I. H. Walpole, to tir 1/or. Mann, oov
bonne. Ce royaume où régnait don Joseph Emmanuel, fameux par ses débauches comme par sa cruelle persécution des jésuites, était ouvert à l'ennemi malgré l'administration forte et violemment réformatrice du marquis de Pombal. Dans sa détresse, il eut recours à l'Angleterre, son ancienne alliée, et un million sterling fut voté pour mettre le Portugal en état de défense. Lord Bute voyait ainsi avec humiliation et douleur les prévisions de Pitt justifiées, et se rallumer avec des chances nouvelles une guerre qu'on eût glorieusement et sûrement menée à terme, par des mesures plus promptes et plus hardies. Il persistait dans une politique incertaine et vacillante, et tandis que le pacte de famille doublait le nombre des puissances ennemies de l'Angleterre, le ministre affaiblissait ses alliances sur le continent en refusant au roi de Prusse son subside annuel. Il provoquait ainsi les justes plaintes de l'étranger, et il ajoutait, à l'intérieur, à l'irritation populaire, par son empressement à écarter du cabinet les collaborateurs et les collègues de Pitt dans l'administration précédente. C'est ainsi qu'en mai 1762, il congédia le dernier des hommes d'Etal qui pût lui faire ombrage, par son rang et sa longue expérience des affaires beaucoup plus que par son caractère personnel, et il contraignit le vétéran du cabinet, le facile, complaisant et ambitieux duc de Newcastle, à abandonner enfin le pouvoir et à se démettre de sa charge de premier lord de la trésorerie. Lord Bute l'y remplaça : celle de secrétaire d'Etat qu'il occupait fut donnée à George Grenville, qui avait récemment abandonné la politique de Pitt, son parent, pour s'attacher au nouveau favori : celui-ci fit nommer chancelier
Urd Bule, premier minière.
de l'Echiquier une aulre de ses créatures, sir Francis Dalshwood : il reçut bientôt après i mur lui-même de George m l'ordre de la Jarretière, et fut ainsi porté au faîte sans justifier devant l'opinion cet amas d'honneur par ses talents ou ses services.
La fortune ce|>endant demeura fidèle, presque malgré lui, aux alliés de l'Angleterre sur le continent, et à ses armes dans les régions lointaines où vibrait encore, dit énergiquement un écrivain de nos jours, l'instrument façonné par la puissante main de William Pitt1. Frédéric, qui semblait toucher à une ruine totale après la M„n campagne précédente, fut tiré du péril par la mort sou- , de . daine de la czarine Elisabeth, à laquelle succéda son ne-
la czanue 1
Eiiuh th Pe- veu je duc de Holstein sous le nom de Pierre IU. Celui-ci Avénrmrnl était l'admirateur passionné de Frédéric : un de ses prerierfe in. niiers actes fut de conclure un traité avec le héros germanique qu'il avait pris pour modèle. La Russie qui, sans motif sérieux, était entrée dans cette guerre pour la défense de Marie-Thérèse, se déclara, sans plus de raison contre elle, par un de ces brusques revirements si fréquents dans les états despotiques, et Frédéric trouva tout d'un coup des alliés et des auxiliaires dans ces mêmes Russes qui, la veille encore, l'avaient mis aux abois. La Suède suivit l'exemple de la Russie en se retirant de la confédération continentale; mais elle garda la neutralité, campagne Le roi de Prusse reprit alors l'offensive et, supérieur aux AlttaajgM. Autrichiens dans la Silésie, il tint à son tour Laudon en mï échec dans son camp retranché aux environs de Schweidnitz. 11 l'attaqua le 20 juillet, enleva ses positions et le