Idem
ÉLISABETH. 4*7
furent la première génération des grands hommes d’Etat laïques que l’Angleterre a produits; avant eux elle avait vu à la tète de ses conseils 1 des hommes plus illustres par la naissance ou par la valeur que par aucune habileté politique, ou des prêtres. Mais les ministres d’Elisabeth, sortis des classes moyennes, furent tous préparés de bonne heure, par une éducation laïque et de fortes études, à occuper une haute situation dans l’Etat. Leurs facultés s’élaient développées et fortifiées dans les temps les [dus difficiles, au bruit des controverses religieuses, au milieu des révolutions successives accomplies dans l’Eglise par Henri VIII, Edouard VI et Marie Tudor. Ils avaient appris, dans cette fluctuation continuelle du gouvernement et de la population, à élever leur pensée au-dessus de beaucoup de questions subtiles agitées avec violence autour d’eux, pour ne considérer que ce qui leur paraissait être l’intérêt véritable de la nation confiée à leurs soins et pa cause de l’avenir. Ce fut sans esprit de prosélytisme, sans zèle ardent, sans passion, qu’ils adoptèrent pour leur drapeau celui du protestantisme : ils le relevèrent après de mûres délibérations, et ils le maintinrent au milieu d’innombrables périls contre les ennemis de l’intérieur et ceux du dehors avec cette fermeté que donnent une conviction réfléchie et le sentiment du devoir. On chercherait en vain parmi eux des martyrs ou des héros, et par un fréquent abus de la raison d’Etat, ils commirent plusieurs fautes, dont la plus grave fut l’oubli des lois de l’honneur et de l’humanité envers l’infortunée reine d’Ecosse. Us n’eurent ni la magnanimité des