‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculésChapitre 73 sur 145 · invaiion · texte numérisé non relu

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ments supérieurs. Deux grandes flottes sous les amiraux ««

Boscawen et Hawkes parcoururent l'Océan, et secondées A"c,"Pnc |»ar les vents elles bloquèrent les flottes françaises dans leurs ports. Thurot seul trompa leur surveillance, il

sortit de Dunkcrque, et ses vaisseaux, battus parla tempête, furent jetés sur la côte de Norwége. Une escadre anglaise bombarda le Havre et détruisit, avec une partie de la ville, une multitude de bâtiments de transport. Une autre escadre, sous le commodore Moore, se porta dans les Antilles françaises et s'empara de la Guadeloupe. Mais les plus grands efforts de Pitl eurent pour objet la conquête du Canada, magnifique colonie où la France avait jeté les fondements d'un florissant empire et qu'elle paraissait abandonner.

Déjà, l'année précédente, la |>erte du cap Breton et de sa capitale Louisbourg avait ouvert aux flottes anglaises l'entrée du Saint-Laurent, et par suite de l'abandon du EiaMiM»Mc«ti fort Duquesne, la communication du Canada avec les aJoîSSi. établissements français de la Ixmisiane se trouvait coupées, mais les Anglais avaient échoué de\ant Tieondéroga, et les Français tenaient encore plusieurs forteresses sur les grands lacs. Le marquis de Vaudreuil, gouverneur général du Canada, occupait la principale ville, Montréal, dans l'île de ce nom sur le Saint-Laurent, et un vaillant homme de guerre, le marquis de Montcalm, tenait à Québec la plus importante position militaire et la clef même du pays. Celte belle contrée où les Français avaient formé des établissements au seizième siècle et que Louis XIV avait réunie sous son gouvernement royal, ne comptait pas, vers le milieu du siècle dernier, plus de soixante mille habitants, et les troupes régulières que la France y entretenait étaient fort insuffisantes pour sa défense. Mais les colons français avaient réussi beaucoup plus que leurs voisins de la Nouvelle-Angleterre à se concilier par de

bons procédés les tribus indiennes dont ils s'étaient fait d'utiles auxiliaires, en leur donnant des munitions et des armes et en profitant de leur expérience et de leur habileté supérieure dans cette guerre des forêts, des lacs et des montagnes. Pitt voulut diviser au Canada l'attention et les forces des Français en dirigeant l'attaque de la colonie sur trois points différents et à une grande distance les uns des autres. Trois corps bien armés et ap- Plan <k fin provisionnés reçurent Tordre de marcher pour concourir rJnàq.i*de concert au succès. Le premier, sur la gauche, formé p^.,ndj de milices coloniales, sous le général Prideaux et de '»«•'» «>rp« quelques tribus indiennes auxiliaires, eut pour mission de s'emparer de la forteresse de Niagara entre les lacs n>>9 Krié et Ontario, de descendre celui-ci et de marcher sur Montréal ou résidait Vaudreuil : le corps expéditionnaire du centre, fort de douze mille hommes, fut confié au général Amherst, successeur d'Abercrombie dans le gouvernement delà Nouvelle Angleterre : il eut l'ordre d'attaquer Ticondéroga et d'affranchir la navigation du lac Ghamplain en concertant ses opérations avec le troisième corps qui devait réunir toutes les forces de terre et de mer disponibles au cap Hretou, remonter le Saint-Laurent et agir directement contre Québec, point central du mouvement des trois corps expéditionnaires et où ils devaient opérer leur jonction.

L'exécution de ce vaste plan présentait d'immenses difficultés provenant principalement de la grandeur des distances et des obstacles naturels d'un pays ptesque partout inculte, hérissé de forêts impénétrables, coupé par d'immenses lacs, des marais et des rivières. Québec surtout, occupait sur le Sainl-Laurtnt une position dont

la force égalait la magnificence K II fallait pour l'em|>orter, tout à la fois, l'assistance de la fortune et l'audace d'un héros, Pitt obtint l'un et l'autre, woife son choix s'arrêta sur Wolfe, l'un des plus jeunes offi-

rsi nommé

ei,cM* r«pédi-ciers généraux de l'année anglaise, mais qui déjà s'était dîngfc fait remarquer en diverses rencontres par son coup d'œil »ur Québec. e^ SQn COurage. Il n'était pas favorisé des dons extérieurs:

Sun car.cUM. ses manières au premier abord étaient froides et peu engageantes; mais sous une enveloppe frêle et maladive il cachait un esprit élevé, un sens droit, et un cœur intrépide. Il avait l'ambition des grandes chose»; son amour de la gloire et son ardeur martiale étaient tempérées et épurées par une piété sérieuse, par les émotions d'une nature sensible, religieuse et compatissante : son âme enfin brûlait de cette flamme généreuse dont furent animés avant lui les Guesclin, les Bayard, les Lanoue; Wolfe était un héros et un héros chétien.

La tâche principale et la plus difficile lui fui confiée dans l'exécution des plans de Pitt. Il reçut l'ordre de s'embarquer avec huit mille hommes sur la flotte de l'amiral Sandcrs, de doubler le cap Breton, de remonter le Saint -Laurent aussitôt que la fonte de» glaivs l>ermettrait la navigation sur ce fleuve, et enfin de réduire Québec avec l'aide des deux autres corps expéditionnaires, dont l'objet principal devait être, en suivant chacun une marche très-différente, de se réunir devant cette place et d'aider Wolfe à l'emporter : il en arriva autrement, et ce que trois devaient foire un seul l'exécuta.

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