‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 10 sur 224 · ÉDOUARD · texte numérisé non relu

ÉDOUARD

Le prince Noir établit son camp sur un coteau, à Maupertuis, près île Poitiers. Ce coteau était couvert de haies et de vignes et impraticable à la cavalerie; il cacha ses archers dans les buissons, creusa des fossés et se couvrit de palissades, enfin il fit de son camp une grande redoute, ouverte seulement au milieu par un étroit défilé; au haut de ce défilé était l’armée anglaise, à pied et serrée. Avant le commencement de l’action, deux légats interposèrent leur médiation; le prince de Galles consentait à restituer ses conquêtes et ses prisonniers et à ne pas sersir contre la France pendant sept ans; mais Jean exigea qu'il se rendit prisonnier avec cent chevaliers. Les Anglais refusèrent, et le combat s’engagea; un corps de trois cents gendarmes français pénétra dans le défilé; une grêle de flèches le détruisit. Le corps qui le suivait, troublé par celte attaque, se rejeta sur l’aile gauche et la mit en désordre. Ce n’était qu’un combat d’avantgarde, mais une embuscade anglaise, forte de six cents cavaliers, se précipita tout à coup sur la division du centre; celle-ci, saisie d’une terreur panique, prit la fuite avant de combattre. A cette vue, Chandos, le plus illustre capitaine de l’armée anglaise, dit au prince Noir : « Chevauchez avant, la journée est vôtre. » Les Anglais descendent la colline et renversent tout devant eux. « Trois fils du roi, dit Froissard, avec plus de huit cents lances saines et entières, qui jamais n’approchèrent leurs ennemis, s’enfuirent. » L’aile gauche se réfugia en désordre derrière la réserve que commandait le roi en personne. Là étaient le roi et son plus jeune fils; autour d’eux la fleur de la noblesse française. Les Français avaient encore l’avantage sur leurs ennemis, bien

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