‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculésChapitre 41 sur 145 · Voliairr, Lettres sur les Anglais · texte numérisé non relu

Voliairr, Lettres sur les Anglais

2. Ile..rt»icnl d'eulraiie ici, du célèbre ouvrage de M. Hallam, la définition

in ir

2iî LIVRE VI. CHAPITRE II.

Une vie nouvelle s'éveille dans la nation : la publieajeirtMui tion des débats parlementaires y est encore interdite. dJbs. ma*s ^es journaux se multiplient, rédigés par les littérateurs les plus en renom, et ils traitent de plus en plus des questions politiques. Les clubs prennent plus d'impor-

des principes constitutifs dos whigs cl des lorys, et, après l'avoir lue ou comprendra mieux de quelle utilité ces deux partis ont pu être dans l'Ktat. ■ Li dénomination de wbig et de tory, appliquée, tantôt à des Factions égoisles.tl tantôt aui principes qu'elles professaient, est loin de présenter le même sent dans toutes les circonstances et dans toutes le» époques. Les deux partit un-, désignés étaient d'accord sur le maintien de la constitution, c'est-à-dire sur le gouvernement par un souverain héréditaire, avec le concours «les .Jeux chambres du parlement pour les acies légUlatif», comme sur d'autres iu*lilution» Irèa-anciennes considérées comme fondamentales. Mais ils Jififeaieal surtout en ceci, que le wbig avait une tendance naturelle, et le tory un* aversion marquée pour toute amélioration politique inséparable d'une iononlion quelconque dans les institutions : l'un avait plus particulièrement a caur les privilèges du sujet, l'autre les prérogatives de la couronne ; le premier «lait généralement ami de la liberté de la presse, et de l'examen, surtout eu matière religieuse; le second leur était contraire. En un mot, l'un avait pour principe d'améliorer, l'autre de conserver. Cependant, après la révolulioa d* 4688, les caractères dislinctifs du wliig et dul«.ry se manifestèrent moins louchant la courou ne que sur quelques aulies chefs. Le tory se montra avec ardeur, et avant tout, décidé a soutenir l'Eglise, à lui donner toute la prééminence et tout le pouvoir possibles, et ce ne fut que malgré lui qu'il admit favers les catholiques et les dissidents la tolérance que le whig considérait comme une des grandes conquête» delà révolution. Mais sur d'autres points cspiUui. el entre autres h l'égard de la liberté civile cl de la royauté, les deui p*rt" changèrent quelquefois de rôle (a). Les vfhigs ont, après la révolution, c«nflitué entre-eux une oligarchie très- puissante, et Ils ont formé à celle époque I* majorité dans la chambre des pairs : cependant la prédilection pour l'aristocratie territoriale et pour un gouvernement dirigé p.ir son influence, Il mf* fiance des homme» nouveaux, des intérêts mercantiles et du commun peuple ont toujours caractérisé le véritable tory. En ne considéraul les doctrine» politiques des deux partis qu'au point de vue moral, et non étouffées ou Jeligureo par régoï»me et l'esprit de faction, les whigs semblent s'être forme une idée bien

(a) Il contient de lire a ce sujel quelques pages Ire^-curieuses el Ut* SflSSOS fclst" Hervey sur les whigs et lei lory» au del.ul du régne de George II. Mimotn «/ **< r"f o/Gêorge tke iteomJ, vol. t, y. 4-C, etc.

laoce ei se fondent eu grand nombre; ce m? sont pas, comme on l'a vu ailleurs dans tics temps d'effervescence, des ateliers incendiaires, ouverts en permanence à une multitude ignorante, théâtres de saturnales sauvages d'où sortent en armes la révoltée! la destruction : les clubs anglais, fondés en général par des membres influents ou distingués des divers partis, soit dans la chambre, soit dans la société, étaient alors des réunions limitées et choisies où l'on s'occupait à la fois d'affaires et de plaisirs, où se débattaient quelquefois les intérêts du pays, et plus souvent des hommes qui le gouvernaient et de ceuxquiaspiraienl à les remplacer. Ils contribuèrent puissamment à former en Angleterre les mœurs publiques, cl c'est ainsi qu'au sein du parlement, par les débals des deux chambres, au dehors par les journaux et les clubs, et dans le pays tout entier, par l'habitude de traiter en commun toutes les affaires, religieuses, politiques et <1 intérêt local, par les corporations élues, par les associations de toute sorte, parle retour fréquent des élections (►arlementaircs, la vie circula dans tous les membres du corps social, et l'opinion établit graduellement son empire avec ses ténèbres et ses lumières, ses dangers et ses bienfaits.

l'Iu» large de la nature et du but de la s»cieUS civile : mais il est peut ehc heureux que ces Vu* parti», ou plutôt le* sentiments el les forces vitales <]ui le* ont an un»1*, aïeul existe simultanément dans la nation anglaise. Il, •Ml ipjrl.pie analogie avec les deux loi ces qui retiennent les planètes dansicuis "rbilfs; ii l'une ou l'autre l'emportait, ces corps seraient disperses dans le cfo» ou entraînes dans un centre immobile. Les anciennes dénominations de »ty cl de tory ont cessé d'être applicable» aux factions politiques du XIX* siérle, mais elles conviennent encore aux inJivtdus, et cela doit ôlre, puisque les I' I mitions morales qu'elles rappellent ont leurs racines dans la nature même < rur humain • tUfol fiUlStU, iT An*jhli)l ■ • XXI y

M VUE VI. CHANTKt II.

Crédit public. On voit le crédit public fondé par Guillaume III prendre •..hoirie. 80US le règne suivant un prodigieux essor : la dette nationale (|iii, à L'avènement d'Anne, était déjà de seize millions sterling, se trouva plus que triplée à la paix dTtrecht par les charges énormes de la guerre, et s éleva, en 1714, à 52 millions portant un intérêt de 3,300,000 liv. sterling. 11 résulte des comptes présentés au parlement, que les dépenses de la guerre, durant douze années, s'élevèrent à près de 69 millions sterling ', ou à 5 millions et demi environ par année 2. Les emprunts néanmoins furent alors contractés à un taux très-modéré. « L'Angleterre et la Hollande, dit lord Godolpliin, malgré les charges énormes qui pesaient sur elles, faisaient leurs emprunts au taux de 5 pour 100, tandis que le gouvernement français était obligé d'offrir, pour les siens, jusqu'à 25 pour 100 aux spéculateurs 3. Les taxes votées en 1709 dépassèrent 7 millions sterling, somme énorme pour l'époque, et qui parut fabuleuse aux contemporains. »

L'Angleterre, a la paix d l trecht, ne comptait pas beaucoup plus de 5 millions d'âmes, l'Ecosse en avait 1 million et l'Irlande le double 4. La population rurale de la Grande-Bretagne dépassait alors de beaucoup celle des villes; mais celle-ci, à partir de cette époque, s'accrut rapidement dans les districts manufacturiers : l'équilibre s'établit dans la suite entre les deux classes, et ce changement considérable dans le rapport entre les éléments constitutifs de la nation, fut une «les principales causes

Population.

1 . U il milliard «-ept cent cinquuute-dcu\ milliom de franc».

Page 1