Sir Wallrr Scoll. tlitt. d'Ecotit
Convention Éditn bourg.
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pouvaient écraser la ville, qui d'autre part était envahie par des bandes armées de farouches caméronicns : les plus grands excès étaient à craindre : ce fut entre ces deux dangers que la convention d'Ecosse, réunie par l'ordre de Guillaume, ouvrit ses séances à Edimbourg. Les jacobiles y étaient nombreux, quoique en minorité, et comptaient parmi leurs chefs trois hommes d'une grande notoriété : le marquis d'Athol, Lindsay, comte de Balcarra, et le sanguinaire John Graham, vicomte Dundee, fameux surtout sous le nom terrible et abhorré de Claverhouse. Ces deux derniers, quoique ayant fait leur paix avec le prince d'Orange, étaient porteurs des ordres de Jacques lorsqu'ils vinrent siéger dans la convention : mais les whigs l'ayant emporté dans le choix qu'ils tirent du duc d'Hamilton pour présider cette assemblée, et la cause jacobite y paraissant perdue, les partisans du roi Jacques résolurent de s'en retirer prochainement, et de former au château de Stirling une réunion séparée. Dundee, prêt à partir, se présenta. dans la convention d'Edimbourg, s'y répandit en plainte contre les caméroniens et sur le danger qu'il courait d'être assassiné dans les rues; puis, montant à cheval avec une bande de partisans, ses anciens sicaires, il traversa, escorté par eux, la ville irritée, et se dirigea vers le nord.
A cette nouvelle, les passions de la majorité, jusque-là contenues par le respect des formes parlementaires, écla- de tent ; l'explosion est terrible : Uamilton lui-même se lève et s'écrie qu'il est temps pour les presbytériens, environnés d'ennemis et de pièges, de pourvoir à leur sûreté. « Qu'on ferme les portes, dit-il, et qu'on ne laisse entrer que ceux de nous qui seront désignés pour appeler les
It&olulions
I l V KK M. MUN I lil I.
bous citoyens aux armes. » Un obéit : l'assemblée décrète que tous les protestants, depuis l'âge de seize ans, se tiendront prêts à marcher pour la cause de l'ordre et du pays. Les caméroniens, jusqu'alors cachés, se présentent en armes : on vote une adresse à Guillaume, une force considérable s'organise, et le château est sommé de se rendre. Les jacobites de la convention |>erdent courage; arrêtés d'abord, puis laissés libres/ils renoncent à former une assemblée distincte, et se dispersent pour prendre conseil des événements. La convention décrète alors que Jacques a voulu altérer l'ancienne constitution du royaume et charnier en despotisme son pouvoir héréditaire; qu'il a violé les lois, les libertés et la religion de l'Kcosse; que pour ces causes il a forfait ses droils, et que le tronc est vacant : les etfets de cette forfaiture furent limités au fils de Jacques II et aux enfants qu'il pourrait avoir dans la suite, et le trône d'Kcosse fut donné au prince et à la princesse d'Orange, et au survivant de l'un ou de l'autre, et après eux à la princesse Anne et à ses héritiers. En conséquence de cette déclaration , Guillaume et Marie furent proclamés, avec le cérémonial d'usage, roi et reine d'Kcosse. Aussitôt après, la convention rédigea l'acte connu sous le nom de la réclamation des Droits, qui abo- [f lissait Tépiscopat. et par lequel les mesures oppressées des derniers règnes, et entre autres l'usurpation du pouvoir de dispenser de l'obéissance aux lois, furent llétries comme autant d'infractions coupables à la constitution du royaume; par ce même acte, l'emploi de la torture fut limité et restreint à un très-petit nombre de cas soigneusement spéciliés. Trois commissaires enfin, le marquis d \rg\lc sir James Montgommcr\ el sir John Dal-
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rymple, furent envoyés à Londres et reçurent le serinent des nouveaux souverains
Guillaume, reconnu roi en Ecosse, donna ses premiers soins, dans ce royaume comme en Angleterre, à la formation d une administration sage, modérée, où fussent représentés les divers partis, à l'exception des jacobites. 11 nomma le duc d'Hamilton haut-commissaire pour la prinupau* œuronne, le comle de Crawford président du parlement 4, d'Ecosse : un profond juriste, lord Stair, eut la présidence l'aJ,ni^,ra,ion de la cour des sessions ; son fils, le politique sir John Dalrymple, fut choisi pour lord avocat; sir William Lockart devint solliciteur - général, et Melville secrétaire d'État. Ce dernier avait su capler la faveur des presbytériens sans s'aliéner les épiscopaux : le roi goûtait sa modération et sa prudence, et le choisit pour intermédiaire entre lui et le conseil d'Ecosse. Guillaume, enfin, désigna pour son cba|>elain écossais un ministre presbytérien, Carstairs, qui unissait une science profonde à une foi ardente, et le courage des martyrs aux grandes vertus de 1 homme d'Etat, et dont la constance avait été mise à l'épreuve, sous le dernier règne, par la persécution et la torture. Il n'obtint aucune dignité imminente, et se contenta, près du roi, qui lui accordait toute sa confiance, do la réalité du pouvoir dont d'autres moins puissants possédaient les vains dehors. Ces choix et quelques autres
1 . Lue Jet clauses rouit nue dans lu formule du serment était la promette d'est irper du royaume tous les hérétiques et les adversaire» du véritable culte. Le roi dédara qu'il ne prendrait jamais l'engagement de devenir un peisécuteur. Les commissaires écossais répondirent que cette obligation ne lui était poiut imposée par les lois d'L\o»sc ni même par les expiessious littéialct du serment : • (/est ainsi que je l'entends, dit Guillaume, el je vous prends tous 3 témoin?, Myloid> et Kctftetr», que je lénifie ainsi. » (Macaul.iv. ubisuprè ]
LIVKE VI. CHAPITRE I.
étaient loin de suffire à l'ambition sans frein des chefs du parti whig en Ecosse, où les hautes régions de l'Etat, plus encore peut-être qu'en Angleterre, étaient peuplées d'une foule d'hommes sans patriotisme et sans honneur, remplis d'astuce et de convoitise, formés à l'école des révoluclub tions et de toutes les tyrannies. Les mécontents s'enten- Toppluion. dirent pour susciter des obstacles à l'administration nouvelle : ils complotèrent contre elle sous la direction de sir James Montgommery, et formèrent un club dangereux où s'affilièrent, entre autres membres de la noblesse, les lords Ross et Annandalc.
Tandis que s'organisait ainsi une opposition menaçante, sous les yeux de l'administration et au foyer même du gouvernement, un ennemi plus dangereux soulevait les Highlands, et déjà la guerre civile y déchaînait ses fureurs. Après avoir vu durant un siècle, depuis les victoires de Montrose jusqu'à celles de Charles-Edouard, tous les brillants exploits en faveur des Stuarts accomplis par les montagnards et par les clans ou tribus de la race gallique, l'opinion générale leur a attribué une loyauté traditionnelle, un dévouement héréditaire à la cause de ces princes. L'opinion s'abusait : le jacobitisme eut un caractère tout différent dans chacun des trois rovaumes britanniques : c'est en Angleterre qu'il avait pour mobile une loyauté traditionnelle, c'est là seulement qu'il puisait sa vie et ses forces dans le respect pour le sang des anciens rois. Nous avons vu qu'en Irlande le principe et la source de l'intérêt jacobile, entièrement distinct de celui du roi d'Angleterre, était l'intérêt national, l'affranchissement de la patrie irlandaise et le rappel de l'union. Dans les Highlands d'Ecosse , le jacobitisme n'était
qu'un drapeau, qu'un signe de ralliement arboré ou caractère ipfckl repoussé par les clans, selon qu'ils y trouvaient une force jif0b;Uti,me auxiliaire ou ennemie dans leurs luttes avec les clans ,
les Highlandf.
voisins. Toute la contrée au nord du Tay était partagée entre plusieurs grandes confédérations rivales formées de clans unis par des intérêts communs ou par le souvenir du même sang dont ils étaient sortis, et c'est dans les querelles intestines de ces grandes familles de clans qu'il convient de chercher la seule et véritable cause de la promptitude avec laquelle une partie des habitants des Highlands accourait si fréquemment à l'appel et sous les drapeaux des Stuarts.
L'ascendant suprême dans les Hébrides et dans les comtés d'Argyle et d'Inverness, avait passé des Macdonalds aux Campbells, enfants de Diarmid, et au commencement du xvn" siècle, avant les troubles civils de l'Angleterre, le grand chef des Campbells, Mac-Callum-More, avait considérablement accru ses possessions héréditaires aux dépens des tribus voisines. En 1638, un de ses successeurs, le fameux marquis d'Argyle, pouvait mettre en bataille 5,000 hommes de son clan, force suffisante pour défier toutes les forces des autres clans réunis. Ayant adopté le covenant, il exerça la plus grande autorité en Ecosse, tout à la fois comme chef d'une tribu redoutable et d'un puissant parti politique, et lorsque Montrose pa- ' rut dans les Highlands, il s'était déjà formé contre le clan des Campbells une grande coalition à la tête de laquelle étaient les Macdonalds. Montrose en profita, et c'était assez que les Campbells défendissent le covenant pour qu'il pût aisément rallier les clans rivaux sous l'é-
tendard royal1. Les intérêts de tous ces clans presque in dépendants, étaient complètement étrangers à la grande querelle qui agitait l'Angleterre et la Basse-Ecosse : ils ne connaissaient ni le roi ni le covenant : chaque clan n'obéissait qu'à son chef, dans lequel il voyait son père, son maître et son roi, et ces chefs, toujours prêts à violer les lois, à insulter les magistrats, à braver l'autorité des représentants ou des délégués du monarque, ne donnaient à la couronne qu'une obéissance nominale. C'est la puissance, puis l'infortune de la maison d'Argyle, c'est la mort sanglante ou la proscription de trois générations de ses chefs illustres qui attachèrent à la cause royale les clans ennemis de cette maison et triomphants de ses longues di3gràces.
Les plus considérables de ces clans, après les Macdonalds, étaient les Mac-Leans et les Camerons, et deux hommes surtout, parmi leurs chefs, avaient acquis, sous les derniers règnes, une grande renommée, sir Evan Cameron de Lochiel, surnommé le Noir, vaillant soldat et profond politique, et Colin Macdonald de Keppoch, le plus habile comme le plus redoutable chef de partisans des Highlands. Tous deux ont été vantés par les historiens pour leur fidélité à la monarchie et aux Sluarts, et tous deux n'ont servi ou bravé le monarque qu'au gré de leur caprice, selon les vicissitudes des circonstances ou de leurs intérêts. Peu de jours avant la révolution, en 1G88, Keppoch, coupable d'innombrables déprédations, avait été dé-
I . H n'y a personne, dit M. Macaulay, qui, ayant étudie* l'histoire de celle époque, puisse mellrc en doute que si Arpylt eut soutenu la monarchie, le* nd versaires de ce grand chef *c luttent déclarés contre elle
claré par la couronne ennemi public et rebelle : il avait, dans une sanglante escarmouche, battu les troupes du roi Jacques, envoyées pour le réduire, et tenait étroitement assiégée la ville naissante d'Inverness, unie depuis longtemps par une communauté de rapports journaliers et d'intérêts avec la tribu voisine et rivale des Mac-Inlosh. La ville, faiblement fortifiée, semblait réduite à l'extrémité, lorsqu'un guerrier fameux apparut tout à coup Dundee dans le camp ennemi ; c'était Dundee, c'était le redoutable dj,,s c" Claverhouse, qui, proscrit par le conseil d'Ecosse pour "tp0011rébellion contre Guillaume, fuyait de retraite en retraite, et venait entin demander un refuge à Keppocb, vivement poursuivi lui-même par le gouvernement déchu, et proscrit comme rebelle à Jacques II. Dundee fut accueilli, et conçut aussitôt la pensée d'unir tous les Mac-Donalds dans une confédération contre le gouvernement nouveau de la Grande-Bretagne. Il n'ignorait pas que la haine pour les Campbells était beaucoup plus puissante dans le cœur de Keppoch que le ressentiment contre Jacques U : il lui montra ce prince dépossédé et fugitif; il réveilla habilement la jalousie, la vengeance et toutes les passions héréditaires qui animaient les Mac-Donalds contre leurs anciens rivaux, et il lui suffit, pour les entraîner, pour les armer contre la dernière révolution et contre le grand prince qui l'avait accomplie, de leur montrer le clan d'Argyle, les Campbells, au nombre de ses plus dévoues partisans1. Le succès couronna ses etTorts, et aux norn-
I. Si ci fait, imporUnt pour l'histoire, avait besoin d'une confirmation, oo lt trouverait dans l'avortement de toutes les tentatives de Dundee pour rallier a«i Mac-Donalds, contre Guillaume, le clan des Macintosh et tous ceux qui. rloigués dlnvcrary, n'avaient eu aucun démôlé avec le clan des Campbell»,
LigU« braises tribus des Mac-Donalds Dundee réunit, dans une *?i S^u"'li^e élroilcet commune, les clans redoutables des Maccontre Leans et des Camerons. Mais il savait que les montagnards,
les Campbell»
pour bien qu'excellents fantassins, durs à la fatigue et d'une bravoure héroïque, ne seraient point dans sa main une force permanente ni suffisamment docile pour l'exécution de ses projets : il écrivit donc au roi Jacques, alors en Irlande, pour lui demander du renfort, s'engagcant à remettre l'Ecosse sous ses lois s'il lui envoyait trois ou quatre mille hommes de ses troupes. Dundee ajourna jusque-là l'accomplissement de ses desseins, et donna rendez-vous pour le prochain mois de mai aux clans jacobites.
Le bruit de cette ligue avait jeté l'alarme dans Édimbourg où déjà cependant le château s'était rendu. Des bandes nombreuses et armées de covenantaires occupaient toujours la ville, mais ne présentaient que des masses confuses, mobiles et indisciplinées. Le gouvernement organisa rapidement quelques corps et le comte d'Angus en forma un qui, sous le nom de régiment caméronien, rappelait, par sa composition comme par les règlements religieux qu'il se donna, les fameux régiments d'Olivier Cromwell. Vers le même temps débarquèrent à Lecds trois régiments écossais envoyés par Guillaume à la demande des états d'Écosse et qui avaient fait partie des troupes dont il s'était fait escorter en Angleterre Le gé-
tan.lis qu'il réunit pleinement à liguer ensemble, sous l'étendard des Stuarts, tous les clans en guerre ou en riTsIité d'intérêts avec celui-ci.
2. Ces régiments avaient longtemps résidé en Hollande, et quoique formés en Ecosse, beaucoup de Hollandais étaient, avec le temps, entrés dans leur composition. Guillaume, pour ménager l'amour-propre national des Écossais, eut