LIVRE IV. CU AI'ITKK II
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supplice
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Somcifl.
situées au nord de l’Angleterre et dépendantes de ee duché: il n’était pas encore satisfait, il aspirait au titre de protecteur, et Somerset, quoique déchu de ce haut rang, étant à ses yeux un obstacle, sa mort fut résolue. Depuis longtemps Warwick la préparait, et les liens formés entre eux par le mariage de leurs enfants n’avaient été pour lui qu’un moyen de l’envelopper dans ses pièges et de le perdre en l’aveuglant. Instruit trop tard de ses nouveaux périls, Somerset essaya de se défendre; il artna sa maison et tenta même de frapper son puissant adversaire. Il fut, pour ce fait, accusé de trahison et enfermé à la Tour : son procès s’instruisit; vingt-sept juges y siégèrent comme jurés, et parmi eux ses trois plus mortels ennemis, Petnbroke, Soulhampton et Norlhumberland. A cette époque, une accusation politique intentée par le parti le plus fort équivalait à un arrêt mortel. Somerset fut condamné pour crime, non de trahison, mais de félonie, à la peine capitale, et sa tête tomba, le 22 janvier 1552, à la place même où était tombée, peu d’années auparavant, celle de son frère. Son administration, malgré ses fautes, avait été équitable et douce, et il s'était préoccupé du sort des malheureux : le peuple s’en souvint au dernier jour : il se montra reconnaissant lorsqu’il le vit accablé par ceux auxquels il attribuait ses propres souffrances, et lui donna des regrets. Somerset avait aussi gagné l’estime du jeune roi, qui l'aimait, et qui cependant se laissa arracher par ses ennemis l’ordre d’exécuter la sentence.
Les pairs donnèrent alors un nouvel exemple de l’abaissement où peut tomber à certaines époques une assemblée politique composée en grande partie d'hommes
EIHM.ARD VI.
nouveaux, sans tradition de famille, sans caractère et sans indépendance personnelle : non-seulement ils ne firent rien pour protéger les anciennes institutions de l’Etat, ;nais ils se montrèrent empressés d’abaltre toutes les barrières qui les protégeaient eux-mêmes contre les caprices du pouvoir. C’était eux surtout que menaçaient les bills d’attainder elles anciens statuts abrogés qui multipliaient les cas de trahison : les lords votèrent à l’unanimité moins une voix pour qu’ils fussent rétablis '; leur bill fut rejeté |>ar les communes, qui en préparèrent un autre moins redoutable, quoique très-menaçant encore, et qui infligeait la peine de la trahison à quiconque, pour la troisième fois, aurait traité verbalement d’hérétique, de schismatique ou d’usurpateur, le roi ou quelques-uns de ses héritiers désignés dans le statut de la trente-cinquième année du dernier règne. Si cette offense avait été fixée par l’écriture ou reproduite par l’impression, le coupable, dès la première fois, était puni de mort. les communes demandèrent et obtinrent que la conviction ne fût établie que sur la déposition de deux témoins1 2 3; les lords hésitèrent cejiendanl à accepter cette clause, et l'on vit ainsi îles législateurs renoncer en quelque sorle pour eüx-mèmes à la protection des lois.
Le parlement fit néanmoins, à cette époque, quelques statuts d’utilité publique : il s'occupa des pauvres, qui ne trouvaient plus maintenant leur subsistance dans les aumônes des monastères; il fallut faire contribuer une