I . Hut. d' Angle
2. C« fuit a éld éclairci par lord Campbell [i)t qui a supérieurement léfuié toutes les ulljques auxquelles l'illustre chancelier a élé •« bull* sur ce point.
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rupture avec Rome, et pour éviter d’y concourir, il s’était (ternis, l'année précédente, de sa charge de chancelier : plus lard il s’attira le ressentiment d’Anne Boleyn, en refusant de donner une approbation tacite à son mariage par sa présence, et il fut exposé par ce fait seul à plusieurs épreuves dont il sortit victorieux à sa gloire. Mais lorsque le roi eut enfin rompu toutes les digues et se fut déclaré le chef de l’Eglise, More refusa de prêter le serment touchant la suprématie spirituelle du monarque, et de se prononcer sur la légalité du divorce. Le roi furieux le fit enfermer à la Tour, et ordonna d'instruire son procès. Traduit en jugement l’année suivante, devant la cour présidée par le nouveau chancelier, lord Audlev, son successeur, il fut accuse de haute trahison d’après l’acte monstrueux du parlement, qui déclarait punissable de mort toute action de nature à préjudicier aux droits des enfants de Henri VIII et d’Anne comme héritiers du trône. More consentit néanmoins à prêter le serment pour la succession au trône, mais il refusa d’adhérer au préambule qui impliquait le refus d’ohéissanceau pn|»e considéré comme autorité spirituelle. Accablé par une déposition calomnieuse du procureur général Kich, et contraint à s’expliquer devant ses juges sur la question du divorce de Henri VIII, il déclara qu’après avoir examiné la question durant sept années, le mariage du roi avec Catherine n’avait point cessé de lui paraître valide. « Prétendez-vous donc, lui demanda le chancelier, être plus savant à vous seul et avoir la conscience plus pure que tous les évêques, les docteurs, les nobles et lescommunes de ce pays? — Pour un évêque qui estde volrecôté, répondit More , je puis produire du mien
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cent véritables évêques catholiques, et à un royaume je puis opposer le consentement unanime île toute la chrétienté pétulant mille ans. » More fut condamné à Condamnation subir le supplice des traîtres : le roi commua sa peine H “j0pl‘c® en celle de la décapitation , et l’inique sentence fut ’ "'c£înce,‘,r exécutée le 7 juillet de l’année 1535. Ses derniers mo- m««*.
rnents furent adoucis par l'inexprimable tendresse de (1535)
sa fille chérie, Marguerite Roper, dont Erasme a dit qu’elle fut, par sa science, son génie et sa beauté, l’ornement de la Grande-Bretagne 1 , et il conserva jusqu'à la tin cette douce tranquillité d'une âme pure, bienveillante, naturellement enjouée, et toujours maîtresse d’elle-même.
Il s’éleva dans toute l’Europe contre Henri VIII, après le supplice de sir Thomas More, uy cri général d’indignation et d’horreur. Paul Jove, historien italien, compara la tyrannie de Henri à cette cruauté fabuleuse personnifiée dans les légendes. L’empereur Charles Quint dit à l’ambassadeur d’Angleterre : « Si j’avais eu un serviteur semblable à celui que le roi votre maître a fait mettre à mort, j’aurais plus volontiers perdu la meilleure ville de mes états qu’un pareil conseiller2. » Mais quelque in dignntion qu’ait soulevée la mort de l’illustre et vertueux chancelier sir Thomas More, Henri VIH excita plus d’horreur encore en souillant ses mains d’un autre sang, et se surpassa lui-même en barbarie lorsque, lassé des charmes qui l’avaient tant séduit, il traîna sur l’échafaud la jeune Anne Boleyn , sa femme infortu-