‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 110 sur 224 · I. Hallom, llitt. conttil. d'Angl., c. vil · texte numérisé non relu

I. Hallom, llitt. conttil. d'Angl., c. vil

Chambre

dloiléc.

Voyage* de C» loin b.

Découverte du

nouveau

monde.

Autres voyages cl dCcouvrrlea

terre ferme «lu nouveau continent. Vers le même temps, le portugais Vasco de Gama doubla le cap de Bonne- Espérance et ouvrit un nouveau passage aux Indes- Orientales. Ces grands événements eurent les eonséipiences les plus importantes pour toutes les nations de l’Europe : partout l’impulsion qu’ils donnèrent au commerce et à la navigation se communiqua à l’industrie et aux arts : les classes moyennes ou bourgeoises se créèrent des richesses d’une nature nouvelle qui les aidèrent à conquérir une part dans la possession du sol. L'importance de la propriété mobilière s’accrut ainsi rapidement, et arriva par degrés à balancer celle de la propriété foncière, sur laquelle le système féodal avait assis la société au moyen âge.

Beaucoup de changements s’introduisirent à celte époque dans le monde à la suite d’autres grandes découvertes. L’usage de la poudre à canon, devenu général au \ve siècle, priva la noblesse de l’immense supériorité que lui donnaient, dans les combats, les armes usitées jusqu'alors. Elle perdit de son importance politique , et ses forces militaires, irrégulièrement convoquées et tenues passagèrement sous les drapeaux, firent place aux armées permanentes, dont l’intluence fut si considérable sur les destinées de la société européenne. Ces grands changements furent accompagnés d’une révolution plus profonde : celle-ci , puissamment aidée par la découverte de l’imprimerie, fut la réforme religieuse ; elle s’annonça en Allemagne dans la première partie du xvi' siècle, et elle changea la face de l’Europe.

HENRI VIII

Première partie du règne de Henri VIH, jusqu’à ta mort du cardinal Wolsey.

Henri VIII monta sur le trône le 20 avril 1509 : il avait alors dix-huit ans; et six semaines environ après la mort de son père, il accomplit son mariage avec la veuve de son frère Arthur, Catherine d’Aragon, à laquelle il avait été longtemps fiancé. Il réunissait en sa personne les droits des deux maisons d’York et de Lancastre, et il eut ce remarquable avantage sur les rois ses prédécesseurs, qu’il fut le premier, depuis un siècle, dont les titres à la couronne n’eussent point été contestés. 11 donna des espérances aux gens de bien dans les premières années de son règne, et rien ne fit pressentir alors le3 horreurs qui en marquèrent la suite : on en peut juger parle portrait remarquable qu’a tracé du prince un ministre de Venise à Londres, lorsque Henri avait à peine vingt-neuf ans. « Ce monarque, dit-il, est j>arfaitement bien fait, et fort au-dessus, à cet égard, de tout autre prince chrétien... 11 est excellent musicien et compositeur, cavalier et lutteur admirable, et il connaît assez bien les langues latine, française et espagnole. Les jours où il va à la chasse il entend trois messes; les autres jours il en entend jusqu’à cinq Il est extraordinairement pas-

sionné pour l’exercice de la chasse , et ne s’y livre jamais sans fatiguer huit ou dix chevaux. Affable et débonnaire, il n’offense personne. Il dit souvent : « Je voudrais que chacun pût se contenter de sa condition:

Avènement

de

Henri VIH.

LIN Ht IV. CIIAmitk I.

Affaires du continent, fluerres d'Italie.

Lifjue

de Catnbtai.

nous nous contentons de nos îles.» 11 possède de grandes richesses, et désire beaucoup maintenir la paix1. » Toutefois, les observateurs attentifs découvraient déjà, dans son caractère , les germes d'un orgueil excessif, d’un effrayant égoïsme , et de celle opiniâtreté singulière qui a fait dire de lui : « Plutôt que de renoncer à la moindre partie de ce qu’il désire , il mettra la moitié de son royaume en danger : prenez donc bien garde à ce que vous lui mettrez dans l’esprit, car rien ne l'en pourra faire sortir2. » Henri était destiné à faire connaître à quel degré dans le crime peut descendre un homme, doué d’ailleurs des dons de l’intelligence et de qualités brillantes, lorsqu’il a secoué tous les freins et n’écoute plus d’autre loi que le caprice ou la passion.

Les guerres d’Italie occupaient l’Europe à l’avéneinent de Henri Vlll; elles étaient le premier grand événement auquel tous les chrétiens eussent pris part depuis les croisades. Louis XU régnait en France : il s’était laissé éblouir, comine son prédécesseur Charles VIH, par l’espoir de conquérir une part de l'Italie, qu’on appelait alors : « le tombeau des Français; » et afin que ses prétentions à cet égard ne fussent ignorées de personne, il avait pris, en montant sur le trône, les titres de roi de France, de Jérusalem, des Dcux-Siciles et de duc de Milan. Il était entré, contre Venise, avec l’empereur Maximilien et le roi d'Espagne, dans la ligue de Cambrai, formée par le pape Jules 11, pontife ambitieux, aussi guerrier que politique, et jaloux de I’agran-

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