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I. Clurlevoit, liescriplion de la Souvetle France

La colonne du général Prideaux marcha sur la forte- M»rd,e resse de Niagara el l'investit : Prideaux fut tué à la pre- vem^ cot?%

mière attaque et remplacé par sir Samuel Johnson, qui ^ eut bientôt à livrer un combal contre un corps d'environ h John*»», deux mille hommes des milices coloniales, et de sauvages indiens accourus au secours de la place. Les Indiens commencèrent l'attaque et fondirent sur les Anglais, dit un historien, avec d'épouvantables hurlements, qui dominèrent le bruit de la grande cataracte Ils furent ri'l>oussés, poursuivis à plusieurs milles, et la forteresse, témoin de leur sanglante déroute, capitula. La chute de cette place acheva de coui>eraux Français tout moyen de communication entre leurs établissements du nord et du midi : ce résultat fut le seul qu'obtint sir Samuel Johnson, qui se vit hors d'état de profiter de sa victoire et de poursuivre sa marche en franchissant le lac Ontario.

Le corps le plus considérable, fort de douze mille Marche hommes, et dirigé par le général Amherst sur Ticondé- ,.Coiid"c..ip» roga, trouva la forteresse abandonnée par la garnison. Il A,Xî»i s'avança jusqu'à Crown-Point, seconde position fortifiée au bord du lac : les Français lYvacucrent également à l'approche de l'ennemi, et se retirèrent dans la |>etite île de Noix, à l'extrémité septentrionale du lac, position plus forte que les deux autres, défendue de tous côtés par les eaux, et qui fermait aux Anglais la route du nord. Amherst, pour les y forcer, fit construire une flottille; mais avant qu'elle fût prête, l'hiver vint, el il lui fut impossible de prêter aucune assistance à Wolfe, ou même de communiquer avec lui.

\. Gr-ii.n.e, Uis'oire <U$ tlalt-V*».

(yr-h,.i« Wolfe cependant avait heureusement exécuté ses pre- ,lu miers ordres, et le 27 juin il prit terre dans l'Ile d'Or-

M»u»Woifc léans, en face de Québec. Cette île, de vingt milles de long sur sept de large, défend les approches de la ville qui couronne les hauteurs à quelques milles de distance en amont, sur la rive gauche du Saint- Laurent et au confluent du fleuve avec la rivière de Saint-Charles. Ce fleuve magnifique, dont les deux bras qui enferment l'île d'Orléans ont chacun quatre à cinq milles de largeur, se resserre tout à coup devant l'embouchure du Saint-Charles, et baigne, durant plusieurs lieues au dessus de la ville, le pied de rochers d une grande élévation et de pentes inaccessibles : sur ces rochers est un grand plateau nommé plaine d'Abraham, qui se trouve de niveau avec la haute ville de Québec et qui domine la ville basse, voisine du port, dont un large banc de sable ferme l'entrée. Au-dessousde la ville et de l'embouchure de la rivière Saint-Charles, les bords du Saint-Laurent sont aussi très-escarpés et d'un accès impraticable sur une étendue de trois à quatre milles, jusqu'à l'endroit où un petit coursd 'eau, rivière ou torrent de Montmorency, se précipite de deux à truis cents pieds dans le fleuve, presque en face de la pointe occidentale de l'île d'Orléans. C'est là, sur j«"f!wm œs hauteurs, entre Je Montmorency et le Saint-Charles, *0»» que l'habile et vigilant marquis de Montcalm, défenseur

Montai». ,

de Québec, avait établi un vaste camp retranché pour sa petite armée de dix mille hommes, formée de trouas régulières, de milices coloniales, et en partie aussi de Iribus sauvages sur lesquelles il exerçait, par son laugage et ses manières bienveillantes, un immense ascendant. Montcalm communiquait avec la ville par un pont de ba-

teaux jeté sur le Saint-Charles, et avait confié, de l'autre côté de la ville, la surveillance et la garde des hauteurs d'Abraham, à un corps de quinze cents hommes, force qui semblait plus que suffisante pour prévenir toute surprise de la part de l'ennemi.

Wolfe multiplia sans succès les efforts pour faire quitter à Montcalm son excellente position qui dominait toute la rive gauche du fleuve : il fit en vain battre la place par son artillerie, en la menaçant d'une attaque de front. Montcalm demeura immobile, et Wolfe, n'ayant pu réussir à l'attirer hors de son camp, essaya de l'y forcer Le 31 juillet, à la marée basse, premier* il descendit le Saint-Laurent et débarqua ses troupes 8ur4ll^£0,to la plage étroite, à l'endroit môme où se précipite le tor- „rt „„„

rent de Montmorency. Les grenadiers anglais montèrent résolument à l'assaut des rochers sur lesquels était établi le camp français : mais Montcalm veillait : il les reçut par un feu meurtrier, il repoussa les assaillants, les culbuta, lança à leur poursuite ses sauvages auxiliaires, et contraignit Wolfe à se rembarquer.

La saison s'avançait : les combats, les fatigues, les privations, avaient réduit de moitié la petit*' armée des assiégeants. Wolfe ne recevait ni renforts de l'Angleterre ni aucune nouvelle du général Amherst et de son corps d'armée; ses soldats murmuraient, lui-même avait été malade, il était triste et presque découragé 1 ,

I. W»lfi* ci posa lui-même à William l'ill »a litnali n profite désespérée dans une lettre où il lui reml Cviwpta de >oi\ inulil al laque tur le camp île Moutcalm. Celle Litre est un cher d'oeuvre par la lucidité de l'cx |>t*«i lion , par réUfaaca, la précision «l la sobriété de langage. Mlle n'es» pas mmn* remarquable par l'nprotioii d'un piufoiid seutiiiicul de pahioliaint il d'boii-

quand son regard s'arrêta sur une petite anse située à environ deux milles au - dessus de Québec, et au fond de laquelle monte un sentier presque à pic entre de hauts rochers. Wolfe conçut l'espoir de conduire son armée à travers cet étroit passage jusque sur les hauteurs d'Abraham : il prit soudain toutes les dispositions nécessaires pour exécuter son hardi projet el pour abuser l'ennemi. Il partagea ses bâtiments de guerre, il leur prescrivit de faire deux fausses démonstrations d'attaque, l'une sur le camp de Montcalm, l'autre à une lieue environ au-dessus de la ville, au pied des hauteurs d'Abraham, et il réunit lui-même, sur le point de la rive droite du fleuve qu'il occupait, le plus grand nombre de transports disponibles. A une heure du matin, le 13 septembre, favorisé par une nuit très-sombre et |>ar la ma- Aiiaque r£e jj embarquer ses régiments réduits ensemble à U'Abnfcam. trois mille cinq cents hommes, et se laissa porter par le flux vers le lieu qu'il avait choisi sans être afierçu des sentinelles françaises disséminées sur le rivage. Le plus grand calme régnait à bord : Wolfe seul, dit un témoin, récitait, à voix basse et à l'oreille de ses officiers, quelques strophes de la célèbre élégie deGray, où se trouve ce vers de sinistre présage : Le chemin de ta tjloire est celui de la tombe 1 / Quelques instants après, on aborda en face de Tétroite ouverture pratiquée dans le roc. Les soldats dé-

nrur militaire. Elle cal datée «lu 2 aeptembïc 1759 ri a clc i «-produite ItM V Animal rtgiittr «Je la tncm«* inntt, p. 2 1 1-246.

I. Tke path of glory Uads but to Ike grnv4. Wolfa en achevant celle ctia-

I ajouta celle paiole, utile a nié lil«*r par l«-s homnti» g"«r«"«. élrangen •«

mile dealettret: Meuieur», dil-il, ]«• préférerait l'buiincur devoir fait ce poème a celui de prendre Québec. • Cet délail» iule. citant* oou» oui «lé trainmia par le profetseur Robinmn, d'Edimbourg, inidihipman dan* ta jeunette.

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barquèrent et commencèrent l'escalade : un régiment écossais des tiiglandcrs, conduits par le colonel Howe, formait l'avant-garde : Wolfe suivait a>ec ses grenadiers. Les Anglais montèrent ainsi le long du précipice avec des peines inouïes, dérobés par les ténèbres au poste qui gardait ce passage et protégés par le murmure des vagues roulant au pied des roches. Ils furent aperçus enfin : les sentinelles françaises firent feu; les assaillants leur répondirent en poussant des cris et en tirant au hasard : le poste français, ainsi surpris dans l'obscurité par un ennemi invisible, crut le plateau envahi, prit la fuite et se replia sur la ville où il jota l'alarme. Les Anglais gagnèrent sans plus d'obstacles le sommet des hauteurs : avant le jour, Wolfe et ses régiments occupaient la plaine d'Abraham aux environs de la ville, et Montcalm apprit le péril dont il était menacé. Il accourut alors, et, franchissant la rivière de Saint-Charles avec toute son armée, il vit l'ennemi déjà en marche sur Québec. La bataille, qu'il avait jusqu'alors sagement évitée, était devenue indispensable, et des deux côtés on s'y prépara. Wolfe mit les Highlanders à sa fc|8Î|(i gauche, qu'il disposa en potence pour éviter d'être enve- dM loppé : il se tint sur la droite avec ses grenadiers, au lieu même où il supposait que l'action serait la plus vive : des ,3",p' ' ' tirailleurs couvraient son centre. Montcalm, en face de Anglais, entremêla habilement ses troupes régulières et ses milices canadiennes; il commanda à ses Indiens de tourner la gauche de l'ennemi, tandis que ses meilleurs

et qui te licwtfttl tlrtr«»?rc Wolfe «I h »on bord. (Voyei \' llntrire rtrs /./«/#- Piw, par tiraliau», t. I v, p 5< .)

tireurs, au nombre d'environ quinze cenls, occupaient le centre de sa position. Leur feu, bien dirigé, jeta le trouble d'abord parmi les Anglais : Wolfe les rallia, leur prescrivant d'attendre et de réserver leur feu. Les Français avançaient, tirant toujours : une balle atteignit Wolfe au poignet : il demeura ferme à son poste, et voyant l'ennemi à quelques pas, il commanda une décharge meurtrière, puis s'élança, exhortant ses grenadiers de la voix et du geste : il fut atteint d'une balle dans le flanc, une troisième lui perça la poitrine. Wolfe tomba et fut enlevé mourant du champ de bataille : il donnait à peine quelques signes de vie, quand soudain l'officier de garde près de lui s'écria : « Us fuient! — Qui est-ce qui M»n fuit? demanda le blessé en relevant la tête. — Les Franc ci° * çais, répondit l'officier. - Je meurs content, dit Wolfe, le Moniciioi. e^ ^ eXpjra> yon brillant rival, Montealm, ne survécut

pas à sa défaite : grièvement blessé lui-même et ramené dans la ville, il apprit que le coup était mortel : « Tant mieux, dit-il, je ne verrai pas la prise de Québec. » Il

capiiuitiion mourut le lendemain. Quatre jours plus tard, le 18 sep- Québec, tembre, la ville capitula : la garnison en sortit avec les

I8w,»t.i759. honneurs militaires pour être reconduite, en France, et

les Anglais prirent possession de leur conquête.

La prise de Québec excita en Angleterre d'immenses transports, tempérés cependant par de navrants regrets pour le jeune héros enseveli dans sa victoire. Son corps, porté dans sa patrie, y fut reçu avec des honneurs solennels, et déposé à W estminster, au milieu des lombes des grands hommes et des rois : ses funérailles furent faites aux dépens du trésor, et Pitt prononça l'éloge funèbre de Wolfe avec toute la pompe du style oratoire. Un hommage

GKORGES I!

plus éloquent, par sa simplicité même, lut fut rendu au delà de l'Atlantique, sur le théâtre même de ses exploits, et confondit dans un mutuel et glorieux souvenir le héros vaincu et son vainqueur : un obélisque de soixante pieds fut dressé sur une des places de Québec, et deux mots seulement y furent inscrits : Wolfe et Moxtcalm.

La prise de Québec, sur laquelle nous nous sommes particulièrement étendus, fut l'événement le plus considérable de la campagne de 4759; mais partout cette année, dans les deux inondes, la politique de Pitt fut couronnée par le succès et l'Angleterre victorieuse. La France; où le duc de Choiscul dirigeait les affaires, avait conclu l'année précédente avec Marie-Thérèse un nouveau traité plus onéreux encore que le précédent : elle s'était engagée à entretenir cent mille Français en Allemagne durant la guerre, et à abandonner à l'Autriche tout ce qu'elle pourrait conquérir au delà du Hliin !. Elle avait fait des efforts extraordinaires pour y grossir ses Quatrième armées, dont l'une, sous le maréchal de Broglie, sur- <amP6»* veillait à Francfort les bassins du Hhin et du Mein, et *»«■•«■••. dont l'autre, sous Contades, commandait le cours de la I7M Lippe. De Broglie remporta une victoire signalée sur Ferdinand de Brunswick près de Francfort, et, combinant ses mouvements avec ceux du maréchal de Contactai, ils emportèrent Cassel, Munster et Minden, refoulant devant eux les Hanovriens et les Anglais jusqu'au

|. La France fc'eftgtgttit, en oulrr, p:.r ce nouveau trailé, à payer seule le sulsiJe a la Suéde el lYiHrelicii d«t tft»«pr* saxonnes : clic prometlail d'appuyer l'élection du fils de Marie- Hiéièse comme roi des Romains, cl garantissait a l'Aol* « lie la conquele de la Silésie el du comlé de (ilaU. (Sitmoudi, «wttire deg Français, l XX IX )

Weser. Le Hanovre semblait encore une fois ouvert aux Français, et ils se disposaient à y entrer, lorsque, tromvkioirc pés par de fausses démonstrations de l'ennemi, Contades Fmihiand et de Broglie engagèrent une action décisive aux envid* BmMwwl ron§ je Minden, sur un terrain défavorable, où ils fu- Muiden. rent battus et mis en déroute. L'inaction delà cavans9. lerie anglaise, sous lord George Sackeville sauva les Français d'une complète destruction 2 : trois fois ce général reçut l'ordre de charger : il n'en tint compte et resia immobile \ L'armée française néanmoins perdit huit mille hommes, une partie de son artillerie, dix-sept drapeaux et ses bagages; elle perdit aussi tout le tirriloire qu'elle avait conquis entre le Weser et le Rhin.

Cette victoire du prince Ferdinand, quoique incomplète, fut d'un grand secours au roi de Prusse qui, |>eu de jours après, le 12 août, fut complètement battu à Francfort, par les Autrichiens et les Russes, et si Brunswick n'eût repoussé les Français à Minden, ou s'il y avait eu plus de concert entre les Russes et les Autrichiens vainqueurs à Franeforl, la monarchie prussienne eût péri après cette sanglante journée. Le désaccord entre les généraux ennemis contribua puissamment au salut des Prussiens. Frédéric retrouva une armée dans la Saxe qu'il recouvra, moins la ville de Dresde, et où il prit ses quartiers pour l'hiver à Friedberg.

t. Lord Geurgc Saikevillc avait >ucc«-dr, daut le commandement du «orp» auxiliaire aillai», au duc de Marîborough, murl de maladie.

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