I. Sial . 5r cl fir nnn. <t’ Edouard VI, c. Il
i nm vin* vi.
trame <|iii devait l'aider à y parvenir et le perdre.
l e jeune roi languissait atleiul au poumon d'un mal incurable, et Norlhuinherland voyait avec effroi approcher, avec le terme de la vie d’Edouard, celui de son propre pouvoir. Son audace ne connaissait point d'obstacles, et il conçut le projet téméraire de changer l’ordre de la succession au trône. Les deux sœurs du roi, les princesses Marie et Elisabeth, avaient été déclarées illégitimes par des actes du parlement ; et <|Uoi(|ue le testament de Henri Vlll les eût rappelées a succéder à la couronne, Northumberland soutint que l’Angleterre rejetterait celte clause et n’accepterait point pour reine une bâtarde. Il alarma le jeune roi sur le maintien de la religion protestante en Angleterre si une catholique ardente comme la princesse .Marie, fille de Catherine d’Aragon, montait sur le trône: il lui fit comprendre que celle-ci n'en pourrait être exclue, à moins que sa sœur Elisabeth, zélée protestante, et qu'Edonard aimait tendrement, le fût aussi, et qu’entin, la reine d'Ecosse, par sa qualité d’étrangère, et aussi par son mariage avec l’héritier du trône de France, avait perdu ses droits à la couronne d'Angleterre. Ces trois princesses étant écartées, la succession se trouvait dévolue à la marquise île Dorset, fille aînée de la reine douairière de France et du duc de Sull'olk, et après elle a sa fille Jeanne Gray, âgée de dix-sept ans, digne du trône à tous égards par les heureux dons du caractère, d’une intelligence supérieure et d’une éducation accomplie, et fort attachée à la religion protestante
I. • Kilo Hun ihS*, .lit le «hclcur ll.ylm, avec ce» alliait* supérieur* qui
Con pi rat ii u île N'«twiil, duc d«* NortlinmluTliiid, pour
traii'incllrc
la
couronne
J.anne Gray.
Celle' dernière considération, plus qu'aucune autre, fut puissante sur l’esprit du jeune roi, et Warwick, le voyant à peu près résolu, poursuivit avec une dissimulation profonde et une opiniâtreté inflexible ses projets ambitieux. Le titre de duc de SufTolk, si fameux dans l'Iiisloire, se trouvait éteint : le roi, à la prière de Warwick, conféra ce titre éclatant au marquis de Dorsel, père de Jeanne Gray, et pour prix de celle faveur, Warwick obtint de lui la main de sa fille pour son quatrième fils, lord Guilford de Dudley. Celle alliance, en admettant le succès de sa trame pour la succession à la couronne, était le dernier degré qu’un sujet pût franchir : si lady Gray montait sur le trône, le fils de Warwick y siégerait à côté d’elle, et lui-même gouvernerait sous son nom.
Il paraissait difficile d’obtenir un vote du parlement en faveur de Jeanne Gray, et quoique les deux cliain-
impiimcnl une sorte de souveraineté sur le fronl de* plus belle* personne*; mai* *011 esprit Hait orné de don* encore plu* ncellrnl), cl clic avait beaucoup ajouté cl le- n»ème a U valeur de ceux <|u’clle tenait do la nature. \ ce! âge rii le* jeunes rciumcs ne s'occupent que de* amusements cl de* exercices de leur sexe, clic s'oppliqua en lit remcnl a l’élude, et die y fit tant de progrès avec l’aide d’un excellent maître, qu'elle parlait le latin et le grec aussi couramment que sa langue naturelle : elle était, en outre, trés-versec dan* les ait» libéraux, et parfaitement instruite dan* le* divers genre* de philosophie. » Ce témoignage est coufnmé pur edui que nou* a trans-
mis un autre contemporain : « Je visitai un jour, k Broad-Galc, celle noble daine, Jane Gray, dit Aschatn dans l'un de scs ouvrage»; «I taudis que ses parmi* le duc et la duchesse, et toutes les personnes de leur maison et de leur suite, étaient a chasser dans le parc, je la trouvai lisant le Phidon de Platon en grec avec autant de plaisir que tout autre en aurait eu h lire un conte joyeux de Boccacc. * Jeanne Gray sc rendit chère par ses rares connaissances comme par son zèle ardent pour la religion réformée, au jeune roi Kdouard (lui-méme fort instruit), et qui prenait un grand plaisir a s'entretenir avec elle. (Collection des lrai:é* recueillis par lord Somcrs, t. 1er, p. 51-52.)
EOOl'ARD VI.
bres n’eussent en apparence «l’autre volonté «|ue celle du souverain, Warwick ne comptait point sur leur concours. 11 obtint, de force ou de gré, l’aveu des membres du conseil, au nombre desquels était le primat Cranmcr: il voulut fortifier leur vote par une décision favorable des juges du royaume, et il arracha de ceux-ci, par ses menaces, un assentiment pénible et la promesse du secret. Des lettres-patentes furent alors dressées au nom du roi, par lesquelles les deux princesses Marie et Elisabeth furent exclues du trône, où, à leur place, on appela les héritiers de la duchesse douairière de Suflulk Ces lettres furent signées par tous les membres du conseil, ainsi «pie par les juges, et le roi les revêtit de son sceau
Le mal «pii le consumait avait fait de rapides progrès, et bientôt après il expira à Greenwich, dans la seizième année de son âge et la septième de son règne. Les historiens sont d’accord sur les mérites de ce jeune prince, qui unissait à d'heureux penchants un esprit supérieur à son âge. 11 était trop faible cependant pour se soustraire aux influences pernicieuses de ceux «|ui avaient accès auprès de lui; mais la haine profonde que Warwick avait provoquée par sa tyrannie ne remonta pas jus«|u’à Edouard, dont les qualités aimables avaient fait concevoir au peuple anglais de grandes espérances, et qui mourut trop tôt pour les démentir.
Sa mort laissa Warwick maître absolu dans l’Etat : il la tint secrète, et, supposant un ordre du roi, il manda en son nom ses deux sœurs à Londres afin de s’assurer de leur personne et de rendre de leur part toute résistance impossible. La mort «l’Edouard ne fut révélée <|u’au nouveau duc de Suffolk et à sa famille, et lady
Mort
d'EJotiard N|.
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