B j co h, Vie de Henri Vit
2. Inc convention fui conclue * ccl effet entre Henri d'une part, John lord Hclhwcll et sir Thomas ToJdis d'autre part, lorsque l’encre du traité précédent n’était pas encore séchée. (Mai •Inlnsh, llhl. d’Antjl.)
HENRI VII
Yorablc aux Anglais et connu «fchns l'histoire sous le nom ô’inlercursiis tnagnus (1496) Il arracha encore de l’arçhiduc une autre promesse plus humiliante, et qui fut de livrer entre ses mains un infortuné neveu d’Edouard IV, Jean de la Pôle, comte de SufTolk, réfugié depuis longues années en Flandre. «Vous avez été sauvé sur mes côtes, lui dit-il, je compte que vous ne me ferez pas faire naufrage sur les Vôtres. — Que voulezvous dire? demanda Philippe, — J’entends parler, dit le roi, de ce misérable SufTolk qui a trouvé protection dans vos domaines. — Je vous croyais élevé par la fortune, répondit l’archiduc, au-dessus de semblables craintes : mais, si vous l’exigez, je le bannirai. — Les guêpes, reprit Henri, ne peuvent être mieux que dans leur guêpier : c’est quand elles <en sont dehors qu’elles font le plus de mal : li\ rez-le moi. — Mon honneur me le défend, dit Philip|>e, et le vôtre encore plus : on dirait que vous m’avoz traité en prisonnier. — S’il est
I. C« Irjilé entre l’Angleterre et le» Fays-IlM «fl un événement iinporianl dans l’histoire. Les deux puissances, dit Macintosh, y stipulèrent une libellé réciproque de porter toute espèce de marchandise dans les ports l’un de l'autre, et de pécher mutuellement sur leurs côtes : elles convinrent de se protéger réciproquement contre les pirates. L’infâme pratique de piller les navires échoués fut interdite : les privilèges des commerçants d’une nation furent garantis sur le territoire de l'autre : on défendit, dans chacun des deux pays, l’importation de marchandises venant de coutrées ennemies. Quelquesuns des articles de ce traité adoucisseut les excès de la guerre et indiquent sinon un véritsble sentiment de la justice, du moins des idées d’intérêt commun qui conduisent h des principes plus élevés. Nul autre traité n’avait jusqu’alors mieux démontré que l’Europe, malgré le» progrès du machiavélisme dans les rapports personnels des princes, commençait à reconnaître une réciprocité de droits et de devoirs entre les Etats et a respecter un code de règles et d’usages aussi obligatoire moralement pour les nations que les maximes ordinaires des devoirs privés le sont pour les particuliers. ( Nist . d'Angl.t I. tli.)
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Avarice «lu roi.
Exactions h mil eu 'o.
ainsi, repartit le roi, l’affaire est arrangée, je prendrai sur moi toute la honte et votre honneur sera en sûreté » L'archiduc comprit, par cette réponse, qu’il demeurerait prisonnier jusqu'à ce qu’il eût donné le gage demandé : il livra donc l’infortuné Suffolk, après avoir fait promettre au roi qu'il le laisserait vivre. Henri Vil tint cette promesse pendant le peu d'années qu’il régna encore; mais la vie l'abandonna avant sa liaine contre la maison d’York , et parmi les injonctions qu’il laissa en mourant à son fils, était celle de commettre ce meurtre odieux 2.
l'ne autre passion, l'avarice, dominait son âme. Les trésors qu’il avait amassés, et qu'il tenait en grande partie sous clef dans des endroits secrets à Richmond, s’élevaient, dit-on, à près de 1,800,000 livres sterling*, somme presque fabuleuse pour le temps, qui équivaudrait à 16,000,000 de nos jours 4. Le roi établit, pour grossir ainsi démesurément son épargne, le plus odieux système d’exactions; et le peuple, dit Bacon, à qui la nature, pour la conservation des monarchies, inspire le désir d’absoudre les princes, quoique ce puisse être en accusant injustement leurs conseillers, attribua cc système au cardinal Morton et à sir Reginald Brav, ses conseillers"', qui, tout en servant ses penchants, tentèrent de les modérer. Ils eurent pour successeurs deux misérables, Empson et Dudley, qui n’obtinrent la faveur du