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comte d’Arran, régent du royaume, homme faible et irrésolu, et qui inclinait an protestantisme. Ce culte faisait, parmi les Ecossais, et surtout dans les classes inférieures, de continuels progrès à la voix du célèbre prédicateur, Jean Knox, mais l’ancienne religion dominait encore dans les rangs élevés de la nation, et nous avons vu que la guerre barbare que Henri VIH avait faite en Ecosse, contribua tout ensemble à fortifier dans ce pays la haine contre l’Angleterre, et à y ralentir le succès des réformateurs.
Le protecteur Somerset continua vis - à - vis de l’Ecosse la politique de Henri VIII. 11 fil de nouveau demander la jeune reine en mariage pour Edouard VI. en faisant valoir les immenses avantages de l’union des deux couronnes, dans une contrée que la nature semblait avoir destinée à ne faire qu'un seul et puissant état. Sa demande fut rejetée comine l’avait été auparavant celle de Henri VIII, et, connue lui, Somerset, après avoir vanté aux Ecossais tous les avantages de 1’union des deux |»ays, .voulut leur faire sentir tous les maux atlachés à leur séparation. Une armée puissante, soutenue par une Hotte nombreuse et commandée par le protecteur en personne, envahit l’Ecosse à l’est, du côté de Bervvick. Les Ecossais rassemblèrent une année deux fois plus considérable par le nombre, mais atl’aiblie comme toujours par l’absence de discipline cl d’unité. Ils prirent une forte position en face des Anglais, derrière la rivière de l’Esk, à six milles env iron d’Edimbourg et à peu de distance du manoir de l’inkev, qui donna son nom a celte journée. Somerset, n osant attaquer les Ecossais dans celle |Misition avantageuse.
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leur fit des propositions pacifiques en se bornant à leur j demander rengagement de ne donner leur jeune reine à aucun prince étranger, jusqu’à ce quelle fût d’âge !' à prendre elle-même un époux. Les avances du protecteur furent rejetées ; les Ecossais y virent un signe de crainte, leur confiance s’en accrut, et quittant leur excellente position défensive, ils franchirent la rivière et coururent à l’ennemi : ce fut leur perte. Apres un premier choc heureux contre la cavalerie anglaise , commandée par lord Gray , Somerset fit avancer contre eux les redoutables archers d’Angleterre. Le désordre se mit alors dans leurs rangs, ils s’enfuirent de tous côtés, laissant deux mille des leurs sur le champ de bataille ou dans les mains du vainqueur. Les Anglais pénétrèrent jusqu'au cœur du pays, mais bientôt un corps d’armée français, sous les ordres de d’Essé, de Thermes et Stozzi , leur enleva une partie de leurs avantages, reprit sur eux des forteresses importantes et rendit confiance aux Ecossais. Leur animosité pour leurs voisins s’était accrue par suite de leur sanglante défaite à Pinkcv; loin de vouloir accorder leur reine à Edouard, ils ne songèrent qu’à la mettre à couvert contre toute tentative d’enlèvement et contre les chances délestées de toute union future entre elle et le fils de Henri VIII en la mariant au dauphin, fils aîné du roi Henri II, et en l’envoyant à la cour du monarque Mirie ?iu*n français, pour y recevoir une éducation digne de son CI1 franco, rang suprême. Cette circonstance amena en Ecosse le triomphe définitif du parti de la reine douairière,
Marie de Lorraine, sur le parti opposé*. Le régent se démit «le ses fonctions, après avoir reçu du roi de
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Nouvelles réformes dans le culle.
France le duché de Châlcllerault, et toute son autorité passa, ainsi »|ue le titre de régente, à la reine douairière, qui atteignit alors le but de son ambition. Le protestantisme cependant, prêché par le fameux Knox, continuait toujours à faire de grands progrès en Ecosse, et le triomphe momentané de la régente vouait ce royaume à tous les maux , résultat nécessaire d’une scission profonde entre la cour et la nation.
La victoire de Pinkey, dont le régent avait tiré peu d’avantages dans le royaume, lui en procura de grands en Angleterre, où elle consolida son pouvoir et lui valut de nouveaux honneurs1. Il montra néanmoins, dans les lois qu’il fit rendre, de la modération et de la sagesse. Toutes celles qui étendaient le crime de trahison au delà des cas énoncés dans le statut de la vingt-cinquième année du règne d’Edouard lit, furent annulées. On abolit aussi la loi de Henri VIII, destructive de toutes les lois et par laquelle les simples proclamations royales avaient la force et l’autorité des statuts ; toutefois l’usage contraire continua à prévaloir, et on ne fit point la distinction, si difficile à établir, entre les cas où il serait nécessaire de statuer par une loi émanée du roi et du parlement, et ceux où les simples édits de la couronne tiendraient lieu de lois.
De nouveaux statuts furent promulgués en faveur de la réformation religieuse. Les images et les tableaux des églises furent enlevés, on rédigea un nouvel office touchant la communion, dans lequel la confession auri-
I. Il lui fut permit de s’asseoir sous le dais du trône, a la droite du jeune roi.
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ciliaire fut traitée de |iruti<|iio indifférente; |ieu de temps après, l’invocation des saints fut défendue et le mariage des prêtres autorisé 1 ; on rédigea un nouveau rituel en langue vulgaire; l’uniformité de pratique fut prescrite ainsi que l’assistance au culte public sous des peines sévères. Une seule personne catholique obtint (tour la pratique du sien l’indulgence du conseil : ce fut la princesse Marie, fille de Henri VIII; l’empereur intervint à cet égard, et à sa requête, le conseil ferma les yeux. On conserva, dans de certaines limites, la pratique des mortifications et du jeune, et un acte du parlement défendit l’usage de la viande durant le carême et les autres temps d’abstinence. La doctrine de la présence réelle, quoique tacitement défendue dans la nouvelle liturgie, fut longtemps encore admise dans la pratique et ce fut la dernière que le peuple abandonna. Les prêtres, muets d’ailleurs, insistaient fréquemment encore sur l’observation de ce dogme , et l’évêque Donner, si tristement célèbre dans la suite et qui, sur tous les autres points, avait fait acte de soumission, maintint celui-ci et fut, pour ce fait, condamné par le conseil, dépouillé de son évêché et mis en prison. D’autres évêques s’abusèrent en croyant détourner d’eux le péril par une plus complète soumission. Leurs riches revenus étaient pour leurs adversaires un appât trop puissant; ne pouvant être accusés de désobéissance, ils le furent de n’avoir point obéi de bonne foi : les un» se virent entièrement dépouillés ; les autres gardèrent leurs évêchés et une partie de leurs revenus, mais en