GI0I6ES I
petite- vérole et mourut durant l'enquête : son père n'at lendit point l'issue de l'information, et s'empoisonna ; le crime du chancelier de 1 Échiquier, Aidante, était si flagrant, qu'aucune voix ne s'éleva |>our le défendre ; il fut arrêté et envoyé à la Tour ; Sunderland se défendit avec succès, cl prouva que loin d'avoir amélioré sa fortune, il l'avait considérablement diminuée : il fut absous; maj§w«lH,iMCC**f
n Sumli'i Un<l
le en public l'accusait et demandait vengeance : il avait t„
donné, en sa qualité de premier lord de la trésorerie, un 1 """'l ,wJ trop grand appui ati système pour échapper à toute res- ,J ponsabilité dans sa chute, et il lui fallut se démettre de sa charge dont Walpole hérita.
Le général comte Stanhope et Charles Townshend étaient du petit nombre des ministres (|iii demeurèrent étrangers à toutes les transactions «le la compagnie des mers du Sud comme à toutes les autres situations qu'elle lit naître. Non moins affligés des maux sans nombre qu'elle avait produite, qu'indignés des manœuvres honteuses dans lesquelles plusieurs de leurs collègues aiaicnt mis la main, ils firent passer dans la chambre •les pairs une résolution portant que tout transfert d'actions de la compagnie à un membre de l'administration, durant le temps où l'acte constitutif de la compagnie avait été débattu, serait considéré comme un fait de corruption. Violemment accusé,7 dans cette circonstance, par le / / ./jeune duc de Whartou, lits indigne d'un illustre père, d'avoir, dans l'intérêt de son crédit, envenimé les différends survenus entre le roi et le prince de Galles, il ré |K>n«lit a l'insulteur 1 avec une véhémence qui lui fut fa-
I. U tépUlatMMI »«' JtUtU* 1 «•« «I Hilll .|«'U>U|ll'- Il 1111 M|»|Mi»lirO |»Olll M
'■•in.lle, rl il ow r»UI|»«tfl vSlanîi«|>«' a Vj«n, «<• uuiivn, ri ln>p |>ui>>tiil nu
taie à lui-même, et mourut le lendemain d'une congestion au cerveau, laissant la réputation d'un général plein de bravoure, d'un habile négociateur, et d'un des ministres les plus intègres dont l'Angleterre s'honore. Son nom sans tache couvrit, peu de jours après, dans les communes, son parent Charles Stanhope, gravement inculpé pour les mêmes faits que Craggs, Aislabie et Sunderland, et qui, à une faible majorité de trois voix seulement, fut déchargé de l'accusation. Le parlement se montra sévère à l'égard des directeurs de la compagnie. Quelques-uns, selon toute apparence, étaient innocents; tous furent frappés : on les déclara incapables d'occuper un emploi public ou un siège dans le parlement, et leurs biens, qui s'élevaient à deux millions sterling, furent confisqués au profit des victimes de la compagnie.
Après ces satisfactions éclatantes accordées à la justice des hommes ou à leur colère, Walpole donna tous ses soins au rétablissement du crédit public. Le fonds réel et général de la société des mers du Sud s'élevait a 13,300,000 livres sterling : la chambre ordonna que silice fonds seraient prélevés les 7 millions et demi offerts par la compagnie pour son privilège, et bientôt après, touché de la détresse îles actionnaires, le gouvernement obtint que 3 millions sur cette somme leur fussent remis. Les porteurs d'annuités, devenues rachetables, reçurent
ni*tre qui apporlfl la division au sein de la famille impériale, H rendit ain»i Tibère (a) haïssable am Romains. Slanhope, mue, félicita le noble duesur >e* coutumsance» en histoire romaine : il cspéiait, ajoulail-il, que le jeune Ion! u'awail pat oublie l'exemple <lu patriote lirulu», qui n'avait poîul hc> le, pour ;i«surer lu lilieiiede Hoir,-, a sacrifier son coupa Me et indique fil-. Partit tHtnlari/ hislory. vol. vil, 70o 70f.
|«] Il j a Claadiiii l*o» l» lrU< *
>y CjOOglc
un tiers de leur capital primitif, et après une tempête où chacun setait vu menacé de tout perdre, les plus sages s'estimèrent heureux d'avoir conservé quelque chose; les autres s'attroupèrent séditieusement, et tentèrent de recouvrer leurs pertes par la violence : la force les dispersa, et \Val|K)le, après être hardiment intervenu danscette crise périlleuse entre la nation et la banqueroute, s'interposa avec le même succès entre le monarque et la sédition
L'Angleterre se montra satisfaite des louables efforts du parlement et des principaux membres du cabinet pour réparer les désastres causés par le naufrage de la compagnie «les mers du Sud, ainsi que des rigueurs salutaires déployées dans le châtiment des coupables. Le parlement Dissolution touchait au terme de sa durée : il fut dissous, et les élec- ,u l)a^,cme,,,• lions générales de 1722 donnèrent une grande majorité F,e4,,on* lu cabinet. »î».
Vers cette époque mourut le comte de Sunderland, dont ou a dit que son caractère peu flexible présentait M rl on jwirfait contraste avec celui du comte Robert de Sun- tlc SunJ. H»nd
et
derland, son père, traître à sa religion, à ses amis et à.icMaiiboroujjii. son pajs*. Sa mort fut rapidement suivie de celle de son 1722. Uau-jKïre, l'illustre duc Marlborough, puissant dans les conseils comme à la tète des armées, mais qui, dans un temps déjà trop corrompu par les révolutions, montra,
». Wx dans l'ouvrage de Cote le* imputation' violenta cl enuiradicloire* "uhj.IU Walpolc fut c» bulle a .elle occasion. Coxe'% WalpoU, I. 1", Itf-lîg.
1 On cilc de lui celle belle parole: lorsque la reine Anne, après l'avoir 'fniùjcdcson conseil , lui offi il une pen>ion de 3.000 iivies sterling, Suiider «Und refusa, disant : . Si jr ne nu s avoir l'iuiuiteur de -ci v»r mon rm<, du je ne le pillerai p.-,* .
plus que personne, le dangereux exemple «le talcut> extraordinaires et d'éclatants succès produits indépendamment de l'élévation du caractère et de toute solide vertu.
Ainsi disparurent successivement de la scène tous les hommes qui avaient rempli un grand rôle durant les huit dernières années. La mort de Stanhope, de Craggs, de Sunderland, et l'expulsion d'Aislabie, laissèrent le champ libre à Walpole. Les brèches profondes que des rivalités dangereuses avaient faites dans le grand parti whig disparaissaient avec quelques-uns de ceux dont l'amour-propre les avait ouvertes ; le pays était en paix à l'extérieur, et, après s'être vu à l'intérieur sur le bord d'un abtme, il attribuait à Walpole son salut. Une imposante majorité dans les communes fut le signe irrécusable de cette disposition générale des esprits, cl Walpole, déjà mûri durant vingt années par l'habitude des grandes affaires dans les conseils du prince ou de la nation, favorisé par les circonstances nouvelles, premier lord de la trésorerie et chancelier de l'Echiquier, coin mença le long ministère où il tint, vingt années encore dans ses mains, les destinées de son pays.
Suitr .1 fin .lu rvgue d. (iiorge» I". - Adniumtratit.u uV mi Robert W*l|*»l.
Walpole, maître de la situation, donna son nom an nouveau ministère, dont les deux membres les plus in Il lient s après lui étaient son beau-frère Townshciid. qui
avait succédé à Stanhope comme secrétaire d'Etat, et lord Garieret, dans la suite comte Granville, et auquel on a rendu ce témoignage, que nul en Angleterre ne réunit a un plus baut degré la science de l'homme d'étude aux talents de l'homme d'Etat.
Après les orages d'un siècle, le repos était nécessaire al Angleterre : Walpole le lui donna, et peu d'incidents considérables dans l'histoire ont marqué son long ministère. Les jacobites, découragés, d'abord à l'extérieur par l'avorteraient du gigantesque projet d'Albéroni, et à l'intérieur par le raffermissement de la société, que la crise financière avait si profondément ébranlée, et par le résultat inattendu pour eux des dernières élections, demandèrent, comme il arrive toujours en pareille circonstance, aux trames secrètes, le succès qu'ils n'espéraient plus de la guerre étrangère ou de la guerre civile.
Un fils qui fut nommé Charles-Edouard, destiné à la célébrité comme à l'infortune, était né au prétendant à Rome, et cet événement, dont les conséquences atti-cb*,l«*-E<l<MI*,J rerent de nouvelles calamités sur tes amis des Btuarts, 1720. fut salué par eux comme une faveur signalée de la Providence1. Une junte de cinq membres, la plupart capables et résolus, dirigeait en Angleterre les affaires du prétendant, et parmi eux le plus éminent était un mena- Ol(JUln0 bre illustre de l'Eglise anglicane, François Atterbury, 1 aiu»i>u.\ doue d'un esprit élevé, d'une àme généreuse et d'une
I. La cour fORltÎBC l<" cohm ainsi: te p|" voulut qu la Ouïssante «tu ptinti «tans lequel il *n\ail l'Iicrilu r <lc Iruis ro>aumci>, tu* comtoise OUI yeiil
'ouïe l'turnpc île la maaieit la y\us totvmiille. St j»l «vnlinam v a> t>UMonl PJ' k» erdrn. H un TV Ikum l\uiioti< »!«• p,r«re^ fw' rtfltfta»» ilan» m u p& h».
parole éloquente, et qui déjà s'était rendu célèbre au moment où il prit les ordres. 11 a\ait publié dans sa première jeunesse une apologie remarquable de Luther. Plus tard, après avoir habilement dirigé la convocation du clergé, il grandit dans la faveur de la reine Anne, et nous l'avons vu promu par elle au siège épiscopal de Hochester : mais en lui les dons éininents de l'esprit et du cœur étaient compromis par deux traits en opposition constante avec le caractère sacré dont il était revêtu, par une humeur inquiète qui lui rendait l'agitation presque nécessaire, et par une impétuosité qui ne lui permettait de prendre conseil ni de la modération ni de la prudence. Tel était l'homme qui dirigeait les conseils du fils de Jacques II, et dont on a dit avec vérilé qu'il eût fait un excellent évèque s'il eût été moins bon partisan. L 'avènement delà maison de Hanovre était à ses yeux un crime national , et il se montra, en toute occasion l'adversaire, le plus prononcé de cette mesure politique, qui blessait toutes ses idées de droit héréditaire et ses sentiments de loyauté pour la vieille race qui avait gouverné l'Angleterre durant des siècles ■.
La paix qui régnait entre l'Angleterre et les autre* états du continent ne permettait plus aux jacobilcs d'espérer ni le concours de l'étranger, ni l'assistance d'un
I. Cet leulimcnU, fort reipecUblct rti tu* -humus, furent, dil-on, nour» cm Attetbur] par la lecure assidue de la célèbre Histoire de ta /Iffeci/ion, noble ou?ra(;e du {jiaud -chancelier Hyde de Clarcndon, ri dans lequel retire une ame héroïque. <> livre fui publié, MtM 1 • règne de la rviiio Ann»*, f ar b> iiius d'Allerbuiy, tt ou lui a eu parltc ■ItribuC, non ^atl^ raison peul-tlrc, l* (M iiisldinc cl ks jm ^u^ <l- l'opinion juculnlv ilan> U première 1110. lie ilu wiir Mirlc
GEORGES I. i63
corps «le cinq mille hommes, irlandais pour la plupart, dont ils avaient attendu le débarquement sous les ordres d'Ormond; ils ne comptèrent plus que sur eux-mêmes. Leur projet était de se rendre maîtres de la Tour de Londres, de la Banque et de l'Echiquier, et de proclamer le prétendant. Celui-ci, alors en Espagne, devait mettre à la voile avec trois bâtiments, et aborder en Angleterre au moment fixé pour l'exécution du complot. La conjuration fut découverte : quelques agents in- D**»»™'* férieurs furent arrêtés, ainsi que deux membres de la ««nmploi jacobiia junte jacobite , lord Orrery et le duc de Norfolk. Les 1722. preuves contre Atterbury paraissaient également décisives, mais le conseil hésitait à frapper un évoque; il s'y décida néanmoins, et Atterbury fut, comme ses deux complices, envoyé à la Tour.
L'agitation des esprits fut extrême à la découverte de cet audacieux complot, et le ministère, au milieu de l'effervescence générale, obtint du parlement la suspension de l'acte iYhabeas corpus. Cette grave mesure fut suivie d une Mesure* autre où le ressentiment eut plus de part que la justice, et r'8ouriu$"qui autorisait à prélever une taxe de 100,000 livres sur lt-s catholiques non assermentés, et présumés, par cela seul, et sans autre preuve, coupables d'avoir adhéré d'intention, sinon de fait, au complot jacobite. Cette taxe, corruptrice des mœurs, accrut la désaffection en multipliant les parjures, et tomba sur les hommes les plus honorables du parti. Un seul des conjurés, l'avocat Layer, monta sur l'échafaud; les autres furent condamnés, les uns à de fortes amendes et à la pri-
1 Exil
>on, les autres à l'exil. L'évèque de Rochester fut de «l'Aticrbury. ces derniers, et le bill, qui lui retirait son évêché en le i7?3.
bannissant, contint une clause qui ne permettait pas an roi tle le gracier sans l'aveu du parlement. L'ancien chancelier, lord Cowper, combattit ce bill ; Atterbiiry se défendit lui-même avec éloquence, et fut néanmoins condamné. Il se rendit en France, où il fut longtemps le premier et le plus capable conseiller du prétendant (1743).
Le jour même où l'évêque de Kochester partait pour son exil, l'homme d'Etat célèbre qui l avait précédé dans la confiance du prince voyait finir le sien : Bolingbrokc, que nous avons vu ministre du prétendant, ensuite brusquement destitué après la désastreuse expédition jaeo- Ueiour bile de 1715, avait obtenu son rappel et son pardon du Je Roiingbruke. ^ George> incapable de re|K>s, mêlé à toutes les af nat. faires du continent, écrivant en philosophe et toujours occupé d'intrigues, il apportait en Angleterre, avec son expérience et ses talents, sa rancune profonde et la connaissance la plus étendue des trames jaco biles. Nul mieux que lui n'aurait pu servir le cabinet en détachant de ce parti plusieurs des hommes influents qu'il comptait encore dans ses rangs, les Wyndham, les Bathurst, les Gower, ou en déjouant et démasquant leurs manœuvres, et il offrait de le faire si son pardon eût été complet. Mais Walpole, jaloux de toute supériorité qui aurait balancé la sienne, haïssait et craignait Bolingbroke. Cédant à des influences de cour », il avait souffert son rappel; mais il n'avait voulu lui restituer ni sa fortune, ni son siège a la chambre des pairs : il rejeta toutes les
1. lue partie Je l'oi gip,nO par r. I . n;',l»roLe en i'muce Jaus la «.-.■nipagm du MitHtsipi, lui avait *em a acheter la protection el l'appui Je la Juebaw Je konJale, mail res*e du toi.
1rs
offres que Holingbroke lui fil pour le rendre favorable à son complet rétablissement. Il était difficile que le mi- „ W|f nistère prît un parti plus dangereux pour lui-même; il intrigue* aurait dû, à tout prix, ou le tenir à distance, ou le**' Bo,,n*bw*<1' gagner en le rappelant : il ne fit ni l'un ni l'autre; il le laissa reparaître sur le sol, où sa présence ajoutait au danger de son inimitié, et en même temps il rendit celle-ci implacable. Bolingbrokc, dès lors, devint l'âme d'un nouveau parti composé d'éléments hétérogènes , fractions de divers partis politiques, tous séparés et divergents quant aux principes ou au but, mais dont les membres, réunis dans un sentiment commun de colère et de haine contre Walpole, lui firent, sous le nom de patriotes, une guerre sans trêve et sans merci. Cette même disposition jalouse qui rendaità Walpole tout rival odieux, le priva du puissant et précieux concours de son très-habile collègue Carteret.ll fit nommer, malgré celuici, Horace Walpole, son frère, ambassadeur en France : Carteret, justement blessé dans ses attributions de secrétaire d'Etal pour le Sud (département dans lequel les relations avec la France étaient comprises), se démit de son Scission
dans le minière
emploi, reçut comme une compensation la vice-royaute où le d'Irlande, et eut le duc de Newcastle pour successeur ,iuc^Nc^ecas,,° dans sa charge. Celte grave scission dans le ministère h Carlereléclata durant Tannée i 724, marquée aussi par de grands 1 72 * troubles en Irlande et en Ecosse.
L'agitation de l'Irlande eut pour cause une nouvelle ARi,alion monnaie de billon que le cabinet voulait imposer à ce <le ,,!rUn ,e pays. L'excessive rareté du numéraire rendait désirable la fabrication d'une monnaie courante pour les transactions les plus habituelles. Un riche industriel, William
UVHi; VI. CHANTIU III.
monétaire.
Taxe
sur l'tle.
Kmeulcs
en Ecosso.
Wootl, sollicita le privilège d'en frapper une, et la patente qu'il obtint |>our ect objet lui fut délivrée avec l'approbation de Newton, qui occupait encore l'emploi de directeur général de la monnaie à Londres. On ne consulta, dans cette circonstance, ni le conseil d'Etat d'Irlande ni le parlement de ce royaume, et ces deux corps, dans leur ressentiment, décrièrent la monnaie nouvelle. La nation entière prit feu contre William Wood et son privilège; le doyen Swift, ennemi du gouvernement, envenima celte question dans une série de lettres publiées sous le simple titre de lettres d'un drapier; il donna des ailes à l'incendie, et montra dans la patente accordée à Wood la spolia tion complète et la ruine totale du peuple irlandais. Se> assertions, énoncées avec le fiel de» la liaine et toute la puissance de la passion et du talent réunis, furent admises sans examen. L'administration fit de vains efforts pour ramener les esprits prévenus et pour maintenir la nouvelle monnaie; il fallut que le gouvernement retirât le privilège accordé. Swift, qui eut la plus rande part dans ce résultat, fut considéré comme le
sauveur du pays, et jamais en aucun temps peut-être on ne vit un plus frappant exemple du formidable pouvoir de la presse périodique mise en a'iivrc avec plus «le talent que de sincérité pour obéir beaucoup moins a un intérêt national qu'à un préjugé populaire
L'insurrection fut moins générale et de plus court» durée en Ecosse : elle éclata dans la ville de Glascow, au sujet d une taxe légère que Walpole imposa sur l'aie, pour subvenir à l'entretien des représentants écossais dans la ebambre des communes. 11 fallut des trou|>es pour réduire les mutins. Les brasseurs d'Edimbourg len-
i.koiu.Fs i 273
teivnl aussi, en refusant de brasser, de propager l'insurrection dans la capitale ; mais se voyant abandonnés à eux-mêmes, ils reprirent leurs travaux, et l'insurrection n eut aucune suite sérieuse. Le peuple écossais cependant était toujours fort contraire au traité d'union et mal dis- |K>>é pour la maison de Hanovre : les hautes terres surtout continuaient à être un dangereux foyer d'intrigues et de conspirations jacobiles. Le général Wade , chargé d'apporter un remède au péril, prit dans ce but quelques sages mesures; il rendit plus facile l'exécution des ordres et la surveillance, en faisant percer plusieurs grandes routes militaires dans les parties les plus incultes et les plus sauvages du pays, et les montagnards virent avec une morne douleur détruire les défenses naturelles de leur territoire dans des lieux jusque-là inaccessibles, même aux Uomains. Le général Wade ordonna aussi un désarmement général des clans; mais l'exécution de cette mesure ne répondit pointa son objet; les clans désaffection nés ou ennemis livrèrent quelques armes et gardèrent les meilleures ; les clans fidèles obéirent, et à l'heure du péril se trouvèrent désarmés.
Une éclatante satisfaction fut donnée, à cette époque, a l'indignation publique soulevée en Angleterre |>ar les monstrueux abus de la cour de chancellerie sous le chancelier Parker, comte de Macclesfield. Par suite des vices introduits dans la procédure de cette cour, les biens des plaideurs, ceux des veuves et des orphelins, étaient au pillage et donnaient lieu à d'odieuses spéculations dont le chancelier Parker était plutôt peut être l'indifférent témoin que le coupable complice. I n cri général s'éleva
l'ultenev.
contre lui et dénonça son administration. Parker se démit
ju eneni ck 88 cuarkre el ful traduit en jugement par les communes h dans la session de 1725, devant la cour des pairs qui, du « lioncciicr par un vote unanime, le condamna a une amende énorme wmie' de 30>0(l° nvres sterling. Le roi raya son nom de la liste d< Mircinfi-id. <jeg conseillers privés, et remil les sceaux à sir Peter 1725. Ring, devenu lord chancelier.
Cette même session vit la rupture entre sir Robert Walpolc et l'un des hommes les plus influents de la chambre des communes, William Pulteney, orateur et homme d'Etat, et qui, à la considération que donne un ancien nom respecté, unissait la supériorité des lumiè-
rnirawlliiiiile 1X8 °* (m filent, L>* l'indépendance que procure la richesse. Cet homme éminent, dont les vues politiques avaient concordé jusqu'alors avec celles de Wal|>ole, ne s'était point séparé de lui dans la mauvaise fortune comme dans la bonne, et nul n'avait plus de titres à de hautes fonctions dans le cabinet dont Walpole était le chef; mais aux yeux jaloux «le Walpole. les véritables obstacles pour l'ambition de Pulteney étaient son rare mérite et son indépendance : il ne >oulait a aucun prix souffrir près de lui un égal : il avait rejeté les avances de Bo lingbroke moins a cause de ses vices que de ses talents, et les mêmes motifs qui le portèrent à éloigner celui-ci firent qu'il maintint Pulteney dans l'ombre et dans les rangs inférieurs de l'administration. Pulteney se lassa de cette situation dépendante et secondaire : il aspirait à prendre part au gouvernement, et Walpole lui offrit la pairie pour diminuer son influence en l'arrachant aui communes. Pulteney indigné, refusa, et passant aussitôt dans l'opposition, il s'unit étroitement à Bolingbroke
cttérieuro*
GKORGES I. 47.S
|iour comballi Walpole : ils rédigèrent en commun i»uiw.iey œntrc l«; ministre la feuille périodique intitulée : the ri)p|f0a"finn Craftsman , dont le succès fut immense , et qui deunt une arme terrible sous leur plume implacable et
acérée.
Le dernier fait digne d'attention du règne de Georges I" a l'extérieur, fut lacté qui restreignit les privilèges de la cité de Londres. Ce bi 11 eut pour objet de rendre moin* redoutable au gouvernement l'opposition du conseil de I immense capitale,- et il ne passa point sans une trèsvive résistance qui en fit ajourner l'exécution.
Les démêlés avec l'Espagne et l'Empire occu|>èrenl à A Nuire* l'extérieur la fin du règne comme ils en avaient marqué le début. 11 avait été convenu par les puissances belligérantes, à la chute d'Albéroni, que des conférences s'ouvriraient dans la ville de Cambrai pour achever d'y résoudre quelques points demeurés en litige. Philippe V, obéissant alors aux scrupules de sa conscience et à son confesseur, le jésuite Bermudez, avait abdiqué le trône dont hérita son fils, âgé de seize ans, sous le nom de Louis ï«r. Ce prince mourut après sept mois de règne. Philippe, cédant aux instances de la reine Elisabeth, reprit le sceptre, et il régnait de nouveau sur l'Espagne lorsqu'il reçut un sanglant affront de la cour de France, où le duc de Bourbon dirigeait les conseils du jeune roi Louis XV. Un double mariage avait été précédemment arrêté entre ce monarque et l'infante, fille de Philippe V, par le duc d'Orléans , régent du royaume, dont la fille épousait le prince des Asturies, héritier de la couronne. L'infante n'avait que quatre ans et v int résider en France. Mais après la mort du régent, le duc de Bour-
bon, jaloux de la grandeur de la maison d'Orléans, qui héritait du trône si Louis XV mourait sans enfants, s'empressa de rompre un mariage qui de longtemps ne pouvait être consommé. Il renvoya la jeune in l'a n le en Espagne, appelant à sa place au trône de France Marie Lecrinska, fille de Stanislas, couronné roi de Pologne par Charles XII, et qui, déchu des grandeurs royales, vivait obscurément dans la retraite. Philippe V ressentit vivement cet affront, et, n'ayant pu réussira détacher dans cette occasion l'Angleterre de la France, il résolut de se venger
Rupture tout ensemble de ces deux puissances : il rompit donc des 00 jffe"c" brusquement les conférences de Cambrai , et ordonna a
cambrai. gon ministre Riperda d'ouvrir d'étroites négociations avec l'empereur. Celui-ci accueillit ces ouvertures avec joie: il avait récemment donné ombrage aux Etats maritimes, et surtout à l'Angleterre et à la Hollande, par rétablissement à Ostende d'une compagnie des Indes-Orientales dont la création fut considérée comme une infraction au traité de Westphalie, et n'ayant que des filles pour héritières, il désirait avec ardeur faire admettre sa pragmatique, règlement par lequel la succession à ses Etals héréditaires était garantie après lui dans la ligne féminine, et dont aucun prince n'était lésé plus que Philippe V, qui avait des droits à faire valoir sur les possessions de l'Autriche en Italie et dans les Pays-
. Bas. Son ressentiment contre la France les lui fil ou-
Iraité
de vienne blier, et en 1725, un traité d'alliance avec l'empereur le roi d'Espagne fut signé à Vienne. Philippe V ne lui disputa |>oint l'empireur. la g™1"10 maîtrise de la Toison d'or; il reconnut son droit sur Naples, la Sicile, les Pays-Bas el le Mila-
nais , et garantit la pragmatique. L empereur renonça.
)igitized by Googl;
de son côté, à toute prétention sur la couronne d'Espagne, et les deux" souverains dont la rivalité avait ensanglanté L'Europe durant tant d'années, réconciliés par un intérêt commun, se promirent contre tous assistance mutuelle. Ce traité cependant semblait trop favorable à l'empereur pour qu'il ne s'y joignît pas des clauses secrètes à l'avantage du roi d'Espagne, et il en existait en effet. Walpole découvrit qu'un projet de mariage très-contraire à l'équilibre des pouvoirs avait été concerté pour un des infants d'Espagne avec la jeune archiduchesse héritière des Etals autrichiens, et que les deux cours alliées avaient résolu de demander à l'Angleterre pour l'Espagne la restitution de Minorque et de Gibraltar : elles devaient, en cas de refus, unir leurs etîorts, dans l'intérêt de la religion catholique, pour le rétablissement du prétendant. La Russie inclinait à entrer dans cette ligue formidable. Pierre le Grand était mort, et Catherine, sa veuve et son héritière, poursuivait ses projets toujours hostiles à l'Angleterre. Elle prétendait recouvrer le Shleswig pour le duc de Holstcin, son gendre, et elle acheta dans ce but par des sommes immenses le concours de l'Espagne et de l'Empire.
Pour faire face aux dangers dont cette nouvelle triple alliance menaçait la Grande-Bretagne, Walpole resserra celle qui 1 unissait à la France : son collègue Townshend obtint l'adhésion et le concours de la Prusse, et, par ses soins surtout, ces trois puissances conclurent le fameux traité de Hanovre, qui reçut son nom du lieu où il avait été signé.
Cet important traité fut l'acte principal conclu par le cabinet anglais avec l'étranger dans toute la durée de
Trahit de HanÔTrr.
I administration , de Walpolc, de 1721 à 1742, et quoique attaqué avec une aveugle violente par l'opposition , comme rédige, disait elle, dans un intérêt tout liano- \rien, il exposait au contraire le Hanovre, dans l'intérêt »le TAugleterre, au ressentiment des puissances du continent. Le roi, par cette cause, s'y montrait opposé: Townshend vainquit enfin sa résistance, et c'est à lui surtout que revint l'honneur de l avoir conclu. Walpole en prit ombrage, et de ce moment datent les premiers symptômes de refroidissement entre les deux beaux-frères.
Les récents traités qui partageaient ainsi l'Europe ne furent suivis d'aucun fait d'armes important. L'Angleterre prévint les projets des puissances continentales liguées contre elle, par quelques démonstrations hostiles aux Antilles et dans la Baltique : l'Espagne borna ses efforts à une tentative inutile pour reprendre Gibraltar. La Hollande et la Suède étaient ouvertement entrées dans l'alliance hanovrienne; la Russie revenait à la neutralité, et l'empereur lui-même, inquiet pour ses possessions, se relira bientôt de l'alliance espagnole. Le cardinal Fleury , qui avait succédé en France au duc de Bourbon comme premier ministre du roi Louis XV, inclinait fortement à la paix, et, de concert avec Wall Anjicierrc pôle, il négocia les bases d'un traité entre l'Empire, eaire'rKmpiK l'Angleterre, la France et la Hollande. L'empereur susla France pendit pour sept ans les privilèges de la compagnie
cl la
HuHamio. d'Ostcnde; il promit, en outre, d'observer les clauses m7 des traités précédents conclus avec ces puissances, et de s'en rapporter, pour les questions encore en litige, à un congrès général.
La conclusion de ce traite, dont les préliminaire
GEOIGIS |. 27M
furent signés a Paris en niai 1727, lut pour Walpole Sifjnalurc un triomphe; mais tandis qu'il voyait avec satisfaction pfé|im",tiw la tempête s'apaiser an dehors, un nouvel orage à l'in- ^ lérieur menaçait de renverser son autorité. L'infatigable Dolingbroke, dont il s'était fait un ennemi implacable, sollicitait de nouveau avec ardeur sa réintégration dans la pairie : soutenu par l'intrigante et cupide duchesse de Kendale, que son or avait gagnée, il était parvenu à faire remettre au roi par elle un mémoire contre Walpole, et il avait sollicité une audience du monarque. Walpole comprit qu'elle lui serait accordée malgré ses efforts pour l'empêcher, et crut dès lors devoir s'employer pour la lui faire ohtenir. Bolingbroke vit George 1 % qui, après l'entrevue, rassura son ministre. WaljK)le néanmoins se sentait ébranlé, il jugea sa chute prochaine, et déjà il songeait à se retirer avec une pairie1 : Bolingbroke enfin se croyait sur du succès, et il y touchait, quand le bruit de la mort du roi se répandit. Georges M'était parti le 3 juin pour visiter ses Etats héréditaires: le 9 du même mois, comme il se rendait à Os- M; rt
do
nabruck, il fut frappé d'apoplexie dans son carrosse et c„orC«.»ie'. mourut avant d'arriver. 11 fut enseveli en Hanôvre, au- 1757. près de ses ancêtres.
Ce monarque, avant de monter sur le trône, avait
.... CaplmW
épousé Sophie Dorothée de Zell, union qui, après plu- ,!e sieurs années, fut brusquement rompue par un drame sophicTwiii<K« sanglant. Le prince était absent et à l'armée lorsqu'un ,u Ml seigneur suédois, le comte de Kœnigsmark, distingué par des avantages brillai ils, se montra imprudemment
>\«Am On»loti 1 iCttiaik»
assidu auprès de la jeune princesse : il la compromit aux yeux de l'électeur Ernest- Auguste, son beau père, el ellemême, par une conduite indiscrète, donna matière aux soupçons. Kœnigsmark, sortant un soir des appartements de la princesse, traversait dans le palais un passage obs cur, quand tout à coup plusieurs liommes s'élancèrent sur lui et l'assassinèrent. 11 fut enseveli secrètement au lieu môme du meurtre. Le prince fit enfermer sa femme dans la forteresse d'Alden d'où elle ne sortit plus, el H le y mourut peu de mois avant son époux après une captivité de trente-deux ans, protestant jusqu'à In Un de son innocence. Un (ils qui fut Georges 11 était né de leur union malheureuse, et le doute altacbé à sa naissance contribua à éloigner de lui le cœur de son père. L'inflexible rigueur de Georges l'r pour l'infortunée Sophie Dorothée lui a été justement reprochée. Peutêtre fut-elle innocente, mais après la mort de KoMiigsmark une fatalité inexorable rendait son mari intéressé à la croire coupable, seule excuse du meurtiv. autorisé par l'électeur son père, et dont il ne fut pas Co..idér.iiu„, complice, mais qu'il approuva.
"»r Georges l'r, avait l'humeur douce et bienveillante : son
Georges Ifr .
ei intelligence était médiocre el ses lynchants vulgaires1 :
*ur l'Angleterre . .. . , ,. . , .
,„u, jamais il ne put s élever jusqu au sentiment des nou- * ,m règne veaux devoirs, nés pour lui de la possession d'une dos plus belles couronnes de l'univers, et dont il se montrait habituellement plus lassé que satisfait. Ses affections furent toujours pour le Hanovre, son pays natal, où il ré-
I II ciMivt.m île lue, pour s'en convaincre, les IcUies recuillies par ù>\t .l uis -es Mémoire* *ur la vie et radmiimiretion de Robert Wtlpole, 1. H.
uigitizea oy ^
gnail par droit héréditaire, et on a dit de lui avec vérité, qu'il considérait son royaume comme une possession temporaire dont il devait tirer le plus grand parti, beaucoup plus que comme un bien inaliénable et transmissible à ses descendants Aussi ne fit-il jamais rien pour réprimer l'insatiable avidité de ses maîtresses et de se* familiers allemands. L'Angleterre, à ses yeux, était en quelque sorte un pays conquis, et la langue même du grand peuple sur lequel il régnait lui demeura toujours inconnue 2. Et cependant, sous ce prince étranger et sans facultés éminenles, on vit le royaume plus paisible qu'il ne l'avait été depuis un siècle sous le sceptre héréditaire de ses rois nationaux. A la suite de la grande crise qui avait précédé l'avènement de la maison de Ha nôvre les jacobites et les torys ayant été complètement exclus du gouvernement, toutes les affaires, tous les emplois étaient devenus le monopole exclusif des vvbigs, el aux luttes des grands partis et des principes généraux avaient succédé les mesquines rivalités des coteries, des intérêts individuels. L'Angleterre d'ailleurs avait besoin de repos et dirigeait toute son activité vers sa prospérité intérieure et matérielle : témoin depuis longtemps du scepticisme égoïste et de la corruption de la plupart des hommes politiques, elle n'accordait plus à aucun d'eux, de quelque talent qu'il fît preuve, ni sa confiance absolue ni son admiration passionnée, elle assistait insouciante et muette au spectacle de leurs querelles. Celte apathie