Canulen, pari. I, Histor. EUsab. Angl. fUgin p
Bataille
de
LaiiP'iidt».
Fuite
«le
Marie Sluart en
Angleterre.
Knquèlo sur la mort de
Daruley.
repousser la rébellion et à remonter sur le trône. Elisabeth tint conseil : Cecil passa sous silence les motifs d’honneur et de justice qui faisaient un devoir à la reine d’accorder asile à Marie dans le royaume sans restreindre sa liberté ou de lui permettre d’en sortir sans lui causer aucun mal : il n’exposa que le motif religieux et politique et montra combien il importait au maintien de la religion protestante en Angleterre et de l’autorité encore mal affermie d’Elisabeth, que sa rivale catholique, héritière présomptive de la couronne, et qui déjà avait élevé des prétentions à son sceptre, ne fût ni envoyée en France, ni rétablie sur le trône en Ecosse, ni laissée libre en Angleterre' : un seul parti restait à prendre, celui de l’y retenir captiye et de la mettre ainsi hors d’état d’intriguer et de nuire.
Ce parti qui conciliait, du moins en apparence, la politique d’Elisabeth avec ses vœux secrets, fut celui qu’elle adopta : elle refusa donc de voir la reine d’Ecosse jusqu’à ce qu’elle se fût justifiée de toute participation au meurtre de Henri Darnley, son époux, et elle offrit de faire ouvrir sur ce point capital des débats publics devant une commission présidée par le duc de Norfolk dont Marie, après plusieurs refus , accepta l’arbitrage. Elle fut alors conduite avec honneur, quoique contre son gré, et sous escorte, dans l’intérieur du royaume, de Carliste à Bol ton.
4. Si in Galliam transmillerelur limebanluc cognali Guisii jus quo ilU anglicans fendicaral denub porwquerenlur, e\ quadam opinions illain mullum poste in Anglia, apud alios rcligionis nomme, apud alios proltabililale juris rl 9pud plcrosque insano reriint noTandarum studio. (Camden, ibid., 130.)
ÉLISABETH. U I
Elisabeth fit inviter le régent Murray et les chefs de son parti avenir à York, devant la commission nommée par elle, produire leurs allégations et leurs preuves contre leur souveraine et justifier aussi leur propre conduite envers elle. Murray vint accompagné du comte de Lennox, père de Darnley et de quelques-uns de ses principaux partisans. Des papiers de la plus haute importance, contenus dans une cassette d’argent, appartenant à Marie Stuart, et très-compromettants pour elle, étaient tombés au pouvoir de son frère : s’il les eût publiés, ils l’eussent déshonorée et perdue 1 : mais le régent Murray hésitait à avilir la mère de son jeune souverain : il la ménagea dans sa déclaration devant la commission d’Elisabeth et ne donna connaissance des écrits si dangereux pour sa sœur qu’au duc de Norfolk, président de la commission, et qui inclinait déjà pour l’infortunée reine. Instruite cependant de la direction inattendue donnée au procès par la conduite mesurée de Norfolk et du principal accusateur, et alarmée des symptômes menaçants d’une révolte des catholiques dans le nord, Elisabeth évoqua la cause à son propre tribunal , à Westminster, et après de longs débats et des révélations accablantes pour Marie, Elisabeth, satisfaite de l’avoir humiliée en établissant sa culpabilité par des preuves irréfutables, ajourna l’heure qui devait consommer sa ruine. Elle mit brusquement fin au procès et fit rendre par son conseil privé un arrêt équivoque qui, d'une part, déclarait insuffisants les témoignages produits par le régent Murray
4 Merie et «et défenseur! nièrent que cei papiers fussent de se nnin, nuis leur eullienficilè oc put être mise en doute. Voyox h ce sujet Hume, Mac-Intosh rl Vij’iiel.
Ciplmlé
de
Marie Stuart.
contre Marie, tandis que d’autre part il absolvait Murray |iour sa conduite envers elle. Elisabeth continua cependant à faire peser sur sa royale prisonnière l’inculpation du meurtre, s'autorisant, pour légitimer ses rigueurs, de ses soupçons, et surtout des mouvements insurrectionnels des catholiques anglais dans tes comtés du nord. Elle rendit pour ces causes la captivité de Marie Stuart plus étroite et la fit transférer dans le comté de Stafford, de Holton à Tulbury. Déjà cependant elle recueillait des fruits amers de sa politique froide et impitoyable. L’indignation que les excès d’une passion poussée jusqu’au délire avaient soulevée contre sa rivale, avait fait place, dans la conscience publique, à des sentiments très-différents. Les catholiques, qui attendaient de la succession de Marie Stuart au trône le rétablissement de leur culte, firent cause commune avec elle, et la reine Elisabeth, en la retenant prisonnière contre toute espèce de droit, fournil un motif légitime aux murmures et des prétextes à la révolte : les longues souffrances de Marie Stuart , le prestige du rang d’où elle était tombée, l’éclat d’une beauté incomparable désormais vouée aux larmes, la pitié enfin, tout contribuait à épaissir le voile qui couvrait encore ses anciens égarements : les catholiques de la Grande-Bretagne et du continent ne virent plus en elle qu’une reine infortunée, victime d’une jalousie cruelle, que la femme catholique comme eux et fidèle, en butte à une persécution barbare : la dignité, le courage et la constance chrétienne, qu’elle déploya dans ses épreuves, achevèrent de la réhabiliter aux yeux des hommes : ses fautes alors, quelque énormes qu’elles fussent, parurent rachetées par ses douleurs, et la compassion inspi-
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rée par son infortune devenant pour un grand nombre un culte enthousiaste, donna lieu à des complots dangereux et sans cesse renaissants : Elisabeth entin vit Marie Stuart prisonnière au cœur de ses états, plus redoutable peut-être pour elle que lorsqu’elle était libre et en possession de deux trônes.
Suite du rügnc d'Élisabeth jusqu'à 4;i mort do Marie Stuart.
Les premiers troubles , .dont la captivité de Marie Stuart fut la cause ou le prétexte, éclatèrent dans le nord, oit les puissants lords catholiques, Percy, comte de Northumberland et Neville, comte de Westmoreland, firent insurger plusieurs milliers d’hommes en annonçant qu’ils allaient faire reconnaître le droit de Marie Stuart à l’héritage d’Angleterre, la tirer de prison et restaurer la vieille religion du royaume. Ils publièrent aussi que les membres les plus illustres de la noblesse, le duc de Norfolk , les comtes d’Arundel et de Pembroke étaient d’accord avec eux : ce n’était pas, disaient-ils, contre leur souveraine qu’ils avaient pris les armes, mais contre Cecil et les hommes nouveaux qu'ils accusaient d’égarer la reine et de bouleverser l’Etat. Aucune force n'était en mesure d’arrêter les premiers progrès de cette insurrection formidable; l’armée rebelle gagna ou soumit plusieurs villes et s’avança sans obstacle vers le nord jusqu’à Hornard-Castle , dont elle s’empara.
Insurrection
catholique
en
Anglctcric.