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Assassinat
du
régent
d’Ecosse.
Elisabeth avait déjà pris d'énergiques mesures pour faire face au péril : elle fit conduire Marie Stuart en lieu plus sûr, à Coventrv, donna l'ordre de saisir et d’incarcérer ceux dont elle redoutait la complicité avec les rebelles, arma une flotte de sept vaisseaux pour intercepter les secours qu'ils attendaient du continent, leva plusieurs corps d'armée, donna au comte de Sussex le commandement général «les forces «le terre avec l’ordre d’étouffer la rébellion. Cernés de toutes parts, les insurgés perdirent bientôt courage : ils se dispersèrent et leurs chefs cherchèrent leur salut dans la fuite. Les comtes de Northumberland et Westmoreland se réfugièrent en Ecosse : le premier fut arrêté et renfermé àLochleven, pour être plus tard livré à sa souveraine irritée, «pii lit tomber sa tête; le second passa en Flandre et mourut en exil.
Cette rébellion fut châtiée par des exécutions nombreuses et cruelles, et son issue malheureuse devint trèsfatale à la cause de Marie Stuart et au parti catholique en diminuant la confiance en ses forces et en exaltant celle de ses adversaires.
Le régent Murray avait conçu les plus vives alarmes de l’insurrection des comtés du nord de l’Angleterre: il savait que les catholiques composaient encore la majeure partie de la population anglaise, et il craignit qu’ils ne parvinssent à remettre Marie Stuart en liberté. 11 eût préféré qu’elle eût été laissée sous sa garde en Ecosse, où dominait le protestantisme, et, de concert avec les prinpaux lords presbytériens, il écrivit à Elisabeth en lui demandant avec instance de remettre Marie Stuart entre leurs mains. Cette négociation durait encore lorsque
K1.ISAHF.TII.
ViS
Murray périt assassiné à Perth, victime île la vengeance d’un liommede la maison de Hamillon. Sa mort soudaine releva les espérances du parti catholique et livra l’Ecosse aux dissensions et à la guerre civile. Les catholiques y furent contenus, mais les diverses factions protestantes, le parti du roi et celui de sa mère, saisirent et perdirent tour à tour le pouvoir dans des luttes sanglantes qui moissonnèrent les hommes d’Etat et les guerriers les plus illustres de ce pays , on trois régents, Murray, Lennox et Morton, périrent successivement de mort violente.
L’Angleterre elle-même, après la rébellion des comtés du nord, fut agitée par des complots dans lesquels entra, pour son malheur, l’illustre duc de Norfolk. Ce puissant seigneur, héritier de la famille catholique de Howard et fils du comte de Surrcv, dernière victime de Henri VIH, avait été élevé, sous Edouard VI, dans la communion protestante à laquelle il demeura attaché, moins par conviction que par politique. Sa naissance, ses talents, sa fortune et son mérite personnel faisaient de lui l’un des hommes les plus éminents de l'Angleterre, et nous l’avons vu choisi par la reine Elisabeth pour présider à York lr. tribunal devant lequel avaient comparu Marie Stuart et ses accusateurs. Son cœur, dès cette époque, inclina pour elle, et il avait conçu l’espoir de l’épouser et de la rétablir sur le trône. Trahi par Murray, puis dénoncé par Northumberland comme l’un des comlices de la rébellion, il fut renfermé à la Tour, où il demeura une année prisonnier; mais il recouvra ensuite, avec sa liberté, toute la faveur d’Elisabeth. Fasciné néanmoins par un atlrail plus fort que sa rai-
Coiivpiialiufi du duc de Norfolk.