GEMMES I
par ses fautes que par ses uliles réformes, le voyant ébranlé, se liguèrent contre lui : le confesseur de la reine se joignit à eux et Albéroni fut perdu. Le 4 dé- Dttgrica
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ambre il avait travaillé avec le roi comme de coutume, renvoi le lendemain un décret royal le destitua de tous ses em- d K[lénm plois et ne lui accorda que huit jours pour quitter Madrid et trois semaines pour sortir du territoire espagnol. Il ne revit plus le roi et termina sa vie dans des intrigues obscures après avoir enseigné au monde, par son exemple, que les moyens par lesquels les aventuriers grandissent ne sont |>as ceux qui relèvent les empires, et que les plus louables choses entreprises dans ce but, par un esprit ardent et vaste, demeurent stériles et vaines sans la sagesse qui calcule et la patience qui fait éclore. Phi- p,,,,jpec v lippe V adhéra le mois suivant à la quadruple-alliance, qui<|rupU*|.
liaiicc.
déclarant qu'il faisait à la paix de l'Europe le sacrifice d'une partie de ses droits et de sa puissance.
L'union de la France et de l'Angleterre ne fut pas moins utile pour pacifler le Nord, où Charles, en provoquant tous ses voisins par son ambition sans repos, les avait armés tous contre lui. Ce grand fléau n'était plus : NJort
a Charles XII avait succédé sur le trône de Suède sa cbariw xu. sœur Ulrique (1 718V, et cette princesse, en héritant du ma. sceptre de son frère, héritait aussi des difficultés sans nombre qu'il avait suscitées à son peuple et a lui-même. Klle comprit qu'un royaume épuisé d'hommes et d'argent devait songer aux sacrifices plus qu'aux conquêtes : elle se concilia le roi Georges en abandonnant au Hanovre Verden et Brème. le roi de Prusse en lui cédant Stettin el enfin, pour satisfaire lejroi de Pologne Auguste, elle reconnut son litre. Elle sollicita ensuite et obtint l'assis-
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lance des gouvernements de France et d'Angleterre contre le Danemark et la Russie : l'amiral anglais sir John Norris, entra dans la Baltique avec onze vaisseaux et fit sa jonction avec la flotte suédoise à Garlscrown : cette puissante intervention sauva la Suède. Le Danemark céda ses récentes conquêtes pour une compensation pécuniaire : la Russie rappela sa flotte sans vouloir négocier, et des cinq puissances que la démence turbulente de Charles XII avait armées contre la Suède, le czar seul demeura en guerre avec elle (1719).
Cette môme année fut marquée en Angleterre |>ar quelques actes législatifs importants : l'un d'eux, destiné à satisfaire et à rallier les dissidents, fut présenté au parlement par lord Stanhope sous un titre digne d'atteu tion, surtout si l'on considère la force des préventions Révocation existantes contre eux dans l'Église établie. Stanho|>e intil'tcie fonire !• lu'a son l)I0je^ : Bill Pour fortifier dam le royaume l'inmiio™elé|« térH Prote$tanl 1) ct ce biU révoquait l'acte contre la ei«io conformité occasionnelle et l'acte du schisme rendus
l'icledutchismc. , .
tous deux a la requête de la haute Eglise sous le rogne 1 1 18 précédent. Sir Robert Walpole et quelques autres des anciens ministres whigs destitués ou démissionnaires, s'unirent dans cette circonstance et par opposition systématique aux torys pour combattre un bill qui répondait à leur secrète pensée et qu'ils auraient eux-mêmes proposé s'ils fussent demeurés au pouvoir. Les principaux membres du cabinet et surtout Shanhope et Sunderland ûrent de louables efforts pour soutenir le bill. Ils auraient désiré obtenir d'avantage et abolir pour les dissidents l'acte
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du test en admettant ceux-ci à la plupart des privilèges île l'Église établie 1 ; mais le moment n'était pas venu. Les chartes qui assuraient tous les avantages politiques an membres de l'Eglise d'Angleterre étaient considérées l«r beaucoup de whigs eux-mêmes comme le boulevard île la constitution, et ce fut avec peine et en évitant de porter aucune atteinte à l'acte du test et des corporations. i|ii ils obtinrent, pour les mesures proposées, l'appui de la |»ortion modérée du banc des évêques et la majorité dans les deux chambres.
Mais l'acte le plus important de cette époque et qui touchait véritablement aux [racines mêmes de la constitution, fut l'acte projeté touchant la pairie. Cette grande mesure, conçue d'abord par Stanhope, fut pro- |n*ée et vivement soutenue par Sunderland. Il existait entre ce ministre et le prince de Galles une inimitié profonde, et Sunderland était fondé à craindre <|u en montant sur le trône le prince ne cherchât à briser la majorité whig dans la chambre des pairs au moyen d une promotion extraordinaire, par un abus dangereux de la prérogative royale. Etant lui-même un des chefs •es plus éminents du parti whig, Sunderland se voyait personnellement menacé, et il redoutait qu'un coup si dolent ne renversât en même temps toute sa politique «1 l'influence de son parti. Il crut ne pouvoir conjurer ce
I- Lard Slanbope voulait plus encore : il poussait la toléraucc el devaitî«l son époque jusqu'à désirer abolir pour les catholiques mêmes toutes h» restrutioDs légales el oppressives. Il comprit qu'il lui serait impossible do liller a cet égard contre les préjugés de son temps : mais dans les papier» |«'l ilmjés on a trouvé le premier germe de l'acte pour l'émancipation Jeu alh«|.qurs. Vovei lord Malion, llisl. d 'Amjlctc tri, depuis hi paix d'Vhtrht rl»>p. IV
péril «pi on limitant la prérogative sur un point d une si haute importance, et en dépouillant la couronne du droit de nommer à l'avenir de nouveaux pairs. C'était elle surtout qu'une telle mesure eût lésée en lui enle\ant une de ses plus précieuses attributions, et tout autre que (ieorges Ier n'eut point souffert, de la part de ses ministres, une semblable attaque à ses privilèges. Mais ce prince, étranger à la langue, aux lois fondamentales, a l'histoire même du pays sur lequel il régnait, était beaucoup moins attaché à l'Angleterre qu'au Hanovre , et plus jaloux de ses droits comme électeur que des privilèges d'une couronne trop pesante pour son front. Il haïssait en outre le prince de Galles, et il était ainsi disposé d'avance à accueillir toute mesure propre à restreindre les pouvoirs de son successeur. Sunderland lira fort habilement avantage de ces dispositions du roi pour le succès de son entreprise, et, en février 1719, peu après l'ouverture de la session législative, il présenta à la chambre des pairs un projet relatif à une constitution
lVjirl de bill 1 1 J
i«r nouvelle de la pairie. Les principales clauses de cet acte ■ ,>a,r,e portaient que le nombre actuel des pairs anglais ne se- 1719. raj| accru que de six, outre les princes qui seraient toujours pairs en vertu de leur naissance; qu'aucune pairie ne serait transinissible que dans la ligne directe du premier titulaire, et qu'en cas d'extinction seulement d'héritiers dans cette ligne, il yaurait lieu à des créations nouvelles. Les seize pairs électifs d'Ecosse devaient être remplacés par vingt-cinq pairs héréditaires choisis par le roi dans l'ancienne pairie de ce royaume.
Tel était en substance le fameux projet que présenta Sunderland sur l'organisation nouvelle de la pairie dans
le Royaume lui. Il donnait aux pairs, on surcroit <le considération et de puissance, tout ce que perdait la couronne, et il ne fut vivement combattu dans leur chambre que par les pairs écossais, comme violant, pour la pairie d'Ecosse, une des principales clauses du traité d'union. Adopté par les lords, le bill fut porté devant les communes, où une opposition sérieuse était à craindre. Les ministres essayèrent de la conjurer en faisant espérer à cette chambre, en retour de sa condescendance au vœu CuIi*,^i,,,l,"» royal, le sacrifice d'une autre prérogative de la couronne fC b;M dont elle s'était plaint souvent, savoir, le droit de grâce après des poursuites ordonnées par elles : faible compensation pour une mesure qui, en ôtant un noble but à l'ambition des communes, eut accru, dans des propor lions dangereuses, la prépondérance des lords. La pairie, en eûet, devenant un corps [dus fixe et limité, toujours identique à lui-même, comme l'est tout corps qui se renouvelle dans son propre sein , sans adjonction étrangère, eût sans doute acquis de la force contre les tendances abusives de la couronne, mais elle fut en même temps devenue moins apte à apprécier les modifications rendues nécessaires dans les lois par les circonstances nouvelb s comme par le progrès du temps et des mœurs : on aurait vu s'y reproduire avec violence toutes les passions , tous les abus des corps oligarchiques, et le nouveau bill en affranchissant la pairie d une crainte salutaire eut été pour elle-même l'occasion et la source de nombreux périls. Ce grand corps eut en même temps été privé des forces précieuses sans cesse renouvelées qu'il tirait de l'adjonction perpétuelle des hommes éminenls et en réputation dans les communes,
UVBK VI. CIIAIITKK lit.
dans l'administration, dans la magistrature et dans l'armée. L'esprit nouveau que l'organisation projetée eût infailliblement introduit dans la pairie eût bientôt profondément altéré les rapports mutuels des deux chambres; aux relations existantes fondées sur les égards et l'estime mutuelle qu'ont les uns pour les autres des nommes appartenant à 1 élite d'une grande nation, et dont la plupart, avant d'oceuper une place dans la ehambre haute, ont siégé ou siègent encore dans celle des communes, auraient bientôt succédé les rapports des nobles et des roturiers du continent, rapports fâcheux qui ont mis obstacle chez ces peuples au développement d'un véritable esprit public, et fait avorter les meilleures résolutions de leurs anciennes assemblées
Ces dernières et graves considérations ne furent sans doute entrevues alors que du petit nombre : la plupart des membres des communes mus, comme le sont en général les hommes, par des motifs étroits et personnels, n'obéirent, dans cette circonstance, qu'à la crainte d'élever les pairs trop au-dessus d'eux, et de se fermer à eux-mêmes tout accès dans leurs rangs. Ce oppuiitou dernier argument surtout, fut, avec succès, mis en œuvre par Robert Walpole pour rallier contre le projet ministériel tous ceux dont il blessait l'amour-propre on ruinait les espérances éloignées, et il rendit, sur ce point, la question personnelle à Stanhopc, qui, étant récemment entré dans la chambre des pairs, voulait maintenant, dit-il, en tirer la porte après lui. Son début fut
I. Vwyei les etceltentei rottûdéntioiis sur ce l»ï II dan» Vllistoire cvnxhtu 1 tonnelle, par M, Hallant, ilnp. xvi.
Walpolr.
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éloquent : « Les Itomains, dit Walpole, ce peuple sage entre tous, avaient élevé le temple de l'honneur derrière le temple de la vertu, comme pour marquer qu'il fallait traverser celui ci pour arriver à l'autre. Mais si le l>ill actuel est converti en loi, vous enlèverez à la vertu un de ses plus puissants aiguillons : il ne sera plus possible d'arriver à l'honneur qu'a travers le linceul d'un vieux lord décrépit ou les cendres d'une noble famille éteinte. » Walpole insista ensuite sur l'atteinte profonde qu'un tel acte porterait au traité d'union avec l'Ecosse, et, priant avec l'accent de la vérité, des dangers qui en pourraient résulter pour les institutions du royaume et pour les libertés publiques, il ajouta : « Quant à prétendre, comme on le fait, que ce bill garantit la liberté «lu |>arlement, je le nie expressément : il ne fera qu'assurer une grande prépondérance aux pairs qu'il transformera en phalange compacte et impénétrable *. » C'est ainsi que Walpole battit successivement en brèche toutes ^jjj b,H les clauses d'un projet désastreux qui fut rejeté à une '» majorité d'environ ceni voix. Ce ne fut pas pour lui un nio. médiocre honneur d'avoir rallié dans cette circonstance, à son opinion, les héritiers des grandes familles, les Compton, les Devereux, les Willougby, qui, appelés par leur naissance à siéger un jour dans la chambre haute,
I. Pnslow, dausses célèbres remarques, rend uo éclatant témoignage au nérite «ttraordinairede ce discours dp Walpole qu'il avait entendu citer comme l'an des plus éloquents qui eût jamais été prononcé devant les'commuues d' An- SieUrre. De curieui fragments nous en ont été transmis dans l'Histoire parle- (MaUireelon n'y voit pas sans surprise plusieurs citations latines remarquable* Jins U bouche d'un homme d'Étal dont l'un des plus grands torts fut le méprit des lettres et de ceux qui les cultivaient. (Vnyei PtrliameHiary //wroryk »ol. tu, 619 )
et personnellement intéressés à l'adoption du bill, s'unirent à la majorité pour le repousser, par un sentiment national et patriotique : et quiconque sait que la fortune de l'Angleterre, depuis trois siècles, repose en grande partie sur la composition à peu près homogène de sa population, comprendra que ses destinées furent compromises par un acte qui altérait d'une manière si profonde les éléments mêmes d'une des deux chambres de son parlement
Le rejet d'un bill aussi important eût entraîné, de nos jours, la chute du cabinet qui l'aurait proposé; il n'en fut pas de même à l'époque qui nous occupe. Sunderland et Slanhope, ses principaux promoteurs, ne furent pas ébranlés par cet échec et parurent, au contraire, si de Wilipolt bfeil affermis que Robert Walpole et son beau-frère , „. el . . Townshend consentirent à faire de nouveau partie de
de 1 ownslicnd 1
l'administration, sans toutefois obtenir un siège dans le
l'administration. #
cabinet : Townshend eut le titre de président du conseil, et Walpole fut nommé payeur général 2. L'état du royaume était prospère et les factions découragées : une réconciliation, apparente au ihoins, ménagée par Walpole, entre le roi et son fds, acheva d'abattre les esj>é-
1. Olle grande question de la pairie fut déhalluc dans la pi es se avec uo Durable talent par lot deui plu* grands écrivain* polémique* «le l'époque, AJdisson cl Siècle : le premier soutint le bill dans une fouille qu'il nomma Vieux whiy et Slcctc répondit à ses arguments par un écrit célèbre inlilal* U Pltbéun.
2. SuodcrUod et Slanhope avaient résolu de présenter de nouveau le l»ill <3< Il pairie dans la session suivante, et il parut! prouvé que Walpole, par conviction ou par intérêt, leur avait eu quelque sorte promis ton concours, du moio» pourla clause du bill relative aux pairies d Tienne.
noces des jacobrtes et Georges l,r s'éloigna sans crainte pour visiter ses états du continent.
Le parlement alors s'occupa d'un projet trop fameux qui, dans la bouche et dans la pensée peut-être de ses auteurs, devait avoir pour effet d'alléger les charges du royaume, et qui, au contraire, en gorgeant de richesses quelques spéculateurs, occasionna d'immenses
et innombrables catastrophes. L'Etat avait précédemment iK-aucoup diminué les intérêts annuels de sa dette, (pii s'élevaient à dix millions sterling, en créant un fonds d'amortissement perpétuel par la vente de plusieurs monopoles à la compagnie des mers du Sud et en offrant aux prêteurs d'opter entre ces remboursements de leur capital ou une diminution d'intérêt; mais une partie des dettes contractées par l'Klat sous les règnes d'Anne et de Guillaume à un haut intérêt et pour ,{aclia«
des cr<*iiicc§
une somme totale de huit cent mille livres sterling ou .le l'fciat vingt millions de francs, n'était pas rachetable, et consis- |iComJ»8«»« tait en emprunts faits pour une durée d'environ quatre- iM c
1 * * mer» «lu Sud.
vingt -dix-neuf ans. Ce fardeau, qui de nos jours semblerait léger, paraissait intolérable à celte époque. La compagnie des mers du Sud s'offrit pour en délivrer l'Etat par l'organe de sir John Blunt, l'un de ses principaux directeurs. Elle proposa de racheter toutes ces créances au moyen d'actions donnant une certaine part proportionnelle dans ses dividendes. La compagnie n'exigeait du gouvernement, pour le montant des créances ainsi acquises, que des rentes à cinq pour cent pendant les six premières années et à quatre pour cent durant les