‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculésChapitre 90 sur 145 · I. Scir MuUkbtree», vol. Il, p. 102 el · texte numérisé non relu

I. Scir MuUkbtree», vol. Il, p. 102 el

<;eorges m

teuse transaclion : elle le pénétra d'une indignation douloureuse et il jura de mettre fin à de si énormes abus ou de périr à la peine 1 .

Clive tint parole et ne démentit aucune des espérances fondées sur son caractère et sur son nom : il supprima d'abord toute opposition dans le conseil, où il fit reconnaître le pouvoir discrétionnaire et dictatorial dont il était revêtu : puis il marcha à l'ennemi. Sujah Dowlah, après son désastre dans les champs de Buxar, avait relevé sa fortune et retrouvé une armée. Soutenu par les mahrattes et les afgans, il avait planté ses tentes sur la frontière de la province de Bahar et se préparait à combattre ; mais au nom de Clive tout son courage l'abandonna : à peine eut-il appris le retour du vainqueur fameux de Plassey et son approche qu'il se sentit vaincu. Délaissant aussitôt la cause de son hôte Meer Cossim, le féroce auteur du massacre de Patna, il congédia son armée et vint faire sa soumission dans le camp anglais. Clive lui laissa la plus grande partie de son royaume : «avant d'aspirer à de nouvelles conquêtes, ditil, sachons garder celles que nous avons faites. » Le reste des états du nabab fut donné comme domaine impérial au grand mogol Schah Allum, avec promesse et garantie d'un revenu annuel de vingt-six lacs de rou-

I. L'indignation de Clive t'exhala en ces terme*, dam eue lellre adressée à un ami : • Quelle allante profonde a reçue dans cet contrées l'honneur britannique : il est perdu, je le crains, pour toujours; cependant je le jure, par ce grand Dieu qui sonde les rceurs et a qui nous rendrons compte un jour; j'ai apporté ici une àme supérieure a la corruption, et je suis résolu à extirper de si grands maux ou a périr dans l'entreprise ». — Voyez cette lellre dans l'Essai déjà cité de M. Macuulay, sur le vie de Clire, par Malroim. E^tnhirçh Rreiew.

pies, et Clive obtint de lui en retour, pour la Compagnie, le privilège de gouverner et d'administrer seule les trois provinces du Bengale, d'Orissa et de Bahar.

Clive insista fortement auprès de la cour des directeurs sur la nécessité de réunir dans une seule main l'administration des trois présidences, et il indiqua la ville de Calcutta pour ie siège du gouvernement central : mais quelques années s'écoulèrent encore avant que son plan fut adopté. Ses pouvoirs ne s'étendaient point au delà des limites de la présidence du Bengale, où il supprima tout trafic particulier des agents supérieurs dont, s«g« réforme! Par une équitable compensation, il accrut beaucoup le? |.»rpéc1tî« s3^1"68 en y affectant une partie des bénéfices consi- . dérables obtenus par le monopole du sel. Il les soumit à

••iminitlration

du B«iig«ic. souscrire l'engagement formel de n'accepter aucun pre- 1766 seD* des princes indigènes et fit d'utiles règlements toucbanl les impôts dont il confia, sous le contrôle du conseil de la présidence, la répartition et la perception à un ministre indigène du vice -roi. Mais de tous ses actes le plus difficile fut le rétablissement de la discipline dans l'armée, dont les officiers, outre leur solde régulière, en louchaient une autre supplémentaire et illicite. Clive supprima cet abus, et dans aucune autre circonstance peut-être, il n'eut à faire preuve au même degré de sang-froid, de courage et d'indomptable fermeté. Il donna enfin lui-même un remarquable exemple de la conduite désintéressée qu'il imposait à tous et refusa des présents qui auraient doublé sa fortune. C'est ainsi que, pour un temps du moins, il rétablit l'ordre dans l'administration de cette vaste contrée et qu'il assura à la Compagnie un revenu annuel de plus de deux millions ster-

Ml

ling; mais ses forces diminuaient : sa constitution, toujours délicate, était minée à la fois par les inquiétudes, par les fatigues et par les ardeurs d'un climat tropical. Sa mission d'ailleurs était remplie, il quitta l'Inde pour Son retour toujours vers la fin de 1766, à l'époque où commençait Europe, le second ministère de William Pitt, et il re\inl s'of- 1766 frir en Europe aux jugements si mobiles de l'opinion publique et à la haine de ses ennemis.

Suite J| règne de George III. — Second mi. ml ire de Pill. — Ministère du

duc de Grafton.

Pitt n'avait opposé cette fois qu'une légère résistance second min'uau vœu du monarque : il ne refusa point la mission de je,èp*u former un cabinet et n'ayant pu faire accepter la trésorerie à son beau-frère lord Temple dont jusque-là il ne s'était pas séparé, il l'offrit au duc de Grafton et forma l'administration d'hommes qui appartenaient à diverses fractions du parlement, qui n'avaient entre eux aucun attachement de famille ou de parti, et dont lui seul se réservait d'être le lien et le moteur central. Lord

4. Lord Temple r. fuia de faire partie de l'adminiitration pour ne pat subir le despotisme de Pill, son Leau-frèrc : • Je reisculis uoe vive indignation, dil- •I, • la pensée d'clre iuscril comme un xéro à la tèle de la trésorerie avec «i'aoltcf iéro» autour de moi. tous arbitrairement choisis par M. Pitt. — Lettre de lui .1 TVmple a lady Chalam. — Voyea auasi uno autre leltre de lord Temple • son frète George Greotille, 18 juillet 1766. — Grenviltt paper*.

Mî LIVRE V|. CHAPITRE V.

Princip.ut Camden fut nommé lord chancelier du royaume et son "'dé " prédécesseur lord Northampton, président du conseil : ridmhiitjrtiionconway demeura secrétaire d'Etat et eut pour collègue

nouvelle.

lord Shelburne : Charles Townshend devint chancelier de l'Echiquier, lord Granby, commandant en chef de l'armée, et sir Charles Saunders, premier lord de l'amirauté. Des emplois inoins considérables furent donnés à James Grenville, l'un des frères de lord Temple, à lord North et au colonel Barré. Ce dernier, d'origine française, s'était fait un nom dans les communes, surtout par son éloquente défense de la cause américaine, et il s'était tout particulièrement attaché aux principes comme à la personne de Pitt.

Le nouveau ministère entra en fonctions à la On de juillet 1766:1e nom seul de son chef produisit dans le oyaume une commotion électrique et fut partout salué avec enthousiasme, comme le présage d'une nouvelle ère de prospérité et de gloire pour le pays, reçoii uVirie Ges espérances furent déçues : Pitt se priva volontaiel rement d'une grande partie de sa force, en acceptant

est nom m* or

comicchâtam. avec les lettres-patentes de comte Chatam et de pair du U66 royaume, un honneur qui l'arrachait au lieu même où sa puissance était le plus profondément enracinée, à la chambre des communes, où il régnait en souverain et bientôt après il fut réduit, par la maladie,

I. Lord Cbcslerfield écrmtdaus celle occasion avec «on bon sens babila*! : • Il y a un mauvais présage pour lord Cb.l.m dans sa dignité uout.IK : '««» tes ennemis sans eiceptiou s'en réjouisaenl : tous tes ami< en paraisst-nt confondu! el comme stupéGé». • |«Hire a son ÛU, 1" août 1766. Le jcooe Pi", second fils de lord Cbalam el alors âgé de sept ans seulement, dit en sppreoul l'éléfaiiou de son pere a la pairie, qu'il était b cor eux de ne pas élre l'«l««.

à une impuissance absolue. Néanmoins ses premiers ^ actes furent empreints tout d'abord de cette vigueur qui ?r*n,l*j*^lc% lui était propre et de son dédain habituel pour toute mesure restrictive de son autorité, ou contraire à son génie. Une cruelle disette de céréales, causée par une longue intempérie, s'était fait sentir dès le début de son administration : le parlement ne siégait pas alors, et Pitt, pour modérer les effets du fléau, fit rendre, de son autorité privée, une ordonnance du conseil qui mit Embargo ['embargo sur les bâtiments chargés de grains pour l'é- ,M J^^» tranger et les retint dans les ports anglais comme une réserve pour la consommation intérieure. Pitt ne jugea point nécessaire d'avancer la convocation du parlement pour faire sanctionner par l'autorité législative cette mesure arbitraire, et plus tard, quand le parlement fut réuni (11 novembre), le ministre négligea de justifier une mesure que les circonstances commandaient, mais aue la loi n'autorisait pas, et il dédaigna de solliciter un acte d'indemnité ou d'absolution, que l'opposition, dirigée par lord Temple dans la chambre des lords, et par George Grenville dans les communes, demanda pour lui et le contraignit d'accepter.

Pitt tourna ensuite ses regards vers l'Inde où les conquêtes territoriales de la Compagnie étaient immenses et n'avaient été ni prévues, ni espérées par les parlements dont elle avait reçu ses chartes : de simples marchands propriétaires d'actions et de valeur commerciales se trouvaient ainsi tout à coup transfor-

puitqu'il voulait servir «on pays comme son père dent les communes. — CAo- IV. 33

Page 1