‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 165 sur 224 · Lettre de Tbrockiuoilou » Oeil · texte numérisé non relu

Lettre de Tbrockiuoilou » Oeil

Sa

délivrance.

L’espérance n’était pas encore ravie à la reine, un parti puissant, celui des Hamilton, lui demeurait fidèle et n’attendait qu’un moment favorable pour embrasser sa défense. Tout à coup le bruit de son évasiou se répandit : Marie Stuart , à l'aide de l’aîné des Douglas et d’un page , était parvenue à sortir de sa prison et à franchir le lac qui l’entourait de toutes parts. Elle s’élança, libre et joyeuse, sur un cheval préparé pour elle sur la rive opposée, et courut sans s’arrêter jusqu’au château des Hamilton, à quelques lieues de Glasgow; déclarant alors son abdication nulle comme arrachée par la violence, elle se vit en peu de jours à la tète d’une armée de six mille hommes accourus de toutes parts sous son étendard cl entourée d’une multitude de chefs repentants ou fidèles. Le régent Murray était alors presque seul et sans défiance à Glasgow : il y fit preuve de la plus froide habileté, gagnant du temps eu négociations avec la reine, et convoquant sous main les principaux chefs presbytériens et leurs partisans. Lorsqu’il eut ainsi réuni quatre mille hommes, il marcha rapidement au-devant de l’armée royale grossie chaque jour par de nouveaux renforts.

La reine désirait éviter une babille dont la perte devait la laisser sans ressource, et dont le gain l’aurait mise dans la dépendance absolue des Hamilton, déjà trop puissants et rendus plus irxigeants par la victoire. Elle se retirait sur Dumbarton, place réputée imprenable , où elle compbil s’ébblir , et déjà elle était parvenue à Langsidc sur la Clyde lorsqu’elle rencontra l’armée presbytérienne commandée par Murray,

ELISABETH

le laird de Grange, Hume et Morton. Celle-ci avait sur l’année royale l’avantage d’une position excellente : les Hamilton néanmoins, emportés par leur bouillant courage, voulurent combattre et leur déroule fut complète. L’infortunée reine, témoin de ce dernier revers, dirigea sa fuite vers le sud et fit seize milles au galop sans s’arrêter. Parvenue sur la frontière , au golfe de Solway , elle hésita, disent quelques historiens , entre un embarquement pour la France et son passage dans Je royaume voisin ; cependant il n’est pas prouvé qu’elle ait eu le choix, et qu’elle eut trouvé sur la côle un navire en état de mettre à la voile pour le continent. Elle exprima la volonté de chercher un asile à la cour de la reine d’Angleterre, qu’elle nommait sa bonne sœur. Ses amis intervinrent, et l’archevêque de Saint-André la conjura à genoux de changer de résolution. Mais la plus grande crainte de Marie Stuart était de tomber dans les mains de ceux qui la poursuivaient, et elle aima mieux, dit un ancien auteur, se confier à la mer et à la protection d’Elisabeth qu’à la foi de ses sujets '. Elle lui envoya un de ses secrétaires et écrivit au gouverneur de Carlisle; puis, sans attendre la réponse de la reine, elle traversa le golfe de Solway sur un bateau pêcheur, et débarqua, le IG mai 1568, en Angleterre avec une suite peu nombreuse, au port de Workinglon, d’où elle se rendit à Carlisle. Là elle chargea de nouvelles lettres pour Elisabeth lord Hcrrics, son ami constant et son plus fidèle conseiller; elle priait la reine d’Angleterre de l’admettre en sa présence et de l’aidera

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