V II F. IV. CIIAPITUE I
Situation «li* l'Kuiopc à l'avénement «1i* la
niaiH>ii de iudor.
La situation de l'Europe, et en particulier celle de la France, attira ensuite l’attention du roi d’Angleterre. Les principaux états du continent arrivaient alors par degrés à ce point de grandeur où ils se sont maintenus sans altération très-grave durant près de trois siècles, et ils allaient commencer à former entre eux un système célèbre dans la politii|ue européenne, système encore aujourd’hui en vigueur et qui, ayant pour but d’empèclier qu'aucun des grands états de l’Europe ne prenne un accroissement qui mil les autres en péril, est connu dans l’histoire sous le nom de système d’équilibre. L’Espagne était devenue formidable depuis que Ferdinand le Catholique, roi d’Aragon, avait épousé Isabelle, reine de Castille , mariage dont le premier résultat fut la conquête de Grenade sur les Maures, et qui prépara l’union de l’héritière des royaumes espagnols avec la maison d’Autriche. Celle-ci, dans laquelle était le sceptre impérial tenu par Frédéric III, avait hérité de la plus grande partie des vastes possessions de la maison de Bourgogne par le mariage de son fds Maximilien, roi des Romains, avec la tille de Charles le Téméraire. Outre ses possessions héréditaires, la maison d’Autriche régissait les Pays-Bas, l’Artois et la Franche-Comté, mais elle n’avait pu soumettre encore le Hainaul et la Flandre, dont la lutte acharnée contre Maximilien était soutenue
piuion 11 plu* répandue est que les partisans dtitni coinlc de Wanvick, se réservaient de sc défaire de Simnel apres 1a victoire, s’ils l’avaient obtenue, et de couronner le prince au nom duquel il* avaient pris les armes et dont Simnel avait usurpé le nom. Edouard IMaiiiagenet, comte de Warwitk, n’était cependant pas l'héritier légitime de la maison d'York, et il ne pouvait invoquer un droit réel au trône aussi longtemps que la posté, ilé d’E louai d IN u était pas demie.
HENRI Ml. 261
l>ar la France. Ce dernier royaume, entre tous les états du continent, était celui dont l'accroissement avait été le (dus rapide. La plupart dis grands fiefs, comme la Normandie, la Champagne, l’Anjou, la Guyenne, la Provence et la Bourgogne, étaient maintenant réunis à la couronne : une grande partie de ces avantages étaient dns à Louis XI , à qui avait récemment succédé son fils, Charles VIII, sous la tutelle de sa sœur aînée, Anne de Beaujeu.
Le génie deson |>ère semblait revivre en cette princesse qui mit tous ses soins à préparer la réunionde la Bretagne ulors gouvernée de nom par le faible duc François II et de fait par son ministre insolent, l’aventurier Landais. La cour de Bretagne était alors le refuge du duc d’Orléans, qui avait disputé la régence à la dame de Beaujeu et des seigneurs mécontents qui avaient embrassé la cause de ce prince. La régente s’appuyait sur l’assistance que le duc François donnait ouvertement à la rébellion pour lui faire la guerre, et ne dissimulait point les prétentions de la couronne de France sur la Bretagne après la mort de son duc actuel, considérée comme prochaine. Dans cette extrémité, François II eut recours à Henri Vit et , lui rappelant le temps où il l’avait accueilli malheureux et proscrit, et l’assistance qu’il lui avait donnée pour monter sur le trône, il lui demanda son appui effectif contre la France. Henri VII offrit son intervention et négocia : retenu ou av euglé par l’avarice, il refusa de comprendre l’accroissement énorme de puissance qui résulterait pour ce royaume de l’annexion delà Bretagne à la couronne, et déclina le rôle d’allié pour accepter celui de médiateur. Il permit néanmoins qu’un frère de la
La lîrclajMic •mi*
M>n dernier duc,
Français 11.
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Suint - Aul'in du Cormier.
In'urrerlion tlaiif»
le nord.
reine douairière, lord Woodville, homme entreprenant et courageux, armât sous main et à ses frais, dans l’ile de Wight, un cor|is de quatre mille hommes qu’il conduisit en Bretagne et qui fut taillé en pièces à la bataille de Saint-Aubin du Cormier, perdue par les Bretons. Le duc d’Orléans, le prince d’Orange et les autres seigneurs français rebelles tombèrent, dans cette journée, au pouvoir de la régente, et toutes les forces de la Bretagne furent anéanties. Le duc François survécut peu à ce grand désastre. Il laissait une fille dont la main fut disputée par plusieurs princes : promise d’abord au sire d’Albret, elle fut accordée au roi des Bomains, Maximilien, dont le mariage fut célébré par procuration, niais ne fut point consommé.
Les prétentions de la France sur la Bretagne avaientété ouvertement reproduites à la mort de François 11 , et elles furent soutenues par une armée. Henri Vil alors ouvrit les yeux, il vit le danger qui pourrait résulter pour l’Angleterre de l’annexion d’un si grand fief à la couronne, il entendit les murmures de la nation qui lui demandait de mettre un frein à l’ambition et aux entreprises de la France et il obtint de son parlement un subside considérable pour y porter la guerre (1488). Ce subside, levé avec rigueur dans les comtés du nord, y excita une sédition; le peuple prit les armes, massacra le duc Norlhumberland, chargé de percevoir la taxe, et se souleva contre le roi même. Un faible corps de troupes, sous les ordres du comte de Surrey, vainquit la révolte dont le chef, sir Jean Egremond, trouva asile et protection sur le continent, comme tous les ennemis de Henri VH. auprès de la duchesse douairière de Bour-
UKMU VII.
gogne. Possesseur, par celle victoire et par le vole de son parlement, de sommes considérables, le roi n’cn employa qu’une légère partie à l'entreprise qu'elle avait |»our objet de défrayer : il n’otfrit à la jeune duchesse Anne de Bretagne qu'un faible corps de six mille hommes, pour dix mois seulement, et dont elle s’engagea sous les conditions les plus dures à lui rembourser toutes les dépenses. Ce secours insuffisant n’opposa aucune résistance sérieuse aux efforts de la France, et déjà Charles VIII songeait à préparer la réunion de la Bretagne à la couronne par une voie plus sûre que celle des armes, par son union avec la duchesse. Le mariage de celle-ci avec le roi des Romains, Maximilien, n'ayant pas été consommé, Charles VIII médita de le rompre à son profit, quoiqu’il se fût antérieurement engagé à épouser la fille de ce même Maximilien, la princesse Marguerite, qui, amenée en France, avait été déjà saluée du titre de reine, mais dont l’àge trop tendre avait fait ajourner le mariage. Elle apportait en dot à Charles VIII l'Artois et la Franche-Comté, mais Charles avait reconnu combien la possession de la Bretagne serait plus avantageuse au royaume que celle de ces deux provinces, et il appuya les négociations ouvertes pour cet objet d’une puissante année qui investit la ville de Rennes, résidence de la duchesse. Les propositions du roi, difficiles à accueillir et longtemps combattues,
• furent alors acceptées. Le mariage d’Anne de Bretagne avec Maximilien, conclu par procuration seulement, fut dissous, l’union projetée du roi Charles VIII avec la fille du roi des Romains fut également rompue: Charles renvoya la jeune princesse à son père: il épousa l’héritière
M VUE IV. CIIANTKE I.
Kéunioii de la Bretagne
la Krauce.
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de Bretagne (1491), et la réunion de ee \aste lief à la couronne, opérée plus étroitement sous le règne suivant, devint alors un fait accompli et irrévocable. Maximilien , trompé tout à la fois dans ses espérances et dans ses prétentions légitimes comme époux et comme père, ressentit profondément cette injure et déclara la guerre à Charles VIII. II obtint le concours de deux alliés puissants, du roi Ferdinand d’Aragon et du roi d’Angleterre, et Henri VII qui n’avait rien tenté de sérieux pour empêcher la réunion redoutée de la Bretagne à la France, essaya de la rompre ou de s’en venger lorsqu’il la vit à peu près accomplie.
La nécessité d’une guerre en des circonstances semblables fut le prétexte dont il se servit auprès des Anglais |>our en tirer de l’argent; ce qu’il lit d’une part en exigeant des dons gratuits ou benevolencef', et d’autre part en annonçant au parlement la résolution de passer en France avec une armée, à l’etfet de revendiquer son droit sur ce royaume et de le conquérir. Il obtint ainsi des subsides considérables et vit accourir sous ses drapeaux une nombreuse noblesse, pour laquelle une guerre en France était toujours populaire et qui s'imposait volontairement dans ce but d'énormes sacrifices. Henri VII
I. Ces prétendus dons gratuits, nommés bénévole nces , étaient violemment arrachés a la i-aliou et donnaient lieu I des abus odieux qui les firent abolir. Cette taxe, sous Henri VII, frappn principalement les commerçants et la ville de Londres. Personne ne pouvait se soustraire aut conséquences de riovincilde argument employé à cet effet par les commissaires de Taicbevêquc Morton, chancelier du rovaume. Oux qui vivaient avec faste étaient réputés ricins par ce fait même; ceux qui menaient une vie sobre et frugale avaient dû s'etnichir par l’ économie. Le dilemme fut appelé par les uns la fourche et par les autre» les bnfu'lUs du rluncdicr Mortel) (Hume).
HENRI VII
franchit le détroit, en octobre 1492, avec une armée de vingt-cinq mille hommes d’infanterie et de seize mille chevaux et investit aussitôt Boulogne; mais cette guerre n’était réellement, |»our les deux grands alliés de Maximilien, les rois d’Aragon et d'Angleterre, qu’une occasion d’accroître, l’un scs états, l’autre son trésor. Déjà Ferdinand négociait la paix, au moyen de la cession du Roussillon et de la Cerdagne, et Henri Vil promettait sous main d’abandonner l’entreprise, s’il obtenait de Charles VIII un dédommagement pécuniaire. Charles s’estima heureux d’obtenir à ce prix la paisible possession de la Bretagne et il signa avec Henri VII (3 novembre 1492), à Etaples, un traité par lequel il s’obligeait à lui payer sept cent quarante-cinq mille écus, soit comme remboursement des sommes avancées à la Bretagne, soit comme arrérages de la pension due à Edouard IV : il stipulait en outre une rente annuelle de vingt-cinq mille écus pour Henri et ses héritiers. Ainsi toutes ces menaces et tous ces immenses préparatifs de guerre s’en allèrent en fumée. Le roi d’Angleterre fit entrer dans ses coffres, avec l’or de la France, la plus grande partie des sommes qu’il avait obtenues pour la conquérir, et il gagna de la sorle, selon l’expression de son historien, sur ses sujets par la guerre et sur ses ennemis par la paix Henri VII fut sans doute aussi porté à conclure une paix si précipitée avec la France, par les nouvelles difficultés que lui suscita la duchesse douairière de Bourgogne, en créant un nouveau prétendant au trône, dans la personne d’un jeune avenlurier, nommé Perkins
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