Bacon dit la malice de la femme. (Ilisl. de Henri VII
Intfnisluic de Lamlnni Si tune I.
ces s’il n’eût été adopté cl soutenu par la duchesse douairière, Marguerite de Bourgogne.
Au premier bruit de cette tentative inconcevable, le roi tit promener à cheval, dans les rues de Londres, le véritable comte de Warwick; les anciens amis d’Edouard IV et les partisans de la maison d’York, furent tous invités à s’assurer île son identité. La plupart reconnurent l’imposture et demeurèrent témoins impassibles de l’événement, ainsi que les habitants de la capitale quoique toujours favorables à la maison d’York. Les chefs de l’entreprise tournèrent les yeux sur l’Irlande oii la colonie anglaise du Pale, sagement administrée par le duc d’York, gardait aux princes de cette famille un souvenir reconnaissant. A l'avènement de Henri VII, la colonie avait pour lord lieutenant le comte de Kildare, zélé partisan des Yorks : celui-ci, maintenu dans sa charge par le nouveau roi, accueillit ouvertement le prétendu comte de Warwick, et admit ses prétentions sans les discuter. Sur sa seule autorité, toute la population du district , à l’exception de Waterford, reconnut l’imposteur, qui fut proclamé sous le nom d’Edouard VI, roi d’Angleterre et de France, et lord d’Irlande. Simnel reçut alors un secours inespéré. Le comte de Lincoln, neveu d'Edouard IV, et désigné par Itichard III, comme son -héritier, avait été honorablement traité par Henri VU qui l'appela dans son conseil, mais sourd à toute autre passion qu’à celle d’une haine ardente contre la maison de Laneastre, il
I. On nom nuit la partie Je l'Irlande coloniale par les anglais lhe Eugluh Pal<.
HENRI VII
passa sur le continent où, avec l’aide de la duchesse de Bourgogne, il leva deux mille vétérans allemands qu'il mit sous les ordres d’un brave officier Martin Swartz. H débarqua, en Irlande, avec eux, et rejoignit l’aventurier Simnel, dans lequel il feignit de reconnaître le dernier rejeton de la branche masculine des Plantagenets. Par son conseil et par celui du lord lieutenant comte de Kildare, Simnel fut couronné par l’évêque de Meath, qui lui ceignit le front d’un diadème enlevé à une statue de la Vierge : des ordonnances furent rendues et un parlement convoqué au nom de ce prétendu roi, et une armée d’environ huit mille hommes sous les ordres des lords Lincoln, Kildare et Lovel , et dont les vétérans de Martin Swartz faisaient la principale force, débarqua dans le comte de Lancastre et se dirigea sur Londres. Faiblement grossie sur la route, cette armée rencontra l’armée royale à Stocke, sous les ordres du comte d’Oxford : l’action fut vive et sanglante * : les Allemands périrent tous, les principaux chefs demeurèrent sur le champ de bataille : l’aventurier Simnel et le prêtre Symmons furent faits prisonniers et avouèrent leur imposture. Henri VII se montra clément; il donna, au prétendu Edouard VI, un emploi de marmiton dans ses cuisines et il le nomma ensuite son fauconnier. Tel fut le dénouement de cette entreprise, à peine croyable, si l’on ne savait que souvent la passion politique se nourrit de chimères et s’attache, à défaut de réalités, à des fantômes ou à des ombres 2.
A. Lord Lovel disparut apres la bataille, et ou ignora toujours ce qu'il Hait devenu.
2. Celle aventure <>t véritable quoique remplie 'Pin vraisemblances : |*o-