‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculésChapitre 78 sur 145 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

GKORGK III,

Première pttM «la regue Je George III, jusqu'à II forma lion * du itbinrl * de George Grcotille.

George ÏII avait vingt-deux ans lorsqu'il monta sur le trùne qu'il devait occuper plus longtemps qu'aucun de ses prédécesseurs, au milieu des plus grandes commotions qui aient agité le monde moderne. Ce prince a\aît plus d'un trait de ressemblance avec le monarque «le George in infortuné qui plus tard fut 3on contemporain sur le trône de France, et possédait comme lui la plupart des qualités les plus recommandantes dans l'homme privé. 11 avait une conscience délicate, une piété sincère, une sollicitude véritable pour le peuple conflé par la Providence à ses soins. Ses intentions étaient pures, ses mœurs exemplaires; il était laborieux économe; il avait le sens naturellement droit, quoique très-peu étendu, et se montrait capable de discernement lorsque

I. 1! fi» a cet égard de grwli progrè» *vrc let auhéc*. — Lord Wal.legvm non» !«• monlre lrè*cniirmi du travail da*« M j«Miii«?<e. Uèmairt*.

la passion ou le préjugé n'interposaient pas leur voile entre les objets et lui. Là s'arrête le parallèle et aux ressemblances succèdent les contrastes. Si l'un fit trop souvent, en diverses occasions, le sacrifice de sa prérogative, l'autre fut jaloux de la sienne jusqu'à l'excès et la défendit avec un profond calcul, et une animosité ardente 1 que l'on croirait difficilement compatible avec | une nature bienveillante et douce : si Louis XVI enfin montra souvent un trop prompt abandon de son sens personnel, une indécision déplorable, une faiblesse dangereuse surtout dans un souverain presque absolu, George III au contraire apporta, dans l'exécution de ses projets et dans toute sa conduite, une ténacité opiniâtre, une persistance souvent sombre et silencieuse 2, mais qui annonçait une volonté inflexible, pleine d'inconvénients et de périls, dans un état où la volonté du monarque n'esl qu'un des éléments nécessaires de l'autorité souveraine, et sous l'empire d'une constitution dont le principal mérite consiste dans l'équilibre des pouvoirs. Ce trait néanmoins si prononcé plus tard, cette invincible persistance de vues et de volontés ne se manifesta que par degrés, et George III, dans les premiers temps, continua à témoigner la plus grande déférence pour les désirs et les conseils de sa mère, femme ambitieuse et passionnée, qui voulait dominer sou fils et qui subissait elle-même l'empire de son favori, le comte de Bute, seigneur écos-

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