‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 156 sur 224 · I. Üurnel, il, ji. 3f»3. — Hcylin, p. 7D · texte numérisé non relu

I. Üurnel, il, ji. 3f»3. — Hcylin, p. 7D

MARIE

étail complète, hormis sur un seul point : les biens ecclésiastiques n’avaient pas été rendus au clergé, et maintenant que la nation était muette et semblait comprimée par la terreur, le moment de les restituer paraissait venu. Le pape Jules 111 avait décidé que les nouveaux possesseurs de ces biens ne seraient pas inquiétés. Paul IV lui avait été donné pour successeur, et celui-ci, dans un temps difficile où une parfaite modération était le plus indispensable, avait apporté sur le trône pontifical les passions les plus dangereuses, un inflexible orgueil, une ambition sans limites et une violence téméraire. Ce fut lui qui reçut l’ambassade solennelle chargée de présenter au saint-siège la soumission de l’Angleterre, et il fit voir tould’abord, au sujetdu titre de reine d’Irlande que Marie ajoutait aux siens, ses prétentions absolues et son humeur intraitable. « Le droit d’ériger de nouveaux royaumes, disait-il, ou d’abolir les anciens, n’appartenait qu’au saint-siège, et pour sauver sa dignité sans irriter Marie, il déclara l’Irlande érigée en royaume de sa propre autorité, puis il reconnut à la reine le nouveau titre qu’à ses yeux elle avait usurpé Il exigea ensuite la restitution des biens d’Eglise sous peine de la damnation éternelle prononcée contre les infracteurs. La reine se soumit la première ; et quelques-uns de ses ministres ayant allégué que la couronne, ainsi dépouillée d’une partie de ses revenus, soutiendrait mal sa dignité, Marie répondit qu’elle perdrait plutôt dix royaumes comme l’Angleterre que son âme. La prudence de Gardiner eût apporté peutêtre quelques tempéraments à des mesures si précipi-

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