‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 114 sur 224 · I. IV lit IV. CHAHITKt I · texte numérisé non relu

I. IV lit IV. CHAHITKt I

sailes, des causes nombreuses minèrent chaque jour son autorité, tandis qu'à côté d’elle grandissait une puissance rivale. Les disputes théologiques, soulevées par le grand schisme d’Occident, provoquèrent parmi les fidèles les progrès de l’esprit d'examen, et le concile de Constance, en reconnaissant aux conciles généraux le pouvoir de déposer les papes, porta une atteinte profonde à la foi qu’avait eue jusqu’alors le monde catholique en l’infaillihililé du siège de Rome. Déjà le clergé lui -même n'était plus respecté comme l'unique dispensateur des lumières : la chute de Constantinople avait dispersé les écrits de l'antiquité dans toute l'Europe; les expéditions d’Italie venaient d’initier les Français, les Allemands et les Espagnols, à une civilisation plus avancée, à la connaissance des chefsd’œuvre de Raphaël et de Michel-Ange, et des trésors d’une littérature créée par Boccace, le Dante et Pétrarque, et qu’avaient récemment enrichie Machiavel et l’Arioste : l’admiration excitée par la littérature ancienne et par celle de l'Italie, inspira le goût des études philologiques; l’imprimerie enfin, nouvellement inventée, seconda puissamment les travaux d’investigation, de recherche et d’examen, et répandit avec une rapidité inouïe les opinions nouvelles. On vit, à cette époque, et presque sans interruption, le trône de Rome occupé par une suite de pontifes dont l’esprit était le moins conforme à celui du christianisme. Après Alexandre VI parut Jules II, pape guerrier, dont l’orgueil ambitieux versa des flots de sang : le magnifique et frivole Léon X, vint ensuite et ajouta aux afflictions de l’Eglise. Cependant, de hardis réformateurs, Wiclifle en

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Angleterre, Jean Huss et Jérôme de Prague en Allemagne, avaient reproduit les principales doctrines des Vaudois , et l’horreur excitée par le bûcher de Jean Huss, préparait la voie à des réformateurs nouveaux, lorsque commença l'odieux trafic des indulgences. La construction des magnifiques monuments de Léon X, et surtout de l’église de Saint-Pierre, à Rome, exigeait des sommes immenses : le pape pour les obtenir vendit les indulgences de l’Eglise aux fidèles1; des moines parcoururent l’Europe et en trafiquèrent

I. Os indulgences, dans lo principe, u’étaicnl , comme on l’a cru Irop généra lement , ni la rémission des peines du purgatoire encourues par les pécheurs apres leur mort, ni la permission pour les virants de pécher moyennant un rachat pécuniaire: elles »*élaient que 1a rémission de la pénitence canonique pour ceux qui avaient confessé leurs péchés avec contrition, c'est-àdire, l'exemption des peines temporelles, quelquefois très-sévères, infligées par l'Église aux pécheurs, peines qui souvent consistaient en aumônes ou en outres œuvres de charité, et qu'il était permis à l'Église do convertir, soit en services tendus ou en fatigues endurées pour sa cause, comme au temps Je» croisades, soit en dons pécuniaires pour ses besoins. En principe donc, et dans l'origine, les indulgences n’élaicnl strictement contraires ni à la morale, ni au droit, mais, dans (a pratique et dans la suite des temps, leur octroi à prix d'argent dégénéra en abus très-dangereux et fut accompagné d'effrayants scandales. D'une part, les sommes obtenues par ce moyen étaient Irop souvent détournées de leur destination pour l’usage particulier de ceux qui autorisaient U prédication des indulgences ; leur vente, d’autre part, était confiée à des hommes grossiers et ignorants, qui mettaient leur amour-propre a grossir leur caisse sans s'inquiéter des moyens ; ils avaient recours dans cc but aux arguments les plus odieux et les plus immoraux et ils montraient comme attachée aux indulgence, que l'Église offrait par leur entremise aux fidèles, non-seulemeut la rémis«ion des peines canoniques ou temporelles pour les péchés commis, mais en outre la rémission des peines du purgatoire pour les péchés à venir (a). C'est contre des abus si énormes que Luther s'éleva.

(j) H« indulgrntiit lie loijerkinlor, ut net iJiotc ferre pununl .. H*e opinor uinvrrunt ammum t.iilhrri, ut primiim tOilcrct »c qu>>rum<lam iutolrrabili impu Irolia? «tpponrre. [Frutm. £>rjr. aJ Ali. mtig. mrthiep Citation du docteur l-iujja dj.

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