Par 2 0> voit conlre |'J3 ; ibid., f
G KO II <j ES II.
diinces pi les mesures lianovriennes de Georges II, il se montra, en sa qualité de secrétaire d'Etat pour l'extérieur, le plus empressé à les favoriser. Le débat le plus vif s'engagea sur ce point dans les communes, au sujet d'un corps de seize mille Hanovriens que le roi désirait lever elcntrelenir sur le continent aux frais de l'Angleterre. Carleret soutint la motion, qui provoqua de grands cris dans les communes et une attaque vigoureuse de William Pitt,et qui cependant fut votée par une forte majorité. On eut ainsi une nouvelle et invincible preuve qu'une foule de ceux qui avaient fait tomber Walpole agissaient maintenant comme lui, et Bolingbroke, récemment de retour en Angleterre, était dans le vrai lorsqu'il disait a cette occasion : « Les principes véritables de la dernière opposition ont été ceux d'un très-petit nombre d'opposants » Le nouveau cabinet, fonctionnant à peine depuis une année, et déjà complètement impuissant à réaliser aucune des espérances que son arrivée aux affaires avait fait concevoir, provoquait les mômes clameurs que ses chefs avaient poussées contre Walpole, et il mettait aussi tout son espoir dans la division de ses adversaires.
Les changements survenus dans l'administration ne furent guère sensibles que sur le continent, où des secours efficaces furent donnés à Marie Thérèse : lordBath (Pul-
I. Il eci Mt.il a celle époque a sun ami lord Marclunonl avec non moins de vérité: • U liberiiîa éle> de nu* jours le cri d'une certaine catégorie d'hommes, comme h prorogative a été celui d une aulre à une époque antérieure ; mai» oe u'éun qu'un cri deijUL'irv, cl la cause de ta liberté était aussi étrangère à la pen- »*«de»tlief* qui le donnaient pour mol d'ordrea leurs soldais, que lacauscde "iut Gcoiue» ou de saïul Denis l'était aut combattants dam les batailles entre UFraiMixiL. Aillais. {Ltltrt a hrd Harchmont, 31 novembre 17MM
teney) et Carteret, malgré leur conduite antérieure rela tive aux affaires du continent, furent d'accord entre eux et avec le roi pour intervenir, et ils obtinrent du parlement, dans ce but, des subsides et des soldats. Seiae mille Anglais furent envoyés en Flandre, sous les ordres de lord d'umannét ^Wii, pour coopérer avec les Hollandais, qui s'étaient angUisc engagés à défendre la pragmatique du dernier empereur, le coniiiimii. Déjà Marie-Thérèse avait réparé ses premières défaites : n<2. la fortune lui revenait, ramenée par sa persévérance et son courage. Abandonnée de tous l'année précédente, et forcée de se retirer devant l'armée française en marche sur Vienne, elle lit un énergique appel à la fidélité de ses sujets hongrois. Les états de Hongrie avaient été convoqués par elleàPresbourg : là Marie-Tbérèse paraît en costume national, tenant dansses bras son fils âgé seulement de quelques mois : elle le présente aux états et demande leur secours : « Je remets en vos mains, dit elle, la fille et le fils de vos rois qui attendent de vous leur salut. » Son discours, qu'elle prononce en latin, idiome des états, électrise tous les cœurs : les nobles hongrois tirent leurs sabres et s'écrient : « Mourons pour notre roi Marie-Thérèse ! » De prompts effets suivent ces paroles : une armée d. se lève pour elle, reprend l'Autriche, envahit la Bavière, Manc- rbérèw. jomî ^ marqUjs (je gégUr a capituler à Lintz, et rélecteur
,742- est dépouillé de tous ses états. Déjà le roi de Sardaigne s'était détaché de la ligue et déclaré défenseur de Marie- Thérèse : le roi de Prusse traite à son tour avec elle, en obtenant la cession de la Silésie, el les Français se voient réduits en Bohème à trente mille hommes serrés entre deux armées. Prague est bloquée par les Autrichiens, if maréchal de Mallebois, envoyé au secours de cette ville.
«le
Delliugcu.
ne peut pénétrer jusqu'à elle ; il est destitué et remplacé
l«ir le duc de Broglie, qui s'échappe seul de Prague pour
aller prendre le commandement de l'armée. La défense Évacuation
de cette capitale est confiée au maréchal de Belle-Isle : Pradgcue
celui-ci, hors d'état de la conserver, l'évacué à la tête de cl rc,rai,c
«les
douze mille fantassins et de trois mille cavaliers : il opère Français, une brillante retraite sur Egra, au cœur d'un hiver ri- 1742. goureux, et Prague capitule.
Le maréchal de Noailles, établi sur le Mein avec son armée, surveillait alors les mouvements de l'armée anglaise et hanovrienne commandée par lord Stairs, et où s'étaient ^ in rendus le roi Georges II et son fils le duc de Cumberland. U fit passer la rivière à des corps nombreux en face du village de Dettingen, et d'un étroit défilé que les Anglais devaient traverser : là, le duc de Gramont, neveu du maréchal, caché avec toute la maison du roi dans un min profond où il fallait que l'armée anglaise descendît, devait l'attendre et lui fermer le passage, tandis que des batteries étaient disposées sur l'autre rive de manière à foudroyer le corps de bataille. Cette armée allait être détruite, la témérité de Gramont la sauva : avant qu'elle fut complètement cernée et que le maréchal eût ordonné l'attaque, Gramont quitte son poste et fond sur les Anglais qui l'écrasent par leur artillerie avantageusement postée sur une colline; il s'élance pour s'en emparer, mais en vain, et masque l'ennemi aux batteries françaises qu'il oblige à cesser leur feu. Noailles emploie, pour dégager son neveu, les ressources qu'il avait réservées pour anéantir l'ennemi, et fait passer son armée de l'autre côté du Mein, dans un champ resserré, incapable de la contenir. Entin, après trois heures d une mêlée sanglante et
330 UVRB V|. CHAPITRE IV.
sans résultat, il ordonne la retraite, et le champ de luttai! le demeure aux Anglais.
La seconde année française, commandée par le maréchal de Broglie, ne put se soutenir sur le Danube devant le prince Charles de Lorraine, frère du grand-duc François : la Bavière fut évacuée : il devint impossible au maréchal de Noailles, après la retraite de Broglie, de se maintenir dans la Franconie, où il avait pendant deux mois contenu l'armée des alliés, et la fin de la cam pagne de 1743 porta la guerre sur la frontière de la France. L'empereur Charles Vil n'avait plus d'étals : cet infortuné prince signa un traité par lequel il renonçait à toutes ses prétentions sur l'Autriche, s'eugageant à demeurer neutre pendant la continuation de la guerre, et laissant, jusqu'à la paix générale, ses étals héréditaires de Bavière entre les mains de Marie -Thérèse, qu'il TniM s'était promis de déi>ouiller, et dont l'alliance par le Wotmi lra'tè de Worms, œuvre du secrétaire d'Etat Carterel, fut resserrée avec l'Angleterre et le roi de Sardaigne. 17 ,3, La mort de lord Wilmington, survenue à cette époque, rendit vacante la charge de premier lord de la trésorerie, à laquelle prétendirent lord Bath, qui l'avait refusée deux ans auparavant, et son collègue Henri Pelhain. frère du duc de Newcastle. Ce fut Pelham qui l'obtint
"p^mierl'orT aVCC ^PP"' d° 101(1 0rf°rd (Walp*) , q»»> toujours
de maître de l'oreille du roi, exerçait sur les événements une
la Trésorerie.
influence d'autant plus durable qu'elle était moins aper- 'r ' çue. Sacrifiant, vers cette époque, son ressentiment à son ilé vouement au monarque et au pays, il se vengea du cabinet qui l'avait renversé en lui prêtant son utile assislance. Le cri per|»éluel les adversaires du gomeruciuenl
et de la maison de Hanovre, le mot de ralliement qui les unissait tous et qui retentissait fort avant dans le cœur de la nation, était toujours celui-ci : Point de troupes hanovriennes ! point de subsides pour le Hanôvre! et nous avons vu Carteret perdre sa popularité en s'attacliant a les défendre, après l'avoir gagnée à les décrier. Au plus fort de la guerre dans laquelle le royaume était engagé, seize mille Hanovricns agissaient de concert avec Farinée anglaise sur le continent. L'opposition vit, dans ce fait, un crime de lèse-nation : elle s'indigna que l'or anglais soudoyât l'étranger, et, oubliant qu'elle-même avait provoqué la guerre, que pour la soutenir il fallait de l'argent et des soldats, et qu'à défaut des troupes hanovriennes, il faudrait augmenter dans une proportion considérable l'armée anglaise, elle remplit de ses cla- condoiie
blâmable
meurs les lieux publics, lesjournaux et les deux chambres. de Le roi lui-même fut insulté, et déjà le ministère fléchis- 1 0,,po*,,,onsait, lorsque l'ancien ministre déchu , Walpole, sortit de sa retraite, rendit courage aux frères Pelhams épouvantés, et fit entendre pour la première fois dans la chambre des pairs sa parole éloquente. Il fit voir dans la conduite |*assionnée de l'opposition, dans cette tempête furieuse si mal à propos déchaînée, une insulte à la majesté royale elle-même ; il supplia les lords d'oublier leurs déplorables ^ discordes, et de se serrer autour du trône dans un senti-
Walpole
ment d'atfection et de dévouement commun. Le succès .i»n»c au «binet couronna ses efforts; Walpole refoula le tlot furieux de a dliV '* l'opinion soulevée; ce fut son plus beau triomphe, col ni I*,e^lJ*^bJ7 «le l'éloquence, du bon sens et de l'honneur !.
I lottl le tnon.b-, cl prince lui -moiiu', rnouiiui <|uc m lord Orl'ord
Les troupes hanovriennes furent maintenues, et jamais temps n 'au mit été plus mal choisi pour affaiblir l'armée. L'orage grondait de toute pari sur l'Angleterre. La France, irritée du traité de Worms, et où des conseils belliqueux avaient prévalu depuis la mort récente du cardinal Fleury, venait de conclure à Fontainebleau une alliance offensive et défensive avec l'Espagne, et dans le même moment le fils du prétendant, le jeune et brillant Charles-Edouard, paraissait sur la scène, et, de concert avec la France, il préparait une invasion formidable. Deux escadres françaises, sous l'amiral ftoquefeuille, devaient sortir simultanément des ports de Brest et de Rocheforl afln de protéger des transports nombreux réunis à Dunkerque, et destinés à porter en Angleterre l'héritier des Stuarts avec quinze mille vétérans pour escorte, et Maurice de Saxe pour les commander. A de si grandes forces l'Angleterre n'avait à opposer alors que neuf mille hommes de troupes régulières et la flotte que l'amiral Norris commandait dans la Manche.
Le prince Charles -Edouard, après avoir reçu de son j père, le chevalier de Saint-George, ses pleins pouvoirs avec des lettres-patentes qui lui conféraient le titre de régent du royaume, quitta Rome déguisé, suivi d'un seul domestique : peu de jours après il se rendit à Paris : de là il gagna Gravelines où il évita de se faire connaître, attendant avec impatience, et les regards tournés vers les eôtes d'Angleterre , le moment d'y descendre.
Jamais la maison de Hanovre ne s'était trouvée dans
n'était |>oiiil venu aLomlies, les troupes hanovriennes rtaieut |kt«Iucï. Walpolea sir 11. Mann. 24 janvier 1714.)
GRORGBS II. 333
«les circonstances plus critiques. Mais pour repousser Armcmem cette redoutable invasion comme toutes les précédentes, form^iM* hormis celles du premier et du troisième Guillaume, les »» France
^ pour /
éléments et la fortune luttèrent avec les Anglais contre les i„ prétendant envahisseurs. L'amiral Roquefeuille arriva en vue (ierJiar,e, Edouar<1 Spilheadsans avoir rencontré la flotte anglaise, et, croyant *7* celle-ci abritée dans la rade de Portsmouth, il jugea le moment propice, envoya à Dunkerque, à l'année expéditionnaire, le signal de mettre à la voile sur-le-champ, et il cingla lui-même avec son escadre vers l'embouchure de la Tamise, s'arrètant en vue et à peu de distance de bungeness. Là parut la flotte anglaise. Roquefeuille, la voyant supérieure en nombre à la sienne, leva l'ancre durant la nuit et fit voile vers la France, espérant attirer l'ennemi après lui, et donner par cette manœuvre à Charles-Edouard l'occasion d'aborder sur un autre point. Déjà la moitié de l'armée d'invasion s'était embarquée, et avec elle Maurice de Saxe et le prince. Mais, durant la Avo'£menl nuit, une violente tempête s'éleva, dispersa la flotte de «'«i*"»'"- ' Roquefeuille, maltraita cruellement celle du prince, brisa <7U. ses plus grands bâtiments qui périrent avec leurs équipages, et rejeta la plupart des autres sur la côte où ils échouèrent; un petit nombre seulement rentrèrent dans les ports; l'expédition avait complètement avorté. Charles-Edouard essaya inutilement d'en préparer uneseconde: les ministres français , découragés par un si grand revers, refusèrent leur concours à une nouvelle entreprise, et Maurice de Saxe, qui mieux que personne aurait pu en assurer le succès, et dont le nom valait une armée, fut nommé au commandement des forces françaises en Flandre.
L'Angleterre avait été moins heureuse à la même époque dans la Méditerranée, où les flottes combinées de France et d'Espagne avaient livré un combat glorieux à l'amiral Matthews qui bloquait Toulon. La victoire cependant, longtemps disputée, fut à peu près indécise, quoiqu'elle se fût déclarée peut-être pour les Anglais si. une violente querelle, survenue entre les deux amiraux Matthews et Lestock, ne les eût affaiblis l. La guerre sévissait alors dans toute l'Europe, et le roi de Prusse Frédéric II, alarmé des rapides succès de l'Au-
Opérahon» 1
militaire» triche et inquiet de nouveau pour la possession de la le courant. Silésie, avait repris les armes contre Marie-Thérèse, qui <744. v°yail ainsi %ués Pour la renverser, la France, l'Espagne et la Prusse. Une armée française se réunit, sous le prince de Conti, pour agir, de concert avec les Espagnols, contre le roi de Sardaigne en Savoie et en Italie. Une autre armée, sous le maréchal de Coigny , se tenait sur la défensive en Alsace, et le principal théâtre de la guerre devait être la Flandre, où commandaient les maréchaux de Noailles et de Saxe.
Le roi Louis XV lui-môme se rendit au camp : cent mille Français fondirent sur les Pays-Bas, et déjà une grande partie de la Flandre était conquise lorsqu'on apprit que le prince Charles de Lorraine, à la tcle de quatre-vingt mille hommes, avait passé le Rhin à Spire, qu'il s'était emparé des lignes de Wissembourg et avait repoussé Coigny, trop faible pour lui résister. Les Français changèrent leur plan de campagne, leurs principales
Il» furent rappelé» l'un et l'autre en Angleterre pour rendre compte dr leur conduile.U cour martiale qui le» juCea, acquitta le premier } elle d«lilu» le second et le déclara incapable de servir à l'arenir le roi »ur les mers.
(iEORCES II.
Inrces étaient en Alsace, et ils se tinrent sur la défensive en Flandre, où Maurice de Saxe ne conserva que quarante mille hommes, tandis qu'avec le reste de l'armée, Noailles marcha sur le Rhin. Louis XV voulut l'y suivre, mais une maladie dangereuse le retint à Metz.
Le roi de Prusse entrait alors de nouveau en Bohême et en Moravie, et en douze jours il fit capituler à Prague une garnison de dix-huit mille hommes. A cette nouvelle, le prince Charles quitta promptement le Rhin, rappelé par une diversion que fit le roi de Pologne sur les derrières de l'armée prussienne; mais leurs efforts réunis ne purent empêcher l'évacuation de la Bavière par les Autrichiens et l'envahissement du Piémont par le prince deConti et les Espagnols, après d'héroïques exploits dans des défilés réputés impraticables. L'empereur Charles VII était rentré bour la troisième fois dans Munich, sa capi- , „Mort
de rempereur
taie, consumé par le chagrin et les maladies. 11 y mourut cb«rio» vu. Tannée suivante (1745), Agé de quarante-sept ans, lais- 4745. sant cette leçon au monde, dit Voltaire, que le plus haut degré de la grandeur humaine peut être aussi le comble de la calamité. Son fils Maximilien-Joseph, instruit par les malheurs de son père, trompa l'espoir de ceux qui se , flattaient de l'opposer à Marie-Thérèse; il traita avec elle comme électeur de Bavière, et lui promit en cette qualité sa voix pour le grand duc François son époux, qu'elle espérait faire élever au trône impérial. Louis XV, irrité de cette prétention, continua la guerre.
L'Angleterre vil alors une nouvellecrise ministériellequi eut pour singulier résultat de raffermir le cabinet, en renversant le plus éminent de ses membres, lord Carteret, récemment appelé, après ln mort de sa mère, à lui
succéder au titre de comte de Granville. Nul ne l'égalait alors dans le royaume en savoir littéraire, en connaissances historiques et générales et en éloquence. L'un des hommes auxquels il eût été permis des*! montrer rigoureux envers lui, Horace Walpole, a dit de lord Granville, qu'il surpassait en génie tous les politiques île son temps S et cependant il tomba devant des hommes médiocres, dont la politique sur presque tous les points, s'écartait peu de la sienne, et qui, très-inférieurs à lui en talents et en savoir, lui étaient supérieurs par l'esprit de conduite, dans l'art de se ménager, de se maintenir et de pourvoir aux exigences de la situation. Granville oublia que l'opinion qui prend aisément le change et souffre mieux d'être abusée que d'être bravée, s'attache souvent beaucoup moins fortement aux principes qu'aux apparences et aux mots, surtout lorsque ceux-ci sont l'expression d'un sentiment ou d'une passion populaire. Or, depuis l'avènement de la maison de Hanovre, le cri de guerre de tous les adversaires de cette maison ou des ministres était : Point de sacrifices de l'Angleterre au Hanovre et à l'étranger, cri d'autant plus redoutable qu'il trouvait un puissant écho dans les deux passions les plus fortes au cœur d'un |>euple, la jalousie nationale et la parcimonie. Non-seulement lord Granville trompa sur ce point comme son collègue, lord Bath, l'attente générale, il la défla. Nul, sous l'administration deWalpole, n'avait élevé plus haut la voix contre tous les actes qui semblaient
I. Mémoires sur Urègnt 4c Gwrgnll. — Horace Walpole mil le droit d'être rigoureux dans son jugement sur Cari ère t : celui-ci ayant ete l'un des adversaires les plus formidables de son père. — Sinolett porte sur lord Graoville uu jugement MabbbU dan» sou rom«n A'Bumpkry GUmkeu
mettre au service de 1 électoral de Hanovre, l'or et le sang conduite de l'Angleterre : parvenu au pouvoir, il perdit le souvenir iora Graovti de sa conduite passée comme du vœu national, et ne son-
Ses faille*
gea qu'à ménager son crédit auprès du monarque en se prêtant, sur ce point dangereux, à tous ses désirs. Il poussa plus loin l'imprudence : il était nécessaire, pour se maintenir et pour résister à l'orage du dehors, qu'il se itt appuyer à l'intérieur, dans les communes, par un parti puissant, et pour cela il fallait qu'on vît en lui, du moins dans une mesure légitime, le dispensateur des grâces royales, des |»ensions et des emplois publics: il n'en fut rien; préoccupé, par sa charge, des grands intérêts de l'Europe, Granville ne songeait qu'à disposer des couronnes, réglant au loin le sort des empires, et dédaignant près de lui des soins en apparence moins importants, il laissait à ses collègues la nomination aux emplois et aux places, donnait au plaisir tout le temps que l'Europe ne réclamait pas impérieusement, et il ne lui en restait plus pour se faire des amis, des créatures ou des clients Il s'aperçut trop tard que son nom ne ralliait plus personne autour de lui : son talent, loin de le protéger en lui donnant des armes contre les adversaires de son cabinet, l'exposait davantage à leurs attaques : aucune satisfaction n'avait été donnée à l'opinion après la chute de Walpole, et l'impunité de celui-ci rendait la poursuite encore plus âpre et plus ardente contre le plus illustre de ceux qui avaient
I. Lord Granvillc ayant dit un jour au lord grand juge Wiltit qu'il était Irap occupé de la politique du conliuen! pour avoir le temps du songer a la disposition des places el des bénéfices: «S'il est ainsi, lui répondit lord Willis, tous pou*ei compter que les gens qui veulent des bénéfices et des pla- «», iront a ceux qui auront plus de loisir. »