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pour déraciner le vieux système fondé sur Terreur, et rempli d'inconvénients chaque jour plus sensibles, mais défendu par deux puissants soutiens chez un peuple ami des traditions et non catholique, par l'ancienne coutume et la haine du papisme
Deux autres bills importants furent encore volés à cette époque à la suite de longs débats, l'un pour régulariser les actes de mariage, l'autre pour accorder la naturalisation aux juifs : la passion populaire se déchaîna dans le pays avec une telle violence contre le second de ces acles, relatif aux juifs, qu'après son adoption, un bill pour l'annuler fut présenté au parlement dans la session Fon laiion suivante, et rapidement voté par les deux chambres 2. La uh^uuwum fondation du musée britannique [British muséum) appartient à cette époque de progrès pacifiques, suivis de longs orages, et durant laquelle la paix du monde ne fut sérieusement troublée qu'au fond de l'Orient dans les Indes, où dominait alors la France, et dont le moment est venu de parler.
1. Toute» le» nalions de l'Kurope à l'eicoption de l'Angleterre, de la Bwsie el de la Suède, avaient adopta le calendrier Grégorien et il en résultait une différence déjà comiiléroble dans la manier* de calculer le* dates. Par tuile de l'adoption du nouveau calendrier, il Tut arrêté que l'année, au lieu de commencer le 22 mar», commencerait lu l«r jauvier ; onic jours furent supprimés dans le mots de septembre 1752, de sorte que le premier jour de ce mois (vieux style) devint le douzième (flyle nouveau).
2. On demeure confondu eu lisant les argument» absurdes autant qu'iacroyables mis eu avant par de» hommes graves, sans aucune ctcilatiou de l'esprit de parti, contre les bills pour la régularisation des mariaget et la naturalisation des juifs.
GK0RGES il.
lk la situation de l'Inde au moment ou lc> Kuropéen» vinrent a'y filer. — Premiers tUblÎMemeBK — Première lnile dans les lu Jvs en Ire la compagnie française cl la compagnie anglaise.
Après la découverte et la conquête du nouveau monde, l'histoire moderne n'offre peut être aucun sujet d'étude plus étonnant et plus merveilleux que la conquête d'un immense empire au sud de l'Asie, et la subjugation de cent millions d'hommes par quelques faibles colonies européennes à deux mille lieues de la patrie. Aucune race d'ailleurs, à l'exception des races nomades, ne s'est montrée, pendant une longue suite de siècles, plus que la race indoue, incapable de progrès sérieux par ses seules forces, et plus identique à elle-même aux diverses époques de son histoire. La conquête asiatique et musulmane fut inefficace pour modifier ses habitudes et ses mœurs, et s'il était dans l'ordre de la Providence qu'une civilisation supérieure s'établît un jour dans ces régions lointaines, celte œuvre semble ne pouvoir s'accomplir que par l'Europe et par la conquête d'un peuple chrétien. Celle-ci est encore toute récente et malgré ce qu'elle offre à l'imagination de saisissant, elle fut facilitée par le caractère même d'une grande partie de la population indigène. Rendus indolents par l'absence de cet aiguillon du besoin qui stimule les peuples sur un sol moins fécond et dans des climats plus rigoureux ,
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affaiblis par la mollesse de l'air qu'ils respirent, paralysés el comme pétrifiés par des croyances superstitieuses qui rétrécissent d'une manière inconcevable, pour chaque membre de leurs castes diverses, la sphère de l'activité humaine dans les plus étroites limites, la plupart des peuples de l'Indoustan se sont, en tout temps, offerts comme une proie facile à l'ambition des étrangers ».
MiMtcoH- La plus ancienne conquête de l'Inde sur laquelle nous ?VU6t. ay°ns acquis des détails précis est celle d'Alexandre J, vainqueur du roi PoruS sur les bords de l'Hydaspe. Il n'étendit point ses armes dans la péninsule au delà du bassin de l'indus, et déjà de son temps, ces contrées présentaient un degré de culture, de civilisation et de richesse |>eu inférieur à ce qu'on y voit encore aujourd'hui 3.
Après Alexandre, l'histoire de l'Inde nous demeure à peu près inconnue jusqu'aux flots successifs des invasions musulmanes et de la conquête mongole. Celle-ci commencée par Tamcrlan, continuée par Baber et le fameux Akbar, ne fut complète que sous leur illustre descendant Aureng-Zeb. Avant lui et à aucune des époques successives de la conquête mongole, les peuples de l'Inde n'avaient jamais formé un seul empire : ils étaient partagés en un grand nombre d'états, sous des princes particu
I. Il faut eirepter surtout le» Maltraites cl les autres (rrbus guerrière* des parties septentrionales et monlagiieuies <Jc la péninsule indouslaniqur.
1. Noua ne pur Ion s point ici de Sétoslris, n'ayant n,ue de tagues ootioD» sur son passage dan* les ludes.
3. Diodore et Arrien nous apprennent que l'Inde, à celle époque, étail remplie de villes grandes, riches et tiès-cotnmerçanles ; qu'elle possédait de honnes roules, d'etcellenle* hôtelleries et des pierni mitfiaire*.
GKOIGES II
liers etjindéuendants nommés rajahs, détrônés ou rendus tributaires par les premiers conquérants mongols. Les armées d'Aureng-Zeh pénétrèrent au sud de la péninsule, renversèrent les puissants rajahs de Béjapour et de Gokonde, luttèrent vingt ans contre le belliqueux Séwaji, fondateur du puissant état des Mahrattes 1 et soumirent enfin, après la mort de ce chef, cetle nation redoutable contenue par ses armes mais jamais domptée.
Fmpire
Presque tous les peuples de l'Inde se trouvèrent alors dWurmg.Zrb. réunis pour la première fois sous le sceptre du grand <C39-i707 mogol Aureng-Zeb, et le siège de l'empire que ses prédécesseurs avaient fixé à Agra fut transféré par lui dans l'antique cité de Dehli, où il étalait un faste incomparable et une magnificence presque fabuleuse.
Ce grand prince, qui mourut en 1707, a été de nos jours comparé à Charlcmagne, et après lui son empire eut le sort de l'empire carlovingien. Une chaîne hiérarchique, semblable au lien féodal, subordonnait les rajahs, chef des anciennes familles princières du pays, aux nababs gouverneurs des provinces, ceux-ci aux soubadars ou vice-rois des grandes divisions de l'empire, et les MHibadarsau grand mogol lui-même, dont ils recevaient i'investiuare et qui était censé les nommer tous. Mais dans ces contrées comme dans l'Occident, l'hérédité ou la révolte faisait plus de princes, nababs ou vice-rois, que le choix de l'empereur, qui le plus souvent n'intervenait que pour sanctionner de son sceau des faits accomplis. Déchiré par la rébellion et la guerre civile,
I. On lit dans le» Fragmcntt hithriques tur l'tmpire mongol, par Orme, tMfpifique «loge 4c ce taillant clief par kou vainqueur Aurci.g-Ztb, p. 9«, 4e 1805.
LIVItE VI. CIIAMTKK IV.
l'empire devint la proie des étrangers. Les Maltraites reprirent les armes et recommencèrent leurs incursions dévastatrices : bientôt la trahison du plus puissant des vicerois, du vieux Nizam-El-Molouk, soubadar du Deccau *, lnTJ*itfn ouvrit le chemin de la capitale aux Persans: ceux-ci, Thtm.* Roui;- conduits par le fameux Thamas Kouli-Kan, qui de simple
Klian.
berger du Rhorassan était monté sur le trône des Sophis, 1739 fondirent comme un torrent sur Tliide, pénétrèrent jusqu'à Delhi qu'ils remplirent de sang et s'en retournèrent chargés d'immenses dépouilles, laissant assis, par un insultant dédain, sur le trône d'Aureng-Zeb, son faible successeur Mohamed. Le traître qui les avait appelés, Nizam-El-Molouk, au lieu de recevoir un châtiment mérité, fut confirmé dans sa vice-royauté du Deccan : les autres chefs et gouverneurs, les soubadars et les nababs aspirèrent à son exemple à une complète indépendance : ils reconnurent encore de nom, il est vrai, l'autorité du grand mogul, mais ils s'affranchirent de toute sujétion et de tout tribut. Telle était la situation de la péninsule indoustanique lorsque, vers la moitié du xviir siècle, les deux nations de France et d'Angleterre y entrèrent en lutte Tune contre l'autre.
Les premiers établissements des Européens dans l'Inde
ne remontent pas plus haut que la fin du xv siècle eteon-
É'labl de»"*0 ' corc*en'avcc 1 époque de la fondation d'un empire monporta,;t.i golsurles rives du Gange. Les Portugais suivirent lespre-
si
.ta Hollande* miers la route du Gap, ouverte à l'Europe (1498) par leur dtn» l'iode. gran(| compatriote Vasco de Gama : les Albuquerques et les Jean de Castro conquirent la côte du Malabar jus
I. Le n«"cran s Vient) tlepui» le llcuvc hi ma jusqu'au cap Comunn : 9Ê% compte \ingl m millions drliabiUiilt : il comp<cml IcCarualic, le My*>'rr,elc-
qu'au golfe Persique, et jetèrent les racines de la domination portugaise àGoaet à Orniuz. Les Hollandais après eux, fondèrent des établissements dans ces contrées et dans les îles voisines, et ce ne fut enfin qu'en 1599, dans la dernière année du xvT siècle, qu'une compagnie anglaise *om1j^on se forma à Londres pour le trafic aux Indes Orientales, premi*» wm-
im g nie
Celte compagnie obtint, l'année suivante, de la reine Eli- a,,r,iai*e sabeth, sa charte et ses privilèges : elle devint rapide- |n(je»orîe..iaio. ment florissante et traversa, sans succomber, les temps j( 00 orageux des guerres civiles. Sous Charles II, grâce à l'excellenteadministration de sir Josiah Child, président de la cour des directeurs, elle conserva son indépendance et obtint une charte nouvelle. On a vu précédemment, qu'après la révolution, sous Guillaume III, il s'éleva une compagnie rivale qui ne fut complètement fondue avec la première que sous le règne suivant et par les soins du célèbre Godolphin. Les compagnies réunies obtinrent alors, en échange d'un revenu de 1,200,000 livres, un pmilége qui fut souvent renouvelé jusqu'en l'an-
Les premières factoreries de la compagnie anglaise premier» créée sous Elisabeth furent établies à Surate, principal '"'iî^uiT'" porl de mer de l'empire mongol des Indes et dans l'île a,Ui ,rs de Java à Banlam. Traversés à Surate par leurs voisins l»ortugais, et à Bantam par les Hollandais antérieurement fixés dans les îles de la Sonde les Anglais acquirent un
I. t'oe conupiralion ayant <Hé découTcrle en 1623, dan» l'Ile d'Amboyne «pptririuui aux llollamJji<, le canilainc Townion cl neuf au»i«» Anglais y fumit impliqué». On arraelia leurs aveut ptr U loriure, ils furenl condamnes h ptecuté». Cel eiéucmcnl reçu! en Angleterre le nom de mat atrt
territoire sur la côte opposée de Ooromandel, et ils y élevèrent, avec la permission d'un prince indigène du Carnalic, le fort Saint-George et la ville de Madras, qui devint rapidement riche et très-peuplée. A peu de dislance et au sud de cette ville, la compagnie établit plus tard une antre station à Tiguapalam, elle y construisit le fort Saint David, et cette nouvelle station demeura subordonnée à celle de Madras.
Sous la restauration, l'île portugaise de Bombay située sur la côte de Malabar, devint le siège d'un des principaux établissements des Anglais dans l'Inde. Cette île et la ville du même nom qu'elle renferme, firent partie de la dot apportée par Catherine de Bragance à Cbarles il, qui la céda à la compagnie des Indes. Celle-ci enfin, obtint en 1698 du grand mogol, et moyennant tribut, un territoire sur la côte orientale aux bouches du Gange où déjà antérieurement les Portugais, les Hollandais et les Anglais eux-mêmes possédaient, le long du fleuve Hooghley, quelques établissements. Le nouveau territoire concédé à la compagnie était situé à peu de dislance et au-dessus de l'ancien comptoir qu'ils avaient à Hoo gbley1. Il avait été choisi de la façon la plus avantageuse pour leur commerce, et c'est là, qu'à la place d'un pauvre village s'éleva rapidement le fort William et la ville si fameuse de Calcutta.
Les Anglais avaient donc déjà dans l'Inde, avant l'avénement de la maison de Hanôvre, trois établissements principaux, à Bombay, à Madras, à Calcutta. Chacun
I. Ce nom est a la fois celui d'une ville et .lu fleuve qui U Uignc. f.'lloo- {•Ulcy forme un des bras du Gange cl «»t une Jet principale* artères pi ; lesquelles ce grau I Ueuvc sejelie dans l'océan Indien
d'eux était le siège d'une présidence et ils étaient indé* situation pendants les uns des autres, sous l'autorité commune de dwA|îîJjjJ lacour des directeurs de la compagnie des Indes, siégeant • fi» ,du
XVII* siècle.
à Londres, et qui nommait le directeur particulier de chaque présidence et les membres de son conseil. Toutes occupaient un territoire fort restreint protégé par quelques fortifications : elles étaient défendues par une force peu considérable, mélange d'Anglais, à la solde de la compagnie, et d'indigènes, armés et enrégimentés par elle, et connus sous le nom de cipayes K Ces faibles armements n'avaient alors pour objet ni l'agrandissement, ni la conquête : leur seul but était de protéger les comptoirs de la compagnie et de donner quelque sécurité à ses opérations commerciales.
Dès le commencement du xviir siècle toute rivalité avait cessé, dans la péninsule indoustanique, entre les Anglais et leurs anciens rivaux, les Hollandais et les Portugais : ceux-ci étaient complètement déchus de leur ancienne grandeur ; ceux-là semblaient concentrer toute leur attention sur leurs i m portants établissements des îles de la Sonde. Mais une puissance rivale beaucoup plus redoutable avait jeté racine dans le sol de l'Inde où les Fran- . Ll, çais sous Louis XIV avaient fondé deux établissements, français l'un sur le fleuve Hooghley à Chandernagor, non loin 1,11 de Calcutta, l'autre à Poudichéry au sud de Madras. Ils pos-* sédaientenoulreet avaient colonisé deux îles dans l'océan Indien, les îles de France et de Bourbon, d'une grande fertilité, très- avantageusement situées et abondantes en ressources pour le commerce et la navigation. Elles
I Mol denté de npaki qui dtns la langw ; «V ! I ndoutlan s.goific tùld al.
étaient le siège d'un gouvernement sous l'autorité de la compagnie des Indes. Les deux établissements français de Chandernagor et de Pondichéry formaient un autre gouvernement, également dépendant de cette compagnie, et dont Pondichéry, sur la cote de Coromandel, était le siège principal. Ces colonies presque ruinées, avec la marine française, à la fin du règne de Louis XIV, se relevèrent sous son successeur, vers le milieu du xviii* siècle, grâce aux talents et à l'énergie de deux hommes d'un mérite supérieur, La Bourdonnais et Dupleix, auxquels la compagnie délégua ses pouvoirs. Nous avons vu le premier battre sur mer les Anglais et leur enlever Madras; le second, son rival et plus tard son persécuteur », était gouverneur général des établissements français sur la côte de Coromandel.
HsbtlepttliiiqiM Celui-ci, malgré ses faiblesses et ses erreurs, fut un "don»01 grand homme : il conçut le premier et mit en pral« imiw. tique le système continué depuis avec une infatigable persévérance par les Anglais, et qui leur a donné l'empire des Indes. Ce système avait de l'analogie avec celui que mirent en œuvre Cortez et Pizarre pour la conquête du Mexique et du Pérou : il consistait à tirer avantage des rivalités des princes du pays en prenant parti dans leurs querelles, et en se déclarant pour ceux qui semblaient les plus propres à servir dans les Indes les intérêts de la compagnie. L'état politique de ces contrées était alors très-propice au succès d'un pareil plan. L'empire du Mogol n'était plus qu'un fantôme : l'invasion de Thamas Kouli-Kan avait enlevé tout son prestige