‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculésChapitre 68 sur 145 · Tyndtl · texte numérisé non relu

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limites de l'Acadie ou Nouvelle-Ecosse, cédée à l'Angle- siimt.on muterre par le traité dTtrecht, étaient mal définies : d'au- def,uACng'ai, tre part, les Français possesseurs du Canada, avaient el remonté le Saint-Laurent jusqu'aux lacs Erié et Ontario, d.ns et voulaient maintenant, au moyen d'une chaîne de dulv'oX postes fortifiés, sur les bords de l'Ohio et du Mississipi, I753.l754 faire communiquer leurs établissements du Canada avec ceux qu'ils avaient dans la Louisiane, tandis que les colons de la Virginie ou Nouvelle-Angleterre, réclamaient, comme une dépendance de leur territoire, le vaste espace au sud du Saint-Laurent entre les monts Allégbanys ou montagnes bleues jusqu'aux rives de l'Ohio. De ces prétentions opposées surgissaient des rixes perpétuelles entre les colons des deux nations. Déjà en l'année 4753 „

* Premières

un major virginien, chargé de déloger les Français du boniiitét. fort Duquesne sur l'Ohio, s'était vu enveloppé par une 1753-1754 force supérieure, dans un lieu nommé la Grande Prairie (Gréât meadows) et avait été contraint à capituler : ce major était George Washington, et celte première scène où il apparaît dans l'histoire, devait être l'une des principales causes de la guerre qui mit bientôt le monde en feu.

L'année suivante, un officier français, M. de Jumonville, porteur d'une sommation pouf l'évacuation d'un fort occupé par les Anglais, périt dans sa mission avec les trente hommes sous ses ordres, et cette catastrophe fut considérée en France, comme une odieuse violation des lois de la guerre et du droit des gens.

Les colons français, alliés avec les sauvages indigènes, prirent bientôt (juillet 1755) une sanglante revanche contre un corps de douze cents hommes envoyés par le II. 26

Maiie ci mon gouvernement anglais, sous les ordres du général Brad- J^SÏS? dock, au secours de la Virginie. Braddock, téméraire et hautain, dédaignant les avertissements les plus nécessaires dans une guerre d escarmouches, qu il ne connaissait pas fut assailli dans sa marche pour s'emparer du fort Duquesne, au milieu d'un défilé couvert de bois, par une troupe de Français et de sauvages. Ceux-ci, ennemis invisibles, firent feu de toutes parts sur sa troupe exposée sans défense à leurs coups meurtriers. Braddock lui-même avec sept cents des siens fut tué dans cette embuscade.

La mer fut moins propice aux Français. L'escadre de l'amiral Hoscavcn attaqua une division française à la hauteur de Terre-Neuve et lui enleva deux vaisseaux. Peu de temps après, et sur un ordre de l'Amirauté, fidèle à un système odieux, la marine anglaise fondit sur la marine marchande de France et enleva trois cents bâtiments de commerce avant que la guerre eût été déclarée.

Ainsi les pacifiques espérances du cabinet français se trouvaient partout déçues : le bandeau tombait de ses yeux et il voyait s'évanouir une à une les illusions auxquelles il avait sacrifié, dans les Indes, l'espoir d'un empire en rappelant Dupleix et en abandonnant l'œuvre immense de ce grand homme.

Le gouvernement anglais cependant hésitait encore à déclarer la guerre : le roi était sur le continent où il

* cy lit uiMock, dit Horace Walpolc, qui rend d'ailleurs un lémoignïgf é* latin! à ton courage, te conduisit comme cul été a su ycui de bonne discipline de ne se f*ai?ulir contre lea «urpriset qu'en les tiiépri<attt. r (Mémoires sur le regnr de George II. ». il. p. 31 .)

voyait, avec inquiétude, Marie-Thérèse se rapprocher de la France, sous l'habile direction de son chancelier le prince de Kaunitz, dans l'espoir d arracher à la Prusse la Silésie qu'elle avait perdue et de s'affranchir des restriclions que l'Angleterre et la Hollande mettaient dans les Pays-Bas, à sa puissance politique et commerciale. Aux approches d'une guerre imminente, où la France aurait pour alliée ou la Prusse ou l'Autriche, George II conçut de vives alarmes pour son électoral de Hanovre : il eut recours de nouveau, pour conjurer le péril, à deTfiiu.| uuiftul timides expédients, et négocia personnellement deux traités de subsides, l'un avec l'électeur de Hesse, l'autre * n" " avec la czarine de Russie Elisabeth Pétrowna ; puis il re- ,a KuM,,,• vint en Angleterre demander, pour ces traités qui enga- 4755 geaient le trésor, la sanction du parlement. Il rencontra, dans l'administration même, un obstacle inattendu, et le chancelier de l'Echiquier, sir Henri Lctfge, refusa sa signature. A cette nouvelle Newcastle éperdu s'adressa tour à tour à Pill et à Fox, en les conjurant de se montrer favorables dans la session prochaine, aux récentes négociations conclues par le roi sur le continent : Pitt consentit à subventionner la Hesse, mais il repoussa comme contraire à l'honneur de l'Angleterre, le traité de subsides soldés à la Russie. Fox se montra plus flexible, il accepta de Newcastle, en échange de son concours dans le parlement, la charge de secrétaire Né*oc",,ol,, d'Etal, et il acheva ainsi de se séparer de Pitt, qui ne lui c«*uJelpardonna jamais.

La situation cependant était profondément changée ; la nation se réveillait après un long sommeil et se montrait inquiète et agitée. La guerre, sans être ouvertement

déclarée nulle part était déjà partout : elle était dans l'administration dont Pitt 1 et Legge faisaient toujours partie, dans le parlement où l'opposition allait reparaître, dans la famille royale où le jeune prince de Galles approchait de sa majorité et se montrait, sous la conduite de sa mère, la princesse de Galles contraire à la politique de son aïeul : elle sévissait en Orient comme en Occident et les éléments semblaient déchaînés comme les passions humaines : de formidables secousses avaient ébranlé le sol dans les divers états de l'Europe et jusqu'en Afrique et en Asie; de nombreux désastres étaient partout signalés : une brillante capitale avait péri, Lisbonne n'existait plus, et cette effroyable catastrophe tenait l'Europe dans l'épouvante et la stupeur. Tels furent les préludes outenure d'une guerre sanglante, plus meurtrière que les cata Mrtamat. clysnies de la nature, et la nouvelle session du parlement anglais s'ouvrit en novembre 1755 sous ces sombres auspices.

L'exécution du pacte entre Newcastle et Fox avait été ajournée pendant quelques semaines afin de rendre plus libre et plus désintéressé en apparence le concours de Fox avec le ministère au début de la session; mais la nouvelle avait transpiré, le pacte était connu avant d'avoir mr r.drcue. été rendu public, et Pitt y fit allusion dans la discussion D.»court Je Pin. mémorable des communes sur le projet d'adresse en réponse au discours de la couronne. Après onze heures d'un débat animé, Pitt se leva et combattit le projet : il attaqua les traités des subsides, fruits d'une politique trop timide pour être nationale : il parla une heure et demie

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