, et appelé à une haute illustration militaire. Il se rendit à Corke, puis à Dublin , et fut reçu partout avec de grandes démonstrations de joie par une population enthousiaste, misérable et à demi sauvage. A Dublin, il convoqua le parlement irlandais et tint conseil. Trois partis s'agitaient autour de lui : celui des jacobites anglais ou écossais, aux yeux desquels la possession de Tirlande n'était qu'un moyen pour faciliter le rétablissement de Jacques sur le trône d'Angleterre, tandis qu'au contraire les jacobites irlandais n'y voyaient qu'une occasion propice pour détacher l'Irlande de l'Angleterre et pour lui rendre son indépendance nationale , résultat qu'ils ne pou\ aient espérer si le roi était rétabli à Westminster sur le trône des Stuarts. Four les Ir-

landais, en un mot , le jacobitisme ou le dévouement à Jacques II et à sa cause n'avait aucune autre signification que le dévouement à la patrie irlandaise et à la cause nationale de son affranchissement civil ou religieux. Le troisième parti était le parti français , que représentait le comte d'Avaux, ambassadeur de Louis XIV : ce parti devait, selon les circonstances , adopter entre les mesures suggérées par les deux autres, celles qui seraient le plus conformes aux intérêts véritables de la France dans sa lutte avec la coalition : il lui semblait téméraire d'espérer que Jacques soumît l'Angleterre avec les seules forces de l'Irlande, et il jugeait utile et nécessaire de séparer d'abord ce pays du royaume voisin. D'Avaux joignit dans ce but ses efforts à ceux du parti irlandais, et il insista pour retenir le roi à Dublin, siège de la prochaine réunion du parlement national, au sein duquel prévaudrait exclusivement l'intérêt irlandais. Mais Jacques II avait d'autres pensées, c'était sur le trône de la Grande-Bretagne qu'il aspirait à s'asseoir encore; il eût craint avec raison de paraître, aux yeux des Anglais et des Ecossais , dominé par un peuple considéré par eux comme un esclave révolté : il lui lardait enfin de soumettre à ses armes les parties de l'Irlande où son autorité n'était pas encore reconnue. Il fallait donc d'abord faire tomber Enniskillen et Londonderry, qu'on lui représentait comme incapables de résister à une démonstration sérieuse, puis, de là, passer en Ecosse avec le prestige d'un premier succès. Sa volonté l'emporta, il marcha sur Londonderry; ses forces, consistant surtout en régiments d'infanterie levés iv. . î

à la hâte, étaient mal armées et mal aguerries \ mais nombreuses : la ville fut investie de toutes parts et sommée de se rendre. Les habitants , dont le nombre était accru d'une foule de familles protestantes réfu giées dans leurs murs, résolurent de se défendre jusqu'à la dernière extrémité. Trahis i>ar le gouverneur militaire, et abandonnés à eux-mêmes, ils élurent pour chefs quelques hommes qui, depuis le début du siège, avaient donné des preuves d'une grande énergie : l'un d'eux était un ecclésiastique nommé Walker, recteur d'une des paroisses de la ville, dont la parole éloquente avait appelé les citoyens aux armes et soutenu leur courage. Les remparts étaient faibles et à. demi-ruinés, mais derrière eux se tenait pressée une multitude intrépide, l'élite de la population anglaise et protestante île Leinstcr et dX7lster, résolue à mourir pour la défense de ses droits civils et de son culte. Le siège fut

SljJe poussé avec vigueur : on investit la ville par terre et Loudonderry. par mer, et une forte estacade construite dans la rivière

1689. de la Foyle, peu au dessus de son embouchure, ayant coupé toutes les eommunications avec la mer, l'horreur de la famine vint s'ajouter pour les défenseurs aux fatigues et aux périls des combats journaliers 2. Leur

1. On lit dans le compte rendu par Tyrconnel, au roi. que sur vingt mille fusila distribués par lui aux soldats irlandais, il y en avait a peine un millier en bon état. L'artillerie était réduite, en Irlande, a huit petites pièces de campagne en état de servir au moment où le roi débarqua (Mém. de Jacqius II, t. IV).

2. M. de Kosen, qui commandait l'armée du roi à ce siijjc, donna uu ordre affreux ; celui d'assembler de force tous les protestants des environs et de le* contraindre d'entrer dans la ville, afin de consommer plus promptement les derniers vivies, et soumettant h l'éxecution militaire non -seulement ceux qui

héroïsme ne fléchit pas, et trois mois plus tard, moissonnés par la faim et par le fer de l'ennemi, réduits au tiers de leur nombre, plus semblables à des fantômes qu'à des vivants, ils combattaient encore, indomptables et invincibles. Ils furent enfin secourus : quelques bâtiments portant des troupes anglaises et des vivres forcèrent Testacadc et pénétrèrent dans le port. La ville fut ravitaillée à la LcT)^ vue de l'armée assiégeante qui couronnait les hauteurs : Ju tout espoir de la réduire s'évanouit et le siège fut levé

Peu de jours après, les armes du roi Jacques reçurent en Irlande un autre échec. Des forces nombreuses avaient été dirigées à l'ouest contre Enniskillen, seconde place d'armes de la population anglo-protestante dans l'Ulster. Lne rencontre eut lieu entre l'armée irlandaise et les défenseurs d'Enniskillcn à quelques milles de cette place, près de la petite ville de Newton - Buller. Les Anglais étaient inférieurs en nombre : le colonel Wollesley, leur chef, leur cria de choisir eux-mêmes entre la retraite et l'attaque. Marchons! fut leur réponse, et leur victoire fut complète.

Jacques II n'avait pas attendu la chute de Londonderry pour rentrer à Dublin, où le parlement s'était réuni, et rien n'était plus propre, pour soutenir en Irlande le courage de la faible population anglo-protestante, que les

étaieut en rébellion actuelle, mais leurs amis et leur» adhérents. Le roi opposa à cet orJrc barbare une résistance qui lui fait honneur ; il d. manda le rappel de M. de Rosen, cl lui dit que s'il eût été son sujet il l'eût nhligo h rendre compte de sa conduite. Voyez deux lettres du roi, l'une au maréchal de Rosen, l'autre* lord Dow er, dans les Mémoiret de Jacque* //, t. IV.

I. Le siège de Londondcrrv, dit M. Mccaulay, est le plus mémorable dont il soit fait mention dans le» annales britanniques. {Mal. tVAiiytfl depuis Vwemement dt J*eq*e* II.)

Dublin.

RéTocation de l'acle

iviemeni mesures décrétées alors par cette assemblée, agissant presque tout entière sous l'impulsion des passions les plus aveugles et les plus malfaisantes, la haine des races, la vengeance séculaire , le fanatisme et la cupidité. Redoutant l'effet que produiraient en Angleterre des actes si désastreux pour la minorité, le roi essaya en vain de modérer ces brutales violences , et fut entraîné malgré lui à les sanctionner. Le premier décret de ce parlement fut l'abolition de l'acte célèbre d'établissement «l'éubiissemeoi. vo^ lin demi-siècle auparavant, par le long parlement d'Angleterre. Us représentants, à titre héréditaire ou légalement acquis, de ceux qui, sur la foi de cet acte, étaient devenus possesseurs en Irlande, furent dépouillés de leurs biens et réduits à la mendicité. Ce déeret fut bientôt suivi d'un autre plus terrible pour les angloprotestants et sans exemple dans les annales britanniques : une liste de proscription fut dressée par les deux Profcripiiobi. chambres du parlement d'Irlande. Plusieurs milliers de Grand noms y furent portés au gré des haines et des fureurs à aùailder. de chacun, et on assigna aux proscrits un terme prochain, après lequel quiconque ne se serait pas présenté aux magistrats était condamné à la perte de tous ses biens et au supplice des traîtres. Aucune excuse n'était admise pour cause d'absence, soit par ignorance ou maladie, soit même pour le fait d'un emprisonnement à l'étranger. Cet acte effroyable, connu dans l'histoire sous le nom de grand acte d'altainder, était réellement la proscription d'un peuple par un autre. Jacques fut forcé d'y souscrire. Il avait annoncé, à son arrivée en Irlande, des vues tolérantes pour le culte et promulgué une ordonnance tendant à assurer la liberté de conscience aux membres de

toutes les Eglises chrétiennes; mais elle ne fut qu'une lettre morte, et outre les maux infligés à la population anglo-protestante par le*rappel de l'acte d'établissement et par le grand acte d'attainder, le clergé anglican fut dépouillé de tous ses biens et de toutes ses redevances, qui passèrent au clergé catholique : les ministres et les laïcs protestants, ceux mêmes qui s'étaient compromis aux yeux des leurs par un attachement inviolable à la doctrine de la non-résistance et à la cause du roi Jacques, furent en buile, de la part de la population catholique, à tous les outrages sans obtenir ni justice, ni protection ; il leur fut même interdit de se protéger eux-mêmes, et ils furent contraints de livrer leurs armes à leurs persécuteurs !.

Les spoliateurs ne songeaient tous qu'à eux-mêmes : le trésor du roi ne profitait point de la spoliation , il était vide, et Jacques, pour le grossir, eut recours à un acte qui mit le comble à la ruine des opprimés : il fit frapper une quantité énorme de monnaie de cuivre à laquelle, en vertu de sa royale prérogative , il donna un cours forcé six fois supérieur à sa valeur réelle. Presque tout le négoce et le commerce en gros et en détail étaient, en Irlande, entre les mains des protestants, qui refusèrent en vain de céder leurs denrées contre cette monnaie fictive; elles leur furent violemment arrachées, et toute

Spoliation du clergé protestant.

Monnaie fictive.

1. Ronquillo, ambassadeur d'Espagne en Angleterre, informa sa cour que les lois < .mire le papisme avaient été adoucies par la prudence et l'humanité du Gouvernement, il prit sur lui d'assurer le Saint -Siège que tout ce que pouvait souffrir an catholique romain I Londres nVuil rien, emparé à ce que soufflaient les protestants en Irlande (13 juin 1689).

résistance lut mise au rang des crimes et punie comme telle1.

La fuite devint Tunique ressource de cette population spoliée et décimée, et la Grande-Bretagne fut son refuge. 11 n'était bruit dans cette contrée que de l'odieuse tyrannie dont l'Irlande était maintenant le théâtre. En vain les émissaires de Jacques essayaient encore d'émouvoir les Anglais pour son infortune et le disaient disposé à donner satisfaction à ses sujets protestants s'il était rétabli par eux sur son trône : tous ses actes réfutaient ses promesses. La conduite du parlement d'Irlande excitait aussi au plus haut degré l'indignation et la colère des chambres de Westminster : celles-ci avaient partagé la vive sympathie et l'admiration enthousiaste du pays pour l'héroïque courage des défenseurs d'Enniskillen et de Londonderry, et après avoir poussé le roi lui-même à les secourir elles avaient applaudi avec transport à leur délivrance. Le roi répondit à leur ardeur impatiente en promettant qu'une armée anglaise , sous les ordres de l'illustre Schomberg, passerait prochainement en Irlande : c'est ainsi que la fureur de ses ennemis et la compassion universelle pour leurs victimes ranimèrent la popularité déjà presque éteinte du roi Guillaume, et raffermirent son autorité ébranlée en Angleterre et ««n Ecosse, caricièrc La révolution avait été plus complète et plus violente «le ta évolution dans cette dernière contrée que dans le royaume voisin, c 4„cjciene {ï[ éwi diffld|ç en fût autremonl l'administration

m irianJc. t|es derniers Stuarts ayant été beaucoup plus oppressive et plus corrompue en Ecosse qu'en Angleterre. Ici la le-

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