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née. Si celte princesse, digne, malgré ses fautes, d’une éternelle pitié , fut complice des procédés cruels de Henri VIII envers sa première femme, et causa sa disgrâce autrement que par sa ravissante beauté, jamais torls graves ne furent expiés par un plus douloureux retour de la fortune, qui parut se plaire à l'accabler par les moyens mêmes qui avaient aidé- a son élévation, et Catherine d'Aragon fut trop vengée. Cette princesse décime, mais d’une âme toujours royale, avait achevé ses jours, solitaire el minée par la douleur, dans son obscure résidence de Kimbolton, dépouillée de tout l'appareil de la grandeur humaine, privée aussi de la compagnie de sa fdle Marie, que l'inflexible Henri VIII refusa, jusqu’à sa dernière heure, à ses instantes prières. Se sentant mourir, elle écrivit au roi une lettre touchante, cherchant à l'émouvoir pour leur unique enfant, sollicitant ses bontés pour ses femmes et ses serviteurs. Elle était morte ainsi, chrétienne, et résignée, mais en reine, sans jamais perdre la mémoire de ce qu’elle devait aux droits de sa fille, à sa propre naissance et à sa dignité Quelques mois a peine s’étaient écoulés depuis sa mort, lorsqne la destinée accabla sa rivale jusque-là triomphante
t. Quelques paroles que Shakespeare met dans la bouche de Catherin# d?Ara{»on sur le point d’expirer, nous la rclraccnt avec une vériw* parfaite :
When I a ni doad
Cet me bc usMwith hottor; slrcw inc over Wiib maidon floweis, tbat ail ihc World may knov* wat a chaste wife to my grave : cmhalm me,
The» lay me fortli : allhougli unquccn’d. yet liko A queen, and dnn|t|ticr (n a king, inter nie.
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Il ENHI VIII.
par les mêmes moyens qui avaient aidé à son élévation. Le roi distingua dans la suite d’Anne Boleyn, une jeune et noble demoiselle, d’une beauté accomplie, Jeanne Seymour, et s’éprit soudain d’un violent amour pour elle. Anne cependant, après lui avoir donné une fille, destinée, sous le nom d’Elisabeth, à la plus haute célébrité, était devenue enceinte une seconde fois: mais pressentant sa disgrâce par les nouveaux procédés du roi à son égard, l’effroi qu’elle en conçut la fit avorter, et elle mit au inonde avant terme un enfant mâle qui ne vécut pas. Le roi, trompé dans son ardent espoir d’obtenir un héritier, reprocha en termes violents à la malheureuse mère cette perte si cruelle pour elle-même, et qu’il aurait dû imputer à ses propres emportements. Sa mort était arrêtée d’avance dans le cœur féroce de son époux, qui ne cherchait plus qu’un prétexte, et qui recueillit avidement les noms de ceux que la haine et la calomnie donnaient pour amants à la reine. Celle-ci, aux joutes de Greenwich, ayant laissé tomber un mouchoir qui lui fut, dit-on, rendu avec une démonstration passionnée par un gentilhomme appelé Henri Norris, le roi sortit tout à coup des lices en fureur : il ordonna qu’elle fût enfermée dans son appartement, et fit jeter, dans les cachots de la Tour, Norris et trois autres, qu’il accusajt d’avoir eu part, comme lui, aux faveurs de leur souveraine. Anne elle-même fut menée de Greenwich à la J Tour le lendemain. Tombant à genoux devant la porte de celte forteresse : « 0 mon Dieu, s’écria-t-elle, sccourez-moi , vous qui savez que je suis innocente du crime dont on m’accuse! » Conduite dans l’appartement qu’elle avait occupé lors de son couronnement,