‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculésChapitre 48 sur 145 · I. WilUr-Sioli, llitloired Ecoite · texte numérisé non relu

I. WilUr-Sioli, llitloired Ecoite

nombre d'hommes réunis encore sons son drapeau, il désespéra lui-même du succès, et les affaiblit par son pro-

préleiiilant

de la main du bourreau. De. ce nombre furent les comtes Supplice», (le Derwenlwater et de Kenmure, qui moururent avec courage en priant sur l'êchafaud pour le prince auquel ils s'étaient sacrifiés. L'année suivante, une amnistie fut publiée, par laquelle les lords Carnwartb, Widdin«;ton et Nairn, recouvrèrent la liberté, ainsi qu'un grand nombre de gentilshommes condamnés à mort et détenus à NeW- Amnislie. gâte et à Newcastle. Une multitude de personnes d'un I7IC rang inférieur furent élargies sur divers points du royaume. On apporta quelques restrictions à cette amnistie, mais en aucun temps elles ne furent moins nombreuses, et cette sage mesure est tout à la fois un témoignage honorable pour le caractère du roi George 1 et pour le progrès des principes de clémence et d'humanité dans la législation anglaise et dans l'esprit du siècle. Bill L'année suivante fut marquée par un important eban- ^..'"/'""gement relatif à la durée des parlements. L'acte de 1694 ,pâ,,emcn"' avait fixé celle-ci à trois ans: sous Georges I", elle fui i7 ic étendue à sept années. On avait reconnu durant près d'un quart de siècle, les inconvénients graves de la courte durée des parlements triennaux qui ne donnait point à la politique une stabilité su l'Usante : les exemples les plus scandaleux de la corruption parlementaire datent en outre de cette époque où le trop fréquent retour des brigues électorales portait perpétuellement atteinte à la moralité du pays, et où une foule de députés des

4. Lord Nilliisdale, condamné à mon, fut redevable de la vie au dévouement de ta femme qui facilita ion évasion. I.a joie que lényngna George 1er en l'apprenant lui fait bouncur \'oy«i dani U \ te du chance lier Cuicpcr, par lord Campbell, U relation du journal Je lord Cuwper, relative • ce fait, vol. IV,

p. 303, note.

GEORGES r.

communes, pressés de tirer a\antage pour eux-mêmes d'un mandat si court, se hâtaient de mettre à prix leurs senices. Le bill pour la septennalité, soutenu avec force dans la chambre des pairs par les ducs de Devonshire et d'Argyle et par lord Townshend, et dans les communes par Slanhope, Aislabie, Craggs et sir Richard Stecle, fut attaqué comme monstrueux par l'opposition !. Il fui adopté et eut les meilleurs résultats. Les communes, depuis cette époque, grandirent beaucoup en importance, soit vis-à-vis la couronne, soit vis-à-vis le corps électoral, et c est depuis lors seulement que les principaux ministres ont reconnu que l'intérêt de leur réputation el de leur puissance était d'y conserver leur siège, afin d'en mieux diriger les débats2.

Le roi, dont le Hanôvre était toujours le premier intérêt, résolut de s'y rendre; mais, en s'éloigoant, il refusa la régence au prince de Galles pour qui ses sentiments ne furent jamais ceux d'un père, et lui conféra le titre de gardien du royaume, qu'aucun prince n'avait jamais porté depuis le fameux prince Noir. Cette époque fut celle

du premier rapprochement opéré depuis Charles U, entre

t. Largnmenl le plus spécieux qu'on fil valor conlrc ce bill, fut qu'une riumbre des communes élue peur tro'S ans. n'avait pas le droit de prolonger elle-même se* pouvoir». La meilleure réponse à celle objection a été faite par BUdsloae: Qui oserait prétendre, dit-il, que les deux ebambrea du parlement qui tvaieat volé le bill triennal, n'eussent également le droit de le révoquer plai lard? Et cependant en se bornaul à annuler le bill triennal, elles eussent t>*etsMiremenl rétabli l'ordre de chose» en vigueur avant le foie de ce bill, c'est-a-dire que leurs ponvuirs, parce seul fait, eussent été prolongés indéfini- **al el sans autres limites que la volonté du souverain. Citation extraite de Markstoor, Farlmmtntary hiitory, volume seplième, p. 295.

?. Us débals *ur ce bill important sont d'un granJ intérêt : on les lit dans le septième «oluuic de i'BUhki parlementaire, p. 292-307.

la France et l'Angleterre. Un danger perpétuel provenait pour ce dernier royaume de l'appui que la France prêtait l»tfr«f aux Stuarts depuis tant d'années, et une expérience toute ° 'ic'u * récente avait montré qu'une alliance étroite avec la HoldeTihètrc ^an^e el l'Empire était impuissante à paralyser les intrirl . gues du prétendant ou à déjouer ses projets. La France ,

de la maison

«ro. 1. ans. assez forte pour faire redouter le succès des entreprises de ce prince en les appuyant, était seule aussi en état de les faire avorter. La politique de ta maison de Hanovre était donc de s'en faire une alliée, et un intérêt commun rapprochait d'elle le duc d'Orléans régent du royaume. D'après les stipulations du traité dTtreeht et la renonciation faite par Philippe V pour lui et pour les siens, il n'y avait qu'un enfant faible et maladif, arrière-petit-fils du feu roi, entre la couronne de France et la maison d'Orléans, et si le jeune Louis XV venait à succomber, il était à craindre que le roi d'Espagne ne revendiquât celte couronne au mépris des clauses signées à t trcclit et de sa propre renonciation. Le régent se fortifiait et s'armait d'avance contre celle éventualité en s'alliant par un traité avec l'Angleterre, et le gouvernement anglais troin ait luimême, dans cette alliance, de puissantes garanties, d'une part, contre la réunion des deux couronnes sur la même tête ou dans la même branche des Bourbons, et d'autre part, contre les entreprises du prétendant.

Ce traité, malgré ses avantages évidents, fut l'objet de longs débats, et peut-être n'eùt-il pas été signé sans les habiles etlbrls de Dubois, ministre du régent, non moins remarquable par ses talents que décrié pour ses vices. La conclusion en fut aussi hâtée par le retour imprévu du roi de Suède Charles Xll dans sesétats et par l'invasion du czar

GEORGES l. 237

de Russie Pierre le Grand clans le Mecklembourg. Le roi lîeorges trembla pour son électoral de Hanovre et surtout |K)ur la possession de Brème cl Wcrden qu'il avait récemment acquis du Danemark et que réclamait Charles XII. 11 comprit mieux la nécessité d'une alliance étroite avec la France et se montra dès lors très-impatient de la conclure: il importail d'y comprendre les états généraux de Hollande, et leurs lenteurs qu'il attribua à Townshend . , ,?w*fl5*

1 ' de iowtuluii.l.

chef de son cabinet, l'irritèrent contre ce ministre. Une

autre cause de la disgrâce de Townshend et la plus sérieuse peut-être, fut sa condescendance pour le prince de teilles qui désirait des pouvoirs plus étendus et recherchait une popularité dont son père ne jouissait pas. Le roi se crut trompé et renvoya son minist re, dont la disgrâce plus que le ressentiment, fut adoucie par l'offre delà victroyauté d'Irlande refusée d'abord et plus tard acceptée. Le roi revint à Londres et le fameux traité de la triple-al- <i« u liancey fut enfin signé (4 janvier 1717) entre l'Angleterre, ,,T,e-A,,,a,Kl'la France et la Hollande. m7.

L'aventureux Charles XII était, entre les souverains du Nord, celui dont l'inimitié était la plus redoutable à l'Angleterre, et si ses projets sur ce royaume n'eussent trouvé

des obstacles dans la guerre qui durait encore entre lui ProjcU

et la Russie, ils auraient pu s'accomplir. Il songeait à d^JJ xu ramener le prétendant en Ecosse avec une armée et à „ *»r

1 Anglolcrro.

rétablir les Stuarts sur le trône : il y était poussé par un aventurier intrigant, le baron de Gortz, qui avait su capter sa confiance et qui, de Hollande où il était retiré, entretenait une correspondance active avec le comte de con»piroii»n Gyllenbcrg : celui-ci, ministre du roi de Suède en Angle- 0^1^^ terre, conspirait avec les adversaires du gouvernement

près duquel il était accrédité, avec l'ambassadeur d'Espagne et les jacobilcs. Ses intrigues furent découverles: Gyllcnberg lut arrêté; ses papiers saisis confirmèrent tous les soupçons el donnèrent la certitude de ses trames coupables. Le gouvernement justement alarmé, résolut de mesurer l'effort de la défense à la grandeur du péril et demanda dans ce but un important surcroît de subsides. Il l'obtint malgré l'opposition des torys unis à la fraction des whigs, amis zélés de Townshend, et qui saisirent celte occasion \m\r manifester leur mécontentement de la destitution de leur cbef. Le ministère n'eut qu'une insignifiante majorité qu'il considéra comme un échec el dont il rendit Townshend responsable en lui ôtant la viceroyauté d'Irlande. Cette nouvelle et seconde disgrâce Sciwi..H amena une profonde scission dans le parti whig. Robert

du

part. «Kg. Walpole, beau-frère de Townshend, se démit de sesebarni7 ffes et son exemple fut suivi de la plupart des membres du cabinet; Methuen, Pulteney, lord Orford et le duc de Devonshire se retirèrent avec lui, et un nouveau minis-

mïlZZ". 1ère fut constitué par Stanho|>e et Sunderland (1717).

Stanhope remplaça Walpole comme premier lord de la trésorerie, Sunderland et le célèbre Addisson furent secrétaires d'État, Aislabie, chancelier de l'Échiquier, Craggs, secrétaire pour la guerre, le comte de Berkeley premier lord de l'amirauté, le duc de Newcastle lord chambellan et le duc de Bolton lord lieutenant d'Irlande : lord Cowper garda les sceaux. Robert Walpole, dans l'opposition, en devint le chef le plus redouté : l'on vit ainsi l'un des

I Robert Wulpufc, nommé payeur général au début du icgnc, atail réuni ensuite les grande» charge» de premier lord de la trésorerie et de chancelier de l'Echiquier.

tiKORtifcS |.

membres i-mincnts de ce grand parti whig qui avait établi sur le trône la dynastie hanovrienne, se ligner a\ec ses adversaires les plus acharnés, les Ship|>en, les Wyndham, les Bromley. La guerre qu'il fit au cabinet fut systématique et implacable, et les mesures qu'il avait lui-même conseillées ou soutenues lorsqu'il en faisait partie, devinrent l'objet de ses violentes attaques.

Soilt du lègae de George depui* la »cn>ion «lu parli Wliig, jusqu'à la rentrée de Walpole, comme premier ministre, daim le cabinet.

Procc»

KIT — 1722. du

comte d'Otford.

Walpole ouvrit la lutte avec ses anciens collègues 47,T* dans le procès du comte d'Oxford. Cet homme d'Etat vivement poursuivi au début du règne, était, depuis deux ans, détenu à la Tour et demanda lui-même à être jugé. Walpole s'était montré l'un des plus ardents à le poursuivre et présidait le comité des communes chargé de soutenir l'accusation. Mais, en passant dans l'opposition, il vit ce procès d'un autre œil, s'absenta du comité où il fut rem placé, et prépara secrètement toutes les voies à l'acquittement du ministre poursuivi à sa propre requête Ce fut lui qui suggéra aux amis d'Oxford l'expédient qui le fit absoudre, et c'est par son conseil que lord Harcourt demanda aux pairs de séparer dans les charges produites contre l'accusé, les faits qui impliquaient la

I. Cou, Utmoirtof *ir Robtrt Wêipolf. - P«rliamcntary n.jionr, vu,

2i0 LIVRE VI. CHAPITRE III.

trahison de ceux d'uni' importance inoindre. Les amis du ministre inculpé n'ignoraient pas que l'acte d'accusation contre Oxford, avait été rédigé avec la violence de l'esprit de parti et la rancune de l'orgueil national humilié par la paix dl trecht, et, quelque justes que fussent les griefs de la nation, soit contre plusieurs clauses de ce traité, soit contre les moyens employés pour l'obtenir, il n'y avait point lieu à en condamner les auteurs pour crime de trahison. Ce mode de procédure n'était point autorisé par la coutume, et l'employer à l'égard d'Oxford, c'était, selon toute apparence, lui ménager une victoire. Sunderland et les principaux ministres s'y opposèrent de tout leur pou voir, mais sans succès, et quatre-vingt-huit pairs contre cinquante six accueillirent la motion d'Harcourt. Ce vote* dont sir Henri Hallam a dit, sans le blâmer d'ailleurs, qu'il pouvait à peine être justifié par aucun précédent ou l>araîtrc conciliante avec la dignité des communes1, fut ressenti comme une offense par cette chamhrc : elle y vit une violation de ses privilèges et refusa de concourir à son exécution. C'était là l'important résultat Arq.imoment eSp£r£ ^f jeg m^ <r()Xfor(| lcs |or(js étant ré unis en

comte d'oifor.i ^ (jc j ustîeo ù Westminster, au jour fixé par eux pour ,7,7« l'ouverture desdébats, |>crsonne ne se présenta pour soutenir l'accusation au nom des communes, les juges rendirent un verdict d'acquittement et le prisounier fut absous et élargi sans être justifié.

Les communes ressentirent vivement la conduite des pairs dans ce procès : elles y v irent un déni de justice et une motion fut présentée par un de leurs membres, sir

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