‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 122 sur 224 · LIVRE IV. OlAFIIRF. I · texte numérisé non relu

LIVRE IV. OlAFIIRF. I

rilé; mais alors, et, quelque modification que le temps et d’autres causeseussent apportée aux tendances religieuses des esprits, il était difficile de croire aux convictions de Henri VIII. Aucun prince n’était moins propre adonner confiance dans ta pureté des motifs qu'il apportait à l'œuvre d’une révolution religieuse; et quoique son impitoyable rigueur domptât sur-le-champ tonte résistance faible ou équivoque, il est étrange qu’il n’ait pas eu à lutter contre un plus grand nombre d’âmes héroïques, affermies dans leur foi, et à l 'épreuve des séductions comme des menaces.

Il s’en présenta cependant pour l’honneur du royaume, et les flammes des bûchers comme le sang des échafauds marquèrent la voie nouvelle où Henri s’engageait. La première personne qui souffrit pour ses convictions fut une femme nommée Elisabeth Barton , connue, sous le nom de la sainte fille de Kent, par sa foi ardente, et qui passait à ses propres yeux comme à ceux du vulgaire pour douée du don des visions surnaturelles et des miracles : on l’accusa de s’être élevée contre les droits du roi, et de l’avoir menacé de la colère du Tout-Puissant s'il procédait à un second mariage et se séparait du saint-siège. Déclarée, ainsi que ses adhérents, coupable de haut** • trahison, Elisabeth Barton fut avec eux condamnée et mise à mort. Un arrêt aussi rigoureux frappa quelques pieux ecclésiastiques, au nombre desquels étaient les prieurs et quelques moines «les trois chartreuses de Londres . qui avaient refusé de reconnaître la suprématie spirituelle du monarque. Poursuivis et interrogés par son ministre, Thomas Cromwell, ils furent tous déclarés cou-

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pnbles par un jury épouvanté, et subirent a Tyburn l'horrible peine des traîtres. L’impitoyable Henri VIII lit rendre ensuite, et pour la même cause, un bill d’attainder contre le vénérable prélat Fisher, célèbre par son savoir et par ses vertus. Le pape l’anl 111, successeur de Clément Vil, espéra, en l'élevant davantage, le mettre au-dessus des atteintes du monarque irrité, et le créa cardinal : mais Henri vit dans cette promotion un déti jeté par le pontife à l’exercice de son autorité souveraine. Le pape, dit-il, pouvait envoyer le chapeau de cardinal, mais Fisher n'aurait plus de tête pour le supplie» porter, et il la lit tomber sous le fer du bourreau. duF“|ij,1"*1 Le sang d’une autre victime, plus illustre encore, s’il

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est possible, appela sur Henri VIII la malédiction de tous les cœurs vertueux, et voua son nom à un opprobre éternel. 11 serait difficile, dit Mac-lntosh ', de trouver dans l’histoire, jusqu’au xvT siècle, un homme plus digne que sir Thomas More d’être comparé à Bocce par l’alliance si rare de la vertu, du génies de la science et d’une philosophie douce qu'il savait appliquer avec un rare mérite aux lois et aux affaires. Il fut, dit le même auteur, le premier Anglais qui se distingua comme orateur, le premier écrivain en prose de cette époque qui soit encore intelligible aujourd’hui , et probablement aussi le premier laïque qui ait été chancelier d’Angleterre. Ennemi des persécutions '■*, mais catholique zélé, il avait prévu que le divorce conduirait Henri VIH à une

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