EDOUARD
Les rivalités, les haines qui fermentaient dans les cœurs, semblèrent s’éteindre tout à coup dans l’épouvante de lu mort, mais ces passions notaient qu'assoupies et se réveillèrent bientôt plus ardentes et plus terribles.
Seconde période de la guerre avec la France — Fin du régne d’Kdouard III.
Le roi Jean avait succédé à son père , Philippe de Valois, sur le trône de France où il débuta par des violences. 11 lit arrêter et mourir sans jugement le comte d’Eu, connétable, qui, prisonnier des Anglais et libre sur parole, était venu en France recueillir sa rançon, et il donna sa charge à un étranger, Charles de la Corda, ennemi personnel de son parent, Charles, roi de Navarre el comte d’Evreux, fameux dans l’histoire sous le nom de Charles le Mauvais. Ce prince assassina le nouveau connétable et lui-même, peu d’années après, fut surpris par le roi, à Rouen, .à la table du dauphin, avec Geoffroi d’Harcourt et quelques chevaliers de son parti. Us furent tous à l’inslant décapités, à l’exception du roi de Navarre, dont Jean épargna la vie par respect pour la dignité royale, mais qu’il priva de sa liberté en l’enfermant dans la tour du Louvre. Ces actes violents furent une des causes qui portèrent Edouard à renouveler les hostilités avec la France à l’expiration de la trêve : il se dit le vengeur des chevaliers exécutés sans jugement, donna
Reprise
de*
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entre
l'Angleterre
et
la Fiance.
au prince Noir 1 son fils l’investiture de la Guyenne, lui prescrivit de commencer la guerre dans cette province, et lui-mème descendit en Normandie avec une armée. Le prince ravagea le Languedoc, porta le fer et la tlainme au coeur du royaume cl s'avança jusqu’à Tours; mais bientôt un nouveau soulèvement des Ecossais qui s’emparèrent de Berwick rappela Edouard dans la Grande-Bretagne. Il reprit Berwick, ravagea une |>artic de l’Ecosse et acheta d’Edouard Baliol *, moyennant une modique pension annuelle, tous ses droits à la souveraineté de ce royaume 3.
Le roi de France cependant avait obtenu des états généraux des subsides considérables avec lesquels il leva une grosse armée, et, rassuré pour la frontière du nord par l’éloignement d’Edouard, il marcha avec toutes ses forces au sud à la rencontre du prince de Galles. A son approche, les Anglais se retirent et sont atteints par les Français près de Poitiers. Déjà la disette se faisait sentir dans le camp et le prince Noir anglais demandait à capituler. Si Jean n’eût point combattu, les Anglais pouvaient être vaincus |>ar la famine et réduits à poser les armes; mais, à cette é|>oquc chevaleresque, la prudence et le calcul entraient pour peu dans le gain des batailles. L’armée française d’ailleurs était forte de plus de cinquante mille soldats et l’armée ennemie n’en comptait que huit mille : le roi Jean résolut donc de combattre, il pouvait compter sur la v ictoire.
1. On nommait ainsi 1c prince de Galles a cause de l'armure noire qu'il portail.